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Jean-Henri Merle d’Aubigné (1794-1874)

 

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Jean-Henri Merle d’aubigné

1794-1874

Un Français désabusé (Chateaubriand) a ainsi décrit les premières décennies du dix-neuvième siècle: “Après Napoléon, néant!”

Il se trompait. Les années entre la défaite finale de Napoléon en 1815 et la révolution de 1848 furent fertiles en événements. Ce fut une période sans conflit majeur entre les grandes puissances européennes, une époque d’effervescence politique, religieuse et intellectuelle, de croissance économique, de progrès scientifiques et de vitalité littéraire et artistique. On assista à un retour à la foi religieuse. La grande majorité des Européens allaient à l’église. L’industrialisation et l’urbanisation n’avaient pas encore suffisamment progressé pour que la foi traditionnelle soit affaiblie. Même les pratiquants les plus libéraux, malgré le feu roulant de critiques qu’ils émettaient contre les doctrines fondamentales des Écritures, soutenaient la légitimité des Églises et le rôle important qu’elles jouaient dans la société. Pendant des siècles, les Écritures, les credo et les confessions de foi avaient été considérés comme fondement de la théologie chrétienne. Cependant, suite à l’influence de savants libéraux allemands, la fiabilité et l’autorité des Écritures furent remises en question. De nouvelles théologies permirent à la pensée moderne de s’établir juge des Écritures.

L’Église réformée de Genève avait succombé aux charmes du rationalisme. Elle s’était détournée de son adhésion stricte des jours d’autrefois aux confessions de foi de la Réforme. Cette ville, qui dans ses jours de gloire avait largement contribué à l’expansion du calvinisme partout dans le monde, ne connaissait plus Calvin ni les Écritures qu’il avait si fidèlement enseignées. Les étudiants en théologie ne recevaient plus qu’une heure par semaine d’enseignement tiré directement de la Bible et ce dans l’unique but d’étudier l’hébreu. Ils terminaient leur programme d’études de quatre ans sans avoir suivi un seul cours sur le Nouveau Testament. En 1817, le consistoire (ou conseil des anciens) de Genève interdit aux pasteurs de faire mention dans leurs sermons de l’union de la nature divine de Jésus à sa nature humaine, du péché originel, de la façon dont la grâce fonctionne et de la prédestination. L’Église était devenue une association de gens de bonne moralité. Elle prêchait Jésus, l’exemple par excellence. Il n’était plus le Sauveur des pécheurs. Seuls quelques pasteurs ne s’inclinaient pas devant le Baal de la modernité et continuaient à promulguer la foi historique de la Réforme, telle qu’elle avait été formulée au seizième siècle. L’Église réformée de Suisse avait abandonné l’Évangile, mais le Seigneur ne la délaissa pas. Il suscita le Réveil à Genève, un réveil qui eut de grandes répercussions. Jean-Henri Merle d’Aubigné fut un des hommes grandement utilisés par le Seigneur au cours de ce réveil.

Les jeunes années de Merle d’Aubigné

Le profil de personnalité de Merle d’Aubigné, né le 16 août 1794 à Eaux-Vises près de Genève, était loin de correspondre à celui auquel on aurait pu s’attendre chez un leader de ce Réveil. Son père n’était pas calviniste, mais bien plutôt un disciple enthousiaste de Rousseau (1712-1778), dont les enseignements avaient ouvert la voie au libéralisme humaniste. Merle d’Aubigné a grandi dans un foyer où l’on allait rarement à l’église. Il devint un grand amateur de théâtre et de danse, mais en même temps, il était attiré par le ministère pastoral. Lorsqu’il était étudiant, il ne croyait ni à la Trinité ni à la divinité de Jésus-Christ, mais il n’était pas indifférent. Il cherchait la vérité. Pendant ses études, il vint à connaître Robert Haldane (1764-1842), un évangéliste écossais, écrivain et philanthrope, qui commença une étude de la lettre aux Romains avec un peu plus d’une vingtaine d’étudiants en théologie qui n’avaient, pour la plupart, jamais lu cette épître auparavant. Haldane n’enseignait pas ses opinions personnelles. Il croyait que la Bible était la Parole inerrante de Dieu, c’est-à-dire sans erreur, et qu’elle était l’épée de l’Esprit. À travers l’explication soignée de la Bible qu’en donnait Haldane, Merle d’Aubigné fut convaincu de son péché et amené au Christ. Il trouva en Lui son Sauveur et Seigneur. Haldane imposa les mains à Merle d’Aubigné ainsi qu’à huit autres étudiants, les ordonnant ministres de l’Évangile. La première Église où servit Merle d’Aubigné fut une petite assemblée francophone à Hainburg, en Allemagne, où la majorité des gens, de pensée rationaliste, résistaient au Réveil.

