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II.8b – L’efficacité de la mort de Jésus pour les élus

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, HaPe Gera

II.8b  -  L’EFFICACITÉ DE LA MORT DE JÉSUS

POUR LES ÉLUS

Car tel a été le très libre conseil et la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l’efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s’étendit à tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante, et par elle les amener infailliblement au salut.  Autrement dit, Dieu a voulu que Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle alliance), rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père; qu’il leur donnât la foi, qu’il leur a, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit, acquise par sa mort; les purifiât par son sang de tout péché et originel et actuel, commis tant après qu’avant la foi; les conservât fidèlement jusqu’à la fin, et finalement les fît comparaître devant lui, glorieux, sans aucune tache ni souillure.

— Canons de Dordrecht, II.8

Qu’est-ce que la mort de Jésus signifie pour nous?  Que nous a-t-il véritablement acquis à la croix?  Cette question est au coeur de l’Évangile.  Pour les arminiens, l’oeuvre expiatoire de Jésus n’aurait pas véritablement ôté les péchés de personne en particulier en vue d’assurer efficacement leur salut, mais elle donnerait à tous les hommes la possibilité d’être sauvés et permettrait à Dieu de pardonner les pécheurs à condition qu’ils croient.  Dordrecht dit plutôt que “l’efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s’étend à tous les élus” (II.8).  La Bible contient beaucoup de passages sur la merveilleuse doctrine de la rédemption particulière.  Cette vérité nous est révélée pour nous procurer une joie profonde et un puissant réconfort.  1 Cor. 1:18:   “Car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu.”   Considérons plus en détail ce que Jésus a fait pour son peuple quand il est mort.

Il est devenu l’auteur de notre salut par l’obéissance

Tout le ministère terrestre de Jésus, incluant son oeuvre expiatoire sur la croix, porte la marque de l’obéissance.  Phil. 2:8:   “Il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix.”   La prophétie d’Ésaïe 53 est très instructive au sujet de la nature de son oeuvre expiatoire.  Dans cette fameuse prophétie, le titre de Serviteur de l’Éternel décrit l’engagement du Fils à obéir à la volonté de son Père par amour pour son Père et pour ceux que le Père lui a promis.  És. 53:10:   “Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance; après s’être livré en sacrifice de culpabilité, il verra une descendance et prolongera ses jours, et la volonté de l’Éternel s’effectuera par lui.”   Pourquoi a-t-il plu à l’Éternel de le briser par la souffrance?  Parce que le Père avait le dessein défini de sauver certaines personnes par le sang de son Fils avec une promesse spécifique faite à son Fils.  És. 53:12:   “C’est pourquoi je lui donnerai beaucoup d’hommes en partage… parce qu’il s’est livré lui-même à la mort.”   Ainsi, le Serviteur de l’Éternel s’est entièrement soumis à la volonté de son Père avec une intention profonde et dans un but précis.  Jean 6:38-39:   “Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.  Or, voici la volonté de celui qui m’a envoyé:  que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.”   On ne peut pas saisir la nature de l’oeuvre de Jésus pour nous sans reconnaître que sa mort sur la croix est un acte d’obéissance en vue de sauver un peuple particulier.  És. 53:11:   “Mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes et se chargera de leurs fautes.”   Dans la même veine, Paul ajoute:   “Par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes.”   (Rom. 5:19).  Ayant non seulement une nature divine, mais aussi une nature humaine, Jésus a dû grandir dans cette obéissance à mesure qu’il progressait dans sa compréhension, sa résolution et son accomplissement de la volonté de son Père.  Il a dû apprendre l’obéissance dans la fournaise de l’épreuve, de la tentation et de la souffrance, jusqu’à ce que son obéissance parvienne à la perfection requise pour accomplir notre salut.  Héb. 2:10:   “Il convenait en effet à celui par qui et pour qui tout existe, et qui a conduit beaucoup de fils à la gloire, d’élever à la perfection, par la souffrance, l’auteur de leur salut.”   Héb. 5:9:   “Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel.”   C’est donc par l’obéissance qu’il a assuré le salut d’un grand nombre de fils qui seront certainement conduits à la gloire éternelle.  Est-ce pour Ésaü, pour Judas ou pour ceux qui iront en enfer qu’il a été obéissant?  Certainement pas!  Il a été obéissant uniquement pour ses brebis, dans le but de les déclarer justes et de les conduire à la gloire.

