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II.5 – La proclamation universelle de l’Évangile

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, HaPe Gera

II.5  -  LA PROCLAMATION UNIVERSELLE DE L’ÉVANGILE

Au reste, la promesse de l’Évangile est:  afin que quiconque croit en Jésus-Christ crucifié, ne périsse point, mais ait la vie éternelle.  Et cette promesse doit être indifféremment annoncée et proposée à toutes les nations et à toutes les personnes auxquelles Dieu, selon son bon plaisir, envoie l’Évangile, et cela avec le commandement de se repentir et de croire.

— Canons de Dordrecht, II.5

S’il est bien vrai que Jésus n’est pas mort pour tout le monde, mais seulement pour ses brebis, pourquoi devrions-nous annoncer l’Évangile à tous?  C’est l’argument qui est souvent servi par ceux qui s’opposent aux doctrines de la grâce souveraine.   Vous, les réformés, comment pouvez-vous avoir une passion pour l’évangélisation avec vos doctrines de l’élection et de l’expiation particulière?”  Avant de répondre aux erreurs des autres, nous devrions commencer par nous examiner nous-mêmes et par confesser nos propres torts.  Oui, nous devons veiller à ce que notre doctrine soit fidèle, mais nous devons aussi examiner notre pratique .  Nous devons reconnaître que nous, les réformés, ne sommes pas toujours les plus zélés pour l’évangélisation.  Le texte de Dordrecht nous ouvre la voie de la sagesse.  Nous avons toutes les raisons d’être les plus passionnés et les plus enthousiastes à nous engager dans l’évangélisation.  L’Évangile que nous proclamons est plein de richesse.  Le Sauveur que nous annonçons sauve réellement!  Plus nous connaîtrons la grâce du Dieu souverain, plus nous serons en mesure de parler de cette bonne nouvelle aux autres.

Proclamons l’Évangile à tous les hommes

II.5:   “Au reste, la promesse de l’Évangile est:  afin que quiconque croit en Jésus-Christ crucifié, ne périsse point, mais ait la vie éternelle.  Et cette promesse doit être indifféremment annoncée et proposée à toutes les nations et à toutes les personnes auxquelles Dieu, selon son bon plaisir, envoie l’Évangile, et cela avec le commandement de se repentir et de croire.”   Un jour, durant une conférence de pasteurs en Angleterre, le jeune William Carey s’est levé au milieu de l’assemblée pour se plaindre du manque d’efforts missionnaires parmi eux et pour exhorter ses collègues à fonder une société missionnaire qui enverrait des missionnaires en Inde.  Un pasteur plus âgé lui aurait répondu sèchement:  “Assoyez-vous, jeune homme.  Quand il plaira à Dieu de convertir les païens, il le fera sans votre aide et sans la mienne.”  Il est vrai que Dieu n’a pas besoin de nous pour accomplir ses desseins, mais le fait est que, dans son plan, il se sert réellement de nous.

Alors, si Dieu a choisi souverainement ses élus et si Jésus est mort uniquement pour ses brebis, pourquoi s’occuper d’évangélisation?  Parce que le Seigneur nous a commandé d’aller.  Matt. 28:19-20:   “Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit.”   Ac. 1:8 nous donne un ordre semblable:   “Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.”   Nous ne comprenons pas le lien logique entre l’élection et l’offre universelle du salut, mais la Parole de Dieu nous révèle les deux et nous devrions accepter ces deux vérités par la foi (voir en annexe la deuxième objection).  Jésus est venu pour toutes les catégories d’hommes de toutes nations.  L’Église ne doit donc pas garder cet Évangile pour elle-même, mais doit l’annoncer à tous.  Au lieu de dire que “Dieu est capable d’accomplir son plan sans moi”, nous devrions plutôt nous émerveiller de ce que Dieu se plaît à se servir de nous pour accomplir son plan.  L’Église doit faire tous les efforts nécessaires pour proclamer l’Évangile et doit trouver des nouveaux moyens de faire connaître la bonne nouvelle de Jésus-Christ à autant de gens que possible.  Pour nous encourager à obéir à son ordre, Jésus nous a d’ailleurs promis qu’il serait avec nous tous les jours dans cette entreprise missionnaire et qu’il nous donnerait la puissance de son Esprit.

Que veut dire que l’Évangile devrait être “indifféremment annoncé” à tous?  Cela veut dire que nous ne devrions priver personne de l’Évangile, peu importe sa langue, sa culture, son origine, sa classe sociale; peu importe que la personne soit riche ou pauvre, etc.  Parfois, nous évitons de parler de l’Évangile à quelqu’un parce que nous pensons qu’il ne voudra jamais écouter, ou bien qu’il est trop loin de Dieu ou trop pris dans son péché.  Nous trouvons toutes sortes d’excuses pour ne pas annoncer l’Évangile indifféremment à tous.  Cela ne veut pas dire qu’il faudrait aborder chaque personne que nous croisons sur la rue en lui demandant “Connaissez-vous Jésus-Christ?”  Mais nous devrions chercher des occasions en priant que Dieu nous en donne et qu’il nous accorde la force et le courage de les saisir.  Curieusement, parmi ceux qui disent que Jésus serait mort pour toute personne, il y en a qui semblent penser que certains seraient plus proches du salut ou qu’ils auraient une volonté mieux disposée à croire que d’autres.  Il serait plutôt ironique de refuser à Dieu le droit de librement choisir certaines personnes au salut, alors que, dans la pratique, on se permettrait de choisir d’annoncer l’Évangile aux personnes qui nous semblent mieux disposées à croire, en laissant tomber celles qui nous semblent totalement indignes ou vraiment loin de la foi.