Le Réveil

Le Réveil, qui vit le jour à Genève, était un mouvement prônant le retour aux Écritures. La Bible était reconnue comme seule règle infaillible de foi et de vie. L’accent était fortement mis sur les doctrines de la divinité du Christ, de la condition pécheresse et perdue de l’homme, de la mort expiatoire de Jésus-Christ sur la croix et du salut en Jésus-Christ seul. Les leaders du Réveil avaient à coeur le salut des individus. Convaincus de par leur expérience personnelle de la nécessité d’une saine doctrine, le contenu de leurs prédications était très riche au niveau doctrinal. Ils étaient également d’ardents défenseurs de la Seconde Confession Helvétique (1566), qui présente le calvinisme comme christianisme évangélique, qui réfute la prétention de l’Église catholique romaine à se considérer véritable successeur de l’Église primitive, qui affirme la doctrine de l’élection établie de toute éternité, qui se porte à la défense du baptême des enfants, qui enseigne la nécessité de prendre part à la vie civile ainsi que la possibilité de prendre les armes pour se défendre lorsque l’on subit une attaque, bien que ce ne doive être qu’en dernier recours.

Le Réveil mettait l’accent sur l’expérience religieuse. La foi religieuse ne touche pas seulement l’esprit, mais aussi le coeur. Les leaders du Réveil unissaient leurs voix à celle de Calvin pour confesser que “ceux-là seuls qui ont reçu l’enseignement du Saint-Esprit se reposent sur l’Écriture avec droiture et fermeté” et que notre certitude que l’Écriture est la Parole de Dieu est “scellée dans notre coeur par le Saint-Esprit” ( Institution chrétienne I, vii, 5). Merle d’Aubigné a dit que “ le christianisme n’est ni une doctrine abstraite ni une organisation formaliste. C’est la vie qui vient de Dieu, qu’il a communiquée à l’humanité, ou plutôt à l’Église. Cette vie nouvelle se trouve dans la personne de Jésus-Christ et est donnée à tous ceux qui sont unis à Lui.”

Merle d’Aubigné et Groen

En 1823, Merle d’Aubigné accepta l’invitation du roi Guillaume 1er à devenir aumônier de la cour à Bruxelles, capitale du sud des Pays-Bas. Ses années de service à la cour royale furent fructueuses. Le roi assistait fidèlement au culte du dimanche matin, sauf lorsqu’il prévoyait aller au théâtre le soir. Il savait que Merle d’Aubigné n’approuvait pas que l’on déroge à l’observation du Sabbat.

Puisque plusieurs membres de la cour venaient du nord des Pays-Bas, Merle d’Aubigné influença également la vie de l’Église de cette région. Parmi les dignitaires et le personnel du gouvernement se trouvaient Guillaume Groen van Prinsterer (1801-1876), ainsi que son épouse Betsy. Un jour, Merle d’Aubigné demanda à Betsy si elle était prête à mourir, elle ne répondit pas et éclata en sanglots; elle n’avait jamais été confrontée à cette question. Cet événement conduisit à sa conversion. Elle devint une chrétienne fervente qui aimait le Seigneur plus que tout. Le Saint-Esprit utilisa également le ministère biblique enthousiaste de Merle d’Aubigné pour amener Groen à entrer dans une relation vivante avec Jésus-Christ. À travers l’influence de Merle d’Aubigné, Groen devint fasciné par la Réforme de Genève.

 

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 Guillaume Groen van Prinsterer

 

Merle d’Aubigné lui fit aussi connaître les oeuvres de l’auteur, philosophe et homme d’État britannique Edmund Burke (1729-1797). Burke s’opposait à la Révolution française. Il croyait qu’elle visait à la destruction de la tradition au nom d’un idéal imaginaire. Dans son livre Réflexions sur la Révolution en France, il qualifie la Révolution française de point tournant dans l’histoire. Il fait observer: “L’âge de la chevalerie a disparu. Celui des sophistes, des économistes et des comptables lui a succédé et la gloire de l’Europe est éteinte à tout jamais.” Burke a également prédit les conséquences terribles de la révolte et de l’irréligion.

En lisant Burke, Groen en vint petit à petit à voir le lien entre les mouvements politiques et les convictions religieuses. C’est ainsi qu’il prit conscience que la Révolution française était l’aboutissement systématique des conséquences du rejet de Dieu. Groen, secrétaire du cabinet du roi, devint un des plus grands penseurs réformés du 19e siècle. Il était un ardent défenseur des écoles chrétiennes et de l’implication des chrétiens au niveau politique. Merle d’Aubigné est toujours resté en contact avec les Van Prinsterer, même après son départ de Bruxelles. Ils sont demeurés amis toute leur vie.

