II.6-7 – Les raisons pour lesquelles certains croient et d’autres ne croient pas
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II.6-7 - LES RAISONS POUR LESQUELLES
CERTAINS CROIENT ET D’AUTRES NE CROIENT PAS
Quant à ce que beaucoup de ceux qui sont appelés par l’Évangile ne se repentent point, ni ne croient en Jésus-Christ, mais périssent dans l’infidélité: cela n’arrive point par l’imperfection ou l’insuffisance du sacrifice de Jésus-Christ offert sur la croix, mais par leur propre faute.
— Canons de Dordrecht, II.6
Mais si nombreux que soient ceux qui croient vraiment, et qui sont délivrés et sauvés des péchés et de la perdition par la mort de Jésus-Christ, ils ne jouissent de ce bienfait que par la seule grâce de Dieu, qu’il ne doit à personne et qui leur a été donnée de toute éternité en Jésus-Christ.
— Canons de Dordrecht, II.7
La proclamation de l’Évangile doit être universelle. Nous devrions annoncer l’Évangile à toute personne selon l’ordre de Jésus. Mais quelle réponse reçoit l’Évangile? Certains le reçoivent avec foi, d’autres le rejettent. Ce n’est pas la première fois que nous considérons cette question. Nous l’avions déjà abordée à la lumière de l’élection éternelle de Dieu (I.4-5). Nous y revenons maintenant sous l’angle du sacrifice expiatoire de Jésus. Au fond, pourquoi certains croient-ils et d’autres ne croient-ils pas? Cela viendrait-il du fait que Jésus est mort seulement pour ses élus?
Pourquoi certains ne croient-ils pas? (II.6)
Ce ne sont pas tous les hommes qui répondent positivement à l’annonce de l’Évangile. La Bible nous en donne des exemples. Jean 3:18-19: “Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et voici le jugement: la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.” Marc 6:6 nous dit qu’à Nazareth Jésus “s’étonna de leur incrédulité” . Nous aimerions tellement que la proclamation de l’Évangile ne produise que la foi. Mais ce n’est pas la réalité. Certaines oeuvres missionnaires investissent beaucoup de temps et d’argent pour parfois bien peu de résultat. Le peu de fruit peut nous décevoir ou nous décourager, mais ne devrait pas nous surprendre, car l’incrédulité est l’une des deux réponses données à l’annonce de l’Évangile. Jean 3:36: “Celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.” Jean 8:24: “C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que moi je suis, vous mourrez dans vos péchés.”
Pour quelle raison certains restent-ils incrédules? À l’époque du Synode de Dordrecht, les arminiens accusaient les réformés en disant: D’après vous, si certains ne viennent pas à la foi, c’est parce que vous ne croyez pas que Jésus est mort pour tous. En fin de compte, ce serait la faute de Jésus si certains ne croient pas. Ceux pour qui Jésus n’est pas mort n’ont pas de chance. Certains d’entre eux voudraient peut-être être sauvés, mais ils ne le peuvent pas parce que Jésus n’est pas mort pour eux. C’est donc la faute de Jésus si ces gens aboutissent en enfer. Cette accusation n’est en fait qu’une caricature de l’enseignement réformé, et non une représentation fidèle.
Dordrecht répond, II.6: “Quant à ce que beaucoup de ceux qui sont appelés par l’Évangile ne se repentent point, ni ne croient en Jésus-Christ, mais périssent dans l’infidélité: cela n’arrive point par l’imperfection ou l’insuffisance du sacrifice de Jésus-Christ offert sur la croix, mais par leur propre faute.” Le sacrifice de Jésus est vraiment parfait. Il ne lui manque rien. Si des gens ne croient pas en lui, on ne peut pas blâmer Jésus. Son sacrifice est de valeur infinie, pleinement suffisant pour payer pour tous nos péchés. Si un pécheur vient vers Jésus en disant: “Oh, que j’aimerais être sauvé”, il est impossible que Jésus lui réponde: “Je suis désolé, je n’ai plus rien pour toi, j’ai épuisé toutes mes ressources”. Non, si un pécheur vient vers Jésus convaincu qu’il est perdu et cherchant la purification de ses péchés par le sang de Jésus, ce pécheur sera certainement reçu en grâce. Jean 6:37: “Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi.”
Mais si une personne n’a aucun intérêt à servir le Seigneur, si elle refuse de se repentir de ses péchés et ne veut pas être sauvée, elle ne peut blâmer personne d’autre. Elle ne veut pas être sauvée et ne reçoit que ce qu’elle veut. La cause de l’incrédulité ne se trouve pas dans les déficiences de l’oeuvre du Christ, mais dans la personne incrédule elle-même. Ce sont les incrédules qu’il faut blâmer. Ceux qui entendent l’Évangile sont responsables de la manière dont ils y répondent. La proclamation de l’Évangile est un appel authentique. Si des gens refusent de se repentir et de croire, c’est de leur propre faute. Personne ne pourra dire: “J’aurais bien aimé croire, mais j’en ai été empêché.” La raison pour laquelle les gens rejettent l’Évangile est qu’ils ne croient pas en Jésus. Jean 5:40: “Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!”
