I.4-5 – La misère de l’incrédulité et le merveilleux don de la foi
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I.4-5 - LA MISÈRE DE L’INCRÉDULITÉ
ET LE MERVEILLEUX DON DE LA FOI
Ceux qui ne croient point à cet Évangile, la colère de Dieu demeure sur eux; mais ceux qui le reçoivent et embrassent le Sauveur Jésus d’une vraie et vive foi, sont délivrés par lui de la colère de Dieu et de la perdition, et sont faits participants de la vie éternelle.
— Canons de Dordrecht, I.4
La cause ou la coulpe de cette incrédulité, non plus que de tous les autres péchés, n’est nullement en Dieu, mais en l’homme. Mais la foi en Jésus-Christ, et le salut par celui-ci, est un don gratuit de Dieu, comme il est écrit: “ C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.” (Éph. 2:8). De même: “ Il vous a été fait la grâce de croire en Christ.” (Phil. 1:29).
— Canons de Dordrecht, I.5
L’Église est responsable de proclamer l’Évangile à tous, et Dieu est libre de faire connaître le message de l’Évangile à qui il veut et quand il veut. Une fois que ce message est entendu, tous réagissent-ils de la même manière? Qu’est-ce qui fait que tous ne répondent pas de la même façon?
Deux réponses différentes: la foi et l’incrédulité (I.4)
Lorsque la Bonne Nouvelle est annoncée, sa proclamation produit toujours deux réactions opposées: la foi ou l’incrédulité. Nous le constatons tout au long de l’histoire. Dans le livre des Actes, la proclamation des apôtres a reçu un accueil joyeux dans le coeur d’un grand nombre. Les 3000 le jour de la Pentecôte, l’eunuque éthiopien, Corneille, des gens d’Antioche et d’Iconium, Lydie de Thyatire, le geôlier de Phillipes, des gens d’Asie Mineure, de Macédoine et de l’Europe, etc. La même proclamation des apôtres a aussi reçu un accueil froid, incrédule et hostile. Les chefs religieux de Jérusalem, des Juifs d’Antioche et d’Iconium, des gens d’Athènes et de la Macédoine, le gouverneur Félix, le roi Agrippa, etc. Paul a dit que le même Évangile est “aux uns, une odeur de mort, qui mène à la mort; aux autres, une odeur de vie, qui mène à la vie” (2 Cor. 2:16).
La foi et l’incrédulité, voilà deux réponses opposées qui creusent un fossé très profond. Il existe toutes sortes de distinctions qui causent des séparations parmi les humains, distinctions de sexe, d’âge, de race, de langue, de culture, de classe sociale, etc., mais il n’y en a pas qui cause une séparation aussi profonde et radicale que ce qui sépare la foi de l’incrédulité. I.4: “Ceux qui ne croient point à cet Évangile, la colère de Dieu demeure sur eux; mais ceux qui le reçoivent et embrassent le Sauveur Jésus d’une vraie et vive foi, sont délivrés par lui de la colère de Dieu et de la perdition, et sont faits participants de la vie éternelle.” Nous avons ici l’Évangile en résumé. Pour ceux qui ne croient pas, la colère de Dieu “demeure” sur eux. Elle était sur eux depuis leur conception et elle continue de demeurer sur eux jusqu’à leur mort et jusque dans l’enfer éternel. Pour ceux qui entendent l’Évangile et le rejettent, le jugement sera d’autant plus sévère. Luc 12:48: “On demandera beaucoup à qui l’on a beaucoup donné et on exigera davantage de celui à qui l’on a beaucoup confié.” Mais pour ceux qui “reçoivent et embrassent le Sauveur Jésus d’une vraie et vive foi” , ils “sont délivrés de la colère de Dieu et de la perdition, et sont faits participants de la vie éternelle” (I.4). C’est le message des Écritures. Jn 3:36: “Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.”
Oui, la foi est nécessaire! Ceux qui se moquent de l’élection en font parfois une caricature. Ils disent: “Vous croyez dans l’élection? Dieu décide donc tout. Si une personne est élue, elle est élue, peu importe qu’elle croit ou non ou qu’elle essaie de croire ou pas. Son sort est jeté, elle ira au ciel. Si elle n’est pas élue, Dieu va l’empêcher de croire pour qu’elle aille en enfer.” Voilà un bel exemple d’un raisonnement pécheur et d’une pensée tordue qui vient falsifier le sens des Écritures. Non, la foi est absolument nécessaire! L’article 4 nous le rappelle avec force. Un prédicateur anglais a déjà dit: “Avant d’aller à l’université de l’élection, il nous faut aller à l’école primaire de la repentance et de la foi.” Voyez comme la foi est exprimée en termes riches et chaleureux: “Recevoir et embrasser le Sauveur Jésus d’une vraie et vive foi” . Cela signifie s’appuyer sur sa Parole, compter sur ses promesses, se confier entièrement dans sa personne et dans son oeuvre pour son salut! Dieu envoie des messagers de sa Bonne Nouvelle. Il nous appelle à la repentance et à la foi, et cet appel reçoit toujours deux réponses différentes: la foi ou l’incrédulité.
