Objections à la doctrine de l’élection
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OBJECTIONS À LA DOCTRINE DE L’ÉLECTION
A. Objections se rapportant à notre compréhension de Dieu :
1. La doctrine de l’élection rendrait Dieu coupable de discrimination. (I.6)
Si Dieu a ses “préférés”, cela ne rendrait-il pas Dieu coupable de discrimination injuste?
a. Quand il est dit que “pour Dieu il n’y a pas de considération de personnes” (Ac. 10:34), cela signifie que Dieu sauve des gens de toute tribu et de toute langue, pas seulement des Juifs. Ce texte n’a rien à voir avec l’élection.
b. C’est en fait l’arminianisme qui rend Dieu coupable de discrimination injuste , car d’après eux, Dieu choisirait sur la base de ce que les gens décident par rapport à Dieu. Ce serait tout à fait injuste pour les gens dans le monde qui n’ont pas eu l’occasion d’entendre l’Évangile et d’y répondre.
c. Oui, Dieu discrimine (I. 6), mais pas de façon injuste . Il ne discrimine pas en fonction de quelque chose qui serait en nous (l’élection est inconditionnelle), mais uniquement sur la base de son bon plaisir. Dieu a pleinement le droit de faire ce qu’il veut de ses biens.
2. La doctrine de l’élection rendrait Dieu injuste. (I.1; I.2; I.5)
Dieu n’est-il pas injuste en choisissant seulement un certain nombre de personnes au salut?
a. Dieu n’est certainement pas injuste en envoyant des gens en enfer comme ils le méritent (I.1 et I.5). Dieu n’aurait fait tort à personne s’il avait laissé toute l’humanité dans le péché et s’il nous avait tous condamnés en enfer (Rom. 3:19; 3:23; 6:23).
b. Lorsque nous sommes remis à notre place, la chose étonnante n’est pas que Dieu envoie des pécheurs en enfer, mais qu’il manifeste son amour à un monde qui ne peut que le détester (I.2).
c. Dieu ne fait certainement rien d’injuste, sinon il ne serait pas Dieu (Gen. 18:25).
3. La doctrine de l’élection ferait de Dieu l’auteur du péché. (I.15)
Puisque Dieu choisirait ceux qui vont en enfer, cela ne ferait-il pas de Dieu l’auteur du péché?
a. Les Écritures enseignent clairement que Dieu n’est effectivement pas responsable du péché (Jac. 1:13,17). Ce serait un blasphème de dire que Dieu est l’auteur du péché (I.15).
b. Mais alors, pourquoi le péché est-il entré dans le monde? Les arminiens pensent que la réponse serait de dire que Dieu a créé l’homme avec une volonté libre. L’homme a librement choisi de pécher, c’est donc l’homme qui est responsable et non Dieu. Mais pourquoi l’homme a-t-il librement choisi de pécher? Ce n’est pas la faute de Dieu, car il a créé l’homme parfait. La question demeure: Comment expliquer qu’Adam et Ève ont désiré pécher? Et comment expliquer l’existence de Satan?
c. Nous ne pouvons pas entièrement l’expliquer. C’est un grand mystère. Même si les arminiens prétendent que les réformés font de Dieu l’auteur du péché, les arminiens ont la même difficulté.
d. Le problème avec ce raisonnement est le suivant: Au lieu de se demander: “Qu’est-ce que la Bible dit?”, on se demande: “Qu’est-ce que ma petite intelligence comprend?”
e. En fait, la Bible enseigne que Dieu est souverain sur toutes choses, incluant le péché qui fait partie d’une certaine façon de son plan (Prov. 16:4; És. 45:7) et que Dieu n’est pas l’auteur du péché (Jac. 1:13). Nous devons accepter ces deux vérités que la Bible enseigne, même si nous n’en comprenons pas le lien.
4. La doctrine de l’élection contredirait le fait que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés
Puisque “Dieu veut que tous les hommes soient sauvés”, comment en aurait-il choisis seulement certains?
a. 1 Tim. 2:4 ne signifie pas que Dieu veut que tous les hommes individuellement soient sauvés, mais que toutes les catégories d’hommes soient sauvées: Juifs et Grecs, hommes et femmes, rois, citoyens et esclaves, etc.
b. D’après le contexte, Paul demande que l’on prie “pour tous les hommes” . Cela ne veut pas dire que nous devons prier pour chaque individu sur terre, ce qui serait impossible, mais “pour les rois” comme pour les citoyens.
c. D’après le contexte, Paul se dit “docteur des païens”. Il n’a pas pu enseigner à tous les individus du monde païen; il a été envoyé auprès de cette catégorie de gens, alors que les autres apôtres ont été envoyés vers les Juifs.
d. Si Dieu veut que tous les individus soient sauvés, comment se fait-il qu’ils ne le seront pas tous? “Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut.” (Ps 115:3; 135:6). “Il opère tout selon le conseil de sa volonté.” (Éph. 1:11). L’idée que l’homme puisse renverser la volonté de Dieu ternit sa gloire et son honneur et nous enlève toute sécurité.
