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IV.16 – La volonté humaine n’est pas niée, mais restaurée

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Rubonix

IV.16  -  LA VOLONTÉ HUMAINE

N’EST PAS NIÉE, MAIS RESTAURÉE

Or, de même que par la chute, l’homme n’a pas cessé d’être homme, doué d’entendement et de volonté, et que le péché qui s’est répandu dans tout le genre humain, n’a pas aboli la nature du genre humain, mais l’a dépravée et tuée spirituellement; de même cette grâce divine de la régénération n’agit point dans les hommes comme dans des troncs et des souches de bois; elle n’annihile pas davantage la volonté et ses propriétés, ni ne la force ou contraint contre son gré.  Au contraire, elle la vivifie spirituellement, la guérit, corrige et fléchit, aussi doucement que puissamment, afin que là où auparavant dominaient pleinement la rébellion et la résistance de la chair commence à régner désormais la prompte et sincère obéissance de l’esprit en quoi consistent le véritable et spirituel rétablissement et la liberté de notre volonté.

C’est pourquoi, si cet admirable Artisan de tout bien n’agissait de la sorte envers nous, il ne resterait à l’homme aucune espérance de se relever de la chute au moyen du libre arbitre par lequel, alors qu’il était encore debout, il s’est précipité dans la perdition.

— Canons de Dordrecht, IV.16

La régénération est entièrement l’oeuvre de Dieu.  La puissance du Saint-Esprit est efficace pour renverser toute résistance de la part du pécheur et produire la foi et la conversion.  Cela veut-il dire que la puissance du Saint-Esprit forcerait les gens contre leur volonté?  Ou bien l’homme serait-il inerte comme une roche et subirait-il passivement sa conversion?  Les arminiens ont soulevé cette objection contre la doctrine réformée de la grâce souveraine.  L’article 16 répond admirablement.  Cet article parle de l’oeuvre du Saint-Esprit dans la conversion du pécheur de manière respectueuse et glorieuse.  Le Saint-Esprit n’écrase pas la volonté humaine, il la restaure.

L’homme déchu conserve sa volonté

Si tout dépend de la grâce souveraine de Dieu, que reste-t-il de la volonté de l’homme et de sa capacité de prendre des décisions?  L’homme n’est-il pas un robot ou une marionnette?  En disant cela, on fait de la doctrine réformée une caricature ridicule.  On suppose que les êtres humains pécheurs seraient sans intelligence ni volonté et qu’ils n’auraient pas la capacité de penser, de choisir ou d’agir.  En réponse, nous disons que, même après la chute, “l’homme n’a pas cessé d’être homme, doué d’entendement et de volonté; …le péché qui s’est répandu dans tout le genre humain, n’a pas aboli la nature du genre humain, mais l’a dépravée et tuée spirituellement” (IV.16).  Nous ne sommes pas devenus des animaux ou des troncs d’arbres.  Nous sommes toujours des humains, avec la faculté de penser, de vouloir et d’agir.  Quand nous disons que l’homme ne peut pas venir à la foi par l’exercice de sa volonté, cela ne veut pas dire que l’homme n’a pas de volonté.  Non, il conserve sa volonté, mais il est maintenant un ennemi de Dieu et sa volonté est tordue, tournée contre Dieu.  Rom. 8:7:   “Car les tendances de la chair sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable.”   L’homme naturel ne peut pas et ne veut pas aimer Dieu, mais il garde toujours une volonté.  Son inimitié contre Dieu est une rébellion active, une haine volontaire.  Il utilise toute la force, toutes les facultés que Dieu lui a données pour les diriger maintenant contre Dieu.  Quand Dieu vient faire son oeuvre de régénération, il prend tout cela en considération.  Il ne nous traite pas comme des marionnettes, mais comme des personnes responsables, douées d’intelligence, de sentiments et de volonté.  Rom. 5:8:   “Lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu…”

Dieu régénère cette volonté rebelle

Comment le Saint-Esprit agit-il exactement sur notre volonté?  IV.16:   “De même cette grâce divine de la régénération n’agit point dans les hommes comme dans des troncs et des souches de bois; elle n’annihile pas davantage la volonté et ses propriétés, ni ne la force ou contraint contre son gré.  Au contraire, elle la vivifie spirituellement, la guérit, corrige et fléchit, aussi doucement que puissamment.”   Quand Dieu vient faire son oeuvre de régénération, il ne nous traite pas comme des roches, comme si nous étions neutres devant lui. Le Saint-Esprit ne nie pas notre volonté, il ne la détruit pas, il ne la casse pas, il la régénère.  Dieu agit dans le coeur de ceux qui sont ses ennemis pour que notre volonté, qui était orientée contre lui, soit réorientée vers lui.  David a prié au Ps. 51:12:   “Ô Dieu, crée en moi un coeur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.  Ne me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas ton Esprit Saint.”   David reconnaissait qu’il dépendait entièrement de la grâce de Dieu.  Il avait absolument besoin de l’action du Saint-Esprit dans son coeur pour que son esprit, ses pensées et sa volonté soient bien disposés.

