Dans l’adversité et la prospérité
Source: Nasa.gov
Comment réagissons-nous
dans l’adversité et dans la prospérité ?
A quoi nous sert-il de connaître
la création et la providence de Dieu?
A être patients dans l’adversité, reconnaissants dans la prospérité, et à garder confiance, quoi qu’il arrive, en notre Dieu et Père fidèle. Aucune créature ne peut nous séparer de son amour puisqu’il les tient toutes tellement dans sa main qu’elles ne peuvent agir ni se déplacer sans sa volonté.
Deut. 8:10; Job 1:12; 1:21; 2:6; Prov. 21:1;
Ac. 17:28; Rom. 5:3-6; 8:38-39; 1 Thess. 5:18; Jac. 1:3.
— Catéchisme de Heidelberg, Q&R 28
Dieu, dans sa providence, contrôle tout. Il maintient le monde en place. Il le fait progresser vers un but précis. Dieu s’occupe des moindres détails. J’ai l’assurance et la joie de savoir que mon Père céleste a sa bonne main sur moi en toutes choses. Dans sa bonne providence, il m’envoie la richesse, mais aussi la pauvreté; la santé, mais aussi la maladie; il me donne des amis, des proches, mais aussi la solitude ou encore des gens qui me font du mal. Nous recevons de lui la prospérité, mais aussi l’adversité. Comment réagissons-nous devant la providence de Dieu?
Dans l’adversité
Quelle notre réaction spontanée quand des “mauvaises choses” nous arrivent? Nous nous prenons en pitié, nous laissons le découragement s’installer du fait que nous ne voyons pas de solution à l’horizon. Ou bien nous nous mettons en colère, nous développons de l’amertume ou nous entretenons dans nos coeurs un désir de vengeance envers ceux qui nous ont fait du mal. Ce sont là des réactions naturelles qui sont en fin de compte le symptôme d’une pauvre connaissance de la providence de Dieu.
“À quoi nous sert-il de connaître la création et la providence de Dieu?” Quelle est l’utilité de savoir que Dieu est en contrôle de tout? Tout d’abord “à être patients dans l’adversité” . Comme il est difficile d’être patients dans l’adversité!
Prenons l’exemple de Job. En une seule journée, Job a tout perdu: ses grandes richesses, ses troupeaux, ses fils. Bien entendu, Job ne savait rien de la discussion précédente entre Dieu et Satan, mais Job savait qu’il dépendait de Dieu. “Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni.” (Job 1:21). Job reconnaissait que ses richesses lui venaient de Dieu et que c’est Dieu qui, maintenant, les lui enlevait. Voilà un bon exemple de patience dans l’adversité! Même quand il a perdu sa santé, il a été patient, contrairement à sa femme: “Sa femme lui dit: Tu demeures ferme dans ton intégrité! Maudis Dieu, et meurs! Mais il lui répondit: Quoi! nous recevrions de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal!” (Job 2:9-10). La patience de Job dans la souffrance! “Prenez, mes frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Voici: nous disons bienheureux ceux qui ont tenu ferme. Vous avez entendu parler de la fermeté de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de compassion et de miséricorde.” (Jac. 5:10-11).
Job n’a cependant pas toujours été patient. Il souffrait tellement dans son corps et dans son âme. Sa douleur était profonde et persistante. Alors il s’est mis à poser des questions: “Pourquoi, Seigneur, me fais-tu ça?” Seize fois il demande à Dieu “pourquoi?” Il est parfois salutaire de poser des questions, mais ici sa question manque d’humilité. Il réclame, il s’impatiente contre Dieu, au lieu de se reposer en lui. Il veut faire savoir à Dieu qu’il a fait une erreur en lui envoyant tous ces maux. On peut comprendre sa réaction, nous avons souvent les mêmes questions et nous manquons tellement de patience!
Élihou est venu lui dire: “Je te répondrai qu’en cela tu n’as pas raison, car Dieu est plus grand qu’un homme. Pourquoi veux-tu disputer avec lui? Car on ne peut répondre à toutes ses paroles.” (Job 33:12-13). Puis Dieu en a rajouté: “Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des propos dénués de connaissance? ” (Job 38:2). Job a beaucoup parlé, trop parlé même. “Mets une ceinture à tes reins comme un vaillant homme; je t’interrogerai, et tu m’instruiras. Où étais-tu quand je fondais la terre? Déclare-le, si tu le sais avec ton intelligence.” (Job 38:3). Dieu continue pendant deux chapitres à lui poser toute une série de questions destinées à le garder humble: “Depuis que tu existes, as-tu commandé au matin? As-tu fait connaître sa place à l’aurore?” (Job 38:12). Autrement dit, es-tu assez fort pour faire lever le soleil? Quand tu dors encore, moi je suis déjà en action, je dirige le monde comme je veux pour que tu puisses vivre encore aujourd’hui. Job finit par mettre la main sur sa bouche et se taire (Job 40:4).
