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V.2 – Il nous reste encore des péchés quotidiens dus à notre faiblesse

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Tobym

V.2  -  IL NOUS RESTE ENCORE

DES PÉCHÉS QUOTIDIENS DUS À NOTRE FAIBLESSE

De là vient que nous voyons journellement tant de péchés dus à notre faiblesse, et que les meilleures oeuvres des saints ne sont jamais sans tache; ce qui leur fournit continuellement l’occasion de s’humilier devant Dieu, d’avoir recours au Christ crucifié, de mortifier de plus en plus leur chair par l’esprit de prière et par de saints exercices de piété, et de soupirer après le but, qui est la perfection; jusqu’à ce qu’étant délivrés de ce corps de péché, ils règnent au ciel avec l’Agneau de Dieu.

— Canons de Dordrecht, V.2

Les chrétiens ont une grande assurance.  La belle oeuvre que le Seigneur a commencée en nous, il en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus-Christ.  Nous croyons que nous allons persévérer dans la foi, non pas à cause de nous, mais parce que Dieu va nous garder jusqu’à la fin.  Mais cette assurance ne laisse aucune place au triomphalisme ou à la facilité.  Il nous reste encore bien des péchés dans nos vies et il reste bien des combats à livrer avant de savourer la victoire finale.

Des péchés quotidiens de faiblesse

V.2:   “De là vient que nous voyons journellement tant de péchés dus à notre faiblesse, et que les meilleures oeuvres des saints ne sont jamais sans tache.”   Nous péchons encore à chaque jour à cause de notre faiblesse.  Le mot “faiblesse” n’est pas là pour diminuer la gravité du péché.  Nous devons admettre la faiblesse de notre foi et les désirs mauvais de notre coeur.  Seulement, nous ne péchons pas parce que nous aimons pécher, nous péchons à cause de nos faiblesses.  L’apôtre Jean nous dit que la vie nouvelle que nous avons en nous ne peut pas pécher.  1 Jean 3:9:   “Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pécher puisqu’il est né de Dieu.”   En même temps, “si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous.”   (1 Jean 2:9).  À chaque jour, nous tombons dans le péché et nous nous disons:  “Demain, je ne le referai plus.”  Nous avons déjà remporté des victoires sur des péchés précis, mais ils reviennent encore.  Quels seraient ces péchés quotidiens dus à notre faiblesse?  Des mauvaises habitudes, de l’arrogance, de la fausse humilité, de l’orgueil, du mépris pour les autres, des paroles fausses, des désirs mauvais, du commérage, un manque d’amour envers les frères et soeurs, etc.  En Gal. 5:16-21, Paul énumère plusieurs oeuvres de la chair dans lesquelles il nous arrive encore de tomber.  Lorsque nous célébrons la sainte Cène, nous devons toujours reconnaître que notre foi n’est pas parfaite et que nous ne servons pas Dieu avec autant de zèle que nous devrions.  Même nos meilleures oeuvres sont entachées de péchés.  És. 64:5:   “Nous sommes tous devenus comme un objet impur, et tous nos actes de justice sont comme un vêtement pollué.”   Pensez à la meilleure action que vous avez posée hier ou à la meilleure chose que vous avez faite devant Dieu.  L’avez-vous faite uniquement par amour pour Dieu et par amour pour votre prochain?  Ou est-ce que vous recherchiez un peu votre honneur?  Nos prières peuvent être égoïstes.  Notre adoration peut manquer de ferveur ou de concentration.  Nous pouvons écouter la prédication avec une mauvaise attitude.  Il nous faut reconnaître que nos oeuvres les meilleures sont entachées de péché.  Même nos actes de justice sont comme un vêtement souillé.

Une occasion de nous humilier

Et alors, qu’est-ce que cela change à notre vie de savoir cela?  Tout d’abord, cela nous “fournit continuellement l’occasion de nous humilier devant Dieu” (V.2).  Nous n’arrivons jamais à une étape de notre vie où nous pouvons dire:  “Maintenant j’ai suffisamment d’humilité, maintenant, je suis rendu vraiment humble.”  Il y a sans doute eu des moments dans nos vies où nous avons pensé:  “Ça va vraiment bien, je marche vraiment bien dans ma vie chrétienne.  Je suis vraiment spirituel ces derniers temps.”  Si nous avons de telles pensées dans nos coeurs, nous devrions nous préparer à voir le Seigneur nous amener à nous remettre à genoux.  Nos péchés sont une raison continuelle de nous humilier devant Dieu et de prier le Seigneur comme David a fait au Ps. 51:6:   “J’ai péché contre toi, contre toi seul.”   Les saints sont ceux qui s’attristent d’avoir offensé Dieu et s’en repentent parce qu’ils détestent le péché.  Il n’y a pas de plus grand danger pour la vie chrétienne que de devenir orgueilleux.  Même si Dieu m’a libéré de l’esclavage du péché et même si j’ai reçu beaucoup en Jésus-Christ, je suis encore enclin au mal.  Il n’y a certainement pas de raison de s’enorgueillir, car Dieu n’a pas fini de nous perfectionner.

