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V.10 – La source de notre certitude

 

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Source:  Creative Commons, Flickr, Vicki’s Nature

V.10  -  LA SOURCE DE NOTRE CERTITUDE

Toutefois, cette certitude ne vient pas de quelque révélation particulière qui s’ajouterait à la Parole ou serait faite en dehors d’elle.  Elle découle d’abord de la foi aux promesses de Dieu, qu’il a très abondamment révélées dans sa Parole pour notre consolation; ensuite, du témoignage du Saint-Esprit, qui témoigne à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu et ses héritiers (Rom. 8:16-17).  Enfin, d’une sérieuse et sainte recherche d’une bonne conscience et des oeuvres bonnes.

Si les élus de Dieu étaient dans ce monde destitués de cette ferme consolation qu’ils obtiendront la victoire, et des arrhes infaillibles de la gloire éternelle, ils seraient les plus misérables de tous les hommes.

— Canons de Dordrecht, V.10

Nous pouvons avoir la certitude que Dieu va nous garder pour la vie éternelle.  Quelle grande richesse de pouvoir vivre dans cette assurance!  Mais d’où vient une telle certitude?  À quelle source devrions-nous puiser pour grandir et être fortifiés dans notre certitude?  Précisons d’abord d’où notre certitude ne vient pas et examinons ensuite la triple source de notre certitude.

Pas de révélation spéciale en dehors de sa Parole

Le Concile de Trente (1545-1562) qui s’est opposé à la Réforme a prononcé l’anathème sur toute personne prétendant être certaine d’être sauvée en dehors d’une révélation spéciale.  L’Église de Rome considérait que c’était un péché grave d’avoir la certitude de son salut.  Sans aller aussi loin, les arminiens ont repris la même idée en disant qu’on ne peut pas avoir une telle certitude sans une révélation spéciale, une vision, un rêve, etc.  Plus tard, différents courants mystiques ont fait croire que la Bible ne serait pas suffisante et qu’il faudrait passer par une sorte d’illumination.  Plusieurs pensent aujourd’hui que ce serait la marque d’un chrétien authentique de recevoir des signes spéciaux venant de Dieu qui nous feraient savoir que Dieu est avec nous.  Certains s’accrochent à leur expérience très forte de conversion.  D’autres mettent leur espoir dans leurs sentiments, dans les paroles d’une autre personne ou dans une utilisation superstitieuse de certains textes bibliques:  “Le Seigneur m’a donné ce verset.”  Ceux qui s’accrochent à ce genre d’expériences risquent fort de passer par des craintes, des anxiétés et des doutes profonds.  Dordrecht répond avec sagesse.  V.10:   “Cette certitude ne vient pas de quelque révélation particulière qui s’ajouterait à la Parole ou serait faite en dehors d’elle.”   Je n’ai pas besoin d’une révélation spéciale en dehors de la Parole de Dieu.  Ps. 119:105:   “Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier.”   2 Tim. 3:16-17:   “Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute oeuvre bonne.”   Toute la révélation dont j’ai besoin se trouve dans la Bible.  Ne cherchons pas notre assurance ailleurs qu’en elle.

La foi dans les promesses

Dieu se sert de trois moyens par lesquels il fonde et affermit notre assurance.  Ces moyens ne sont pas trois sources indépendantes, mais une même source comportant trois branches interdépendantes.  Tout d’abord la foi dans ses promesses.  V.10:   “Notre certitude découle d’abord de la foi aux promesses de Dieu, qu’il a très abondamment révélées dans sa Parole pour notre consolation.”   Les promesses de Dieu ne nous sont pas envoyées directement du ciel.  Elles nous viennent par sa Parole.  La Bible est remplie de promesses.  Depuis le jour où Dieu a promis la venue d’un descendant de la femme qui viendrait détruire le diable en Gen. 3:15, Dieu n’a jamais cessé de répéter et de préciser sa promesse du Sauveur.  2 Cor. 1:19-20:   “Car le Fils de Dieu, le Christ-Jésus, qui a été prêché par nous au milieu de vous, par moi, par Silvain et par Timothée, n’a pas été oui et non, mais en lui il n’y a que oui.  Toutes les promesses de Dieu sont ce oui en lui.  C’est donc aussi par lui que nous disons à Dieu l’amen pour sa gloire.”   En Jésus, Dieu a dit oui à toutes ses promesses!  Elles trouvent toutes leur accomplissement en lui.  C’est pour cela que nous disons à Dieu “amen”, c’est certain, j’y crois, c’est vrai et solide.  Oui, je vais persévérer, car il en a fait la promesse et cette promesse est “oui” en Jésus.  Celui qui met sa foi dans les promesses de Dieu n’aura jamais honte.  1 Pi. 2:6:   “Celui qui croit en elle (la pierre angulaire = Jésus) ne sera pas confondu.”   Rom. 8:38-39 nous dit que rien “ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ” et Phil. 1:6 ajoute que “celui qui a commencé en vous une oeuvre bonne en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus-Christ” .  Ce sont des promesses certaines.  Comment savoir que je vais persévérer?  En croyant dans ces promesses.  Dieu l’a promis.  L’oeuvre qu’il a commencée dans mon coeur, il a promis de la compléter.  Il ne cessera jamais de m’aimer.  Je peux alors être certain qu’il me gardera.  Notre responsabilité est de nous mettre à l’écoute de sa Parole et de croire ce qu’elle dit.  Si notre foi est petite ou endormie, nous aurons peu de certitude.  Si notre foi est active et bien vivante, notre certitude sera affermie.