Il s’est offert en sacrifice pour expier nos péchés

Plusieurs passages du Nouveau Testament nous présentent la mort de Jésus sur la croix comme étant l’offrande d’un sacrifice pour les péchés.  Éph. 5:2:   “Marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur.”   Rappelant les agneaux immolés lors de l’Exode, Paul dit en 1 Cor. 5:7:   “Christ, notre Pâque, a été immolé.”   Plus loin, Paul résume ainsi l’Évangile:   “Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures.”   (1 Cor. 15:3).  Par son sacrifice, le péché a été condamné dans la chair même de Jésus.  Rom. 8:3:   “Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair.”   Les sacrifices de l’Ancien Testament étaient une image du sacrifice de Jésus et représentaient figurativement son offrande pour nos péchés.  La prophétie d’Ésaïe 53 décrit le sacrifice du Serviteur souffrant dans les termes mêmes des sacrifices de culpabilité prescrits par le Lévitique (Lév. 5:6-7; 7:1-2).  És. 53:10:   “Après s’être livré en sacrifice de culpabilité, il verra une descendance.”   Ésaïe en donne la signification.  És. 53:4-6:   “Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé…  Il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.  Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous.”   Ce “nous tous” est expliqué deux versets plus loin.  És. 53:8:   “Dans sa génération, qui s’est soucié de ce qu’il était retranché de la terre des vivants à cause des crimes de mon peuple?”   L ’idée de l’expiation signifie que la dette accumulée à cause des péchés du peuple de Dieu est entièrement effacée.  Le sacrifice en constitue le plein paiement.  La dette est transférée sur la victime sacrificielle qui se substitue au pécheur et qui endure la punition à sa place.  La mort de Jésus est substitutive:  il a subi à notre place la punition que nous méritions pour nos péchés.

L’épître aux Hébreux développe une riche théologie de la mort sacrificielle de Jésus en reprenant les termes et les notions du système sacrificiel de l’Ancien Testament.  Jésus surpasse en grandeur et en dignité cet ancien système lévitique et en accomplit sa pleine signification.  Il est à la fois le sacrifice offert en victime expiatoire et le sacrificateur qui offre à Dieu le sacrifice pour les péchés du peuple.  Héb. 7:26-27:   “C’est bien un tel souverain sacrificateur qui nous convenait:  saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux du peuple.  Cela, il l’a fait une fois pour toutes, en s’offrant lui-même.”   Dans l’Ancien Testament, le sacrificateur offrait des sacrifices, non pour le monde en général, mais pour les péchés du peuple de l’alliance.  De même à la croix notre Souverain Sacrificateur s’est offert une fois pour toutes en sacrifice, non pour les péchés de tous les hommes, mais pour les péchés du peuple de Dieu.  Héb. 2:17:   “Aussi devait-il devenir, en tout, semblable à ses frères, afin d’être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple.”   Héb. 10:21:   “Nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu.”   Ainsi donc, nos péchés ont été définitivement abolis, une fois pour toutes.  Héb. 9:26-28:   “Mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice…  Le Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés d’un grand nombre, apparaîtra une seconde fois, pour ceux qui l’attendent en vue de leur salut.”   Jésus a-t-il véritablement aboli le péché par son sacrifice?  Certainement!  S’est-il offert en sacrifice pour abolir les péchés d’Ésaü et de Judas?  Pas du tout!  A-t-il vraiment porté les péchés et payé la dette de tous ceux qui iront en enfer?  Certainement pas!  Il s’est offert en sacrifice pour abolir uniquement les péchés de ses brebis.  Gal. 1:4:   “Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nos péchés.”

Il a accompli la propitiation en notre faveur

Il serait incomplet de parler du sacrifice expiatoire de Jésus sans parler de sa valeur propitiatoire.  Le propitiatoire était la plaque en or, ornée de deux chérubins, posée sur l’arche de l’alliance dans le lieu très saint.  Ce couvercle représentait la présence favorable de Dieu et le pardon qu’il accordait au moyen du sang des sacrifices versé par le sacrificateur le jour de l’expiation.  La gloire de l’Éternel se manifestait entre les chérubins et c’est là que l’Éternel rencontrait son peuple et s’entretenait avec lui (Ex. 25:17-22; 26:34; 30:6; Lév. 16:14; Nb. 7:89).  Héb. 9:5:   “Au-dessus de l’arche se tenaient les chérubins de gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire.”   Après l’entrée du péché dans le monde, les chérubins, armés d’une épée flamboyante, avaient été placés à l’est du jardin d’Eden “pour garder le chemin de l’arbre de vie” (Gen. 3:24) afin d’empêcher l’homme d’y retourner.  En Israël, lorsqu’un pécheur était assez téméraire pour s’introduire dans le Saint des saints, dans la présence de Dieu, les chérubins auraient normalement dû le transpercer.  Mais ici, ils étaient désarmés, leurs regards étant tournés vers le propitiatoire, où le sang versé montrait que la mort de la victime avait pleinement satisfait la justice divine.  La propitiation est l’acte qui permet de calmer, d’apaiser, de rendre propice celui qui est en colère contre nous.

