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Objections à la doctrine de la rédemption particulière

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Law Keven

OBJECTIONS À LA DOCTRINE

DE LA RÉDEMPTION PARTICULIÈRE

Ceux qui s’opposent à l’enseignement selon lequel Jésus est mort uniquement pour les élus insistent souvent avec beaucoup de passion pour dire que Jésus est mort pour toute personne.  Ils ont à l’esprit des buts tout à fait louables:  Ils veulent être bibliques et ils ont à coeur l’évangélisation.  Cela devrait être également nos buts.  Nous devons donc prendre la peine de considérer attentivement ces arguments contre la doctrine de la rédemption particulière.

A.  Première objection:  La Bible enseigne clairement que Jésus est mort pour tous les hommes.  (II.8)

La Bible ne dit-elle pas que Jésus “est mort pour tous” (2 Cor. 5:14-15) et que Jésus “est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier” (1 Jean 2:2)?  Ce sont des questions importantes.  À la lumière de ce que nous avons vu précédemment, il semble que la Bible contienne deux sortes de textes qui enseignent deux choses différentes.  La Bible se contredit-elle?  Certainement pas.  Toute parole de la Bible est inspirée de Dieu.  Au lien de dire que nous croyons en certains textes de la Bible et que les arminiens croient en d’autres textes, nous devons nous soumettre à tout l’enseignement de toute la Bible.  Lorsque nous lisons attentivement les textes qui parlent de la mort de Jésus pour tous , nous voyons qu’ils ne contredisent pas l’enseignement de la rédemption particulière .  Considérons les principes suivants:

1.  “Tous” ne veut pas toujours dire tous et “monde” ne veut pas toujours dire toute personne dans le monde.

Dans Luc 2:1-3, il nous est dit que César Auguste avait décrété que “le monde entier” devait être recensé.  En fait, c’était tout l’empire romain qui devait être recensé, et non le monde entier.  Lorsqu’il nous est dit par la suite que “tous allaient se faire recenser” , cela ne veut pas dire que toute personne individuelle habitant l’empire romain est allée personnellement se faire recenser.  En 1 Cor. 6:12 et 10:23, Paul dit “tout m’est permis” , mais nous savons bien qu’il ne nous est pas permis de pécher.  “Tous” ne veut pas toujours dire “tous”, dans le sens de chacun individuellement.  Il nous faut toujours lire le texte attentivement et bien prendre en considération le contexte.

2.  Les mots doivent toujours être compris dans leur contexte.

Rom. 8:32 dit que Dieu a livré son Fils “pour nous tous” .  Les arminiens citent parfois ce verset, mais quand nous regardons attentivement le contexte, il est évident que, tout au long de ce magnifique chapitre, le “nous” dont il est question désigne les chrétiens.   “Qui accusera les élus de Dieu?”   (v. 33).  De même Rom. 5:18:   “La justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes.”   Ces hommes sont la nouvelle humanité en Jésus, le nouvel Adam, qui est réellement justifiée et qui reçoit véritablement la vie par lui.  Selon Rom. 5:12-21 et 1 Cor. 15:22, toute personne dans le monde meurt en Adam, mais ce n’est pas toute personne dans le monde qui est rendue vivante en Jésus-Christ, mais seulement ceux qui lui appartiennent (1 Cor. 15:23).  2 Cor. 5:14-15 dit:   “Car l’amour du Christ nous étreint, nous qui avons discerné ceci:  un seul est mort pour tous, donc tous sont morts; il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.”   De qui Paul parle-t-il quand il dit “tous”?  Ce texte n’enseigne pas que Jésus est mort pour toute personne dans le monde, mais que Jésus est mort pour tous ceux qui sont morts quand il est mort .  Cela désigne clairement les croyants.  En tant que croyants, nous sommes tellement unis à Jésus que sa mort à notre place devient notre mort et que sa vie devient notre vie.  Rom. 6:8:   “Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.”   Nous avons été crucifiés avec Christ et nous sommes ressuscités avec lui (voir Gal. 2:20; Éph. 2:5-6).  La mort de Jésus fut la mort de son peuple.   Jésus est mort pour ceux qui sont morts avec lui et qui vivent avec lui .  Ceux qui ne croiront jamais ne vont jamais mourir à eux-mêmes et ne vivrons jamais en Jésus-Christ.  Jésus n’est pas mort pour eux.

