III.3 – Le résultat du péché sur toute l’humanité
Source: Creative Commons, Flickr, Macropoulos
III.3 - LE RÉSULTAT DU PÉCHÉ SUR TOUTE L’HUMANITÉ
C’est pourquoi tous les hommes sont conçus dans le péché et naissent enfants de colère, incapables de tout bien salutaire, enclins au mal, morts dans le péché et esclaves du péché. Et sans la grâce de l’Esprit qui régénère, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, ni corriger leur nature dépravée, ni se disposer à l’amendement de celle-ci.
— Canons de Dordrecht, III.3
Nous avons vu l’origine du péché et ses effets sur l’homme. Nous avons vu que le péché s’est propagé à toute l’humanité de père en fils et que nous sommes tous unis dans la faute d’Adam, notre père naturel et notre représentant légal. Nous allons voir maintenant à quel point notre condition pécheresse est sérieuse. La chute a produit des effets très graves et profonds sur nous tous.
Nous sommes entièrement corrompus
La condition de l’homme a-t-elle changé depuis le péché d’Adam et Ève? Sur le plan technique, scientifique et culturel, nous avons fait de grands progrès, mais sur le plan moral et spirituel, nous n’avons pas vraiment progressé, malgré les prétentions de l’homme à s’améliorer. La maladie, la souffrance et la mort sont partout. Les arminiens étaient d’accord pour dire que nous sommes tous atteints par le péché, mais le péché originel ne ferait que nous affaiblir. Nous aurions tendance à pécher et cela nuirait à l’exercice de notre libre volonté. Ce serait une maladie qui attire la pitié plutôt qu’un véritable péché qui nous rendrait coupables et pour lequel nous devrions nous repentir. Il nous serait donc possible de changer ou de revenir à Dieu. À cela, Dordrecht répond, III.3: “C’est pourquoi tous les hommes sont conçus dans le péché et naissent enfants de colère, incapables de tout bien salutaire, enclins au mal, morts dans le péché et esclaves du péché.”
Une telle description peut nous paraître extrême, car nous avons tous par nature une haute opinion de nous-mêmes. Mais pour bien saisir notre état pécheur, il nous faut laisser de côté nos sentiments et revenir à la Bible. Elle nous enseigne que notre état corrompu s’enracine profondément dans notre être depuis le début de notre existence. David a confessé au Ps. 51:7: “Voici, je suis né dans la faute, et ma mère m’a conçu dans le péché.” C’était vrai du roi David comme c’est vrai de nous tous. Éph. 2:3: “Nous étions par nature des enfants de colère comme les autres.” “Les autres”, ce sont les païens; “nous”, ce sont les Juifs, les enfants de l’alliance. Que nous ayons des parents chrétiens ou que nous venions du paganisme, nous sommes tous par nature des enfants de colère. Cela ne veut pas dire que nous avons de la colère contre Dieu, mais plutôt que Dieu est en colère contre nous, dès notre enfance. À chaque fois qu’un enfant vient au monde sur la terre, Dieu est en colère, car il se dit: “Encore un pécheur rebelle qui refusera de me servir.” Il en découle que nous ne sommes nullement portés au bien, au contraire nous sommes continuellement enclins au mal. Avant le déluge, Dieu en avait déjà fait la triste constatation. Gen. 6:5: “L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que chaque jour son coeur ne concevait que des pensées mauvaises.” Le grand nettoyage du déluge n’a pas amélioré la situation. Gen. 8:21: “Le coeur de l’homme est disposé au mal dès sa jeunesse.” À chaque jour, Dieu ne voyait rien de bon venant de l’homme, que ce soient ses actions ou ses pensées, et cela dès son enfance. L’expression “corruption totale” ne signifie pas que notre humanité est anéantie ou que l’homme agit toujours aussi méchamment qu’il le pourrait. La corruption totale signifie que nous sommes corrompus dans toutes les parties de notre être, comme une pomme pourrie dans toutes ses parties. Tous les aspects de notre être, intelligence, volonté, sentiments, désirs, actions, etc., sont corrompus, de sorte que l’homme pèche dans tout ce qu’il fait et que, par nature, il lui est impossible de plaire à Dieu. Tite 3:3: “Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de désirs et de passions, vivant dans la méchanceté et dans l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres.” Éph. 2:1-2: “Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.” Quel tableau sombre de la condition humaine sans Dieu! Reconnaissons-nous notre corruption et notre culpabilité?