Mais cette humilité n’est pas suffisante pour Dieu. Le Seigneur en rajoute encore pendant deux autres longs chapitres qui montrent sa grandeur, sa puissance, sa souveraineté (Job 40-41). Un texte magnifique qui célèbre la grandeur de Dieu! Devant cette gloire resplendissante, Job finit par dire: “Mon oreille avait entendu parler de toi; mais maintenant mon oeil t’a vu. C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre.” (Job 42:5-6).
Devrions-nous nous plaindre des épreuves que Dieu, dans sa sagesse, met sur notre route? N’est-ce pas de l’arrogance? Avons-nous le droit de remettre en question ce que Dieu fait? Soyons au contraire patients dans l’adversité, peu importe ce que la main de notre bon Père nous envoie. Ne laissons pas l’amertume s’enraciner. Ne nous laissons pas aller à la colère, au découragement ou à la dépression. Dieu ne fait pas d’erreur, même s’il laisse Satan nous attaquer. Son plan est plus fort. Il a pour but sa gloire et notre salut. Notre petite intelligence ne peut pas comprendre des pensées si grandes. Mais notre Père en Jésus-Christ aime ses enfants d’un amour parfait.
Dans la prospérité
Heureusement qu’il n’y a pas que la pauvreté, la maladie et les accidents dans la vie. Il y a aussi la nourriture, la richesse, la santé, les amitiés et bien d’autres bénédictions. Comment réagissons-nous quand des “bonnes choses” nous arrivent? Quelle est notre réaction naturelle?
Très souvent, nous prenons ces choses pour acquises, comme un dû qui nous revient de droit. Après toute la quantité de neige que nous avons reçue cet hiver, certaines personnes, à la vue des beaux rayons de soleil printanier, se sont exclamées: “C’est bien normal, nous le méritons!” (comme si, après avoir tant “souffert” durant l’hiver dernier, nous avions acquis le droit de goûter à la chaleur bienfaisante du soleil). Ces gens ne semblent nullement conscients que Dieu “fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons” (Matt 5:45) et que, même dans les pires calamités, les choses vont toujours mieux que ce que nous méritons réellement!
Une autre réaction naturelle de notre part est de penser que les bonnes choses viennent de nous. Nous estimons avoir contribué à l’amélioration de notre sort par notre travail assidu, par nos propres forces, par notre intelligence et notre savoir faire. Mais en réalité les bonnes choses que nous recevons ne viennent ni du hasard, ni de notre contribution personnelle, ni comme un salaire auquel nous aurions droit. Elles nous viennent de la bonne main de notre Père céleste. À quoi donc nous sert-il de connaître la providence de Dieu? À être “reconnaissants dans la prospérité”!
L’orgueil du roi Neboukadnetsar lui a fait dire: “N’est-ce pas ici Babylone la grande que j’ai bâtie comme résidence royale, par la puissance de ma force et pour l’honneur de ma gloire?” (Dan. 3:27). C’est exactement l’attitude que le Seigneur a demandé à son peuple de rejeter. “Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l’Éternel, ton Dieu, pour le bon pays qu’il t’a donné… Garde-toi de dire dans ton coeur: ma force et la vigueur de ma main m’ont acquis ces richesses.” (Deut. 8:10; 8:17). Cette attitude est tellement répandue. L’équipe qui remporte la Coupe Stanley ou le Super Bowl reçoit tous les honneurs. Le musicien qui gagne le concours de piano est celui qu’on applaudit. Le succès au travail est vu comme le fruit normal de nos efforts et de nos talents, etc.
