I.2 - L’amour libre et souverain de Dieu pour des pécheurs perdus
Source: Creative Commons, Flickr, BugMan50
I.2 - L’AMOUR LIBRE ET SOUVERAIN DE DIEU
POUR DES PÉCHEURS PERDUS
Mais l’amour de Dieu a été manifesté en ceci: qu’il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle (1 Jean 4:9; Jean 3:16).
— Canons de Dordrecht, I.2
Oui Dieu aurait eu pleinement le droit de condamner tous les hommes, sans exception. Le péché est venu infecter profondément nos vies. À cause de notre culpabilité, “Dieu n’eût fait tort à personne s’il eût voulu laisser tout le genre humain dans le péché et la malédiction” (I.1). Tout commence par Dieu. Dieu aurait le droit d’exercer sa juste condamnation sur nous tous. Mais Dieu a sauvé!
Mais Dieu
Personne n’est allé demander à Dieu de nous sauver. Quand Adam et Ève ont péché, sont-ils allés vers Dieu pour lui demander de l’aide? Pas du tout! Gen. 3:8: “Ils entendirent la voix de l’Éternel qui parcourait le jardin avec la brise du soir.” C’est Dieu, dans sa miséricorde, qui est allé vers eux. Comment ont-ils réagi? “L’homme et sa femme allèrent se cacher devant l’Éternel Dieu, parmi les arbres du jardin.” Ils ont reconnu la voix de Dieu. La visite de Dieu dans le jardin leur était familière, mais ils ne voulaient rien savoir de Dieu. Gen. 3:9: “L’Éternel Dieu appela l’homme et lui dit: Où es-tu?” C’est Dieu, dans son infinie bonté, qui est allé de nouveau vers l’homme déchu. Il l’a appelé parce qu’il voulait le sauver. Béni soit Dieu, il y a un “mais”! Un “mais” absolument extraordinaire et bouleversant. Éph. 2:2-4: “Vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés… Nous tous aussi nous étions de leur nombre…, nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. Mais Dieu est riche en miséricorde et à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ.” Dieu n’était pas obligé de faire cela. Il aurait pu nous laisser dans le péché et la malédiction. Mais Dieu ne prend pas plaisir à voir périr le pécheur. Il a eu compassion! Il n’était pas tenu de nous redonner la vie par son Fils. Il l’a fait par pure grâce, selon sa libre souveraineté. Oui, tout commence par Dieu. Il avait le droit de nous punir éternellement, mais il a manifesté sa grande miséricorde.
Nous devrions être dans la plus grande admiration de voir qu’il a manifesté son si grand amour en envoyant son Fils dans ce monde pécheur, un monde capable uniquement de détester son Créateur. Dordrecht ne commence pas par décortiquer les mystères insondables des décisions éternelles de Dieu. Les premiers paragraphes commencent par l’histoire et non par l’éternité: l’histoire de la chute dramatique d’Adam et Ève, dont le péché et la misère se sont étendus sur toute l’humanité; puis la manifestation dans l’histoire de l’amour de Dieu qui a envoyé son Fils dans ce monde. I.2: “Mais l’amour de Dieu a été manifesté en ceci: qu’il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.” (1 Jean 4:9 et Jean 3:16). Nous devons d’abord considérer ce que Dieu nous révèle dans ses oeuvres. C’est ainsi que Dieu nous ouvre son coeur! Pour arriver à saisir quelque chose du dessein éternel de Dieu, il nous faut commencer par contempler l’accomplissement de ce dessein de salut dans l’envoi de son Fils dans ce monde. Il nous faut commencer par nous émerveiller de la manière dont l’amour de Dieu s’est manifesté dans notre histoire humaine. Ensuite, à travers le don de son Fils, nous pourrons mieux nous émerveiller du fait qu’il nous a élus et prédestinés depuis toute éternité. Autrement, si nous commençons par l’éternité, nous risquons de faire fausse route dans nos vains raisonnements et nous risquons de nous perdre dans nos spéculations orgueilleuses au sujet des pensées de Dieu.
Chose très étrange, ceux qui se sont opposés à la doctrine de l’élection ont souvent cité Jean 3:16 comme preuve que Dieu ne nous aurait pas élus selon la libre souveraineté de sa grâce. Ces gens disent: Voyez, la Bible enseigne que Dieu aime tout le monde ( “car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique” ) et qu’il n’en tient qu’à nous de croire pour être sauvés et non à son élection ( “afin que quiconque croit ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle” ). Jean 3:16 prouverait que l’élection est une fausse doctrine! Et pourtant, Dordrecht n’est pas du tout embarrassé par ce verset qui est cité dès le début!
Ai-je la libre capacité de croire?
