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IV.7 - Pourquoi Dieu s’est-il révélé à certains et pas à d’autres?

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Obooble

IV.7  -  POURQUOI DIEU S’EST-IL RÉVÉLÉ

À CERTAINS ET PAS À D’AUTRES?

Ce secret de sa volonté, Dieu l’a dévoilé à un petit nombre de personnes aux époques de l’Ancien Testament; mais à celle du Nouveau Testament (depuis que toute discrimination entre les peuples a été abolie), il le révèle à un beaucoup plus grand nombre de personnes.  La cause de cette dispensation ne peut être attribuée au fait qu’une nation serait plus digne qu’une autre, ou parce qu’elle se servirait mieux qu’une autre de la lumière naturelle, mais au bon plaisir de Dieu, qui est souverainement libre, et à son amour gratuit.

C’est pourquoi ceux auxquels est faite une si grande grâce, en dehors de, et contre tout mérite, doivent la reconnaître d’un coeur humble avec action de grâces; mais chez les autres, à qui cette grâce n’est pas faite, ils doivent, avec l’Apôtre, adorer la sévérité et la justice des jugements de Dieu, mais non les sonder avec curiosité.

— Canons de Dordrecht, IV.7

Il est bon de se rappeler des richesses de la grâce de Dieu.  Par la foi, nous participons à ces richesses qui nous sont acquises en Jésus-Christ.  Quel grand privilège!  Au fond, c’est un grand mystère.  La Bible utilise souvent le mot “mystère”, pas dans le sens de quelque chose d’étrange ou de bizarre, mais dans le sens d’un secret caché pendant longtemps et qui un jour a été révélé.  Un mystère, c’est une révélation.  On pourrait dire que c’est une surprise que Dieu nous fait et qui arrive de manière tout à fait inattendue.  Paul a prié pour les Colossiens, “afin que leur coeur soit consolé, qu’ils soient unis dans l’amour et enrichis d’une pleine certitude de l’intelligence, pour connaître le mystère de Dieu, Christ, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.”   (Col. 2:2-3).  Quel est au juste ce mystère?  C’est qu’un Dieu absolument juste et saint puisse aimer des pécheurs comme nous et nous donner son salut.  Voilà qui est tellement surprenant!  Comment est-ce possible?  C’est ce mystère qui nous a été révélé en Jésus-Christ.  Un secret que Dieu avait commencé à dévoiler dans l’Ancien Testament à un certain nombre de personnes et qu’il dévoile à beaucoup plus de gens dans le Nouveau Testament.

Pourquoi?

Les Canons ont déjà résumé l’enseignement des Écritures au sujet de notre condition naturelle.  Nous sommes des pécheurs sans aucun espoir de nous en sortir par nous-mêmes.  Pour que nous puissions être sauvés, nous avons absolument besoin que Dieu intervienne.  Nous sommes morts dans nos péchés, incapables de retourner à Dieu et même incapables d’accepter son aide et son salut par nous-mêmes.  La conversion est l’oeuvre de Dieu.  L’homme ne peut pas se sauver, il ne veut même pas être sauvé.  Il faut que Dieu nous sauve, puissamment, efficacement.  Mais pourquoi?  Pourquoi moi?  J’étais perdu.  Je ne cherchais pas Dieu.  Je ne voulais pas de Dieu.  Mais il est venu vers moi pour me ramener à lui.  Voilà la grande surprise, le mystère autrefois caché et maintenant révélé.  Pourquoi moi?  Cette question est très importante.  C’est elle qui nous permet d’adorer Dieu, de nous émerveiller de sa grâce, de chanter les louanges de son bon plaisir souverain.  Voilà pourquoi Dordrecht nous amène à nous poser cette question.  C’est pour nous stimuler à nous émerveiller encore davantage de sa grâce et nous pousser à l’adoration.

Pourquoi avons-nous ce glorieux privilège du salut en Jésus-Christ?  IV.7:   “La cause de cette dispensation ne peut être attribuée au fait qu’une nation serait plus digne qu’une autre, ou parce qu’elle se servirait mieux qu’une autre de la lumière naturelle, mais au bon plaisir de Dieu, qui est souverainement libre, et à son amour gratuit.”   Les arminiens, même s’ils ne le disent pas toujours aussi carrément, croient que nous pourrions par nous-mêmes choisir le Seigneur, par un acte de notre libre volonté.  Le pécheur aurait bien entendu besoin de l’aide du Saint-Esprit, mais il n’aurait pas besoin d’être régénéré pour croire.  La nouvelle naissance ne serait pas la source de la foi, elle serait au contraire précédée par l’acte humain de croire.  Au fond, cela veut dire que ceux qui croient en Jésus-Christ sont un petit peu plus intelligents que les autres, ou sont un petit peu plus capables de bien utiliser leurs talents naturels, ou sont un petit peu plus sages pour se servir d’une supposée grâce prévenante” donnée à tous.  La foi serait la contribution humaine accomplie avant l’oeuvre de régénération.  Nous serions donc un petit peu plus dignes que les autres.  Si vous êtes chrétiens, c’est parce que vous avez été plus réceptifs à l’Évangile que les musulmans ou les bouddhistes.  Si c’est par un acte de notre libre volonté que nous venons à Jésus, il faut alors conclure que nous avons fait un choix sage et éclairé qui contribue à notre salut.