La propitiation accomplie par Jésus implique que Dieu était en colère contre nous.  Pour que nous puissions nous approcher librement du Dieu trois fois saint et vivre en communion avec lui, sa juste colère devait être apaisée.  Ce sont nos péchés que Jésus a expiés, mais c’est Dieu que Jésus a rendu propice par son sang versé.  Cette colère de Dieu n’entre pas en contradiction avec le fait que Dieu le Père nous a aimés de toute éternité.  C’est à cause de son amour éternel qu’il a lui-même fourni le moyen d’apaiser sa colère contre nos péchés.  1 Jean 4:9-10:   “Voici comment l’amour de Dieu a été manifesté envers nous:  Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui.  Et cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme propitiation pour nos péchés.”   Rom. 3:25:   “C’est lui que Dieu a destiné comme propitiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice.”   Dieu a tant aimé les objets de sa colère qu’il a donné son propre Fils pour que sa colère soit apaisée par son sang.  Quel amour long, large, haut et profond!  Héb. 10:19:   “Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair.”   Héb. 4:16:   “Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, en vue d’un secours opportun.”   Est-ce envers Ésaü et Judas que la colère de Dieu a été apaisée?  Certainement pas!  Ceux qui iront en enfer ont-ils un libre accès au sanctuaire céleste par le sang de Jésus?  Pas du tout!  C’est uniquement pour ses brebis que Jésus a accompli la propitiation et ce sont elles qui ont libre accès par son sang à la sainte et glorieuse présence de Dieu.  (Pour l’interprétation de 1 Jean 2:2, voir en annexe la première objection, quatrième paragraphe).

Il a accompli notre réconciliation

Un sacrifice était requis à cause de notre culpabilité.  Une propitiation était nécessaire à cause de la colère de Dieu.  De même, une réconciliation est nécessaire à cause de l’aliénation de Dieu.  Nous nous sommes aliénés la sympathie de Dieu.  Il nous a en aversion.  Cette aliénation a besoin d’être résolue.  C’est ce que Jésus est venu accomplir par sa mort.  Rom. 5:10:   “Lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils.”   Que signifie que nous avons été réconciliés avec Dieu?  Certains pensent que c’est notre hostilité envers Dieu qui a été enlevée.  Bien sûr, la réconciliation implique que nous devons apprendre à changer notre attitude envers Dieu.  Mais la réconciliation avec Dieu est bien plus profonde.  Pensons par exemple à l’exhortation de Jésus en Matt. 5:24:   “Va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande.”   Ici, c’est ton frère qui a un différend avec toi.  C’est son attitude envers toi qui est hostile.  Si “ton frère a quelque chose contre toi” (v. 23) parce qu’il se sent traité injustement par toi, va d’abord te réconcilier avec ton frère avant d’aller adorer Dieu.  Autrement dit, va régler le problème qu’il a contre toi.  La réconciliation doit produire un changement d’attitude chez ton frère, et alors tu seras réconcilié avec lui.  Si nous avons besoin d’être réconciliés avec Dieu, c’est parce que l’attitude de Dieu à notre égard doit changer pour que nous puissions obtenir sa faveur et vivre en bonne relation avec lui.  Non seulement notre péché provoque-t-il sa colère, en plus il aliène et nous rend étrangers de lui.  És. 59:2:   “Mais ce sont vos fautes qui mettaient une séparation entre vous et votre Dieu; ce sont vos péchés qui vous cachaient sa face et l’empêchaient de vous écouter.”   Notre réconciliation avec Dieu ne peut pas se limiter à un changement d’attitude dans notre coeur lorsque nous nous repentons et que nous commençons à aimer Dieu.  Pour que nous soyons réconciliés avec Dieu, c’est son attitude hostile envers nous qui doit changer et qui doit être remplacée par une attitude amicale.  Rom. 5:8:   “Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous:  lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.”   Paul attire notre attention sur ce que Dieu a fait alors que nous étions encore pécheurs.  Rom. 5:10:   “Lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils.”   “Ennemis” peut signifier que nous étions activement hostiles envers Dieu.  Même si notre attitude envers Dieu n’avait pas encore changée, son attitude envers nous a changée par la mort de son Fils.  “Ennemis” peut également signifier que nous étions l’objet de son hostilité.  Lorsque Dieu avait encore des choses contre nous, son attitude a changé par la mort de son Fils.  Quoi qu’il en soit, c’est l’attitude de Dieu envers nous qui a changée.  Il est devenu notre ami, alors que nous étions encore ses ennemis.  Le temps du verbe (aoriste passif) indique que la réconciliation s’est accomplie dans le passée, une fois pour toutes.  Notre changement d’attitude envers lui n’est jamais une chose acquise une fois pour toutes.  Nous sommes appelés à grandir dans notre amour pour lui.  Mais notre réconciliation par la mort de Jésus est l’acte de Dieu lui-même qui nous a définitivement réconciliés avec lui-même.  2 Cor. 5:18-19:   “Et tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le service de la réconciliation.  Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.”   Lorsque nous prêchons cette parole de réconciliation, nous exhortons les gens en leur disant:   “Nous vous en supplions au nom de Christ:  soyez réconciliés avec Dieu!”   (v. 20).  En faisant cela, nous ne leur demandons pas seulement de changer d’attitude envers Dieu, nous leur demandons de recevoir par la foi le cadeau de la réconciliation que Jésus nous a déjà acquis sur la croix.  

