La sexualité : don de Dieu, piège du diable (8)
La sexualité : don de Dieu, piège du diable (8)
C’est triste, mais l’adultère est de plus en plus fréquent de nos jours, même parmi les chrétiens. Y a-t-il souvent des raisons sous-jacentes qui amènent une personne à vivre une aventure extraconjugale?
Quel que soit le péché sur lequel nous nous penchons, mais particulièrement lorsqu’il s’agit d’un péché tel que l’adultère, nous devons nous demander ce qui amène la personne à agir ainsi. Quelles sont les raisons ou les motivations sous-jacentes? Tout ce que je peux dire, c’est que les raisons sont variées. Ça vaut donc la peine d’être sensibilisé au moins à une partie de ces nombreuses raisons.
Par exemple, pour plusieurs hommes, le désir dominant est le désir érotique. Ils trouvent les femmes attirantes sexuellement. Mais il y a souvent d’autres désirs qui prédominent sur le désir érotique. Par exemple, j’ai vu des gens commettre l’adultère par pure vengeance. Peut-être qu’un couple a eu une grosse dispute. Ils sont en colère. Ils veulent se punir l’un l’autre. Commettre l’adultère devient alors un moyen de rendre les coups.
D’autres vont succomber à l’adultère parce qu’ils adorent “Mammon” et qu’ils ont peur d’avoir des problèmes financiers. J’ai eu connaissance d’un cas où une femme monoparentale s’est vu offrir un loyer gratuit par son propriétaire en échange de relations sexuelles. Elle a été très tentée, malgré le fait que sa conscience lui criait très fort que ce serait un très mauvais choix. Heureusement, par la grâce de Dieu, l’Église est intervenue à travers les diacres. Ces derniers ont pu lui dire: “Tu ne te retrouveras jamais à la rue. Tu es notre soeur, tu fais partie de notre famille. Nous t’aimons. Si tu n’arrives pas à payer ton loyer, viens nous voir, viens chercher de l’aide.” Les diacres se sont ensuite assurés qu’elle voit un conseiller au niveau financier, car elle avait de la difficulté à gérer son argent. Cette situation a permis d’exercer un ministère à plusieurs niveaux envers cette personne.
Dans d’autres situations, des personnes se retrouvent dans une relation d’adultère parce que la séductrice si tentante ou le Casanova n’ont pas de plus grand plaisir que de garder les autres sous leur pouvoir. C’est l’excitation qui découle de la poursuite de l’autre personne, puis des jeux de séduction et finalement du pouvoir de contrôle qu’ils peuvent exercer sur l’autre. La source de leur excitation, c’est de parvenir à manipuler les autres.
Je devrais peut-être mentionner une dernière situation: les adolescentes qui changent sans arrêt de partenaire. Souvent elles n’ont même pas de plaisir à avoir des relations sexuelles. Pourquoi font-elles cela? Parce qu’elles ont désespérément besoin d’amour et d’attention. On peut imaginer une fille de dix-sept ans qui n’est pas très jolie selon les normes culturelles actuelles relatives à la beauté. Peut-être qu’elle est un peu trop grosse. Elle devient une cible facile pour les gars. Elle est même consciente du fait que les gars lui mentent lorsqu’ils lui disent: “Oh! Je t’aime tellement; tu es si belle!” Ces filles sont tellement dominées par leur besoin d’être aimées qu’elles sont prêtes à vendre leur corps en échange d’à peine quelques moments où elles se feront dire qu’elles sont belles ou qu’elles sont aimées.
Vous pouvez donc voir que la question de l’adultère est loin d’être simple. Il y a de nombreux problèmes sous-jacents derrière l’adultère, des problèmes au niveau du coeur. Les gens agissent de telle ou telle manière à cause de ce qu’ils adorent. Les êtres humains sont fondamentalement des adorateurs. Ils adorent la vengeance, ou le fait d’être aimés, ou l’argent, dans le sens où ils attribuent une importance suprême à toutes ces choses. Le fait de comprendre ces motivations devrait vraiment nous éclairer lorsque nous avons à exercer un ministère pastoral. Ça nous aide à prendre nos distances par rapport à des clichés chrétiens moralistes du genre: “Le sexe, c’est mal, alors ne faites pas ça!” Cependant, l’Évangile ne vise rien de moins que la reconstruction de toute la vie de la personne, la transformation de sa conscience, de ses motivations, de la façon dont elle pense, de son comportement.
David Powlison, professeur, conseiller, écrivain
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier,
Vol. 2, No. 6, novembre 2007.
Traduit et utilisé avec permission,
“God’s Gift, Devil’s Deceit”, Australian Presbyterian, No. 555, décembre 2003, p. 4-9.
Le pasteur Peter Hastie de l’Église presbytérienne d’Australie s’entretient avec le Dr David Powlison qui enseigne la théologie pratique au Séminaire théologique de Westminster à Philadelphie.
Commentaires fermés