Nos péchés quotidiens nous donnent ensuite l’occasion “d’avoir recours au Christ crucifié” (V.2).  Nos péchés nous amènent à trouver refuge en Jésus crucifié.  Il peut arriver que l’on soit plus dérangé par les conséquences du péché (les conséquences de se faire prendre) que par le péché lui-même.  La Parole de Dieu nous enseigne à considérer le péché lui-même afin d’en saisir la gravité et de nous amener à trouver notre refuge en Jésus-Christ seul.  À chaque jour, lorsque je pèche, j’ai besoin de crier vers lui pour qu’il me pardonne et que je trouve mon repos en lui.  Éph. 1:7:   “En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés selon la richesse de sa grâce.”

Une occasion de combattre le péché

La prise de conscience de nos péchés quotidiens nous amène ensuite à “mortifier de plus en plus notre chair par l’esprit de prière et par de saints exercices de piété” (V.2).  Que veut dire “mortifier de plus en plus sa chair”?  Cela signifie mettre à mort les péchés qui restent encore en nous.  Col. 3:5:   “Faites donc mourir votre nature terrestre:  l’inconduite, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité qui est une idolâtrie…”   Nous ne pouvons pas vivre en paix lorsque nous péchons.  Nous devons avouer au Seigneur nos péchés et nous en éloigner.  Voilà la démonstration de la vie d’un saint.  La vie chrétienne est une lutte quotidienne contre notre nature pécheresse.

Mais comment lutter?   “Par l’esprit de prière et par de saints exercices de piété.”   (V.2).  N’ayons pas l’arrogance de penser que nous sommes capables de tenir fermes par nous-mêmes devant la tentation.  1 Cor. 10:12:   “Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber.”   Jésus nous a enseigné à prier:   “Père, ne nous laisse pas entrer dans la tentation, mais délivre-nous du Malin.”   (Matt. 6:13).  La prière est la démonstration que nous dépendons entièrement de Dieu qui a promis de nous soutenir dans ce combat.  C’est une arme très importante.  Éph. 6:18-19:   “Priez en tout temps par l’Esprit, avec toutes sortes de prières et de supplications.  Veillez-y avec une entière persévérance.”   Quels sont encore ces “saints exercices de piété”?  La lecture de la Bible, l’écoute de la prédication, les études bibliques, tous ces “exercices de piété” nous aident à mettre à mort notre nature pécheresse.  La piété signifie un attachement à Dieu, un amour pour Dieu, une grande révérence à l’égard de Dieu.  Tout comme nous avons besoin d’exercice physique pour nous garder en forme, de même nous avons besoin de pratiquer des exercices spirituels pour pouvoir grandir dans la foi.  1 Tim. 4:7:   “Exerce-toi à la piété; car l’exercice corporel est utile à peu de choses, tandis que la piété est utile à tout, elle a la promesse de la vie présente et de la vie à venir.”   exercices spirituels nous aident à voir toute la laideur de notre péché, notre besoin de Jésus-Christ et la richesse que nous avons en lui.  Le Seigneur nous donne ces moyens pour nous amener à combattre le péché.  La piété transforme notre attitude, notre façon de voir la vie et notre engagement dans la vie en Église.  C’est exigeant de demeurer en forme spirituellement et cela demande de la discipline et des bonnes habitudes, mais lorsque nous nous y appliquons, nous portons davantage de fruits au service du Seigneur.

Une occasion de soupirer après la perfection

La persévérance des saints ne signifie pas que les chrétiens peuvent vivre confortablement sans aucun souci.  Rom. 6:1:   “Que dirons-nous donc?  Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde?”   Les saints ne peuvent jamais faire cela.  Un croyant ne peut pas dire:  “Je vais au ciel de toute façon.  Je peux donc faire tout ce que je veux.”  Non, les saints vont “soupirer après le but qui est la perfection; jusqu’à ce qu’étant délivrés de ce corps de péché, ils règnent au ciel avec l’Agneau de Dieu” (V.2).  Nous sommes comme une femme enceinte qui a hâte d’accoucher.  Elle espère le jour où les inconforts de la grossesse et les douleurs de l’accouchement seront chose du passé.  Nous soupirons avec la création entière après le jour où le péché et ses conséquences seront chose du passé et où nous serons rendus semblables à Jésus. L’apôtre Paul reconnaissait qu’il n’avait pas encore atteint la perfection, tout en gardant bien à l’esprit le but final qui était devant lui.  Phil. 3:12,14:   “Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix ou que j’aie déjà atteint la perfection; mais je poursuis ma course afin de le saisir, puisque moi aussi, j’ai été saisi par Jésus-Christ…  Je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ.”   Nous sommes parfois fatigués de nous battre contre le péché.  Soupirons alors après la perfection qui nous attend, où il n’y aura plus de péché, plus d’amour tiède ni de coeur partagé.  Ce jour-là, nous “régnerons sur la terre” (Apoc. 5:10), nous chanterons “un cantique nouveau devant le trône” et nous serons rendus “irréprochables” (Apoc. 14:3,5).  Désirons ardemment ce grand jour.  Que l’Esprit nous pousse à prier:   “Viens, Seigneur Jésus!”   (Apoc. 22:20).

Paulin Bédard, pasteur

 

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