V.11 – La certitude de notre espérance n’est pas toujours ressentie
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V.11 - LA CERTITUDE DE NOTRE ESPÉRANCE
N’EST PAS TOUJOURS RESSENTIE
Cependant l’Écriture atteste que les fidèles ont à combattre dans cette vie, contre divers doutes de la chair; et, lorsqu’ils ont à soutenir de graves tentations, qu’ils ne sentent pas toujours cette pleine consolation de la foi, et cette certitude de la persévérance. Mais Dieu, qui est le Père de toute consolation, ne permet point qu’ils soient tentés au-delà de leurs forces, mais leur donne, avec la tentation, la possibilité d’en sortir en la surmontant (1 Cor. 10:13). Et par le Saint-Esprit, il ranime de nouveau en eux la certitude de la persévérance.
— Canons de Dordrecht, V.11
Nous pouvons être certains que nous allons persévérer dans la foi. C’est une grande richesse que Dieu nous donne. Mais nous sommes encore pécheurs, nous vivons dans un monde corrompu, nous sommes confrontés aux tentations du diable, si bien que que nous ne ressentons pas toujours la pleine certitude de notre salut. Le doute vient parfois nous assaillir. Dieu nous tient, mais nous n’en sommes pas toujours sûrs. La certitude de notre espérance n’est pas toujours ressentie.
Le doute est bien réel
L’article 11 reconnaît candidement cette réalité. V.11: “Cependant l’Écriture atteste que les fidèles ont à combattre dans cette vie, contre divers doutes de la chair; et, lorsqu’ils ont à soutenir de graves tentations, qu’ils ne sentent pas toujours cette pleine consolation de la foi, et cette certitude de la persévérance.” Notre foi n’est pas encore parfaite. À chaque jour, il nous faut lutter contre les faiblesses de notre chair et contre les tentations du diable. Le Seigneur connaît nos luttes et nos faiblesses. Que devrions-nous dire à ceux qui sont tiraillés dans leur coeur au sujet de leur salut éternel? Ils ne sont pas les premiers à vivre ces doutes. Même les hommes les plus saints dans la Bible ont dû affronter les épreuves et les tentations.
Au Ps. 73, nous avons l’exemple d’Asaph. Asaph était un croyant qui travaillait au temple et qui entendait régulièrement l’Évangile du salut illustré par les sacrifices. Il aurait dû être rempli d’assurance, et pourtant, il dit aux v. 2 et 3: “Quant à moi, pour un peu mes pieds allaient fléchir, il s’en est fallu d’un rien que mes pas ne glissent, car je jalousais les insensés, en voyant la prospérité des méchants.” Il fait ensuite une description très colorée de cette prospérité des méchants qu’il envie tant. Puis il dit au verset 13: “C’est donc en vain que j’ai purifié mon coeur et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence.” Verset 16: “J’ai donc réfléchi pour comprendre cela; ce fut pénible à mes yeux, jusqu’à ce que j’arrive aux sanctuaires de Dieu.” Et là, finalement, la lumière s’est faite et Asaph fut apaisé. Ce qu’il voyait autour de lui dans le monde lui a fait perdre confiance en Dieu, jusqu’à presque déraper. Ce que nous observons dans le monde d’aujourd’hui a de quoi ébranler notre foi et notre confiance en Dieu. Les pensées s’agitent et se bousculent dans notre esprit. Au Ps. 77:8-10, le même Asaph dit encore: “Le Seigneur rejettera-t-il pour l’éternité? Ne sera-t-il plus à nouveau favorable? Sa bienveillance est-elle à jamais épuisée? Ce qu’il dit est-il anéanti de génération en génération? Dieu a-t-il oublié de faire grâce? A-t-il, dans sa colère, retiré ses compassions?” Vous entendez tous ces cris de doutes et de tiraillement, presque de désespoir. Puis Asaph trouve encore un apaisement en se rappelant les grands miracles de Dieu accomplis autrefois qui lui redonnent confiance que Dieu est encore puissant pour agir.
