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V.9 – La certitude d’être gardés jusqu’à la fin

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Vicki’s Nature

V.9  -  LA CERTITUDE D’ÊTRE GARDÉS JUSQU’À LA FIN

Quant à cette garde des élus en vue de leur salut, et à la persévérance des vrais fidèles dans la foi, les fidèles eux-mêmes en peuvent être et en sont assurés, selon la mesure de la foi, par laquelle ils croient avec certitude qu’ils sont et demeureront toujours des membres véritables et vivants de l’Église, et qu’ils ont la rémission de tous leurs péchés, et la vie éternelle.

— Canons de Dordrecht, V.9

L’article 9 des Canons de Dordrecht se résume en un mot:  la certitude ; la certitude de la vie éternelle et d’être gardés jusqu’à la fin.  La doctrine de la persévérance des saints est une source de grandes bénédictions.  Dans les huit premiers articles de ce chapitre, nous avons vu que les croyants sont encore portés à pécher.  Nous pouvons pécher lamentablement et si Dieu ne nous gardait pas, nous abandonnerions certainement la foi et nous nous perdrions pour toujours.  Nous sommes faibles et enclins à pécher.  Mais Dieu est fort et alors nous sommes en sécurité.  Mais pouvons-nous en être certains?  Pouvons-nous avoir l’assurance de la vie éternelle?  Nous sommes des humains, nous avons nos doutes et nos questions.  Que faire avec ces doutes?  Comment lutter contre le doute et comment grandir dans notre assurance?  Pourquoi est-ce important d’avoir la certitude de la vie éternelle?  Quels bienfaits cela nous procure-t-il?  Voilà des questions qui seront traitées dans les articles 9 à 13.  Nous commençons cette fois-ci avec la première question:  Pouvons-nous avoir une certitude?  La réponse est oui!  Nous pouvons être certains d’avoir la vie éternelle.  Nous pouvons avoir la certitude d’être gardés jusqu’à la fin.

La certitude des croyants

Tous ne sont pas d’accord avec cette affirmation.  Certains disent que nous ne pouvons avoir aucune certitude quant à notre salut éternel.  Nous connaissons le contexte des Canons de Dordrecht .  Les arminiens disaient qu’on ne peut pas avoir l’assurance de son salut, à moins peut-être de recevoir une révélation bien spéciale, ce qui serait vraiment l’exception.  Pourquoi, d’après eux, un chrétien ne pourrait-il pas, en principe, avoir de certitude?  Parce qu’ils insistaient tellement sur le libre arbitre.  Si la foi dépend de ma libre volonté, alors évidemment je ne pourrai jamais être certain de persévérer dans la foi.  N’importe quel chrétien pourrait un jour où l’autre s’éloigner de Dieu et se perdre pour toujours.  Quelle tristesse de penser ainsi!  Plus loin, l’article 5 du “rejet des erreurs” dit ceci:   “Par cette doctrine, les fidèles sont en effet privés de la plus solide consolation qu’ils puissent avoir durant cette vie, et l’on réintroduit la défiance et les opinions flottantes de l’Église romaine.”   Nous connaissons les opinions flottantes de l’Église romaine qui laisse toujours les gens dans le doute quand à leur salut éternel.  Pouvons-nous avoir une assurance?  Dordrecht répond:  Oui!  C’est le propre des enfants de Dieu d’avoir une fermeté solide, fondée non pas sur nos sentiments instables, mais sur les promesses de Dieu.

V.9:   “Quant à cette garde des élus en vue de leur salut, et à la persévérance des vrais fidèles dans la foi, les fidèles eux-mêmes en peuvent être et en sont assurés, selon la mesure de la foi, par laquelle ils croient avec certitude qu’ils sont et demeureront toujours des membres véritables et vivants de l’Église, et qu’ils ont la rémission de tous leurs péchés, et la vie éternelle.”   Les fidèles peuvent être assurés et ils sont assurés.  Ils croient avec certitude!  Nous pouvons passer par des hauts et des bas, des doutes et des questions, mais la certitude est notre expérience normale.

Dans la Bible, plusieurs croyants ont exprimé leur certitude, même au milieu de grandes épreuves et de dures souffrances.  L’exemple de Job nous vient à l’esprit.  Job 19:25:   “Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre, après que ma peau aura été détruite; moi-même en personne, je contemplerai Dieu.”   Je sais!, dit-il.  Il en avait la conviction.  David a marché dans la vallée de l’ombre de la mort, mais il a dit avec une certitude joyeuse:   “Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et je reviendrai dans la maison de l’Éternel pour la durée de mes jours.”   (Ps. 23:6).  Vers la fin de sa vie, Paul était tellement certain d’atteindre le but qu’il a dit ceci:   “J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi.  Désormais la couronne de justice m’est réservée; le Seigneur, le juste juge, me la donnera en ce jour-là, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront aimé son apparition…  Le Seigneur me délivrera de toute oeuvre mauvaise et me sauvera pour me faire entrer dans son royaume céleste.  À lui la gloire aux siècles des siècles!”   (2 Tim. 4:7-8,18).  Voyez-vous la force de conviction qui se dégage de ces paroles?  Avons-nous une telle certitude?  Peu importe les obstacles sur notre route, nous pouvons être persuadés comme l’apôtre Paul que rien ne nous séparera de l’amour de Dieu en Jésus-Christ.  Tout le passage de Romains 8 dégage une certitude tellement grande et solide qui, d’ailleurs, n’est pas réservée seulement à des super-apôtres, mais qui devrait être l’expérience de tout chrétien.  Rom. 8:37-39:   “Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.  Car je suis persuadé que (rien) ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.”