Le témoignage du Saint-Esprit

En deuxième lieu, notre certitude découle “du témoignage du Saint-Esprit, qui témoigne à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu et ses héritiers” .  C’est presque une citation de Rom. 8:14-17:   “Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions:  Abba!  Père!  L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.  Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers:  héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui.”   L’Esprit se sert de la Parole et nous enseigne que Dieu est notre Père.  Il nous apprend à prier en lui disant “Père”, “Papa”.  Cela nous enlève nos craintes, apaise nos coeurs et nous donne de belles certitudes.  Je reconnais que je suis son enfant et donc son héritier.  Cette conviction ne vient pas de mon propre coeur, c’est l’Esprit qui m’encourage à me confier dans les promesses de Dieu et qui m’amène à reconnaître que c’est bien vrai.  Quand nous entendons la promesse et que nous disons “amen” à cette promesse, quand nous mettons notre espérance dans cette promesse, c’est l’oeuvre du Saint-Esprit dans nos coeurs qui rend témoignage à notre esprit et qui nous dit:  Oui, c’est vrai, quelle riche bénédiction!  J’ai l’assurance d’être aimé par mon Père, d’être son enfant et d’être héritier de la vie éternelle.

La recherche d’une bonne conscience et de bonnes oeuvres

Troisièmement, notre certitude découle “d’une sérieuse et sainte recherche d’une bonne conscience et des oeuvres bonnes.”   Cet élément vient en troisième et non en premier.  L’ordre est important.  Si nous sommes certains de notre espérance, ce n’est pas parce que nous sommes des chrétiens solides et que nous accomplissons tant de bonnes oeuvres.  Sinon, j’aurais souvent des doutes.  Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.  Nous entendons d’abord les promesses de Dieu si abondamment révélées dans sa Parole.  Ensuite, le Saint-Esprit se sert de ces promesses pour les sceller dans nos coeurs et nous faire vivre dans cette joie que c’est bien vrai.  Puis, en troisième lieu, cette oeuvre du Saint-Esprit ne peut pas faire autrement que nous amener à désirer être saints nous aussi.  Nous voulons de tout coeur garder une bonne conscience.  Nous ne pouvons pas vivre avec une mauvaise conscience.  Paul s’exerçait au combat.  Ac. 24:16:   “C’est pourquoi, moi aussi, je m’exerce à avoir constamment une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes.”   Nous voulons nous éloigner de nos péchés, les confesser à Dieu et trouver auprès de lui son pardon.  Nous aspirons à faire des bonnes oeuvres.  C’est le Saint-Esprit qui nous donne ce désir.  Gal. 5:19-23 nous dit qu’il existe deux sortes d’oeuvres, les oeuvres de la chair et le fruit de l’Esprit:   “Or, les oeuvres de la chair sont évidentes, c’est-à-dire inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités, divisions, partis-pris, envie, ivrognerie, orgies et choses semblables…  Ceux qui se livrent à de telles pratiques n’hériteront pas du royaume de Dieu.  Mais le fruit de l’Esprit est:  amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi.”   Quel encouragement lorsque nous voyons le fruit de l’Esprit se développer dans nos vies!  Nous luttons encore contre le péché et nous combattons pour accomplir des bonnes oeuvres.  Le fruit de l’Esprit est loin d’être parvenu à maturité.  Mais son début dans ma vie me confirme que l’Esprit de Dieu est à l’oeuvre en moi et que je suis en route vers le ciel.  C’est un grand encouragement qui fortifie mon assurance.

L’article 10 conclut en disant:  “ Si les élus de Dieu étaient dans ce monde destitués de cette ferme consolation qu’ils obtiendront la victoire, et des arrhes infaillibles de la gloire éternelle, ils seraient les plus misérables de tous les hommes.”   Si nous n’avions pas cette certitude, nous serions les plus misérables de tous les hommes!  Quelle désolation de ne pas pouvoir dire avec certitude que la grâce de Dieu sera encore avec nous demain et pour l’éternité!  Plusieurs personnes qui sont confuses à ce sujet disent d’ailleurs:  Aussi bien boire et manger aujourd’hui, parce que demain nous allons mourir.  Heureusement, ce n’est pas notre cas, car le Seigneur a de riches bénédictions en réserve pour nous.  Il est fidèle.  La certitude qu’il me procure par ses promesses dans sa Parole, par le témoignage du Saint-Esprit dans mon coeur et par le fruit de l’Esprit qu’il me fait porter me procure une paix et une confiance au-delà de tout ce que je pourrais expliquer.  Je sais avec certitude que demain je serai avec lui!  Ma victoire est certaine.  Gloire à Dieu!

Paulin Bédard, pasteur

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