Ainsi, Dieu change notre volonté de l’intérieur avec douceur, puissance et amour.  Rom. 5:5:   “L’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.”   Un maçon doit parfois casser des briques ou tailler des pierres pour qu’elles puissent entrer au bon endroit selon son plan de construction.  Dieu n’agit pas ainsi avec nous.  Son oeuvre du salut est absolument magnifique.  Elle ne consiste pas à casser notre volonté pour que nous puissions entrer dans son plan, mais à la plier et à la restaurer.  Nous devrions en tirer des leçons importantes, que ce soit dans notre façon d’éduquer nos enfants ou dans notre façon de prêcher à l’Église.  Nous risquons souvent d’être trop mous ou trop durs envers ceux qui sont confiés à nos bons soins.  L’Église de Dieu et nos enfants doivent être dirigés vers l’amour et la grâce du Seigneur et vers l’obéissance au Seigneur d’une manière à la fois douce et puissante.  Nous désirons parfois des changements immédiats et radicaux dans la vie des autres, ou au contraire nous perdons tout espoir de changement et nous baissons les bras.  Le Seigneur, lui, agit avec une force tranquille, sans fanfare ni trompette, mais avec beaucoup d’efficacité.  Za. 4:6:   “Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Éternel.”

Puisque Dieu ne détruit pas notre volonté, mais la restaure, il nous tient responsables.  Phil. 2:12-13:   “Ainsi, mes bien-aimés…, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement…  Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant.”   La Bible ne laisse aucune place à la passivité.  La passivité, c’est l’attitude de celui qui se dit:  “Je suis incapable de faire quoi que ce soit pour mon salut.  Je dois attendre que le Seigneur agisse.”  Le Seigneur nous adresse au contraire de nombreuses exhortations:  “Crois, viens, entre dans mon repos, tourne-toi vers moi, écoute ma parole, éloigne-toi du péché, crois en Jésus-Christ et tu seras sauvé.”  De même, nous sommes responsables d’annoncer l’Évangile.  Il ne nous est pas permis de dire:  “Les gens sont morts spirituellement, que pouvons-nous faire?”  Oui, certainement, ils sont morts spirituellement.  La seule façon pour eux d’être sauvés est par la grâce souveraine de Dieu.  Mais ils demeurent responsables.  Ils ont une volonté, une intelligence, des émotions.  Ils doivent entendre l’Évangile et nous devons leur en parler.  Dieu agit envers nous comme avec des gens responsables qui ont une volonté ayant besoin d’être vivifiée, guérie, corrigée, fléchie, restaurée.

Le résultat de cette régénération

L’oeuvre régénératrice du Saint-Esprit produit un changement remarquable.  IV.16:   “Afin que là où auparavant dominaient pleinement la rébellion et la résistance de la chair commence à régner désormais la prompte et sincère obéissance de l’esprit en quoi consistent le véritable et spirituel rétablissement et la liberté de notre volonté.”   Par la grâce de Dieu, notre rébellion est remplacée par une obéissance sincère.  Notre résistance est remplacée par le début d’une nouvelle obéissance.  Éph. 4:20-24:   “Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris à connaître le Christ, …si vous avez été instruits en lui, conformément à la vérité qui est en Jésus:  c’est-à-dire vous dépouiller, à cause de votre conduite passée, de la vieille nature qui se corrompt par les convoitises trompeuses, être renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence, et revêtir la nature nouvelle, créée selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité.”   (suivi de plusieurs exhortations à rejeter le mensonge, à vivre honnêtement, etc.).  Quand nous sommes renouvelés intérieurement par l’Esprit, nous commençons à avoir de nouveaux désirs et une nouvelle façon de vivre.  C’est là l’oeuvre que Dieu accomplit en nous qui nous amène à désirer vivre pour Dieu.  Aucun chrétien ne va dire:  “Non, je ne veux pas servir Dieu, je ne veux pas être chrétien.”  La grâce merveilleuse de Dieu qui est agissante dans la volonté humaine nous amène à vouloir servir Dieu de tout notre coeur.  Cette oeuvre de transformation est un processus qui s’étend durant toute notre vie.  Nous vivons encore bien des luttes et la nature pécheresse est toujours là.  Nous sommes loin d’être parfaits!  Cette obéissance sincère ne fait que “commencer à régner”, mais elle commence pour de vrai à régner, de sorte qu’au milieu des attaques du diable, du péché et de notre propre chair, nous commençons à goûter la victoire.  Nous avons constamment besoin de regarder à Jésus pour le pardon des péchés qui nous restent.  Mais nous voulons obéir au Seigneur, sachant que c’est la grâce de Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire.

Si le Seigneur nous abandonnait à nous-mêmes, nous serions à jamais perdus.  Si l’acceptation du salut dépendait de notre libre volonté, nous serions sans espoir.  IV.16:   “Si cet admirable Artisan de tout bien n’agissait de la sorte envers nous, il ne resterait à l’homme aucune espérance de se relever de la chute au moyen du libre arbitre par lequel, alors qu’il était encore debout, il s’est précipité dans la perdition.”   La seule façon que la volonté humaine puisse se détourner de ses mauvaises voies et se tourner vers Dieu est par la grâce de Dieu.  Le Seigneur nous change progressivement.  Il fléchit notre volonté avec douceur et puissance afin d’accomplir le but qu’il s’était fixé.  Rendons gloire à Dieu pour l’oeuvre de régénération qu’il accomplit seul et qui produit en nous “le véritable et spirituel rétablissement et la liberté de notre volonté” .

Paulin Bédard, pasteur

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