La sexualité : don de Dieu, piège du diable (4)
La sexualité : don de Dieu, piège du diable (4) Qu’est-ce que la Bible veut dire par “convoitise”? Est-ce mal pour un mari ou une épouse d’éprouver des désirs sexuels très forts envers l’autre? Y a-t-il un lien entre la convoitise et l’idolâtrie? En français, le mot “convoitise” a un sens péjoratif. Cependant, dans la Bible, le mot grec epithumia (que l’on traduit par désir ou convoitise) est utilisé parfois dans un sens positif, parfois dans un sens négatif. C’est un terme générique. Il signifie simplement “un désir très fort”. La Bible nous dit que le Saint-Esprit désire très fortement que nous grandissions dans la foi, l’amour et la patience. Mais nous apprenons également dans les Écritures que notre “chair” désire très fortement que nous adorions les faux dieux de la sexualité, de l’argent, du pouvoir, du statut, etc. Nous voyons donc que le mot peut être utilisé dans les deux sens dans la Bible.
En français, cependant, le terme “convoitise” a une nuance sémantique négative. Il réfère souvent à la sexualité. Je ne pense pas qu’en français nous pourrions utiliser le mot “convoitise” de manière positive. Le mot “désir” constitue un meilleur terme générique dans le sens de vouloir, souhaiter ou espérer quelque chose. Le désir peut être fort ou faible; la question est de savoir si notre désir est sous le contrôle de Dieu. Il est évident que Dieu approuve certains désirs. Dans la mesure où ils demeurent sous son contrôle, nos désirs de santé, de nourriture, d’argent, de bonheur, de compagnie sont tous légitimes. Mais lorsqu’ils dépassent les limites et deviennent ce que les théologiens d’autrefois désignaient par le terme “concupiscence”, ils se retrouvent alors en dehors de l’ordre établi par Dieu. Par exemple, nos désirs légitimes de remporter du succès, d’avoir de la nourriture ou de vivre notre sexualité peuvent devenir pervertis et tomber dans la catégorie que la Bible désigne par l’expression “convoitise de la chair”. Dans ce cas, ces convoitises deviennent des idoles qui font compétition à Dieu. Il n’est donc pas mal de désirer sexuellement ardemment son mari ou son épouse. On devrait s’attendre à cela. Évidemment, il y a des tendances ascétiques et stoïques rattachées à certaines traditions chrétiennes qui vont à l’encontre de cela. La meilleure façon d’expliquer tout cela serait de faire une analogie entre la nourriture et la sexualité. Tout le monde est d’accord pour dire que la nourriture constitue un autre plaisir sensoriel fort. Personne ne conteste cela. Il y a quelques passages intéressants à ce sujet dans l’Ancien Testament, particulièrement en Deutéronome 14:29 et Néhémie 9:25 qui, sans être didactiques, disent en gros que c’est bien de manger tout ce que la loi permet en se réjouissant. De toute évidence, il n’est donc pas mal de trouver du plaisir dans la nourriture. Je pense que c’est la même chose pour la sexualité. Selon mon opinion, une grande partie des formes perverses de l’expression sexuelle ont tendance à “dévorer”, à “ronger” les gens. Lorsqu’on rencontre des gens qui sont impliqués profondément dans la pornographie, qui vivent des relations homosexuelles une après l’autre ou qui pratiquent des formes de sexualité sadomasochistes, on découvre souvent qu’ils sont obsédés par des actes bizarres. Ils sont rarement satisfaits, ce qui n’est pas le cas lorsque la sexualité est vécue dans le cadre du mariage. Les partenaires sont alors beaucoup moins préoccupés par ce qu’on pourrait qualifier de bizarre et ils trouvent leur plaisir mutuel dans des actes quotidiens de tendresse beaucoup plus normaux. C’est un mythe de penser qu’il faut réaliser des exploits sexuels fantastiques qui atteindraient le niveau 9 sur l’échelle de Richter pour avoir un mariage en santé. La chose la plus importante, c’est que les époux expérimentent une joie profonde et satisfaisante dans chaque aspect de leur relation. Franchement, il y a quelque chose de pervers lorsque l’on pense à ce qui réjouit un glouton. Ce n’est même pas une vraie réjouissance. C’est plutôt une relation maladive avec la nourriture qui finit par “dévorer” la personne. Cependant, pour les chrétiens, la sexualité ne devrait jamais devenir quelque chose qui les “dévore”. Paul a dit: “Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile, tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit.” (1 Cor. 6:12). De nombreuses autres choses dans la vie sont importantes également. La vie ne tourne pas autour de la sexualité, mais autour de Dieu. Et le Dieu qui a créé la sexualité a aussi créé de nombreuses autres choses dans la vie pour notre plaisir. David Powlison, professeur, conseiller, écrivain Paru dans la revue Lumière sur mon sentier, Vol. 2, No. 4, juillet 2007. Traduit et utilisé avec permission, “God’s Gift, Devil’s Deceit”, Australian Presbyterian, No. 555, décembre 2003, p. 4-9. Le pasteur Peter Hastie de l’Église presbytérienne d’Australie s’entretient avec le Dr David Powlison qui enseigne la théologie pratique au Séminaire théologique de Westminster à Philadelphie.

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