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I.18 – Devant ce mystère insondable, adorons Dieu sans murmurer

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, HaPe Gera

I.18      -  DEVANT CE MYSTÈRE INSONDABLE,

ADORONS DIEU SANS MURMURER

Si quelqu’un murmure contre cette grâce de l’élection gratuite et contre la sévérité de cette juste réprobation, nous lui opposons ce dire de l’Apôtre:  “ Toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu?” (Rom. 9:20); et celui de notre Sauveur:  “ Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux?”   (Matt. 20:15).

Mais quant à nous, qui adorons religieusement ces mystères, nous nous écrions avec l’Apôtre:  “ Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu!  Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles!  En effet, qui a connu la pensée du Seigneur?  Ou qui a été son conseiller?  Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour?  Tout est de lui, par lui, et pour lui!  À lui la gloire dans tous les siècles.  Amen!”   (Rom. 11:33-36).

— Canons de Dordrecht, I.18

Nous arrivons au dernier article des Canons de Dordrecht au sujet de l’élection et cet article est en fait une excellente conclusion.  Il s’agit d’une doxologie, c’est-à-dire une parole à la gloire de Dieu.

Profonde humilité

Le coeur pécheur résiste fortement à la doctrine de l’élection, mais la Parole de Dieu nous enseigne à renoncer à toute résistance et à mettre toute notre confiance dans la seule miséricorde de Dieu.  En réponse à ceux qui se moquent de ce que la Bible enseigne si clairement au sujet de l’élection et de la réprobation, Dordrecht affirme, I.18:   “Si quelqu’un murmure contre cette grâce de l’élection gratuite et contre la sévérité de cette juste réprobation, nous lui opposons ce dire de l’Apôtre:  Toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu?  (Rom. 9:20); et celui de notre Sauveur:  Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux?  (Matt. 20:15).”   Autrement dit:  “Qui penses-tu être?”  La seule réponse que je puisse donner est la suivante:  “Je suis seulement un homme, et en plus, un homme pécheur.”  Oui, j’ai tendance à murmurer contre Dieu.  J’ai tendance à contester ses voies et à me penser plus sage que lui.  Je dois lui confesser ce péché et lui demander pardon!  Car Dieu est au ciel, et moi, sur la terre!  Qui suis-je devant lui, sinon que “poussière et cendre” ?  (Gen. 18:27).

Dieu nous a révélé des choses profondes concernant l’élection et la réprobation.  Ma première réaction devrait être une profonde humilité devant Dieu.  Job avait contesté les voies de Dieu.  Il avait perdu ses enfants, ses richesses, sa santé, et il avait contesté.  Il a trop parlé.  Et alors, Dieu l’a mis au défi.  Job 40:1-5:   “L’Éternel dit à Job:  Le discutailleur va-t-il faire un procès au Tout-Puissant?  Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réponse à cela?  Job répondit à l’Éternel:  Voici:  Je suis peu de chose; que te répliquerais-je?  Je mets la main sur ma bouche.  J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus.  Deux fois, je n’ajouterai rien.”   Voilà quelle devrait être notre attitude devant Dieu quand nous considérons la doctrine de l’élection et de la réprobation:  humilité, humilité, humilité!  S’il a plu à Dieu d’en sauver certains de leurs péchés et d’en laisser d’autres dans leur perdition, de quel droit pourrais-je me plaindre?  Comme le dit l’apôtre Paul:   “Toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu?”   (Rom. 9:20).  Il a bien voulu manifester sa pure grâce et sa parfaite justice comme il lui a semblé juste et bon.  Il ne s’est certainement pas trompé!  Le fait que nous ne comprenions pas tous les aspects de la doctrine de l’élection ne nous donne pas le droit de nous y opposer.  Il n’est ni juste ni sage qu’un enfant s’oppose à la décision de ses parents sous prétexte qu’il ne la comprend pas.  Jésus, dans sa parabole sur les ouvriers embauchés à différentes heures, fait dire au maître de la maison:   “Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux?”   (Matt. 20:15).  Ce maître, évidemment, représente Dieu.  Le Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, a parfaitement le droit de faire ce qu’il veut avec ses biens.  Rom. 9:15:   “Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’aurai compassion.”   Un point, c’est tout.  Autrement sa grâce ne serait plus une grâce.  Prions donc notre Dieu de nous garder humbles devant lui.  Ce sera la seule façon d’accepter la doctrine de l’élection, le coeur en paix.  Mi. 6:8:   “On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques le droit, que tu aimes la loyauté, et que tu marches humblement avec ton Dieu.”