Nous sommes totalement incapables de nous changer
Sommes-nous capables de changer? Les arminiens enseignaient: “Que l’homme non régénéré n’est pas totalement ni à proprement parler dans le péché, ou destitué de toutes forces concernant le bien spirituel, mais qu’il peut avoir faim et soif de justice et de vie, et offrir à Dieu le sacrifice d’un esprit contrit et brisé, qui lui soit agréable” (rejet des erreurs III.4). Mais comment prétendre encore que nous pouvons par nous-mêmes avoir faim et soif de justice et être capables de nous tourner vers Dieu avec un coeur repentant? Jér. 17:9: “Le coeur est tortueux par-dessus tout et il est incurable.” Rom. 3:10-12: “Il n’y a pas de juste, pas même un seul; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils sont pervertis, il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul.” Nous ne pouvons pas prétendre être dans la même situation qu’Adam, qui était en mesure de choisir le bien, d’aimer Dieu et de lui obéir. Nous avons péché en Adam et nous en portons aujourd’hui les tristes conséquences. Nous ne sommes pas libres de choisir Dieu. Par nature, nous ne voulons pas de Dieu et nous ne cherchons pas à revenir à lui. Nous avons toujours une volonté, mais comme dit Paul en Éph. 2:3: “Nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées.” Rom. 8:7-8: “Car les tendances de la chair sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable. Or ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent plaire à Dieu.” Tout ce que nous voulons découle de notre chair pécheresse et de nos pensées enténébrées par le péché. Nous voulons le mal et c’est ce que nous choisissons de faire. Jésus lui-même a dit, Jean 8:34: “En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché.” Notre volonté n’est pas libre, elle est prisonnière du péché et captive du diable. La volonté humaine n’a pas seulement été empêchée de s’exercer par un obstacle qu’il suffirait d’ôter pour que la volonté puisse exercer sa liberté naturelle. Notre volonté ne peut carrément pas vouloir ni choisir le bien. Nous ne sommes pas simplement pécheurs parce que nous péchons. Nous péchons parce que nous sommes pécheurs. Tel est le diagnostic de la Parole de Dieu qui nous garde humbles.
Nous avons absolument besoin de l’Esprit qui régénère
Une seule conclusion s’impose, III.3: “Et sans la grâce de l’Esprit qui régénère, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, ni corriger leur nature dépravée, ni se disposer à l’amendement de celle-ci.” Jésus a dit, Jean 6:44: “Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et je le ressusciterai au dernier jour.” Le mot “attirer” signifier tirer, comme on tire hors de l’eau un filet rempli de poissons (Jean 21:6) ou comme un bateau remorqueur qui tire un paquebot pour le faire entrer au port. Paul ajoute que le serviteur de Dieu “doit redresser avec douceur les contradicteurs, dans l’espoir que Dieu leur donnera la repentance, pour arriver à la connaissance de la vérité, pour revenir à leur bon sens et pour se dégager des pièges du diable qui les a capturés, afin de les soumettre à sa volonté.” (2 Tim. 2:25-26). Les pécheurs sont incapables de se donner la repentance et de se dégager des pièges du diable. Les prédicateurs doivent prêcher la Parole et redresser avec douceur, mais ils sont incapables de donner cette repentance et cette liberté. Dieu seul peut le faire selon sa libre volonté. L’homme ne peut pas coopérer avec Dieu pour s’arracher des griffes du diable ou sortir de la prison du péché et se tourner vers Dieu. Nous ne pouvons apporter aucune contribution à notre conversion. Il faut absolument que Dieu agisse dans nos coeurs pour nous faire naître de nouveau par son Esprit. Notre conversion ne vient pas de nous, c’est le résultat de l’action de l’Esprit dans nos coeurs. Les disciples ont demandé à Jésus: “Qui peut donc être sauvé?” Réponse: “Aux hommes, cela est impossible, mais à Dieu, tout est possible.” (Matt. 19:25-26). Mon salut ne dépend pas de moi. Je ne peux même pas crier vers Dieu pour lui demander de l’aide. Je dépends totalement de lui. À partir du moment où je me tourne vers lui pour lui demander son secours, c’est parce qu’il a déjà commencé à agir dans mon coeur pour m’attirer à lui.
Pourquoi étudions-nous ce que la Bible enseigne au sujet du péché? Pour reconnaître que notre salut vient de Dieu et non de nous. C’est une grande bénédiction de savoir que c’est l’Esprit qui régénère! Toi seul, Seigneur, tu peux nous sauver! Notre Dieu est immensément grand. Il agit de manière libre et souveraine. Il dit à propos de ceux qu’il a choisis: “Cette personne est à moi; je vais la régénérer, je vais lui donner un coeur nouveau, je vais lui donner une vie nouvelle pour qu’elle se tourne vers moi, qu’elle croit en mon Fils et qu’elle ait la vie éternelle.” Le salut est entièrement l’oeuvre de Dieu, du début à la fin. Nous dépendons entièrement de lui qui nous donne librement la vie, selon son bon plaisir. Cela devrait nous pousser à l’adorer de tout coeur. Quel Dieu plein de grâce! Moi qui étais mort dans mes péchés, moi qui ne cherchais pas Dieu et qui étais incapable de me tourner vers lui, il m’a choisi, il m’a donné la foi, il m’a donné un coeur nouveau par son Esprit et m’a ramené à lui. Quelle oeuvre merveilleuse de la grâce!
Paulin Bédard, pasteur

Commentaires fermés