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II.8a – L’acquisition et l’application du salut par Jésus

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, HaPe Gera

II.8a  -  L’ACQUISITION ET L’APPLICATION

DU SALUT PAR JÉSUS

Car tel a été le très libre conseil et la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l’efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s’étendit à tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante, et par elle les amener infailliblement au salut.  Autrement dit, Dieu a voulu que Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle alliance), rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père; qu’il leur donnât la foi, qu’il leur a, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit, acquise par sa mort; les purifiât par son sang de tout péché et originel et actuel, commis tant après qu’avant la foi; les conservât fidèlement jusqu’à la fin, et finalement les fît comparaître devant lui, glorieux, sans aucune tache ni souillure.

— Canons de Dordrecht, II.8

Nous arrivons au coeur du sujet de ce deuxième chapitre.  Tout comme l’article 7 du premier chapitre nous avait donné une excellente définition de l’élection, de même l’article 8 du second chapitre nous présente les éléments clés de la merveilleuse doctrine de “l’expiation limitée” ou de la “rédemption particulière”.  La mort de Jésus est efficace; elle va certainement produire les effets désirés.  Les élus seront justifiés, rachetés, purifiés de leurs péchés et amenés à la gloire éternelle.

La distinction entre l’acquisition et l’application du salut

Les arminiens font une fausse distinction entre l’acquisition et l’application du salut.  Jésus serait mort pour tous les hommes; il aurait ôté l’obstacle qui les sépare d’avec Dieu.  Mais l’homme, par sa libre volonté, pourrait décider s’il aime ou non ce que Dieu a préparé.  L’acquisition du salut serait l’oeuvre de Jésus accomplie sur la croix, tandis que son application serait notre oeuvre accomplie par notre libre volonté.  Jésus aurait acquis le salut de tous les hommes, mais seulement certains d’entre eux l’appliqueraient à leur vie.  Il est vrai que nous devons faire une distinction entre acquisition et application.  Par exemple, j’achète de la peinture à la quincaillerie et ensuite je l’applique sur les murs de ma chambre.  Les deux actes d’acquisition et d’application sont accomplis par moi.  Jésus est celui qui a acquis notre salut à grand prix sur la croix et il est celui qui l’applique à nos coeurs par son Esprit.  La Bible nous dit que Jésus est mort pour tous ceux qui ont depuis toujours été élus à la vie éternelle, et tous ceux pour qui Jésus a acquis le salut recevront certainement ce salut.  Rom. 8:29-30:   “Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils…  Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés, et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.”

La conception — Le but spécifique du Père

II.8:   “Car tel a été le très libre conseil et la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l’efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s’étendit à tous les élus.”   Même si nous parlons de “la mort très précieuse” de Jésus, il ne faut jamais oublier que nous en parlons dans le contexte de la “très favorable volonté” du Père et de son “très libre conseil”.  II.8:   “Dieu a voulu que Jésus-Christ rachetât efficacement… tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père.”   Le Père et le Fils n’ont pas deux volontés différentes, comme si le Père avait élu seulement un certain nombre de personnes, mais que le Fils, lui, avait fait à sa tête et avait décidé de mourir pour tous les hommes.  Le Père et le Fils sont un.  Jean 6:38-39:   “Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.  Or, voici la volonté de celui qui m’a envoyé:  que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.”   Les arminiens disent “que Dieu, le Père, a destiné son Fils à la mort de la croix, sans aucun dessein certain et défini de sauver nommément quelqu’un” (rejet des erreurs II.1).  La Bible dit au contraire que le Père, depuis toute éternité, a donné à son Fils un nombre précis de brebis.  Lorsque Jésus a donné sa vie, il avait en tête un but précis qui coïncidait avec le but éternel du Père.  Il est mort pour ceux que le Père a aimés depuis toute éternité.  C’est merveilleux!  Le Fils et le Père vivent en parfaite harmonie.  La mort expiatoire de Jésus trouve sa source dans l’amour éternel insondable du Père.  Rom. 5:8:   “Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous:  lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.”   Éph 1:4-5:   “Dans son amour, il nous a prédestinés par Jésus-Christ…”   1 Jean 4:10:   “Et cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme propitiation pour nos péchés.”   Cet amour éternel du Père pour tous ses élus dépasse toutes nos pensées et nous pousse à l’adoration et à l’émerveillement.

