La sexualité : don de Dieu, piège du diable (7)
La sexualité : don de Dieu, piège du diable (7) Quel est le coeur du problème d’une personne qui lutte avec des désirs sexuels enflammés et que devrait-elle faire? S’agit-il simplement de se débarrasser de tout matériel pornographique ou de prendre une douche froide?
Il n’y a rien de mal dans ces actions… se débarrasser de la pornographie, se tenir occupé à mener une bonne vie, avoir à répondre devant quelqu’un, lire la Bible, jeûner, prier, s’impliquer dans un ministère. Tout cela est bon. Le problème, c’est que ce n’est pas par là qu’il faut commencer. Le point de départ doit être le coeur de la personne et ce pourquoi elle vit. Il y a un slogan dans la littérature contre les drogues qui dit: “Dites simplement ‘non’!” Souvent les chrétiens l’adaptent et disent: “Dites simplement ‘non’ au péché sexuel.” Évidemment qu’il faut dire non. Mais c’est le “simplement” qui est un problème — parce que c’est une bataille de bien plus grande envergure. Nous avons besoin d’une réponse qui tient compte des motivations de notre coeur. La personne doit véritablement vouloir servir le Seigneur. Elle doit désirer ressembler de plus en plus à Jésus-Christ et rechercher la joie et le plaisir qui découlent d’une bonne conscience. C’est un combat beaucoup plus complexe. Je me souviens d’une situation où j’ai eu à m’occuper d’un homme célibataire de 38 ans qui était devenu chrétien à l’adolescence et qui luttait depuis 25 ans avec ce problème. Il avait tout essayé, de la douche froide à une recherche sérieuse de Dieu. Il n’était pas un maniaque sexuel et il ne vivait pas dans la débauche, mais sa vie était caractérisée par des cycles de hauts et de bas périodiques dans sa lutte avec le péché sexuel. Il était découragé par ce “poids sur ses épaules”. J’ai réalisé qu’il ne serait d’aucune utilité de lui proposer des choses qu’il avait déjà essayées. Cependant, je voulais sonder délicatement le terrain pour essayer de trouver ce qui manquait. Je suis donc revenu aux questions “où”, “quand”, “comment” dans le but de m’aider à mieux comprendre ce qui se passait dans sa vie. Il n’était pas un maniaque sexuel. Il n’avait pas à lutter à toute heure du jour — alors, à quel moment la bataille était-elle déclenchée? Et à quel moment perdait-il la bataille? Il m’a dit: “C’est seulement le vendredi soir ou le samedi soir que je tombe.” En tant que pasteur, cette réponse m’a intrigué. L’essentiel de la conversation a ensuite tourné autour du fait que le samedi il était généralement seul dans son appartement, qu’il était célibataire et qu’il imaginait que tous les autres étaient sortis avec leur petite amie ou qu’ils étaient mariés. Il se sentait donc seul et s’apitoyait sur son sort. Dans son apitoiement sur lui-même, il sentait la vapeur monter, de telle sorte que vers huit ou neuf heures, il était bien mûr pour que le diable vienne le cueillir. Il commençait à penser: “À quoi bon vivre? Dieu ne m’aime pas. Ma situation est sans espoir. Je suis tout seul à la maison. Qui s’en soucie vraiment?” Il était maintenant vulnérable au piège de la pornographie. En fait, ce sont ses dernières paroles qui ont fait jaillir la lumière dans ma pensée. Il a dit: “Ma pornographie, c’est ma crise de colère contre Dieu.” J’étais assis là et je me disais: “Wow! Ce n’est pas juste un problème de sexe dont on parle, c’est une crise de colère contre Dieu qui se cache derrière tout cela. D’où est-ce que ça vient?” À mesure que nous creusions le problème, il en est finalement ressorti qu’il avait le sentiment que Dieu lui devait une femme. Il avait cherché à être fidèle à Dieu. Il avait cherché à passer régulièrement du temps personnel avec le Seigneur, à s’impliquer à l’Église et à donner de son temps pour le ministère. Il se disait que si Dieu l’aimait vraiment, il lui aurait donné une femme puisqu’il avait été un serviteur aussi fidèle. J’ai alors commencé à voir que la sanctification de cet homme ne tournait pas simplement autour d’un problème sexuel précis, mais que nous avions affaire à un problème de colère contre Dieu qui avait pour racine une “convoitise” beaucoup plus fondamentale. Nous faisions face au problème profond du pharisaïsme et à l’idée que, si ma performance est satisfaisante, alors Dieu me doit toutes les bonnes choses auxquelles j’aspire et que j’ai inscrites sur ma liste. Cette rencontre particulière m’a montré que je ne devais pas me laisser distraire par les péchés évidents tels que la dépendance de cet homme à la pornographie. Ce n’était pas simplement une question de savoir quoi faire avec les revues ou quoi que ce soit d’autre. Je devais m’occuper d’un homme qui présentait un problème de convoitise sexuelle sous lequel se cachait un autre problème de convoitise plus fondamental: l’exigence d’une épouse. Et ce problème sous-jacent créait un sol fertile, propice à engendrer la colère et l’apitoiement sur soi. La chose intéressante, c’est que lorsque cet homme a commencé à faire face à son approche moraliste de Dieu, il a recommencé à expérimenter la grâce de Jésus-Christ. Avant que nous commencions à explorer ses motivations, il priait: “Jésus, je suis tombé encore une fois, pardonne-moi, s’il te plaît.” Maintenant il disait: “Jésus, pardonne-moi, change-moi, aide-moi. Je ne veux pas que mon désir d’avoir une femme devienne une idole. Je regrette que toute ma façon de t’approcher soit si tordue.” Cet homme a grandi et a changé. Une des choses vraiment merveilleuse dans cette histoire — qu’on ne peut malheureusement pas promettre à tous —, c’est que cet homme de 38 ans a commencé à vraiment s’épanouir à cause de sa reconnaissance envers Dieu pour sa grâce. Dans son cas, ça n’a pas pris de temps pour qu’il trouve sa future épouse et, huit mois plus tard, ils se sont mariés. Je suis toujours en contact avec lui, des années plus tard. Leur mariage va très bien et ils ont des enfants. Pensez-y! Cet homme était sur le point de devenir une autre de ces personnes amères et désillusionnées qui n’apportent rien au Royaume de Dieu, mais maintenant il jouit d’une vie qui vaut la peine d’être vécue. La lecture de la Bible, la prière et le fait de devoir répondre devant quelqu’un sont donc importants, mais ils doivent confronter les vrais problèmes sous-jacents à un grand nombre de nos comportements plutôt que d’être utilisés d’une façon simplement superficielle. David Powlison, professeur, conseiller, écrivain Paru dans la revue Lumière sur mon sentier, Vol. 2, No. 5, septembre 2007. Traduit et utilisé avec permission, “God’s Gift, Devil’s Deceit”, Australian Presbyterian, No. 555, décembre 2003, p. 4-9. Le pasteur Peter Hastie de l’Église presbytérienne d’Australie s’entretient avec le Dr David Powlison qui enseigne la théologie pratique au Séminaire théologique de Westminster à Philadelphie.
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