Dieu sait très bien que cette attitude est profondément enracinée en nous. C’est pour cette raison qu’il a enseigné à son peuple à dépendre de lui. Avant de l’amener à goûter à la prospérité, il a fait passer Israël par le désert. “Tu te souviendras de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour reconnaître ce qu’il y avait dans ton coeur et si tu observerais ses commandements… Il t’a fait manger dans le désert la manne que tes pères ne connaissaient pas, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour te faire ensuite du bien.” (Deut. 8:2,16). La manne était un excellent moyen d’apprendre à dépendre de Dieu. À chaque soir, le panier était vide (sauf le vendredi soir, car ce jour-là, Dieu leur en donnait le double pour qu’ils en aient suffisamment pour le lendemain, jour du repos). Il fallait donc compter sur Dieu à chaque jour, sans jamais pouvoir en accumuler pour les semaines ou les mois à venir. Ils pouvaient vraiment vivre et comprendre cette prière que Jésus nous a enseignée: “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.” (Matt. 6:11).
Nous avons besoin d’apprendre à dépendre de Dieu, nous aussi. Il a créé le ciel et la terre. Il gouverne le monde. En plus, il est notre Père en Jésus-Christ. S’il a pourvu à notre besoin le plus fondamental, le pardon de nos péchés, il pourvoira sûrement à nos autres besoins. “Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce?” (Rom. 8:32). Une fois qu’Israël est entré en terre promise, il était tentant pour eux de penser qu’ils pouvaient vivre sans Dieu: “Ma force et la vigueur de ma main m’ont acquis ces richesses.” La sécheresse dans le désert et la pluie dans la terre promise venaient pourtant toutes les deux de Dieu. La manne reçue au désert et les récoltes abondantes en terre promise venaient également toutes les deux de Dieu. Aujourd’hui, nous vivons dans une situation bien différente. La manne ne tombe plus directement du ciel. Nous achetons nos denrées à l’épicerie. L’industrie agro-alimentaire a développé des moyens technologiques très avancés. Mais tout cela vient aussi de la main de notre Père céleste. Nous devrions être reconnaissants pour tous ses dons!
Comment exprimer notre reconnaissance? Dieu avait demandé à Israël d’exprimer sa reconnaissance en apportant la dîme de leurs récoltes. Le don des premiers fruits de la terre était une façon de montrer sa gratitude, une façon de reconnaître que tout vient de Dieu et que tout est pour Dieu. Il est important, nous aussi, d’exprimer concrètement notre reconnaissance. La façon de l’exprimer n’est pas de dire: “Ah, il ne me reste plus rien dans mon budget.” Ou bien: “Lorsque j’aurai payé toutes mes factures, je pourrai commencer à donner mon offrande.” Le Seigneur dans sa Parole nous enseigne à donner généreusement, avec joie, motivés par la grâce de Dieu en Jésus-Christ, selon la mesure de bénédictions que nous avons reçues et avec la confiance que Dieu pourvoira fidèlement à tous nos besoins (voir 2 Cor. 8).
Qu’est-ce qui est le plus difficile? Être patient dans l’adversité ou être reconnaissant dans la prospérité? Je sais très bien qu’il est difficile d’être patient dans l’adversité. Mais il est parfois plus difficile d’être reconnaissant dans la prospérité. Nous sommes tellement indépendants de Dieu, tellement autosuffisants. C’est dans notre nature humaine. Quand les choses vont bien, nous avons tendance à moins prier et à oublier la source des bénédictions que nous recevons quotidiennement. Comme il est difficile de démontrer au Seigneur de la reconnaissance! Et puis, nous vivons dans une société prospère, qui ne reconnaît pas que Dieu est la source de la vie. Comparés à tant de pays pauvres, affligés ou en guerre, nous sommes choyés de vivre dans toute cette abondance: nourriture à profusion, soins médicaux, éducation, télécommunications, vie paisible, etc. Nous ne savons pas pourquoi Dieu donne plus de richesse à certains qu’à d’autres. Nous n’avons pas besoin de connaître ses raisons. L’important, c’est que Dieu nous tient responsables de notre réaction face à la prospérité ou à l’adversité qu’il nous envoie.
“À quoi nous sert-il de connaître la providence de Dieu? À être patients dans l’adversité, reconnaissants dans la prospérité, et à garder confiance, quoi qu’il arrive, en notre Dieu et Père fidèle.” Ayons confiance en notre Père fidèle en toutes circonstances! Soyons reconnaissants de l’immense richesse que nous avons en Jésus-Christ. Dieu garde en réserve au ciel un héritage incorruptible pour ses enfants!
Paulin Bédard, pasteur
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier ,
Vol. 3, No. 3, mai 2008.


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