L’acquisition — Le but spécifique du Fils

Pour qui Jésus est-il mort?  Pour ses brebis!  Jean 10:11,15:   “Le bon berger donne sa vie pour ses brebis…  Je donne ma vie pour mes brebis.”   Ces brebis portent des noms précis, comme l’apôtre Paul.  Gal. 2:20:   “Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.”   En Éph. 5:25, Paul dit aux maris chrétiens:   “Maris, aimez chacun votre femme, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle.”   Sur la croix, Jésus s’est livré pour son épouse.  C’est uniquement pour elle qu’il a souffert.  L’ange Gabriel avait dit à Joseph que Jésus “sauvera son peuple de ses péchés”  (Matt. 1:21).  En Ac. 20:28, Paul a exhorté les anciens d’Éphèse:   “Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au sein duquel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour faire paître l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang.”   Jésus ne s’est pas acquis le monde entier par son sang.  Il s’est acquis l’Église de Dieu.  Éph. 1:7:   “En lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés selon la richesse de sa grâce.”   C’est un acquis certain pour tous ceux que Dieu a prédestinés (v. 5).  Quand je veux repeindre une chambre, je n’achète pas tous les pots de peinture de la quincaillerie, j’achète seulement les pots dont j’ai besoin pour le but précis que je me propose.  De même, Jésus est mort tout spécialement pour ses brebis et pour personne d’autre.  II.8:   “L’efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s’étend à tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante…”   La mort de Jésus est efficace pour tous les élus et pour eux seuls!

L’application — Le résultat puissant dans nos vies par l’Esprit

Tous ceux que Dieu s’est acquis par la mort de son Fils recevront certainement le salut par le Saint-Esprit.  Éph. 1:13-14:   “En lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, et qui constitue le gage de notre héritage, en vue de la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis pour célébrer sa gloire.”   Si je ne veux pas gaspiller la peinture que j’ai achetée à grand prix, je vais l’utiliser au complet.  Jésus est mort dans le but spécifique d’acquérir certaines personnes et il ne gaspille rien de tout ce qu’il a acquis.  Pour les arminiens, il serait théoriquement possible qu’aucune personne n’aille au ciel et que toute l’oeuvre de Jésus sur la croix soit gaspillée.  Pour tous ceux qui iront en enfer, ce que Jésus a acquis par sa mort serait effectivement gaspillé.  Son oeuvre pour eux serait rendue inutile à cause de leur mauvaise volonté.  Dordrecht répond que l’application du salut ne dépend pas de notre libre volonté.  Elle dépend uniquement de la puissance de Jésus.  La mort de Jésus produit des résultats certains dans nos vies.  Elle est d’une “efficacité vivifiante et salutaire” .  II.8:   “Il leur donne la foi…, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit; il les purifie par son sang de tout péché et originel et actuel, commis tant après qu’avant la foi; il les conserve fidèlement jusqu’à la fin, et finalement les fait comparaître devant lui, glorieux, sans aucune tache ni souillure.”   Quels résultats glorieux!  La mort de Jésus est vraiment puissante!  Ce n’est certainement pas notre supposée “libre volonté” qui a ce pouvoir.  Jean 17:2:   “Tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.”   La puissance de Jésus s’étend sur tous les hommes, mais s’exerce tout spécialement sur ceux que le Père lui a donnés.  Par cette puissance, il leur donne la vie éternelle!  Jean 10:27-28:   “Mes brebis entendent ma voix.  Moi, je les connais, et elles me suivent.  Je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main.”   Oui, la puissance du bon Berger s’exerce sur nous à tous les jours de notre vie, jusqu’au jour où nous serons tous réunis autour de lui dans la gloire.  Soyons certains qu’aucune des brebis pour lesquelles il est mort ne va périr!

Une vérité précieuse à chérir

La mort de Jésus est “très précieuse” .  Oui, elle est précieuse, sa mort expiatoire, car la Bible le dit.  Ce serait déjà une raison suffisante de l’aimer de tout coeur et de nous en émerveiller, car Dieu le dit!  En plus, sa mort est précieuse pour nous, car elle signifie tout pour nous et pour notre salut.  Elle nous procure une grande assurance, une espérance des plus solides, une certitude inébranlable.  Jésus n’a pas seulement fait la moitié du chemin pour ensuite nous laisser faire l’autre moitié par nous-mêmes.  Il a fait tout le chemin.  Il nous prend dans nos péchés et nous amène en toute sécurité jusqu’à la maison du Père.  Sa mort est également précieuse pour Jésus, car il recevra exactement tous ceux que le Père lui a donnés depuis toute éternité.  Le bon Berger aura la joie de conduire à la vie éternelle toutes les brebis pour lesquelles il est mort sur la croix, sans qu’il lui en manque une seule.  Enfin, sa mort est précieuse pour le Père, car elle est toute à la gloire de Dieu.  C’est Dieu seul qui reçoit toute la gloire de notre salut, du début à la fin.  Rom. 11:36:   “Tout est de lui, par lui et pour lui.  À lui la gloire dans tous les siècles.”

Paulin Bédard, pasteur

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