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Halloween

 

Halloween

 

Impossible d’y échapper!  Dès le début du mois d’octobre, une frénésie commerciale s’empare de cette fête:  citrouilles, sorcières, squelettes, vampires sont déclinés sous toutes les formes et envahissent rues, magasins, médias et écoles.  Une fête qui prend de plus en plus d’ampleur.  Aujourd’hui, à entendre les publicitaires et responsables de marketing (qui se frottent les mains), cette manifestation devient une de nos “fêtes” principales.  Succès commercial incontestable, la fête de l’Halloween est l’occasion de se déguiser, de décorer sa maison et son jardin.  Et d’offrir des bonbons aux enfants. Une fête bon enfant.  Mais qui se cache derrière la citrouille?

 

D’où vient un tel engouement?  Pourquoi cet attrait pour des personnages lugubres du monde des sorcières liés à d’anciennes idolâtries?  Pourquoi la recherche du macabre, du sinistre et du morbide?  Est-ce tout simplement une façon anodine de rire afin d’exorciser nos peurs?  Peut-on jouer ainsi sans risque avec le morbide?  Est-ce la fin du rationnel et le retour aux archaïsmes, aux passions collectives et au tragique.  Si on y ajoute certaines séries télé, films ou dessins animés, qui mettent en scène vampires, fantômes et parfois tueurs en séries, on est en droit de s’interroger.  Quel héritage voulons-nous transmettre?  Notre société dépressive, en proie à la violence, n’aurait-elle pas plutôt besoin de promouvoir des valeurs positives?

 

Quelle est la signification de l’Halloween et quelle devrait être l’attitude du chrétien vis-à-vis de la célébration de cette fête?

 

Pour trouver la réponse à cette question, à la lumière de la Parole de Dieu, il serait bon de mentionner brièvement quelques détails historiques.  Ensuite, nous nous occuperons de la facette commerciale et de la facette religieuse de cette fête, et enfin nous essayerons de définir l’attitude du chrétien en rapport avec cette fête.

 

Chaque année, le premier novembre, l’Église catholique romaine observe la fête appelée de la Toussaint.  On place des fleurs sur les tombes de parents ou d’amis décédés.  Il y a aussi une coutume en Europe où l’on place des chandelles allumées dans les fenêtres, la veille du 1er novembre.  Pourquoi? Pour “aider les âmes perdues à trouver leur chemin” (!).  Ici au Québec, on célèbre le souvenir des morts et en même temps, un carnaval avec des déguisements, des masques, et nouvellement des raves d’Halloween où l’influence des vieilles croyances est inconsciemment présente.

 

Le mot Halloween vient de “All Hallow’s Eve”:  veille de la Toussaint.  Et on est tenté de l’associer à cette tradition chrétienne.  En réalité, les origines de l’Halloween sont complètement païennes et n’ont aucun rapport avec cette fête religieuse.

 

Il était une fois l’Halloween

 

Il était une fois, il y a très longtemps, 300 ans avant J.-C., une société secrète de prêtres qui tenait sous son emprise le monde celte et croyait en un curieux seigneur:  Samhain, prince de la mort, dont la fête tombait un 1er novembre.  Chaque année, le 31 octobre, ceux-ci célébraient en l’honneur de leur divinité païenne Samhain un festival de la Mort.  Des prêtres se déplaçant de maison en maison réclamaient des offrandes pour leur dieu et exigeaient parfois des sacrifices humains.  En cas de refus, ils proféraient des malédictions de mort sur la maison, d’où le “trick or treat”, malédiction ou présent, pour être plus clair:  une offrande sinon la malédiction.  Cordiaux, les vivants préparaient donc des offrandes à leur intention, histoire de se concilier leurs faveurs.

 

Comme une âme en peine pour éclairer leur chemin, les druides portaient des navets évidés, découpés en forme de visage grimaçant où brûlait une bougie faite avec de la graisse humaine de sacrifices précédents.  Ces navets représentaient l’esprit qui allait rendre leurs malédictions efficaces.

 

Associée à cette coutume, il y avait aussi l’idée que les âmes des personnes décédées avaient besoin d’être purifiées.  Selon un certain rite magique, l’âme du défunt était transférée après la mort dans le corps d’un animal.  Une fois par année, pendant la nuit du 31 octobre, les âmes enchantées étaient libérées par ce Samhain.  Ses âmes “libérées” retournèrent à leurs maisons et furent ainsi conduites ensembles dans leur ciel.  Tout cela était lié à toute sorte de magie et accompagné de sacrifices de certains fruits et d’animaux et parfois d’êtres humains.

 

Les Romains, qui régnèrent 400 ans sur les Celtes, ont combiné leurs fêtes avec ce festival de Samhain.  Lorsque l’Église catholique romaine eut établi sa domination sur ces pays, Grégoire le grand (540-604 après J.-C.) conseilla à l’archevêque de Canterbury de maintenir les sacrifices d’origine druidique et de les célébrer en l’honneur des saints “chrétiens”.  Plus tard, l’Église a approuvé la pratique de prier pour les morts, les gens allant de porte en porte pour mendier et pour prier, recevant des gâteaux comme récompense (précurseur des usages d’aujourd’hui).  Ainsi on comprend comment ce mélange de pratiques occultes et “chrétiennes” a eu lieu. 

