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La sexualité : don de Dieu, piège du diable (2)


La sexualité : don de Dieu, piège du diable  (2)

 

La Bible nous demande-t-elle de considérer le sujet de la sexualité de manière prude et dédaigneuse?  Sinon, pourquoi existe-t-il des tabous dans l’Église à ce sujet?

 

Non, je ne crois pas que la Bible nous demande d’être prude ou dédaigneux face à ce sujet.  En même temps, je pense qu’il est important de souligner que la Bible fait preuve d’une merveilleuse délicatesse lorsqu’elle parle des aspects intimes du mariage.  Bien qu’elle soit spécifique, ses descriptions ne sont jamais crues.  La Bible ne suscite pas de fantasmes morbides ou autres choses du même genre.

 

Évidemment, la raison pour laquelle il existe des tabous au sujet de la sexualité, c’est que malgré tout son potentiel positif, elle peut devenir terriblement destructrice sous le règne du péché.  C’est triste à dire, mais lorsque l’expression de notre sexualité est pervertie par le péché, elle peut susciter de nombreuses déceptions et nous rendre très malheureux.  Il n’est donc pas surprenant que de nombreux tabous se soient développés à son sujet.

 

Notre société fait preuve d’un grand sans-gêne dans le domaine de la sexualité.  Dans un tel climat, la tendance est de s’opposer au sans-gêne par le dédain, le dégoût.  C’est difficile de trouver la voie juste:  honnêteté, franchise, sincérité.  Voilà qui n’est ni sans-gêne ni dédain.  Je pense qu’il est important de se rappeler que lorsque la Bible décrit le “péché”, elle utilise des termes qui produisent un effet semblable à celui des emballages des “produits sans nom” que l’on trouve dans les épiceries.  Par exemple, si vous allez au supermarché pour acheter du maïs congelé, vous aurez devant les yeux des emballages attrayants de marques spécifiques et, à côté, l’emballage neutre et peu attirant, souvent en noir et blanc, du produit sans nom. 

 

Voyons comment ce principe s’applique dans l’histoire de David et Bath-Chéba.  Nous savons exactement ce qui s’est passé lorsque David a commis l’adultère avec Bath-Chéba, mais l’auteur de la Bible ne nous donne aucun détail scabreux.  Il réfère simplement au péché de David d’une manière qui n’excite pas sensuellement notre imagination.  La Bible ne dit pas:  “Cette pensée traversa l’esprit de David, puis il porta le regard sur cette partie de son corps…, etc.”   Il désigne plutôt le péché de David par un genre d’étiquette “sans nom”.

 

La Bible n’est pas prude lorsqu’elle rapporte le vice sexuel de David, elle n’est pas non plus complaisante ni provocante, en ce sens qu’elle ne vient pas réveiller des fantasmes impurs.  Elle nous épargne tous les détails scabreux que les auteurs de fiction modernes nous donneraient.  La Bible fait plutôt preuve d’une certaine délicatesse, d’une certaine retenue lorsqu’elle décrit la tentation sexuelle et la chute de David.  Elle demeure pourtant tout-à-fait réaliste et va droit au but, mais elle considère sa vie sous l’angle de la rédemption de Dieu.

 

Nous voyons ce principe transparaître dans le Cantique des cantiques.  Ce livre parle très ouvertement de la sexualité, mais tout se déroule dans le contexte de la rédemption que Dieu accomplit en faveur de son peuple.  Il est écrit dans la perspective de la fidélité à l’alliance.  Dans ce contexte, c’est un livre qui dit franchement les choses.

 

La raison pour laquelle nous avons des tabous au sujet de la sexualité, c’est que bien que nous sachions que notre sexualité peut constituer une force très positive qui peut produire beaucoup de bien, nous sommes aussi conscients de son énorme potentiel de destruction.  Augustin, un des premiers théologiens de l’histoire de l’Église, est considéré comme le père de la pruderie (une attitude hautaine et outrée face à tout ce qui touche à la pudeur et à la décence).  Il savait par expérience personnelle à quel point la sexualité peut être pervertie.  Oui, il a très certainement réagi de manière exagérée au problème, cependant quand nous voyons à quel point la vie des gens peut devenir terrible dans ce domaine, nous devrions assurément éviter les mauvais comportements qui mènent à la destruction.

 

David Powlison, professeur, conseiller, écrivain

Paru dans la revue Lumière sur mon sentier,

Vol. 2, No. 4, juillet 2007.

Traduit et utilisé avec permission, “God’s Gift, Devil’s Deceit”, Australian Presbyterian, No. 555, décembre 2003, p. 4-9.

Le pasteur Peter Hastie de l’Église presbytérienne d’Australie s’entretient avec le Dr David Powlison qui enseigne la théologie pratique au Séminaire théologique de Westminster à Philadelphie.

 

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