Certains disent que ce serait faire preuve d’orgueil et d’arrogance de parler avec autant d’assurance.  Pourquoi?  Parce qu’on s’imagine un salut par les oeuvres.  Si ma certitude repose sur l’idée que je pense mériter le ciel ou que je m’estime moi-même capable de persévérer, c’est là évidemment une grande prétention.  Mais notre certitude ne repose pas sur nous-mêmes.  Elle repose sur Dieu, sur sa grâce et ses promesses.  Paul a dit:   “Je sais en qui j’ai cru et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là” .  (2 Tim. 1:12).  Il est non seulement normal pour un chrétien d’avoir une telle certitude, mais en plus la Bible nous encourage à la  rechercher.  Jean nous dit à la fin de sa première lettre:   “Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie.  Cela, je vous l’ai écrit, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.”   (1 Jean 5:12-13).

Selon la mesure de la foi

Avons-nous tous un même degré de certitude?  Au long de nos journées, avons-nous toujours la même assurance, ou n’y a-t-il pas parfois des fluctuations, des doutes et des questions qui surgissent?  Nous n’avons pas nécessairement la même force de conviction que l’apôtre Paul.  Les différents degrés de certitude font également partie de l’expérience chrétienne.  Notre degré d’assurance varie “selon la mesure de la foi” , nous dit notre article.  Si notre foi est faible, notre assurance sera faible.  Si notre foi est plus solide, notre assurance sera plus solide.  Mais il reste que les chrétiens ont un certain degré d’assurance qui n’a pas encore atteint une parfaite maturité et qui ne l’atteindra jamais ici-bas.  Une personne est ferme dans le Seigneur, sans l’ombre d’un doute.  Une autre personne est certaine une journée et l’est peut-être un peu moins le lendemain.  N’est-ce pas la réalité de la vie chrétienne?  Mais au moins, il doit y avoir une certaine mesure de certitude.  Si je doute trop, si je doute continuellement, je n’ai pas la vraie foi.  Je dois cependant me rappeler que, tant que je suis pécheur et tant que je vis dans ce monde corrompu, ma foi passera par des hauts et des bas et forcément ma certitude suivra ces fluctuations.

Les psaumes contiennent de bons exemples de fluctuations chez les croyants.  David aimait le Seigneur et pourtant il a dit au Ps. 13:2:   “Jusques à quand, Éternel! m’oublieras-tu sans cesse?  Jusques à quand me cacheras-tu ta face?  Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme et chaque jour du chagrin dans mon coeur?”   David se sentait loin du Seigneur, abattu et sans joie.  Ps. 13:3-4:   “Regarde, réponds-moi, Éternel, mon Dieu!  Éclaire mes yeux, afin que je ne m’endorme pas dans la mort, afin que mon ennemi ne dise pas:  Je l’ai vaincu!”   Il avait des doutes, il était déprimé, mais tout de suite après il s’est empressé de dire au verset 6:   “Mais moi, j’ai confiance en ta bonté, mon coeur est dans l’allégresse, à cause de ton salut; je chanterai à l’Éternel, car il m’a fait du bien.”   Voilà la confiance en Dieu et l’assurance du salut qui reviennent!  Nous pouvons être certains que Dieu nous gardera, tout en passant par des hauts et des bas, selon la mesure de notre foi et selon les circonstances de nos vies.

Nous avons besoin de grandir dans la foi pour grandir dans notre assurance.  Le Seigneur nous a mis ensemble pour nous encourager.  Il nous a également donné des pasteurs, des diacres et des anciens “pour le perfectionnement des saints, en vue de l’oeuvre du service et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus… à l’état d’homme faits, à la mesure de la stature parfaite du Christ” (Éph. 4:12-13).  Nous avons besoin de grandir en maturité.  Pour cela, il nous faut constamment revenir à sa Parole et nous rappeler des promesses de Dieu.  La certitude ne vient pas de nos sentiments, elle vient de notre foi dans les promesses.  Encourageons-nous à toujours revenir aux magnifiques promesses de Dieu.  Il est fidèle.  Sa Parole est digne de confiance.  Nous pouvons nous appuyer sur ce qu’elle dit avec assurance.  Je pèche souvent, mais je sais en qui j’ai cru et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à la fin.  J’ai la conviction qu’il me fera entrer dans son royaume céleste pour me donner sa couronne de gloire.

Paulin Bédard, pasteur

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