 

C’est au 18e siècle que le navet devint citrouille, quand les immigrants irlandais introduisirent l’Halloween aux États-Unis.  Le nom donné à l’esprit qui habitait dans la citrouille était “Jock”, qui est devenu “Jack” qui habite dans la lanterne, d’où le nom “Jack-o-Lantern”.  La petite flamme n’était pas une simple bougie!  C’était un esprit qui habitait dans la lanterne.  Ainsi commence l’histoire de Jack-o-Lantern, chantée par tous les troubadours celtes. Selon la légende, cet esprit était naguère un joueur de cartes malchanceux qui avait vendu son âme au Diable pour payer ses dettes de jeu.  Coup de poker:  il ne résista pas à la tentation de proposer une revanche au Diable.  Qu’il gagna, évidemment, sinon il n’y aurait pas eu de ballade irlandaise.

 

Quoi qu’il en soit, le conte soutient que, furieux, l’ange déchu refusa à Jack l’entrée du royaume des ténèbres.  Et comme sa vie d’erreurs ne lui ouvrit pas les portes du ciel, le pauvre Jack n’eut pas d’autre alternative que d’errer, comme une âme en peine sur la terre.  Pour s’éclairer dans la sombre nuit, Jack mit un charbon ardent dans un navet évidé.  Et s’en alla hanter les chemins, ad eternaem.  Le navet, dans la petite histoire, tenait évidemment le rôle de l’âme damnée, que brandissaient, il y a bien longtemps, les druides, histoire de faire peur aux bonnes âmes.  Et les inciter à la générosité.  On a déjà vu ça…

 

Halloween – une fête commerciale

 

Depuis 1996, de nombreuses firmes commerciales se sont engouffrées dans ce marché qu’est l’Halloween.  Une étape providentielle, commercialement, entre la rentrée et les fêtes de fin d’année, dont les profits sont exorbitants.

 

Coca-Cola, Mc Donald’s, Disney, Universal Studio, des firmes américaines à forte notoriété se sont lancées à fond de train dans l’exploitation commerciale de ce qui apparaît, à première vue, comme un simple phénomène de mode, largement relayé par les médias.  L’Halloween devient un succès de librairie:  des livres d’images, même pour les plus petits, proposent des histoires toutes plus effrayantes les unes que les autres.

 

Nous constatons encore une fois que la peur est attrayante.  Les films qui mettent en scène les vampires, les fantômes ou les puissances démoniaques passent en séries télévisées très prisées.  Les maisons d’édition complètent et enrichissent leurs collections “Suspense” et “Mystères” qui font des tirages dignes des meilleurs prix littéraires.  Même dans les livres pour enfants, le phénomène est largement visible.  La collection “Chair de Poule” est une mine d’or pour l’éditeur qui vend chaque titre à des dizaines de milliers d’exemplaires.

 

 Si l’Halloween est un jour faste pour les marchands, il l’est aussi pour les personnes ayant des “pouvoirs psychiques”, les voyants et pour ceux qui se disent visionnaires; c’est la période la plus occupée de l’année.  Les éditeurs de livres sur les sujets classés entre astrologie et sorcellerie indiquent une forte augmentation des ventes.

 

Salem, une ville du Massachusetts, siège de la sorcellerie américaine, célèbre maintenant un “événement hanté”, lors de l’Halloween, pour prolonger sa saison touristique d’été.

 

Halloween – une fête religieuse?

 

Si, selon certains, “l’homme est un animal religieux”, rien ne le démontre plus que la fête de l’Halloween!  C’est la plus religieuse des fêtes laïques. C’est devenu une institution attendue chaque année!

 

D’ordinaire, quand on parle de religion, on pense à Dieu, au problème de la réconciliation avec Dieu, au problème d’une vie sainte et pure, à la difficulté de pratiquer de bonnes œuvres…

 

L’Halloween, la religion acceptée par certains aujourd’hui, est une religion qui exalte le hideux!  N’imaginez pas que ce jour particulier n’a rien à voir avec le satanisme…  Que vous le croyez ou non, l’Halloween est devenu le jour du diable.  C’est la fête la plus importante pour les satanistes.  Le 31 octobre est le nouvel an du calendrier des sorciers.  Le “Word Book Encyclopédia” affirme que c’est le commencement de tout ce qui est “cold, dark and dead” (froid, noir et mort).  De nos jours encore, nous savons que les satanistes pratiquent des sacrifices humains, cette nuit là, aux États-Unis et en Australie.

 

Demandez au refuge pour chats perdus de Chicago.  Lors de chaque fête de l’Halloween, il rapporte que des recherches au sujet de chats noirs disparus augmentent.  Craignant que les félins aient été utilisés, lors de rituels sanguinaires, par des sorcières improvisées, la société contre la cruauté envers les animaux a déclaré les chats noirs indisponibles pour l’adoption durant la saison de l’Halloween.  Tout cela nous laisse songeur sur les valeurs véhiculées par cette fête.

