IV.10 – Pourquoi d’autres répondent-ils à son appel?
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IV.10 - POURQUOI D’AUTRES
RÉPONDENT-ILS À SON APPEL?
Mais le fait que les autres, qui sont appelés par le ministère de l’Évangile, viennent à Dieu et sont convertis, ne doit point être attribué à l’homme, comme si, par son libre-arbitre, il se distinguait lui-même d’avec les autres qui, avec lui, seraient pourvus d’une grâce semblable ou suffisante pour croire et se convertir (ce que maintient l’orgueilleuse hérésie de Pélage); ce fait doit être attribué à Dieu qui, du fait qu’il a élu les siens de toute éternité en Christ, les appelle aussi efficacement en temps opportun, leur donne la foi et la repentance et, les ayant délivrés de la puissance des ténèbres, les transporte dans le Royaume de son Fils, afin qu’ils annoncent les vertus de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, et qu’ils ne se glorifient point en eux-mêmes, mais dans le Seigneur, comme l’Écriture apostolique en témoigne en maints endroits.
— Canons de Dordrecht, IV.10
Dieu appelle beaucoup de personnes à venir à lui par le ministère de l’Évangile. Son invitation à venir aux noces est vraiment sincère. L’appel de Jésus à entrer dans son repos est à prendre au sérieux. Certains acceptent l’invitation et viennent à lui. D’autres refusent et rejettent son appel. Ceux qui refusent de se convertir sont responsables de leur endurcissement. C’est de leur propre faute s’ils rejettent son appel. Qu’en est-il de ceux qui répondent favorablement et qui viennent à lui dans la repentance et la foi? À qui doit-on attribuer le fait qu’ils se convertissent à Dieu?
Non pas grâce à nous, mais grâce à Dieu seul
L’article 10 répond de la manière suivante: “Mais le fait que les autres, qui sont appelés par le ministère de l’Évangile, viennent à Dieu et sont convertis, ne doit point être attribué à l’homme…, mais doit être attribué à Dieu…” Cette réponse tranchante a été donnée dans le contexte du faux enseignement des arminiens. Ces derniers disaient que l’homme n’est pas complètement mort dans ses péchés. Il est simplement malade, blessé, estropié. Il a encore la capacité de crier pour demander de l’aide. Pour reprendre les mots de l’article 10, les arminiens croyaient que “l’homme, par son libre-arbitre, se distingue lui-même d’avec les autres qui, avec lui, seraient pourvus d’une grâce semblable ou suffisante pour croire et se convertir” . En d’autres mots, ceux qui répondent à l’appel de Dieu le font parce qu’ils seraient meilleurs ou plus sages que les autres.
Une telle erreur est appelée “l’orgueilleuse hérésie de Pélage” . Pélage, au 5e siècle, enseignait que l’homme est bon. S’il nous arrive de pécher, c’est parce que nous imitons des mauvais exemples, et non parce que nous serions pécheurs de naissance. L’homme n’aurait pas besoin d’un Sauveur, il aurait seulement besoin d’un bon exemple. Nous aurions en nous-mêmes tout ce qu’il faut pour bien faire. L’orgueilleuse hérésie pélagienne a été combattue par Augustin qui a enseigné les doctrines du péché et de la grâce. Malgré tout, cette hérésie a réussi à faire son chemin dans l’histoire de l’Église. Elle a changé de forme, elle est devenue plus subtile, mais elle est restée tout aussi fausse et pernicieuse. Le catholicisme romain est un exemple bien connu. Contrairement à Pélage, l’Église romaine croit que l’homme est pécheur de naissance; mais avec Pélage, elle croit qu’il reste quand même du bon dans l’homme. Nous pourrions, avec l’aide de la grâce, gagner des mérites. Au temps de la Réforme, Érasme enseignait le libre arbitre, idée combattue par Luther. Un siècle plut tard, Arminius a repris l’idée du libre arbitre. Un autre siècle plus tard, le revivaliste John Wesley, dans la lignée arminienne, a enseigné l’idée d’une grâce prévenante accordée à tous les hommes qui viendrait annuler les effets de la corruption et rétablir la libre volonté de l’homme. Encore l’influence pélagienne! Ne pensons pas que cette vieille hérésie soit disparue aujourd’hui dans les Églises. Au contraire, elle a fait son chemin parmi beaucoup de chrétiens autour de nous. Il est désolant de voir constamment réapparaître cette orgueilleuse hérésie. Une hérésie, ce n’est pas juste un petit problème, c’est une erreur grave qui assombrit la lumière de l’Évangile. Cette erreur s’enracine dans notre prétention d’apporter une contribution personnelle à notre salut. Si nous sommes sauvés, c’est parce qu’il y aurait un petit quelque chose qui viendrait de nous, de notre libre volonté ou de notre capacité à coopérer avec une grâce commune. Quelle hérésie orgueilleuse! Non, l’homme n’a rien de bon en lui-même qui lui permettrait de contribuer à son salut. Si je suis chrétien, si j’ai répondu à l’appel de Dieu, ce n’est pas parce que j’aurais eu par moi-même la bonne idée, la sagesse ou la volonté de me tourner vers lui. Rom. 9:16: “Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.” L’homme peut s’efforcer tant qu’il veut de se convertir par lui-même, il n’y arrivera jamais. Il n’en a ni le désir ni la force.