3.  Le contexte nous montre que “tous” et “monde” désignent parfois des groupes ou des classes de personnes.

Jean 12:32:   “Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre (sur la croix) , j’attirerai tous les hommes à moi.”   La Bible nous dit pourtant que les hommes ne sont pas tous attirés à Jésus.  Il convient mieux d’interpréter ce “tous” dans le sens de tous les peuples.  Jésus attirera à lui des gens de toute tribu, de toute langue et de toute nation.  Tite 2:11:   “La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée.”   D’après le contexte (2:1-10), toutes sortes de gens entendent l’Évangile et sont véritablement sauvés par la grâce de Dieu:  des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes, des esclaves et des hommes libres.  La grâce de Dieu a été manifestée à toutes sortes de catégories d’hommes et vise un but très spécifique:   “Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de se faire un peuple qui lui appartient, purifié par lui et zélé pour les oeuvres bonnes.”   (2:14).  1 Tim. 2:6 dit que Jésus s’est donné “en rançon pour tous” .  Le contexte nous apprend que nous devons prier “pour tous les hommes” (2:1), soit pour toute catégorie d’hommes, incluant les rois et les dirigeants; Paul est apôtre auprès des païens (2:7), car Jésus est mort pour tous les hommes sans distinction , Juifs et Grecs, et non pour tous les hommes sans exception .

4.  Parfois “monde” désigne la “nouvelle humanité”.

Lorsque tout sera accompli, l’Église sera le monde.  Dans les nouveaux cieux et sur la nouvelle terre, il n’y aura plus de péché, les ennemis de Dieu, Satan et toute son armée seront chassés de notre présence pour toujours.  L’Agneau de Dieu “ôte le péché du monde” (Jean 1:29).  Le “monde” arrivera à sa perfection finale.  Nous ne connaissons pas le nombre des élus, mais ce sera une multitude qu’aucun homme ne peut compter.  De même, à la fin, le peuple de Dieu sera le monde pour toujours.  En 1 Jean 2:2, nous lisons que Jésus “est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier”.   Si Jésus a réellement accompli l’expiation du monde entier, dans le sens qu’il a porté le poids de la colère de Dieu, le monde dont il est question dans ce texte ne peut désigner que la totalité de tous ceux qui seront finalement sauvés.  Autrement, Dieu aurait été injuste en déversant deux fois sa colère sur ceux qui vont finalement aller en enfer.  Ce verset signifie que Jésus n’est pas mort seulement pour les chrétiens à qui Jean s’adressait, mais pour des gens de toutes les nations et de toutes les époques.

5.  Il y a des implications universelles qui découlent de l’expiation par Jésus-Christ.

Dans un certain sens, nous pouvons dire que la mort de Jésus procure des bienfaits à ceux qui iront finalement en enfer.  Ils ne seraient pas ici aujourd’hui s’il n’y avait pas eu la croix.  N’eut été de son plan de salut, Dieu aurait détruit le monde entier au moment où Adam et Ève ont péché et se sont rebellés contre lui.  Mais Dieu a voulu que le monde continue afin d’accomplir son plan souverain.  La mort de Jésus a permis que Dieu reporte à plus tard son jugement.  C’est cela qu’il faut comprendre lorsque 2 Pi. 2:1 dit que les faux docteurs impies renient le Seigneur qui les a “rachetés”.  La mort de Jésus a racheté le moment de leur exécution, c’est-à-dire qu’il les a sauvés de la destruction immédiate pour que leur vie puisse se poursuivre.  C’est ainsi que nous devons également comprendre 1 Tim. 4:10:   “…le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, surtout des croyants.”   Dieu permet au monde pécheur de continuer à se développer par amour pour son peuple qu’il a aimé profondément depuis toute éternité.

B.  Deuxième objection:  La Bible enseigne clairement que l’Évangile est offert à tous.  (II.5)

Si Jésus n’a pas expié les péchés de tous, comment est-il possible que Dieu offre sincèrement le salut à tous, incluant à ceux qu’il n’a pas prédestinés au salut?  Ce sujet, comme tant d’autres vérités chrétiennes, est un mystère.  La Bible enseigne clairement que Jésus est mort seulement pour certains et elle enseigne clairement que Dieu offre librement et sincèrement le salut à chacun.  L’invitation est universelle (És. 3:11; És. 55:1; És. 45:22; Matt. 11:28; 2 Pi. 3:9; Apoc. 22:17, etc.).  Si Dieu offre sincèrement le salut à tous, n’a-t-il pas aussi préparé leur salut?  Voilà deux vérités qui nous semblent impossibles à réconcilier, mais la Bible enseigne les deux sans contradiction, comme étant deux amis qui n’ont pas besoin de se réconcilier.  Toutes les deux doivent être acceptées par la foi.  Nous devons avoir l’humilité de reconnaître que nous ne pouvons pas tout comprendre de Dieu et de ses voies.  Si la Bible affirme deux vérités, nous devons les accepter toutes les deux et ne pas choisir seulement l’une des deux.  Dieu est plus grand que nos pensées.