5. L’élection, dans la Bible, voudrait seulement dire que Dieu savait d’avance qui allait le choisir. (I.9)
Quand la Bible dit que Dieu nous a “connus d’avance”, cela ne voudrait-il pas simplement dire qu’il savait d’avance ceux qui allaient accepter Jésus-Christ ou non?
a. Si c’était le cas, c’est le choix de l’homme qui serait alors le facteur déterminant dans le salut. Le salut n’est donc plus par grâce, mais par nos oeuvres (Éph. 2:8-9).
b. Rom. 8:29 ne dit pas que Dieu a vu d’avance les décisions des gens, mais qu’il a connu d’avance certaines personnes . Dans la Bible, connaître signifie aimer, avoir une communion intime avec quelqu’un. Dieu nous a “connus d’avance”, c’est-à-dire aimés de toute éternité, sans considération de nos oeuvres.
c. Rom. 8:29 nous enseigne la chaîne d’or du salut qui relie ensemble l’amour de Dieu depuis toute éternité (prescience, prédestination), manifesté dans le temps (appel, justification) et jusque dans l’éternité (glorification). Ce sont les mêmes personnes qui sont l’objet de tout cela. “L’appel” est l’oeuvre intérieure de Dieu dans nos coeurs qui est efficace et dont nous dépendons entièrement pour notre salut. La prescience ne peut donc pas être simplement que Dieu a vu d’avance ce que les gens allaient faire (I.9).
B. Objections se rapportant à notre compréhension de la responsabilité humaine :
6. La doctrine de l’élection nierait la libre volonté de l’homme. (I.2; I.5)
Si le salut dépend du libre choix de Dieu, cela n’annule-t-il pas la libre volonté de l’homme?
a. Il est vrai que l’homme a été créé avec une libre volonté de choisir Dieu, mais quand Adam a choisi en faveur du péché et contre Dieu, notre volonté a depuis lors été radicalement corrompue.
b. Dans un sens, l’homme possède encore une libre volonté, mais notre volonté veut toujours agir selon notre nature pécheresse. Laissés à nous-mêmes, le péché est toujours plus important pour nous que Dieu. À cause du péché et de notre nature corrompue, nous sommes toujours libres de choisir, mais par nous-mêmes, nous allons toujours choisir en faveur du péché et contre Dieu (Rom. 3:10-11).
c. En dehors de Jésus-Christ, notre seule liberté est celle de pécher, car nous ne sommes pas du tout libres; nous sommes en fait soumis au pire des esclavages (Jean 8:34; 2 Tim. 2:25-26).
7. La doctrine de l’élection rendrait l’homme paresseux. (I.6; I.13)
Si Dieu, de toute façon, nous a élus ou réprouvés, notre façon de vivre n’a-t-elle donc aucune importance?
a. Il est vrai que certains qui se disent réformés sont paresseux et négligents, estimant que la foi, la repentance et l’obéissance ne sont pas importantes du fait que Dieu nous a élus. Si nous vivons ainsi, c’est à notre plus grande honte, en plus de donner raison aux arminiens et de nous tromper nous-mêmes.
b. Cela n’est toutefois pas la faute de la Bible ni de la doctrine réformée de l’élection (I.6; I.13).
c. Dieu nous a élus “ pour que nous soyons saints” (Éph. 1:4). Nos bonnes oeuvres sont reliées à notre foi; elles découlent de la grâce et de l’élection, car Dieu les a préparées d’avance (Éph. 2:8-9).
d. L’élection n’annule aucunement notre responsabilité. Nous devons nous repentir et croire. Nos vies seront de plus en plus transformées en une vie de sainteté. La magnifique doctrine de l’élection nous amène à nous humilier, adorer Dieu, nous purifier, aimer Dieu ardemment, lui qui nous a aimés le premier.
e. Cette vérité ne nous rend pas paresseux, car nous sommes responsables. Mais lorsque nous assumons nos responsabilités, nous regardons à Dieu avec la confiance qu’il nous donne ce qu’il nous demande (Phil. 2:12-13).
8. La doctrine de l’élection rendrait la prédication de l’Évangile inutile. (I.3; I.14b)
Puisque, de toute manière, Dieu a déjà choisi ceux qui seraient sauvés, pourquoi s’efforcer d’évangéliser?
a. Il est vrai que certains chrétiens ont pensé que, puisque chacun est un élu ou un réprouvé, il ne serait pas nécessaire de prêcher l’Évangile et qu’ils ont négligé de faire des efforts d’évangélisation.
b. Cette erreur vient de notre péché, et non parce que la doctrine de l’élection serait fausse. Le même Dieu souverain qui a élu des gens au salut est aussi celui qui a commandé à son Église d’aller et de faire des disciples dans le monde entier (Matt. 28:19-20). Dieu est tellement souverain qu’il a inclus dans sa prescience le fait que des humains seraient impliqués dans les moyens qu’il utilise pour nous sauver. La prédication de l’Évangile, les prières du peuple de Dieu, les contacts avec l’Église sont des moyens que Dieu prend plaisir à utiliser dans sa souveraineté.
c. Seuls ceux qui croient en l’élection peuvent prêcher la Parole avec audace et confiance, car ils savent que la Parole de Dieu produira certainement son effet et que Dieu sauvera son peuple choisi parmi toute nation (Ac 18:9-10).
9. Nous ne devrions pas nous occuper de l’élection, car ce n’est pas de notre affaire. (I.14)
Pourquoi parler d’un sujet controversé, impossible à comprendre et qui peut si facilement nous troubler?
a. Sans être une objection, on entend parfois la remarque selon laquelle “je ne veux pas en parler”.
b. Cette attitude incrédule et sceptique ne devrait pas avoir sa place parmi nous. En tant que chrétiens, notre but devrait être de grandir dans la connaissance de Jésus-Christ par une meilleure compréhension de sa Parole. Nous devrions continuellement prier “Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi!” (Ps. 119:18).
c. Nous devrions manier cette doctrine avec prudence et respect pour la Parole de Dieu, en écartant toute indiscrète recherche des voies de Dieu et en évitant de conclure que telle personne est élue ou non (I.14).
d. Mais refuser d’apprécier la doctrine de l’élection, c’est voler Dieu de la gloire qu’il est digne de recevoir; c’est également se priver du puissant réconfort qu’il a en réserve pour nous.
Source: John A. Bouwers, The Golden Chain of Our Salvation . An Introduction to the Canons of Dort, p. 35-47.

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