Oui, nous obéissons à l’appel de Dieu. Oui, nous répondons à l’Évangile. Oui, nous nous approchons de Dieu. Nous nous repentons de nos péchés et nous mettons notre foi en Jésus-Christ. Mais à qui devons-nous attribuer notre conversion? À Dieu seul et à personne d’autre! Éph. 2:8-9: “C’est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie.” C’est Jésus seul qui sauve, et personne d’autre. Le coeur humain ne veut pas répondre avec foi à l’appel de Dieu. Il faut absolument que Dieu lui-même nous détourne de nos péchés et nous ramène à lui. Jér. 31:18: “Fais-moi revenir, et je reviendrai, car c’est toi l’Éternel, mon Dieu.” Si Dieu ne donne pas la foi, il est impossible d’aller vers lui. Le salut est entièrement par pure grâce et la foi est un don de Dieu entièrement gratuit. Cela vient de Dieu seul.
En vertu de son élection souveraine et de son appel efficace
La réponse favorable que nous donnons à l’appel de l’Évangile s’enracine dans l’élection souveraine de Dieu et dans son action puissante dans nos coeurs. IV.10: “ Du fait qu’il a élu les siens de toute éternité en Christ, les appelle aussi efficacement en temps opportun, leur donne la foi et la repentance et, les ayant délivrés de la puissance des ténèbres, les transporte dans le Royaume de son Fils.” Tous ceux qui entendent l’Évangile, Dieu les appelle sincèrement; mais parmi tous ceux-là, Dieu appelle efficacement ses élus. Cet appel intérieur est efficace, par l’action de sa Parole et de son Esprit puissant. 1 Thess. 1:4-5: “Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, car notre Évangile n’est pas venu jusqu’à vous en paroles seulement, mais aussi avec puissance, avec l’Esprit Saint et une pleine certitude.” La puissance de cet appel donne la foi et la repentance. Elle nous délivre de la puissance des ténèbres. Elle nous transporte dans le Royaume de son Fils. Col. 1:12-13: “Rendez grâces avec joie au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière. Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé.” Voilà ce que produit la puissance de son appel efficace pour ses élus! C’est entièrement l’oeuvre de Dieu!
Dans la parabole des invités aux noces, rappelons-nous la provenance des invités. Matt. 22:9-10: “Allez donc aux carrefours, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle fut remplie de convives.” Les invités viennent des chemins et des carrefours. Ils traînaient dans les rues, sans avoir la moindre intention ni le moindre désir d’aller aux noces. Ils avaient besoin qu’on aille vers eux afin qu’ils soient invités et qu’ils soient rassemblés. Les serviteurs du Roi rassemblent les bons et les méchants. Cela ne veut pas dire qu’ils sont bons en eux-mêmes. Les invités ont tous besoin d’être vêtus de l’habit de noces, le vêtement de justice de Jésus-Christ. Ces gens viennent aussi des ruelles et des coins malfamés de la ville. Ce sont des pécheurs misérables et perdus. Allez donc aux carrefours, dit le Roi à ses serviteurs. Allez-y, invitez-les, rassemblez-les. Ils ne viendront pas d’eux-mêmes. Il faut aller vers eux, les inviter, les rassembler. Pour ceux qui répondront favorablement, leur conversion ne doit pas être attribuée à l’homme, mais uniquement à Dieu. C’est uniquement par sa grâce qu’ils pourront répondre à l’invitation.
Pour sa seule gloire
Si la réponse favorable à l’appel de Dieu est l’oeuvre de Dieu seul, alors c’est à Dieu seul que nous devons rendre toute la gloire. Je ne dois pas me penser supérieur aux autres si je me suis tourné vers Dieu. Ne nous glorifions pas en nous-mêmes, mais en Dieu seul. 1 Cor. 1:31: “Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.” Les doctrines pélagiennes, romaines, arminiennes, wesleyennes refusent de rendre à Dieu toute la gloire. Elles veulent garder une partie de la gloire pour nous-mêmes. Ne laissons aucune place dans nos pensées, dans nos actions, dans nos vies pour l’orgueilleuse hérésie pélagienne. Dieu appelle efficacement ses élus “afin qu’ils annoncent les vertus de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, et qu’ils ne se glorifient point en eux-mêmes, mais dans le Seigneur, comme l’Écriture apostolique en témoigne en maints endroits” (IV.10). Cela nous rappelle 1 Pi. 2:9: “Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d’annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.” Que Dieu nous garde de tout orgueil! Qu’il nous rende capables de nous émerveiller de la grandeur de sa grâce! Qu’il nous utilise pour sa gloire, afin que nous annoncions les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. Il nous envoie dans les rues pour rassembler ses invités. Prions qu’il nous donne la force d’aller et d’annoncer l’Évangile de Jésus-Christ. Que nous puissions dire à tous: “Vous êtes invités aux noces. Venez!” Que Dieu seul soit loué éternellement pour le miracle de la foi! Rom. 11:36: “Tout est de lui, par lui et pour lui! À lui la gloire dans tous les siècles. Amen.”
Paulin Bédard, pasteur

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