Arrêtons-nous un instant sur les présupposés des arminiens. Leurs idées sont fondées sur les deux principes suivants: D’abord, la souveraineté de Dieu serait incompatible avec la liberté et la responsabilité humaines; ensuite, la capacité humaine limiterait notre obligation. En partant de ces deux principes, les arminiens tirent deux déductions: D’abord, puisque la foi est un acte libre et responsable, elle ne pourrait pas être causée par Dieu. On cherche en quelque sorte à “sauver” la libre volonté humaine en laissant à l’homme un certain domaine où il pourrait exercer la foi indépendamment de Dieu. Si Dieu nous choisit d’avance, alors, d’après ce raisonnement, nous ne serions plus libres et responsables. Ensuite, puisque la Bible nous dit que la foi est demandée à tous ceux qui entendent l’Évangile, la capacité de croire serait universelle. Puisque Dieu nous demande de croire, cela supposerait que nous sommes nous-mêmes capables d’exercer la foi. L’homme ne serait jamais assez corrompu par le péché pour ne pas être capable de croire en Jésus quand l’Évangile lui est présenté. Ceux qui exercent leur libre volonté en mettant leur foi en Jésus seront sauvés. C’est ce que les arminiens comprennent quand ils lisent Jean 3:16! Mais ce texte ne dit pas que tout homme a la capacité en lui-même de croire. Il dit simplement que quiconque croit a la vie éternelle. L’homme laissé à lui-même est incapable de croire. Éph. 2:5: “Nous étions morts par nos fautes et par nos péchés, mais… il nous a rendus à la vie.” Jean 6:44: “Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire.” Jean 6:65: “Nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père.”
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique
Que signifie que “Dieu a tant aimé le monde” ? Plusieurs ont débattu longuement sur la signification du mot “monde”. S’agit-il seulement des élus ou de tous les individus de la terre? L’idée principale n’est pas de savoir combien de gens en quantité sont inclus dans ce mot, mais plutôt quelle est la qualité de ces gens, ou plus exactement quelle est l’absence de qualité de ces gens. L’idée n’est pas que le monde compte tellement de gens qu’il a fallu beaucoup d’amour pour les embrasser tous. Même s’il y avait des centaines de milliards d’êtres humains à aimer, ce n’est pas cela qui fait que “Dieu a tant aimé le monde”. L’idée est que le monde contient une humanité pécheresse tellement corrompue, tellement coupable et tellement indigne qu’il a fallu un amour absolument merveilleux pour qu’il puisse même nous aimer! Rappelons-nous Romains 3:11-12,23: “Il n’y a pas de juste, pas même un seul; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils sont pervertis, il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul… Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.” Si Jean 3:16 nous enseigne quelque chose, c’est bien l’amour libre et souverain de Dieu, et non pas un amour qui dépendrait d’un petit quelque chose d’intéressant, d’aimable ou de prometteur qu’il aurait vu en nous. L’amour souverain de Dieu est un amour pour des pécheurs perdus, comme vous et moi, un amour pour des gens détestables par nature, morts dans leurs péchés, incapables par eux-mêmes de se tourner vers Dieu et n’ayant nul désir ni aucune volonté de croire en lui. Voilà de tels gens que Dieu a aimés. À tel point qu’il a donné son Fils unique. Nous n’avons rien demandé à Dieu, c’est Dieu qui a donné son Fils unique. Dieu a été capable d’aimer ce qu’il y avait de pire, et il a été prêt à leur donner ce qu’il avait de mieux, de plus précieux! Il nous a donné son propre Fils unique pour qu’il soit livré aux mains des méchants! Son Fils est mort de la façon la plus douloureuse et la plus honteuse qui soit. Quel grand amour il a démontré! Jean 3:16 n’est pas là pour essayer de défendre la libre volonté de l’homme; ce texte est là pour exalter la grandeur de l’amour de Dieu pour des pécheurs perdus.
Par libre choix de sa part
D’où vient donc cet amour de Dieu? Du fait que nous aurions exercé notre libre volonté à mettre notre foi en Jésus-Christ? Du fait qu’il a vu d’avance que nous croirions en lui? Pas du tout. Son amour vient uniquement de sa libre souveraineté, parce que Dieu est Dieu et que “Dieu est amour” (1 Jean 4:8). Puisque Dieu est Dieu, son amour doit toujours rester libre et souverain. Il n’était pas obligé d’aimer aucun d’entre nous. Nous avons péché par notre propre faute. Nous ne sommes pas allés vers lui. C’est lui qui a exercé le libre choix de nous aimer. Oui, Dieu aurait pu décider de laisser tous les hommes dans leurs péchés et dans leur condamnation. Mais loué soit Dieu! Ce n’était pas sa volonté! Dieu a voulu manifester sa miséricorde la plus grande qui soit à des gens les pires qu’on puisse rencontrer. Quelle miséricorde! Rendons gloire à Dieu seul pour cet amour si grand! Reposons-nous dans cet amour libre et gratuit qui ne dépend nullement de nous!
Paulin Bédard, pasteur

Commentaires fermés