 

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Edmund Burke

 

Le Réveil en Hollande

Le Réveil eut des répercussions en Hollande. Willem Bilderdyk (1756-1831), avocat, poète et chrétien fervent, traduisit les sermons de Merle d’Aubigné en néerlandais. Dieu l’avait mis au travail! Malgré la forte influence de la Suisse, le Réveil hollandais développa ses propres caractéristiques. La forme qu’il prit fut influencée par son héritage calviniste national. Ceux qui faisaient partie de ce mouvement s’engagèrent dans des oeuvres de charité, dans l’établissement d’écoles du dimanche, d’écoles régulières, d’orphelinats, etc.

Un historien

Merle d’Aubigné est devenu l’historien du Réveil, un historien talentueux, doué. En 1817, à l’occasion du 300e anniversaire de la Réforme, il visita Eisenach, Wartburg et tous les autres endroits ayant un lien avec Martin Luther. Ces lieux historiques le stimulèrent à écrire l’histoire de Martin Luther et de la Réforme. Merle d’Aubigné commença la recherche pour son projet alors qu’il vivait en Allemagne. Son oeuvre en treize volumes fut publiée en français entre les années 1835 et 1878 et traduite en italien, en néerlandais et en anglais, facilitant ainsi sa grande diffusion. Il était un auteur plaisant à lire, dont les oeuvres valent encore la peine d’être lues de nos jours. Dans la préface de son premier volume de l’édition américaine de son Histoire de la réformation du XVIe siècle , Merle d’Aubigné remercie Dieu: “du succès qu’Il a donné à mon Histoire de la Réformation aux États-Unis. Ce que je demande au Dieu souverain qui dispose de toutes choses, c’est que le Fils de Dieu puisse être glorifié à travers cet humble travail.” Il montra la main de Dieu à l’oeuvre dans l’histoire de l’Église. Il était pleinement réformé et il n’en avait pas honte. Il écrivit: “La Réforme fut vraiment le contraire d’une révolte. C’était le rétablissement des principes du christianisme tel qu’il était à son origine. C’était un mouvement de régénération quant à tout ce qui était destiné à revivre, un mouvement conservateur quant à tout ce qui demeurera toujours.”

Merle d’Aubigné à Genève

Après que le roi Guillaume eut perdu son trône lors de la Révolution belge de 1830, Merle d’Aubigné retourna à Genève. C’est là qu’il fonda une publication hebdomadaire intitulée Gazette évangélique dont il était le rédacteur. En 1831, il organisa avec ses amis du Réveil la Société évangélique de Genève. Cet organisme avait pour but de promouvoir la saine doctrine en Suisse et en France. L’année suivante, la Société fonda le Séminaire évangélique où Merle d’Aubigné enseigna. Cette école recevait aussi du soutien de la Hollande. Les parents hollandais étaient encouragés à envoyer leurs fils à Genève. Bientôt, deux étudiants hollandais furent inscrits. Un soutien financier important parvenait également des chrétiens du Réveil hollandais. À cause de l’établissement de cette école de formation de pasteurs, Merle d’Aubigné et son ami François Louis Gaussen (1790-1863) ne furent bientôt plus reconnus comme pasteurs de l’Église nationale…

François Louis Gaussen écrivit plusieurs livres de pensée calviniste. Son livre le plus important, La Théopneustie ou pleine inspiration des Saintes Écritures , publié à Paris en 1840, est une défense magistrale de l’inspiration et de l’inerrance des Saintes Écritures; c’est une oeuvre qui a exercé une influence puissante. Charles H. Spurgeon (1834-1892) a déclaré: “Dans cette oeuvre, l’auteur a prouvé qu’il est un maître de l’argumentation biblique. Gaussen nous tient sous son charme lorsqu’il proclame la véracité divine des Écritures. Son témoignage brille par sa clarté.”

La théologie de Merle d’Aubigné

Merle d’Aubigné écrivit que la foi évangélique ne place pas la raison humaine ou la conscience religieuse sur le trône de l’Église; elle reconnaît que c’est Jésus-Christ qui occupe ce trône. Il est à la fois l’objet de la connaissance enseignée et celui qui enseigne cette connaissance. Il est celui qui explique sa Parole au moyen de la Parole et de la lumière de son Saint-Esprit. La foi évangélique ne place pas le pouvoir civil ou le magistrat laïque sur le trône. Elle reconnaît plutôt que c’est Jésus-Christ qui est sur le trône, lui qui a dit “Je suis Roi”, un Roi qui établit son royaume ici-bas sur terre, qui le préserve et voit à son développement, un Roi qui dirige tous les événements et qui conquiert progressivement le monde entier jusqu’à ce que le moment vienne pour lui d’exercer en personne son autorité divine dans son royaume de gloire. La foi évangélique reconnaît que c’est Jésus-Christ qui est sur le trône; lui, le Souverain Sacrificateur de son peuple, l’homme-Dieu, qui dans un acte d’amour gratuit a subi le châtiment pour nos péchés à notre place, se sacrifiant pour l’expiation de nos fautes.