 

Vous ne serez certainement pas surpris d’apprendre comment le 31 octobre est devenu un moyen pour nous amener à accepter l’occulte.  Bonbons, déguisements, fêtes, les meilleurs ingrédients pour attirer les enfants…  N’utilisons-nous pas les jeunes et les très jeunes dans la publicité pour lancer une nouvelle mode, un nouveau produit?

 

Juste avant Noël, un nouveau film d’Harry Potter, “l’Antichambre des magiciens”, sortira et fera la promotion de la sorcellerie auprès de nos jeunes.  Les sorties scolaires et familiales de fin d’année sont déjà planifiées…

 

Quelle sera la suite?  Que pouvons-nous faire sans tomber dans le “casse-fun”?  Comment être vigilant et éduquer nos enfants?  Comment vous, les enfants, pouvez-vous prendre position devant vos camarades sur ces sujets?

 

Quelques remarques

 

• Aux États-Unis, quelques groupes, luttant contre l’occultisme, ont supprimé avec succès les célébrations de l’Halloween dans les écoles publiques.

• Récemment, un pasteur d’Arkansas a intenté un procès fédéral et a demandé que le satanisme, via les pratiques de l’Halloween, ne soit pas toléré dans les écoles publiques, étant donné que la prière y est interdite.

• Quand nous voyons des enfants faire du “trick or treat” et réclamer des bonbons de maison en maison, cela parait inoffensif et amusant, mais ne sommes-nous pas en train de les associer, sans en être conscients, à un bien sombre rituel?

• Dans notre monde contemporain, où le mal d’origine satanique est plus que réel, plusieurs pensent que c’est le moment d’épurer l’Halloween de ses éléments morbides peu recommandables.  Si les parents et les enfants comprenaient que la symbolique occulte de l’Halloween célèbre des puissances spirituelles obscures et dangereuses.  Les parents pourraient au moins centrer les activités familiales sur des amusements sains.  Ils pourraient faire une fête, mais refuser par exemple que des costumes soient en rapport avec le mal.  Par exemple, quelques Églises célèbrent la “réformation” en habillant les enfants à la manière des personnages de la Bible ou du temps de la Réforme.

• L’Évangile est rempli de vérités profondes d’une immense portée.  Prenons comme exemple ce simple précepte de sagesse:  “l’arbre est connu à son fruit”.  Quand je vois les fruits de l’Halloween je n’ai pas de peine à discerner la vraie nature de l’arbre.

• Les enfants ne sont jamais trop jeunes pour apprendre qu’un jour ne doit pas être dédié au diable.

 

En conclusion

 

Qu’est-ce que la Parole nous enseigne?  La Parole de Dieu, elle, rejette très clairement ces pratiques.  Lisons par exemple 2 Corinthiens 6:14-17:  “Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger.  Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?  Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle?  Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles?  Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit:  J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.  C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai.”   Selon 1 Corinthiens 10:14, “C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie”, les chrétiens doivent fuir l’idolâtrie.

 

En ce qui concerne les âmes des morts, l’enseignement biblique est très clair et nous devons croire, comme le dit l’Écriture, qu’il est impossible de faire quoi que ce soit pour changer le sort des défunts.  Ni les pratiques de l’Halloween ni les prières ou les messes pour les morts ne peuvent changer le sort des âmes de ces personnes mortes!  Ce qui compte devant Dieu pour déterminer le sort futur d’une personne, c’est la vie présente:  “Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs” (Hébreux 4:7).  “Voici, c’est maintenant le temps favorable; voici, c’est maintenant le jour du salut” (2 Corinthiens 6:1).

 

En ce début du troisième millénaire, ce ne sont plus des prêtres qui passent de porte en porte, mais des enfants.  Les offrandes pour le dieu Samhain ont été remplacées par des bonbons.  L’Halloween devient obligatoire!  Une nouvelle religion est née, osons le terme, une vieille idolâtrie resurgit de ces cendres sous les applaudissements d’une société déchristianisée toute prête à recevoir n’importe quoi et n’importe qui, pourvu que ce soit contre Dieu.

 

Jésus a dit:  “Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez.”  (Jean 5:43).  Il y aura toujours ceux qui, en petit ou en grand nombre, préféreront la lumière aux ténèbres, Dieu à Satan, et qui accepteront les si simples et si belles paroles de l’Évangile.  Jésus a dit:  “En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.”  (Jean 5:24).  Pour une promesse, c’est une promesse.  Heureux ceux qui y croient!

 

La Bible nous parle d’espérance.  Elle nous raconte comment Jésus-Christ a vaincu la mort et nous propose d’entrer avec Lui dans la vie, dans la joie et l’espérance.  Une vraie fête!

 

André et Anne-Marie Légaré

Paru dans le bulletin de nouvelle En Lui, Vol.1, No. 3, octobre 2002.

Les auteurs sont membres de l’Église réformée St-Marc de Québec.

 

 

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