Annonçons la promesse et le commandement

Comment présenter l’Évangile?  On entend souvent le slogan “Jésus t’aime, il est mort pour toi”.  On essaie de vendre un faible et pauvre Jésus qui attend pathétiquement qu’on vienne à lui et qui espère qu’on voudra bien se décider à le choisir (voir en annexe la troisième objection).  Cette approche arminienne n’est pas fidèle aux Écritures.  D’abord, ce n’est pas vrai que Jésus aime tout le monde sans distinction.  Oui, lorsque nous sommes dans la famille de Dieu, nous pouvons dire:  “Jésus vous aime”, car nous savons que Dieu a fait alliance avec nous et nos enfants.  Mais pour les autres, le Ps. 5:6 nous dit:   “Tu as de la haine pour tous ceux qui commettent l’injustice” .  S’ils ne se repentent pas, la colère de Dieu demeure sur eux (Rom. 1:18).  Quand nous parlons aux autres, nous sommes seulement autorisés à leur annoncer une promesse avec un commandement.  Jean 3:16:   “Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.”   La promesse de la vie éternelle doit s’accompagner d’un commandement:  “Repentez-vous et croyez”, comme les apôtres prêchaient (Ac. 2:38; 16:31; 17:30).  Nous devons présenter Jésus aux autres avec la confiance que Jésus sauve réellement.  Nous ne devrions pas laisser l’impression que “Jésus a fait tout ce qu’il pouvait, mais le reste dépend de vous.  S’il-vous-plaît, pourriez-vous essayer Jésus?”  Une telle approche flatte l’orgueil humain et ne rend pas gloire à Dieu.  Nous proclamons que tout homme est totalement incapable de se sauver et de venir à Jésus par lui-même.  Nous proclamons Jésus-Christ, puissant pour sauver réellement.  Ne disons pas “Jésus est mort pour vous”, mais “Jésus est mort pour des pécheurs, et nous vous annonçons la promesse que si vous croyez en lui, vous vivrez.  C’est garanti.”

Quelqu’un pourrait objecter:  “Mais comment pourrais-je croire si je ne sais pas si Jésus est mort pour moi?”  L’appel de l’Évangile n’est pas de deviner si je suis élu ou de déterminer si Jésus est mort pour moi.  L’appel est de croire au Seigneur Jésus, avec la promesse que nous serons sauvés.  Il ne s’agit pas de croire à quelque chose à notre sujet ni de chercher quelque chose en nous-même.  Mais n’ayant aucun autre espoir, croyons que Jésus sauve et qu’il “n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés” (Ac. 4:12).  Dieu vous commande de venir à Jésus et de croire en lui, avec la promesse suivante:   “Je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi” (Jean 6:37).  Venez!  Repentez-vous!  Croyez!  C’est urgent.

Laissons les résultats entre les mains du Seigneur

Quelle sera la réponse?  Nous savons que la proclamation de l’Évangile produit un double effet:  certains croient, d’autres demeurent incrédules (voir les articles 6-7).  Sauf que nous ne savons pas quel effet l’annonce de l’Évangile produira.  Dieu seul sait comment les gens vont répondre.  Nous devons simplement obéir à l’ordre du Seigneur et laisser les fruits entre ses mains.  Nous constatons avec tristesse que le sol est rocailleux et souvent réfractaire à l’Évangile.  Cela ne devrait pas nous décourager de faire connaître l’Évangile.  Ne présumons pas trop vite que les gens vont toujours répondre négativement.  Le Seigneur a ses élus.  Ceux pour qui Jésus est mort vont certainement répondre avec foi quand l’Évangile leur sera prêché.  Jean 6:37:   “Tout ce que le Père me donne viendra à moi.”   La doctrine de la rédemption particulière est en réalité un grand encouragement à faire connaître l’Évangile à tous.  Notre rôle n’est pas d’annoncer un Jésus qui n’a pas fini son travail et qui a besoin de notre “décision”.  Nous proclamons la Bonne Nouvelle avec la confiance que ses brebis entendront sa voix et suivront le bon Berger.  Il n’y a rien de plus encourageant que de savoir que nous avons un message gagnant qui sera certainement efficace.  Le Seigneur a dit à Paul à Corinthe:   “Sois sans crainte, mais parle et ne te tais pas, car… j’ai un peuple nombreux dans cette ville.”   (Ac. 18:9-10).  Si Jésus n’est pas encore revenu, c’est parce que notre travail n’est pas encore terminé.  Le Seigneur a encore un peuple nombreux à rassembler.  Allons, trouvons-les, continuons d’appeler tout homme à la repentance et à la foi.

Paulin Bédard, pasteur

 

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