Il en est de même de toute personne qui vient régulièrement au culte. Nous sommes responsables de la réponse que nous donnons à la prédication. Si nous ne répondons pas avec foi à la prédication, c’est entièrement de notre faute. Héb. 3:7-13: “Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos coeurs, comme lors de la révolte, au jour de la tentation dans le désert, où vos pères me tentèrent pour m’éprouver et virent mes oeuvres pendant quarante ans. C’est pourquoi je fus indigné contre cette génération et je dis: Leur coeur s’égare toujours, et ils n’ont pas connu mes voies. J’ai donc juré dans ma colère: Ils n’entreront certainement pas dans mon repos. Prenez donc garde, frères, que personne parmi vous n’ait un coeur méchant et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous chaque jour aussi longtemps qu’on peut dire: Aujourd’hui! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché.”
Comment répondre à une personne qui dit: “Mais si Jésus n’est pas mort pour moi, je ne peux rien y changer. Il n’y a rien à faire”? Rappelons-lui la promesse avec le commandement. Ac. 16:31: “Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé.” Les gens cherchent souvent des excuses à leur incrédulité. L’idée que la mort de Jésus ne serait pas suffisante est une très mauvaise excuse qui ne fait pas porter le blâme sur la bonne personne et qui remet en cause la promesse de Dieu.
Pourquoi d’autres croient-ils? (II.7)
Pourquoi d’autres viennent-ils à la foi? Est-ce à cause de la libre volonté de l’homme? Non, c’est uniquement par la grâce de Dieu qu’une personne répond favorablement à la prédication. Éph. 2:8: “C’est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.” Phil. 1:29: “Il vous a été fait la grâce non seulement de croire en Christ, mais encore de souffrir pour lui.” Les Philippiens n’ont pas gagné le mérite de croire en Christ. Leur foi ne venait pas non plus de leur libre décision. Cela leur a été donné par pure grâce. 1 Cor. 4:7: “Car qui est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu?” 2 Cor. 5:17-18: “Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, voici: toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ.” Bref, “Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur.” (2 Cor. 10:17).
II.7: “Mais si nombreux que soient ceux qui croient vraiment, et qui sont délivrés et sauvés des péchés et de la perdition par la mort de Jésus-Christ, ils ne jouissent de ce bienfait que par la seule grâce de Dieu, qu’il ne doit à personne et qui leur a été donnée de toute éternité en Jésus-Christ.” Si les incrédules doivent porter seuls le blâme de leur incrédulité, les croyants, pour leur part, doivent donner gloire à Dieu seul pour leur foi. C’est uniquement de notre faute si nous ne croyons pas, et c’est grâce à Dieu seul si nous croyons. Tout est par pure grâce, incluant le don de la foi. Quelle profondeur de l’amour et de la sagesse de Dieu!
Les arminiens disent aussi que c’est par grâce que nous sommes sauvés, mais ils donnent à ce mot un sens différent. Pour eux, la grâce se rapporterait plus à une action de Dieu dans le passé qu’à une action de Dieu dans le présent. La grâce ne produirait pas une action de Dieu dans nos coeurs par laquelle nous recevons la foi. La grâce de Dieu, par la mort de Jésus, permettrait seulement à Dieu d’établir une nouvelle condition pour que nous soyons sauvés. À cause de sa mort pour tous, il suffirait maintenant de croire en lui. La foi dépendrait de notre libre volonté. Il n’en dépend que de nous si nous voulons être sauvés. C’est l’homme qui déciderait s’il apprécie ou non la grâce de Dieu. Cela contredit le fait que Dieu, sans aucun mérite de notre part, nous impute la satisfaction parfaite, la justice et la sainteté de Jésus-Christ. Rom. 3:24: “Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.”
C’est tout à la gloire de Dieu qu’il prenne des pécheurs comme nous qui ne méritent que la mort éternelle et qu’il nous amène à la foi et fasse de nous ses enfants. 2 Cor. 5:14: “L’amour du Christ nous étreint.” Croire est à la fois un commandement et un don. C’est un appel en même temps qu’un privilège de pouvoir l’exercer. Remercions le Seigneur de cet immense privilège qu’il nous donne de croire en lui et continuons d’obéir à son commandement de lui faire confiance en tout!
Paulin Bédard, pasteur

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