Au sein de tous les bouleversements théologiques qui caractérisaient son époque et d’une société en crise face à l’autorité, Merle d’Aubigné invita instamment les théologiens et l’Église à établir tout le système théologique sur le solide fondement de l’inerrance des Écritures. En 1852, il fit une allocution à l’occasion de l’ouverture du Séminaire théologique évangélique. Elle était intitulée “Quelle théologie peut apporter la guérison aux maux de notre époque?” Son contenu demeure toujours tout aussi pertinent de nos jours. Il fit remarquer que ce ne sont pas toutes les théologies qui peuvent apporter la guérison. Une théologie qui espère sauver les hommes perdus à travers les moyens inventés par les hommes est une théologie faible et inapte. La nouvelle théologie parlait du Fils et de l’Esprit, mais demeurait silencieuse quant au Père. Merle d’Aubigné affirma que nous avons besoin d’une théologie qui vient d’en haut, d’une théologie qui honore le Dieu trinitaire. Il affirma que nous avons besoin du Sauveur qui peut nous réconcilier avec Dieu le Père et que ce Sauveur ne peut être connu qu’à travers les Écritures. Sans la Bible, il ne peut pas y avoir de chrétien. La Parole écrite conduit à la Parole vivante. Il exhortait les étudiants en théologie à tenir ferme dans la défense de la Parole au milieu des faux enseignements, du rationalisme, passé ou présent, et des sectes. La théologie du Royaume devait toujours demeurer parce qu’elle n’est pas bâtie sur le sable, mais bien plutôt sur le rocher solide des Écritures inspirées de Dieu. Il disait que la nouvelle théologie devait être rejetée parce qu’elle contredisait les Écritures. Elle était incapable de guérir les maux de l’époque. La théologie moderne ne pouvait pas sauver. Les gens avaient besoin de certitude dans une époque de doute. La foi devait reposer sur “Ainsi parle l’Éternel” . Merle d’Aubigné poussait constamment son auditoire à revenir à l’inerrance de la Bible, qui est une lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier (Psaume 119:105).

Merle d’Aubigné enseignait l’orthodoxie non seulement au niveau de la doctrine, mais aussi de la vie. Il affirmait que l’homme doit vivre sa théologie, que bien que la théologie ne doit pas être construite sur l’expérience personnelle, elle doit être vécue, que l’homme a besoin d’une foi vivante dans le Dieu vivant qui s’est révélé lui-même en son Fils Jésus-Christ. Merle d’Aubigné croyait que le chrétien doit être enflammé pour son Seigneur!

Conclusion

Bien que je remercie Dieu pour les leaders réformés qui ont courageusement défendu et proclamé tout le conseil de Dieu, je ne crois pas à la glorification du passé. Cependant, si nous voulons avoir un impact pour le Seigneur à l’époque où nous vivons, nous ferions bien de nous mettre à l’écoute des voix du passé. La connaissance de la manière dont Dieu a agi dans l’histoire nous amènera à désirer ardemment voir Dieu agir à nouveau. Une grande partie du christianisme contemporain dans le monde occidental est très superficielle. La théologie dans le monde académique moderne est en état de crise. Elle passe d’une mode à l’autre. Elle a contribué à l’effritement de l’autorité biblique ainsi qu’au malaise culturel et intellectuel de notre époque. La vie de Merle d’Aubigné montre que le seul remède pour notre société malade réside dans l’avènement d’une nouvelle réforme. Voici l’héritage de Merle d’Aubigné pour nous aujourd’hui:

“La Réformation, c’est Jésus-Christ… Le travail, débuté à l’époque des apôtres et renouvelé au temps des réformateurs, devrait être repris de nos jours avec un saint enthousiasme. Ce travail est très simple et très beau, car il consiste à établir le trône de Jésus-Christ dans l’Église et sur la terre… Laissez les autres suivre les méandres de leur imagination, ou se prosterner devant les superstitions traditionnelles, ou embrasser les pieds d’un homme pécheur… Ô, Roi de gloire, nous ne désirons que Toi seul!”

Johan Tangelder, pasteur

Paru dans la revue Lumière sur mon sentier

Vol. 4, No. 3, mai 2009.

Traduit et réimprimé avec permission, Johan Tangelder, “Jean-Henri Merle d’Aubigné”, www.reformedreflections.ca .

L’auteur est pasteur réformé à la retraite et demeure à London, Ontario.

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