Deux causes différentes: le don gratuit et le salaire mérité (I.5)
La question qui nous vient ensuite à l’esprit est la suivante: Quelle est donc la raison de ces deux réponses différentes? D’où vient que certains croient et que d’autres restent incrédules? Notre coeur humain pécheur est porté à penser que c’est un peu grâce à nous si nous sommes venus à la foi. Nous reconnaissons certes que Dieu a fait la plus grande part, mais nous pensons quand même y contribuer un peu, par notre intelligence à comprendre, par notre disposition spirituelle, par notre bonne éducation. Les arminiens disent que nous aurions en nous-mêmes (ou par la “ grâce prévenante ” ) le pouvoir de croire. Puisque l’incrédulité dépend de nous, la foi dépendrait aussi de nous. À l’inverse, si nous croyons à l’élection, il peut nous arriver de conclure que Dieu aurait créé certaines personnes simplement pour les condamner. Non! Ces deux “logiques humaines” sont des faux raisonnements. Ce n’est pas ce que la Bible enseigne. Nous n’avons pas toutes les réponses, nous ne sommes pas capables de tout comprendre, mais n’allons pas au-delà des Écritures!
Quelle est la cause de l’incrédulité? I.5: “La cause ou la coulpe de cette incrédulité, non plus que de tous les autres péchés, n’est nullement en Dieu, mais en l’homme.” L’incrédulité est un péché, comme tous les autres péchés. C’est une rébellion contre Dieu. La cause de cette rébellion ne se trouve pas en Dieu! L’humanité est tombée dans le péché par sa propre désobéissance. Il est clair d’après la Bible que l’homme ne veut pas croire. És. 30:9: “Car c’est un peuple rebelle, ce sont des fils indociles, des fils que ne veulent pas écouter la loi de l’Éternel!” És. 30:15: “C’est dans le retour à Dieu et le repos que sera votre salut…, mais vous ne l’avez pas voulu!” L’incrédulité, c’est refuser d’écouter et de croire. Jean 5:39-40: “Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Vous ne voulez pas venir moi pour avoir la vie!” Si les Juifs n’ont pas cru en Jésus, ce n’est pas la faute du Saint-Esprit qui n’a pas fait son travail, ce sont eux qui ne voulaient pas croire. Ils ont refusé par leur propre faute. Si Dieu me donne d’entendre l’Évangile et que je reste incrédule, je ne peux blâmer ni une autre personne, ni les circonstances, ni Dieu. La personne incrédule ne peut que se blâmer elle-même.
Quelle est la cause de la foi? I.5: “Mais la foi en Jésus-Christ, et le salut par celui-ci, est un don gratuit de Dieu.” Éph. 2:1,4-5,8: “Vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés. Mais Dieu est riche en miséricorde, et à cause du grand amour dont il nous a aimés…, il nous a rendus à la vie avec le Christ… C’est par grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.” La foi ne vient pas de nous. La foi est un don de Dieu! En Achaïe, Paul “se rendit très utile à ceux qui avaient cru par la grâce” (Ac. 18:27). Phil. 1:29: “Il vous a été fait la grâce de croire en Christ.” Ce merveilleux cadeau gratuit nous est accordé selon son bon plaisir, en vertu de son élection éternelle. Rom. 9:16: “Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.” Les enfants de Dieu “sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu” (Jean 1:13). Jac. 1:18: “Il nous a engendré selon sa volonté.” Si Dieu me donne d’entendre l’Évangile et que je viens à la foi, je devrais tomber à genoux et le remercier toute ma vie!
Aucun incroyant ne peut dire: “Ce n’est pas juste! Ce n’est pas de ma faute! C’est de la faute de Dieu qui ne m’a pas choisi!” Dordrecht dit que la foi est “un don gratuit de Dieu” , mais ne dit pas que l’incrédulité serait un don de Dieu! La Bible ne dit jamais que Dieu donne aux uns l’incrédulité comme il donne aux autres la foi. Non, tous ceux qui iront en enfer reconnaîtront pleinement: “C’est entièrement de ma faute, c’est à cause de mon péché. Je reçois ce que je mérite.” Ils seront parfaitement d’accord avec Dieu pour dire que le salaire du péché, c’est la mort. D’autre part, aucun croyant ne pourra dire: “Regardez-moi! J’ai cru! N’est-ce pas quelque chose? Dans un monde où la majorité des gens autour de moi rejettent Dieu et courent tout droit vers l’enfer, j’ai eu le bon sens de croire en Jésus-Christ!” Non! Aucun véritable croyant ne pourra s’attribuer le mérite d’avoir reçu le don gratuit de Dieu. Nous devrons tous rendre entièrement gloire à Dieu pour ce don gratuit. Qu’avons-nous que nous n’ayons pas reçu? Si nous saisissons bien que, laissés à nous-mêmes, nous ne méritons que la mort éternelle, nous apprécierons davantage la grandeur du don qui nous a été fait de croire. La foi n’est pas quelque chose que nous nous donnons à nous-mêmes. Nous sommes incapables de tirer sur nous-mêmes pour nous élever dans les airs… Il faut que l’action puissante et secrète du Saint-Esprit soit à l’oeuvre pour élever notre coeur vers Dieu dans la foi. Nous devons croire et c’est nous qui croyons, mais la foi est un don de Dieu.
En résumé, les deux différentes réponses à la proclamation de la Parole ont deux raisons différentes. L’incroyant reçoit un salaire. Il ne peut pas blâmer Dieu ou dire que Dieu est injuste. Il reçoit exactement ce qu’il mérite, par sa propre faute. Le croyant reçoit un cadeau gratuit. Il ne peut pas s’attribuer le mérite d’avoir la foi. Nous devons être éternellement reconnaissants envers Dieu pour le don de la vie éternelle qu’il accorde à ses enfants et nous devons lui rendre toute la gloire!
Paulin Bédard, pasteur

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