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Introduction à la Confession de foi des Pays-Bas

 

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Source: Creative Commons, Flickr, Éric Bégin

INTRODUCTION À LA CONFESSION DE FOI DES PAYS-BAS

Nous allons étudier au cours de cette année une nouvelle confession de foi, la Confession de foi des Pays-Bas, écrite en français en 1561 par Guy de Brès, un réformateur qui a travaillé aux Pays-Bas et en Belgique. Nous commençons aujourd’hui par une introduction à cette confession.

Croire dans notre coeur et confesser de la bouche

Une confession de foi n’est pas un texte théologique froid et abstrait écrit par des spécialistes renfermés dans leur tour d’ivoire. Une confession de foi est un témoignage de la foi vivante et vibrante du peuple de Dieu engagé au milieu de l’action et du combat qui se déroule dans ce monde. L’auteur de la Confession des Pays-Bas a écrit cette confession avec son propre sang. Il a écrit non seulement ce qu’il croyait personnellement, il a aussi résumé la foi de ses frères et soeurs qui avaient reçu le message de l’Évangile de la grâce et qui vivaient ce même combat avec lui. La confession de foi de Guy de Brès est tellement bien écrite qu’elle est devenue une confession de foi officielle de nombreuses Églises réformées dans le monde. L’article premier commence par ces mots: Nous croyons tous du coeur et nous confessons de la bouche…” Cela nous rappelle Rom. 10:9-10: Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du coeur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut.” Ce que les croyants régénérés par le Saint-Esprit croient dans leur coeur, ils sont appelés à le confesser de leur bouche devant les hommes. Cette confession comporte toutefois des risques pour ceux qui la confessent…

Le contexte historique

Au 16e siècle, les Pays-Bas comprenaient la Hollande et la Belgique actuelles ainsi que le nord de la France et le Luxembourg. On y parlait diverses langues, incluant le français. Charles Quint était le roi d’Espagne et l’empereur du Saint Empire Romain Germanique (1519-1556). Ce roi puissant avait l’ambition d’exercer une monarchie universelle, mais sous son règne, voilà que la Réforme a éclaté, déchirant profondément l’Europe. Charles Quint instaura l’Inquisition avec la bénédiction du pape pour purger les Pays-Bas des “sectes” non catholiques romaines et des anabaptistes radicaux qui refusaient de se soumettre aux autorités civiles. Charles V interdit aux gens de parler de la foi ou de distribuer de la littérature protestante, de faire des remarques insultantes sur les images de Dieu, la vierge Marie ou les saints. Les contrevenants étaient torturés et mis à mort. En 1556, son fils Philippe II, roi d’Espagne, lui succéda et persécuta les hérétiques avec encore plus de zèle. Les Églises réformées ont alors subi des persécutions inimaginables. Malgré tout, le message de l’Évangile s’est propagé et a reçu bon accueil chez plusieurs.

Guy de Brès

En 1522, une dame qui habitait le village de Bray (de la région wallonne de la Belgique) fut bouleversée par le message d’un prédicateur. Elle se mit à prier pour le bébé qu’elle portait en elle, pour qu’il devienne lui aussi prédicateur de la Parole de Dieu. Dieu a entendu cette prière. Ce bébé qu’elle portait était Guy de Brès (ou de Bray). Né en 1522, Guy a grandi dans une famille catholique romaine pieuse. Il s’est converti vers l’âge de 25 ans. Trois fois, il a dû s’exiler pour fuir la persécution, d’abord à Londres (1547-1552) où il fit la connaissance d’autres réformateurs réfugiés, puis à Genève (1556-1559) où il étudia sous Calvin et Théodore de Bèze, puis pendant encore cinq ans dans différentes villes (1561-1566). Entre ces exils, Guy devint pasteur et oeuvra pour établir et fortifier les Églises réformées dans le sud des Pays-Bas. Guy a écrit le livre Le bâton de la foi, qui avait pour but de montrer que c’est l’Église réformée qui est en continuité avec l’Église ancienne et non l’Église romaine. Il a aussi écrit La racine, qui réfute les erreurs des anabaptistes et qui explique qu’il ne faut pas confondre les Églises réformées avec les anabaptistes insoumis aux autorités. Le même souci de rejeter les erreurs catholiques romaines et anabaptistes se retrouve dans sa confession de foi. Par son exemple, son courage et ses enseignements, Guy de Brès a beaucoup contribué à fortifier ses frères et à leur donner le même courage de confesser ouvertement leur foi devant les hommes, en dépit du prix à payer pour ce “crime”.

