Lorsque votre adolescent(e) marche sur l’eau (3)
Lorsque votre adolescent(e) marche sur l’eau (3)
Quand ils commencent à couler
J’ai vu ces adolescents idéalistes commencer à couler, comme Pierre. Ils détournent le regard du Sauveur. Ils refusent obstinément certaines règles et commencent à s’attirer la colère de ceux qui les aiment. Ils s’avancent sur l’eau, mais semblent emprunter la mauvaise direction, cherchant à découvrir un autre chemin, essayant de voir à quoi ressemble la vie en dehors des contraintes du bateau. Ils veulent voir ce que serait la vie sous d’autres règles. Ils semblent épris de leur propre image et commencent à aimer leur corps — utilisant ce corps pour obtenir une attention et une affection qu’ils estiment ne pas avoir reçues à la maison ou dont ils auraient aimé établir eux-mêmes les critères.
Arrivés à ce point, de nombreux jeunes chrétiens commencent à se voir tels qu’ils sont réellement. Ils tombent. Ils pèchent. Certaines vont trop loin dans leur relation avec un gars et deviennent enceintes. Ils font les imbéciles avec les drogues et se font arrêter. Ils perdent le courage de faire connaître l’espérance de l’Évangile à leurs amis. Peut-être un de leurs amis est-il mort et réalisent-ils qu’ils auraient pu lui parler de la foi, mais qu’ils ne l’ont pas fait. Ils font l’expérience d’une rupture dramatique avec une fille qu’ils pensaient épouser et font une tentative de suicide. Pierre est allé encore plus loin. Dans sa peur, il a même renié le Christ.
C’est alors que ça devient triste. Au lieu de trouver notre paix dans le fait que nous savons que nos enfants ont pris conscience de leur état de pécheur et qu’ils sont maintenant en mesure de comprendre la grâce comme jamais auparavant, nous qui les regardons s’éloigner du bateau commençons à les appeler pour qu’ils reviennent. Nous voulons les saisir, les empêcher de tomber, les ramener dans les limites de notre maison-bateau, bien au sec et en sécurité. Tout comme eux, nous sommes désespérément idéalistes et nous manquons d’humilité. Puisque nous les avons si bien élevés, nous pensons mériter une vie exempte de problèmes avec eux. Comment peuvent-ils oser gaspiller ainsi leur vie (et la nôtre!) après tout le temps, toute l’énergie, toutes les prières et tout l’argent que nous leur avons consacrés? Où est donc le fruit paisible de tout l’enseignement que nous leur avons si soigneusement donné et de toute la discipline attentive dans laquelle nous les avons élevés?
Nous perdons nous-mêmes confiance qu’ils vont “s’en sortir”, là-bas dans la tempête. Alors qu’ils essaient de faire leurs premiers pas à l’extérieur du bateau vers leur Sauveur, ils continuent d’entendre notre voix qui les appelle. Ils peuvent sembler distraits et vous pensez peut-être qu’ils ne peuvent plus entendre nos voix, mais ils les entendent toujours. Quel message reçoivent-ils de nous? Parfois même, ils se retournent pour voir si nous les regardons encore, pour voir si nous les regardons toujours avec amour, avec grâce, avec foi, dans la paix et avec espoir.
Lancer la bouée de sauvetage?
À ce moment-là, nous devons faire un choix d’une importance capitale. Leur lançons-nous la bouée de sauvetage et les tirons-nous pour les ramener dans le bateau? Leur tournons-nous le dos et leur disons-nous: “Tu as fait ton choix! Maintenant vis-en les conséquences. Je te renie.” Leur crions-nous toute une série de directives? Leur demandons-nous vers où ils se dirigent?
S’il vous plaît, n’allez pas penser que j’essaie d’apporter des solutions simplistes à ces moments, mais j’ai commencé à réaliser à quel point ma propre fermeté dans ma foi dans le Sauveur et en ses promesses est importante aux yeux de mes enfants dans ces moments de crise. Imaginez que je saisisse ma fille par le cou et que je lui crie: “Mais qu’est-ce qui te prend? Comment peux-tu te dire chrétienne et agir ainsi?” Ses actions rebelles sont peut-être en train de me dire “Je me fiche de ce que tu penses. Je vais faire ce qui me plaît”, mais, en fin de compte, ce que je pense compte énormément pour elle. Si je lui dis qu’elle va se noyer, qu’elle n’est pas chrétienne, alors qu’elle vient tout juste de quitter le bateau, qu’elle est perdue dans la tempête et qu’elle n’arrive pas à distinguer le visage de Jésus, elle pourrait me croire! J’ai encore beaucoup de pouvoir dans sa vie. Elle sait à quel point je l’aime. Au fond, elle a beaucoup de respect pour moi. Dans sa tête, elle se dira: “Si ma mère pense que je ne suis pas chrétienne, alors je ne le suis certainement pas!” Cet abandon de l’espoir de notre part en tant que parents (ou en tant que pasteurs, dirigeants de la jeunesse, grands frères, grandes soeurs, amis proches) conduit nos enfants au désespoir total. Non seulement ont-ils perdu Jésus de vue dans l’obscurité, mais nous aussi l’avons perdu de vue! Cependant, nous avons une autre option.
(à suivre…)
Rebecca Jones
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier,
Vol. 3, No. 5, septembre 2008.
Traduit et utilisé avec permission,
Rebecca Jones “When Your Teen Walks on Water”,
www.cwipp.org/articles.asp?section=Rebecca&id=96084.
L’auteur est écrivaine, conférencière et mère de sept enfants. Elle est membre du comité du Council on Biblical Manhood and Womanhood et secrétaire administrative de Christian Witness to a Pagan Planet.
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