Cette réconciliation est réelle et efficace.  Rom. 5:10:   “Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.”   Notre réconciliation avec Dieu par la croix produira des effets certains dans nos vies et jusque dans l’éternité.  Col. 1:21-22:   “Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos oeuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche.”   Esaü et Judas ont-ils été de la sorte réconciliés avec Dieu?  Certainement pas!  Dieu a-t-il cessé d’être hostile envers ceux qui iront en enfer?  Pas du tout!  Seules les brebis du Seigneur ont été réconciliées et l’ont été véritablement par la mort de Jésus, afin d’être sauvées par sa vie et de paraître devant lui sans défaut et sans reproche.

Il a accompli notre rédemption

Le sacrifice de Jésus a ôté notre culpabilité.  La propitiation a calmé la colère de Dieu.  La réconciliation a enlevé l’aliénation.  La rédemption vient régler le problème de notre esclavage.  Le péché nous a rendus esclaves du péché, du diable et de la mort.  Le sang de Jésus nous délivre de ces terribles esclavages.  Le Nouveau Testament nous parle abondamment de cette merveilleuse rédemption.  La terminologie employée s’enracine en particulier dans la délivrance de l’Égypte que Dieu a puissamment accomplie en faveur du peuple d’Israël.  Ex. 6:6:   “Je suis l’Éternel, je vous affranchirai des travaux pénibles dont vous chargent les Égyptiens, je vous délivrerai de la servitude à laquelle ils vous soumettent et je vous rachèterai par la force de mon bras et par de grands jugements.”   Dans l’Ancien Testament, Dieu lui-même porte le nom de Rédempteur (És. 41:14) en même temps qu’il a promis à Sion un Rédempteur à venir (És. 59:20).  La mort de Jésus pour la rédemption de son peuple trouve ainsi sa pleine signification à la lumière de ce contexte.

Cette libération qu’il nous procure est assurée au moyen du paiement d’une rançon.  Matt. 20:28:   “Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup.”   Le prix payé par Jésus pour notre rédemption est très élevé.  1 Cor. 6:20:   “Car vous avez été rachetés à grand prix.”   1 Pi. 1:18-19:   “Ce n’est point par des choses périssable — argent ou or — que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache.”   Cette rançon est de nature substitutive.  Elle a été payée une fois pour toutes à la croix en échange de ceux qui ont obtenu leur libération.  Héb. 9:12:   “Il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang.  C’est ainsi qu’il nous a obtenu une rédemption éternelle.”   Cette rançon garantit définitivement la délivrance de son peuple racheté pour laquelle Dieu est digne d’honneur et de louange.  Luc 1:68-29:   “Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple, et nous a procuré une pleine délivrance dans la maison de David, son serviteur…, la délivrance de nos ennemis et de la main de ceux qui nous haïssent.”