L’article 7 nous dit non!  La Bible n’enseigne pas du tout cela.  Pourquoi Dieu nous sauve-t-il?  C’est uniquement grâce à son bon plaisir, qui est souverainement libre, et à son amour gratuit.  De façon totalement non méritée.  Jésus a dit:   “Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux enfants.  Oui, Père, je te loue de ce que tel a été ton bienveillant dessein.”   (Matt. 11:25-26).  Pourquoi Dieu avait-il choisi Israël?  Ce n’est pas parce qu’ils étaient meilleurs ou plus grands que les autres.  Deut. 7:6-8:   “L’Éternel, ton Dieu, t’a choisi pour que tu sois un peuple qui lui appartienne en propre parmi tous les peuples qui sont à la surface de la terre.  Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples.  Mais parce que l’Éternel vous aime.”   Deut. 9:6:   “Reconnais donc que ce n’est pas à cause de ta justice que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour que tu en prennes possession; car tu es un peuple à la nuque raide.”   La grande surprise est que, si nous sommes sauvés, ce n’est nullement grâce à un quelconque mérite, car nous n’en avons aucun.  Tout ce que nous pourrions essayer de faire pour y contribuer n’est que démérite devant Dieu et ne contribue qu’à augmenter notre dette envers lui.

Nous pouvons même nous demander:  Mais pourquoi Dieu ne fait-il pas connaître l’Évangile à tout le monde?  Si Dieu produit la foi qui sauve au moyen de la proclamation de la Parole, pourquoi Dieu ne donne-t-il pas à tout le monde la chance d’entendre sa Parole?  Encore une fois, nous devons reconnaître que cela vient de son bon plaisir.  Dans l’Ancien Testament, il a plu à Dieu de se révéler uniquement à quelques-uns.  Ps. 147:19-20:   “Il révèle ses paroles à Jacob, ses prescriptions et ses ordonnances à Israël; il n’a pas agi de même pour toutes les nations; elles ne connaissent pas ses ordonnances.  Louez l’Éternel!”   Dans le Nouveau Testament, le cercle des privilégiés s’est élargi considérablement.  Dieu fait maintenant connaître son Évangile à beaucoup de peuples.  Il a confié à son Église la mission d’aller vers toutes les nations.  Et pourtant, Dieu ne fait pas connaître sa révélation spéciale à tout le monde, il se limite à un certain nombre, selon son bon plaisir.  Si un peuple a l’occasion d’entendre parler de l’Évangile et pas un autre, est-ce parce que ce peuple serait meilleur qu’un autre?  Est-ce parce que Dieu verrait qu’ils sont mieux disposés ou plus susceptibles d’accueillir l’Évangile?  Pas du tout!   “La cause de cette dispensation ne peut être attribuée au fait qu’une nation serait plus digne qu’une autre.”   (IV.7).

Comment cela transforme-t-il ma vie?

Alors, comment cela transforme-t-il ma vie?  IV.7:   “C’est pourquoi ceux auxquels est faite une si grande grâce, en dehors de, et contre tout mérite, doivent la reconnaître d’un coeur humble avec action de grâces; mais chez les autres, à qui cette grâce n’est pas faite, ils doivent, avec l’apôtre, adorer la sévérité et la justice des jugements de Dieu, mais non les sonder avec curiosité.”   Il nous arrive de regarder de haut les non-chrétiens.  Nous nous disons:  “Quelle misère!  Ils sont vraiment loin de Dieu.  Un tel a toujours des blasphèmes dans sa bouche.  Un autre travaille le dimanche.  Un autre couche à gauche et à droite.  Un autre commet des fraudes fiscales.  Ce sont tous des païens!  Pourquoi irais-je leur parler de l’Évangile?  Ça ne les intéresse pas et de toute façon ils ne vont pas comprendre.”  Oui, c’est vrai qu’ils sont des païens, mais nous ne sommes pas mieux qu’eux.  Nous sommes aussi méchants que les autres, incapables par nous-mêmes de reconnaître que nous avons besoin de Jésus-Christ.  1 Cor. 4:7:   “Car qui est-ce qui te distingue?  Qu’as-tu que tu n’aies reçu?  Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu?”   Si Dieu nous a sauvés, c’est une très grande grâce qu’il nous a faite!  Il nous faut le reconnaître avec humilité et reconnaissance.  C’est Dieu qui sauve, puissamment, efficacement, librement.  C’est Jésus qui révèle le Père à qui il veut.  Quelle surprise!  Quel grand mystère!  Il l’a fait pour vous et moi qui n’étions aucunement plus dignes que personne d’autre dans le monde.

Pour les autres, “à qui cette grâce n’est pas faite, ils doivent adorer la sévérité et la justice des jugements de Dieu, mais non les sonder avec curiosité” (IV.7).  N’essayons pas de savoir pourquoi Dieu envoie l’Évangile à une personne ou à un peuple, et ne l’envoie pas à une autre personne ou à un autre peuple.  Les secrets de Dieu ne sont pas là pour être sondés avec curiosité.  Deut. 29:28:   “Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos fils, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi.”   Dieu nous a révélé ses promesses et ses jugements.  Sa condamnation est réelle et sévère pour tous ceux qui ne croient pas en lui.  Nous devrions adorer Dieu pour la perfection de sa justice, sans chercher à savoir qui est élu et qui n’est pas élu parmi ceux qui ne croient pas encore.  Oui, son jugement sur le péché est sévère.  Dieu nous l’a montré à la croix.  C’est là que Jésus a été puni à notre place, à cause de nos péchés.  Quel mystère surprenant!  Quelle bénédiction et quelle faveur non méritée!  Reconnaissons avec humilité et action de grâces cette grâce si étonnante qu’il nous a faite en Jésus-Christ.

Paulin Bédard, pasteur

 

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