En avril 1567, Guy a finalement été arrêté et mis en prison. Pendant son emprisonnement, il a écrit à sa femme Catherine Ramon une lettre magnifique dont voici des extraits. Ma chère épouse bien-aimée et ma soeur dans le Seigneur Jésus-Christ… Souviens-toi que je ne suis pas tombé aux mains de mes adversaires simplement par hasard, mais par la providence de mon Dieu qui contrôle et gouverne toutes choses… Dieu m’a maintenant tendu la main pour me recevoir dans son Royaume béni. Je le verrai avant toi et lorsqu’il plaira au Seigneur, tu me suivras. Cette séparation n’est pas pour toujours… Cette terre n’est pas notre habitation, c’est le ciel… C’est pourquoi nous désirons notre véritable pays qui est le ciel… Je prie, ma chère bien-aimée, que tu trouves consolation à méditer ces choses. Considère l’honneur que Dieu t’a fait en te donnant un mari qui n’était pas seulement un ministre du Fils de Dieu, mais aussi quelqu’un tellement estimé par Dieu qu’il a été jugé digne de porter la couronne du martyre… Depuis mon emprisonnement, j’ai grandi et j’ai appris davantage que durant tout le reste de ma vie. Je suis à une très bonne école. Le Saint-Esprit me soutient continuellement et m’enseigne à me servir des armes dans ce combat. De l’autre côté, Satan, l’adversaire de tous les enfants de Dieu, rôde comme un lion rugissant. Il m’entoure continuellement et cherche à me faire du mal, mais celui qui a dit: ‘Prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde’ (Jean 16:33) me rend victorieux. Je vois déjà le Seigneur écraser Satan sous mes pieds et je sens la puissance de Dieu agir dans ma faiblesse… ” Le 31 mai, il était pendu sur la place publique. Juste avant sa mort, il a dit aux autres prisonniers: Mes frères, je suis condamné à mort aujourd’hui pour la doctrine du Fils de Dieu. À lui soit la louange. Je n’aurais jamais pensé que Dieu aurait pu me faire un tel honneur.” Puis sur l’échafaud, il dit au peuple: Ayez du respect pour le magistrat qui fait ce qui lui est demandé.”

La rédaction et le but de la Confession de foi des Pays-Bas

En 1561, un certain nombre de réformés avaient chanté publiquement des psaumes dans les rues de Tournai en Belgique. Malgré le fait que l’événement se soit déroulé pacifiquement, il a eu pour effet de provoquer la colère des autorités. Il était interdit de chanter les Psaumes. Cet incident a eu comme conséquence qu’un nombre encore plus grand de protestants furent arrêtés et accusés. En 1561, de Brès a écrit un petit livret, qui était sa confession, pour protester contre l’oppression cruelle du gouvernement catholique romain et pour prouver aux persécuteurs que les adhérents à la foi réformée n’étaient pas des rebelles, tel qu’on les en accusait, mais bien plutôt des citoyens respectueux de la loi qui professaient la vraie doctrine chrétienne selon ce que les Saintes Écritures enseignent. Une copie de la confession fut envoyée au roi Philippe II au cours de l’année suivante. Ils envoyèrent également une lettre dans laquelle tous les requérants déclaraient qu’ils étaient prêts à obéir au gouvernement dans tout ce qui avait égard à la loi, mais qu’ils offriraient leurs dos aux fouets, leurs langues aux couteaux, leurs bouches aux bâillons et leurs corps entiers au feu” plutôt que de renier les vérités exprimées dans la confession. Le but d’assurer la protection contre la persécution ne fut pas atteint immédiatement. De Brès paya sa foi de sa vie, de même que des milliers d’autres personnes. Son oeuvre a toutefois persisté à travers les siècles et elle continue encore aujourd’hui de nous encourager à confesser courageusement notre foi devant les hommes.

Le contenu de la Confession de foi des Pays-Bas

En composant la confession, Guy de Brès s’est basé en partie sur la Confession de LaRochelle qui était la confession des Églises réformées en France, écrite principalement par Jean Calvin et publiée deux ans plus tôt (1559). Le plan des deux confessions est assez semblable et plusieurs articles se ressemblent. Cependant, l’oeuvre de Guy de Brès n’est pas une simple révision de l’oeuvre de Calvin, mais bien plutôt une composition indépendante. Son texte est d’ailleurs plus complet que celui de LaRochelle. La Confession des Pays-Bas, qui contient 37 articles, est composée de façon systématique et nous présente les principaux éléments des doctrines bibliques: Dieu et sa révélation (art. 1 à 11); l’homme, sa création et sa corruption (art. 12 à 15); Jésus-Christ et le salut qu’il a accompli (art. 16 à 26); l’Église et la sanctification (art. 27 à 36); le jour du jugement (art. 37). Il s’agit de l’un des plus beaux résumés des merveilleuses doctrines bibliques et de la foi réformée. Ce sont ces doctrines que nous étudierons au cours de cette année. Que le Seigneur fortifie notre foi dans nos coeurs et qu’il nous donne, à nous aussi, la force et le courage de la confesser joyeusement devant les hommes, peu importe le prix que cela pourrait nous coûter.

Paulin Bédard, pasteur

 

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