De quoi avons-nous donc été rachetés?  De la vaine manière de vivre héritée de nos pères.  En d’autres mots, du péché.  Tite 2:14:   “Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les oeuvres bonnes.”   Éph. 1:7:   “En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés selon la richesse de sa grâce.”   Cela est vrai non seulement de ceux qui vivent “à débit” dans la nouvelle alliance, mais également de ceux qui vivaient “à crédit” dans l’ancienne alliance.  Pour nous, le paiement pour les péchés que nous commettons encore aujourd’hui a déjà été entièrement déboursé à la croix, tandis que pour les croyants qui vivaient dans l’Ancien Testament, les sacrifices d’animaux pour leurs péchés leur servaient de “carte de crédit”, en attendant que la facture pour leurs péchés soit définitivement réglée le jour où Jésus viendrait mourir spécifiquement pour eux sur la croix.  Ps. 130:7-8:   “Israël, attends-toi à l’Éternel!  Car la bienveillance est auprès de l’Éternel, et la libération abonde auprès de lui.  C’est lui qui libérera Israël de toutes ses fautes.”   Héb. 9:15:   “Voilà pourquoi il est le médiateur d’une nouvelle alliance afin qu’une mort ayant eu lieu pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent la promesse de l’héritage éternel.”   Jésus nous a également rachetés de la malédiction de la loi qui pesait sur nous, non parce que la loi est mauvaise, mais parce qu’elle nous condamnait à cause de nos transgressions.  Gal. 3:13:   “Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit:  Maudit soit quiconque est pendu au bois.”   Il nous est impossible de mesurer l’intensité de cette humiliation qu’il a subie à notre place:   “étant devenu malédiction pour nous.”   Gal. 4:4-5:   “Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, pour que nous recevions l’adoption.”   Nous sommes donc libérés de cette condamnation et libres de vivre justifiés sans la loi.  Enfin, Jésus nous a rachetés des puissances du monde des ténèbres et du terrible esclavage du diable.  Gal. 1:4-5:   “Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher au présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père, à qui soit la gloire aux siècles des siècles.”   Col. 1:13-14:   “Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.”   Héb. 2:14-15:   “Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage.”   Sa mort est réellement puissante et efficace!  Nous avons été libérés par sa mort d’un esclavage bien plus oppressant que l’esclavage de l’Égypte.

La rançon versée par Jésus pour notre rédemption garantit non seulement notre libération, mais également notre acquisition.  À cause de ce prix d’immense valeur qu’il a payé pour nous racheter, nous ne nous appartenons plus, nous appartenons à Jésus-Christ.  1 Pi. 2:9:   “Vous êtes… un peuple racheté.”   Ac. 20:28:   “…l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang.”   Éph. 1:14:   “Vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis et qui constitue le gage de notre héritage, en vue de la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis pour célébrer sa gloire.”   Le fait que nous appartenions désormais corps et âme à Jésus-Christ a d’immenses implications pour nos vies.  1 Cor. 6:19-20:   “Ne savez-vous pas ceci:  votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous-mêmes?  Car vous avez été rachetés à grand prix.  Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu.”   1 Cor. 7:23:   “Vous avez été rachetés à grand prix; ne devenez pas esclaves des hommes.”

Quand cette transaction a-t-elle été effectuée?  Tous ces passages nous la décrivent comme ayant été effectuée dans le passé, une fois pour toute, à la croix, lorsque Jésus versa son sang.  C’est à ce moment précis où notre Rédempteur nous a garanti notre délivrance et notre acquisition, pour sa seule gloire.  Apoc. 5:9:   “Tu es digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.”   Devrions-nous compter Ésaü, Judas et tous ceux qui iront en enfer parmi ces hommes qui ont été rachetés par son sang et pour sa gloire?  A-t-il payé pour eux ce prix si précieux?  Les a-t-il libérés du joug de leur esclavage?  Les a-t-il acquis pour célébrer sa gloire?  C’est inconcevable!  Notre article 8 a bien raison:   “Dieu a voulu que Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle alliance) rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père.”   C’est son peuple, et son peuple uniquement, qu’il a réellement, efficacement et puissamment racheté au moyen de cette rançon si chèrement payée.  C’est pour cela qu’il est le seul digne de recevoir toute louange et toute gloire!  Recevons par la foi tout ce qu’il nous a si richement acquis sur la croix.  Rendons-lui gloire et réjouissons-nous de tout coeur de la signification si profonde de la mort de Jésus pour son peuple bien-aimé!

Paulin Bédard, pasteur

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