C.  Troisième objection:  Pour que notre évangélisation soit efficace, nous devons être capables de dire aux non-croyants que Jésus est mort pour eux.  (II.5; II.7)

C’est la troisième objection présentée par les arminiens contre l’expiation définie, car ils ont le désir de rejoindre les gens avec l’Évangile.  C’est devenu un élément clé dans l’évangélisation arminienne de dire aux non-croyants que Jésus les aime et qu’il est mort pour eux, tellement que plusieurs ne peuvent pas concevoir l’évangélisation sans ce message.  Il est toutefois impossible de présenter l’Évangile de cette manière, car nous avons vu à partir des Écritures qu’il n’est pas vrai que Jésus est mort pour toute personne.  Lorsque nous étudions la Bible, en particulier les pratiques missionnaires dans le livre des Actes, nous n’entendons jamais les apôtres se servir du slogan “Jésus est mort pour vous” lorsqu’ils présentent l’Évangile à des non-croyants.  L’efficacité de notre évangélisation ne doit pas venir de slogans non-bibliques que Dieu bénirait, mais doit venir d’une façon biblique de présenter l’Évangile.

On s’aperçoit d’ailleurs qu’il est très peu efficace de dire à un incroyant que Jésus est mort pour eux.  Pensons au jeune homme qui dit à une jeune fille qu’il l’aime; elle est sceptique et lui répond:  “Je parie que tu dis cela à toutes les filles.”  Mais le jeune homme insiste et la convainc qu’elle est l’amour de sa vie.  Plus tard, en parlant à ses amies, elle découvre qu’il a fait la même déclaration à plusieurs d’entre elles en même temps!  Ces paroles deviennent alors complètement vides de sens!  Il en est de même du slogan “Jésus est mort pour toi”.  Ces paroles, qui sont très puissantes pour nous et qui nous parlent de l’amour intime et profond qu’il a pour nous, deviennent des paroles vides lorsqu’elles sont prononcées à la légère à gauche et à droite et déclarées à toute personne que l’on rencontre.  Si le non-croyant qui reçoit ce slogan est quelque peu perspicace, il dira:  “Et alors?  Il est mort pour tout le monde, ça ne veut rien dire, beaucoup de gens pour qui il est mort sont maintenant en enfer!”  Un tel Évangile n’a rien de certain.

En tant que réformés, nous avons un Évangile certain à présenter.  Nous pouvons dire avec confiance aux gens que Jésus est mort pour sauver des pécheurs et que par sa mort Jésus garantit que tout son peuple pécheur sera sauvé.  Nous annonçons la promesse selon laquelle quiconque croit ne périra pas, mais aura la vie éternelle.  Nous devons également avertir les non-croyants que, s’ils ne se repentent pas et ne croient pas en Jésus, ils ne seront pas sauvés et ne peuvent avoir aucune raison de croire que Jésus est mort pour eux.  Nous ne savons pas qui sont les élus de Dieu et nous ne pouvons pas dire aux non-croyants que Jésus est mort pour eux.  Nous ne savons tout simplement pas ces choses.  Nous sommes seulement appelés à être fidèles et à proclamer partout la promesse de l’Évangile.   “La promesse de l’Évangile est:  afin que quiconque croit en Jésus-Christ crucifié, ne périsse point, mais ait la vie éternelle.  Et cette promesse doit être indifféremment annoncée et proposée à toutes les nations et à toutes les personnes auxquelles Dieu, selon son bon plaisir, envoie l’Évangile, et cela avec le commandement de se repentir et de croire.”   (art. II.5).  À la suite de Dordrecht, nous devons à la fois être bibliques et avoir à coeur l’évangélisation.  Soyons fidèles et ayons confiance dans l’oeuvre puissante que notre Sauveur a accomplie à la croix pour ses brebis.

Source:  John A. Bouwers, The Golden Chain of Our Salvation .  An Introduction to the Canons of Dort, p. 83-88.

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