Joyeuse adoration

De cette humilité jaillira louange et adoration.  “Seigneur, tu t’es choisi un peuple composé de pécheurs pardonnés pour que ce peuple t’appartienne et qu’il devienne saint.  Tu l’as fait depuis toujours, sans m’avoir consulté.  Tu m’as même choisi, moi qui ne mérite que ta juste colère.  Pourquoi moi?  Tu m’as choisi au salut éternel, pour partager ta gloire et ton bonheur, avec toi pour toujours.  Quelle richesse insondable et incompréhensible pour moi!  Je ne comprends pas et je m’incline devant toi.  Quel Dieu grand et magnifique tu es!”  Nous ne sommes pas les premiers à nous exclamer d’adoration devant ce mystère insondable.  Quand l’apôtre Paul pensait aux élus, des prières de reconnaissance montaient vers le ciel.  2 Th. 2:13:   “Nous devons continuellement rendre grâces à Dieu à votre sujet, car Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut.”   Et quand il considérait la doctrine de l’élection, la louange était la seule réponse digne de notre merveilleux Sauveur qu’il pouvait donner.  Éph. 1:3-6:   “Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ.  En lui, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui.  Dans son amour, il nous a prédestinés par Jésus-Christ à être adoptés, selon le dessein bienveillant de sa volonté, pour célébrer la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé.”   Éph. 1:11-12:   “En lui, nous avons aussi été mis à part, prédestinés selon le plan de celui qui opère tout selon la décision de sa volonté, afin que nous servions à célébrer sa gloire.”

Paul a simplement suivi l’exemple de son maître.  Jésus aussi a plongé les regards dans le mystère de l’élection.  Lui aussi s’en est émerveillé, son coeur plein de louanges pour son Père.  Matt. 11:25-27:   “Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux enfants.  Oui, Père, je te loue de ce que tel a été ton bienveillant dessein.  Tout m’a été remis par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.”   Comme c’est remarquable!  Le Fils éternel du Père connaît depuis toute éternité “le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il s’était proposé en lui” (Éph. 1:9) .  Jésus en est le fondement et la pierre angulaire.  C’est “en lui” que ce dessein d’élection s’accomplit.  C’est lui, Jésus, qui révèle le Père comme bon lui semble, “à qui le Fils veut le révéler” .  Pendant qu’il considère la profondeur de ce bienveillant dessein, le Fils exprime sa louange à son Père!   “Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre.”   Aucun murmure, aucune discussion, aucune contestation.  Au contraire!  Il est plein de joie pour les brebis que le Père lui a données depuis toute éternité.  C’est pour elles qu’il est venu donner sa vie!  Il est plein d’adoration pour son Père qui est digne d’en recevoir toute louange et toute gloire.

Suivons, nous aussi, cette voie par excellence.  N’est-ce pas précisément pour cela que nous avons été élus?   “Pour célébrer la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé.”   La position arminienne ne sert qu’à protéger la prétendue “liberté humaine”, le fameux “libre arbitre” d’Érasme et de Pélage.  Le coeur humain pécheur cherche toujours à recevoir une part des honneurs qui n’appartiennent qu’à Dieu seul.  La doctrine de l’élection au contraire, est toute à la gloire et à l’honneur de Dieu seul.  Nous servons à ce but de célébrer la gloire de sa grâce, sans même en être conscients, par le simple fait que nous sommes les récipients choisis de son amour et de sa grâce.  Mais comme l’élection porte de bons fruits, elle ne nous laisse jamais passifs.  Nous servons aussi à ce but d’une manière pleinement consciente, en célébrant la gloire de sa grâce par nos bouches et par nos coeurs.  Plus nous reconnaissons que notre salut ne dépend que de Dieu seul, Père, Fils et Saint-Esprit, plus nous allons louer notre Dieu pour ce si grand salut.  I.18:   “Mais quant à nous, qui adorons religieusement ces mystères, nous nous écrions avec l’Apôtre:  Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu!  Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles!  En effet, qui a connu la pensée du Seigneur?  Ou qui a été son conseiller?  Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour?  Tout est de lui, par lui, et pour lui!  À lui la gloire dans tous les siècles.  Amen!”   (Rom. 11:33-36).

Si l’amour de Dieu pour nous dépendait le moindrement de notre amour pour lui ou d’une décision préalable de notre part, nous aurions tôt fait de nos lasser de l’adorer.  Nos forces s’épuiseraient bien vite si notre salut reposait le moindrement sur notre volonté indépendante de la sienne.  Mais en réalité, c’est lui qui “opère en nous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant” (Phil. 2:13).  Cela inclut la volonté de l’adorer et l’action de le faire!  Son amour insondable est ancré dans l’éternité passée pour que nous puissions avoir toutes les raisons, toute la force et toute la joie de l’adorer pour toujours dans l’éternité à venir.

Apoc. 4:11:   “Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles furent créées.”   Apoc. 5:13:   “À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la louange, l’honneur, la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles.”   Apoc. 7:10,12:   “Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’Agneau…  Amen.  La louange, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu, aux siècles des siècles!  Amen.”

Paulin Bédard, pasteur

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