La sexualité : don de Dieu, piège du diable (9)
La sexualité : don de Dieu, piège du diable (9)
Lorsque des personnes commettent l’adultère, tombent-elles simplement en amour ou font-elles des choix délibérés?
Tout péché est coupable, et le fait que nous péchons parfois sans “choisir” de pécher ne fait que mettre en évidence à quel point notre iniquité est profonde. Nous sommes tellement aveugles face à notre égocentrisme volontaire que nous ne réalisons pas ce que nous faisons. Ceci dit, une personne qui se repent reconnaît toujours que, peu importe à quel point elle a péché de manière impulsive — dans le genre: “Je me suis retrouvé dans le lit avec elle sans que j’aie vraiment eu le temps de penser” — il demeure que c’était son choix. Lorsque le Saint-Esprit nous remplit de sa lumière, nous réalisons que nous avons fait des choix. Une personne mariée qui en vient à commettre l’adultère a fait de mauvais choix.
Et dans cette situation, les choix sont habituellement pas mal intentionnels. D’autres péchés sont également présents, tels que le mensonge, la tromperie, l’élaboration stratégique de plans pour commettre le mal. Une personne qui veut réussir à entretenir une relation adultère doit faire des choix quant à son style de vie ainsi qu’au niveau de son horaire.
Y a-t-il certains signaux d’alarme qui nous avertissent que nous sommes en danger de succomber à la tentation de l’adultère ou de la fornication?
Je pense que ça aide si les gens reconnaissent que l’immoralité débute à l’intérieur de notre esprit et qu’elle ne débute pas nécessairement par une image ou un scénario de nature sexuelle explicite. Elle peut commencer par de l’amertume et du mécontentement envers son époux ou son épouse. Elle peut commencer en prenant plaisir aux jeux de séduction d’une personne de sexe opposé. Elle peut commencer par: “Oh! Je suis fatigué. Je vais juste m’asseoir devant la télé et faire le tour des canaux pour voir s’il y a quelque chose d’intéressant.” Parfois la personne ne cherche pas les ennuis, parfois ça commence simplement par l’apitoiement sur soi. Très souvent, ce sont les péchés des autres qui nous prédisposent à l’adultère. C’est pourquoi nous devons être impitoyables face à tout péché, peu importe la forme qu’il prend, parce qu’il peut être le précurseur d’autres péchés encore plus graves. Se laisser aller à l’apitoiement sur soi, la paresse, nourrir des sentiments d’amertume ou de mécontentement envers son époux ou son épouse sont tous des attitudes ou des comportements qui ont le potentiel de nous faire prendre la mauvaise direction, sans parler du danger d’entretenir des fantasmes sexuels sur d’autres personnes.
Parfois, il n’est pas facile de savoir où établir les limites lorsqu’on exerce un ministère envers les jeunes. Il m’est arrivé à l’occasion d’entendre des gens donner les conseils les plus stupides et les plus inappropriés aux jeunes, tel que: “Si tu l’aimes vraiment, vous pouvez aller aussi loin que vous voulez, pourvu que vous n’ayez pas de relations sexuelles.” Le problème avec toutes ces situations où l’on cherche à savoir où établir les limites, c’est qu’on oublie de considérer à quel point l’amour devrait rechercher activement la pureté et le bien de l’autre. En tant que personne mariée, je ne devrais jamais faire quoi que ce soit qui puisse susciter une réponse romantique ou érotique chez une autre personne que mon épouse ou mon époux. Une personne non mariée devrait chercher à protéger activement la pureté de sa soeur ou de son frère — un acte d’amour familial — plutôt qu’éveiller chez lui ou chez elle le désir sexuel avant que le moment et le contexte appropriés soient arrivés.
Y a-t-il des situations où c’est une bonne chose de confier nos problèmes personnels à une personne du sexe opposé, à part notre mari ou notre épouse?
C’est une bonne question. Je pense que le principe général, c’est que l’on devrait certainement faire preuve d’une grande prudence dans une telle situation. Je pense que vous ne devriez certainement pas parler de vos problèmes sexuels avec quelqu’un d’autre qu’un médecin ou un conseiller, et même là, vous devriez faire attention. C’est un domaine qui exige énormément de sagesse. Vous ne devriez jamais rien faire dans le dos de votre époux ou épouse.
Le counselling pastoral demande de la discrétion. Si une jeune femme célibataire recherche des conseils sur des sujets qui touchent la sexualité, je vais lui demander de parler à ma femme ou à une femme de l’Église plus âgée et remplie de sagesse. Il ne serait pas convenable que je m’occupe de cette situation. Je pourrais aborder bien d’autres sujets avec elle, mais pour ce qui relève de la sexualité, je lui demanderais de parler à une femme.
David Powlison, professeur, conseiller, écrivain
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier,
Vol. 2, No. 6, novembre 2007.
Traduit et utilisé avec permission,
“God’s Gift, Devil’s Deceit”, Australian Presbyterian, No. 555, décembre 2003, p. 4-9.
Le pasteur Peter Hastie de l’Église presbytérienne d’Australie s’entretient avec le Dr David Powlison qui enseigne la théologie pratique au Séminaire théologique de Westminster à Philadelphie.
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