Nous connaissons encore l’exemple de Job qui a été frappé d’une série de fléaux épouvantables. Il n’a pas perdu la foi, mais il a été très ébranlé dans sa foi. La Bible ne nous présente pas des “héros de la foi”, mais des pécheurs pardonnés gardés par Dieu. Hébreux 11 ne nous donne pas une liste de héros, mais nous révèle la fidélité de Dieu à ses promesses pour ceux qui croient en sa Parole.
Le doute est un péché
Que penser du doute? Le doute est-il quelque chose de bon pour notre foi? Les arminiens disaient que c’est correct de douter. Ce serait même louable et bénéfique de douter. Plusieurs gens le prétendent encore. À l’inverse, avoir la certitude de son salut serait faire preuve d’arrogance et d’orgueil. Remarquez l’adjectif qui sert à qualifier les doutes. Ce sont “divers doutes de la chair” . Cela veut dire que le doute est un péché. Satan lui-même essaie de nous faire douter. Il nous secoue et nous tente pour que nous ne tenions pas fermes dans nos convictions. Le doute fait partie de la réalité du chrétien, mais c’est un péché dont nous avons besoin de nous repentir. Suis-je encouragé à douter? Pas du tout. Je sais que lorsque je doute, le péché continue de m’envelopper. Rom. 7:14,19: “Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché… Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas.”
Il est vrai que, si nous sommes sûrs de nous-mêmes, incapables de nous remettre en question, nous faisons preuve d’orgueil et de prétention. Mais c’est également de l’orgueil que de douter des promesses de Dieu. Le Seigneur nous appelle à croire dans ses promesses, humblement et avec une pleine assurance. Héb. 10:19,22: “Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus… Approchons-nous donc d’un coeur sincère, avec une foi pleine et entière.” Nous n’avons pas besoin de nous approcher de Dieu le coeur tremblant de peur, à nous demander si Dieu nous entend ou s’il nous reçoit favorablement. Jésus a expié tous nos péchés, il a remporté la victoire et il est assis à la droite de Dieu. Il intercède pour nous. Allons-y! Approchons-nous! Prions avec assurance, sans douter! Jac. 1:5-7: “Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève. Qu’un tel homme ne pense pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur: c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies.”
La consolation de pouvoir surmonter la tentation
En nous-mêmes, nous sommes faibles. Mais Dieu est fort et il nous garde. V.11: “Mais Dieu, qui est le Père de toute consolation, ne permet point qu’ils soient tentés au-delà de leurs forces, mais leur donne, avec la tentation, la possibilité d’en sortir en la surmontant (1 Cor. 10:13). Et par le Saint-Esprit, il ranime de nouveau en eux la certitude de la persévérance.” Il est le Père de toute consolation. Quelle belle expression! Elle est tirée de 2 Cor. 1:3: “Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père compatissant et le Dieu de toute consolation, lui qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toute sorte d’afflictions!” Que c’est beau! Lorsque je suis dans l’affliction, assailli par le doute, incertain d’être vraiment aimé par Dieu et d’être gardé par lui jusqu’à la fin, Dieu, dans toute sa compassion, vient vers moi et me console, à tel point qu’à mon tour je deviens capable de consoler ceux qui sont affligés. Ce n’est pas pour rien que Dieu nous fait passer par des moments de doute. C’est pour nous apprendre à ne plus compter sur nous-mêmes et à compter entièrement sur lui. 2 Cor. 1:9: “Mais nous, en nous-mêmes, nous avions placé notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts.” C’est comme cela qu’il nous rend capables ensuite de véritablement consoler nos frères et soeurs qui passent par le doute.
Lorsque nous sommes tentés, ne pensons pas que nous soyons les premiers à passer par le creuset de l’épreuve. Croyons que Dieu est fidèle et qu’il nous fournira le moyen d’en sortir, selon sa promesse. 1 Cor. 10:13: “Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine; Dieu est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter.” Les Corinthiens étaient en grand danger de devenir idolâtres, de tomber dans l’immoralité sexuelle et de murmurer contre Dieu, comme Israël dans le désert. Ils avaient besoin d’être avertis qu’ils risquaient fort de tomber s’ils n’y prenaient pas garde. En même temps, ils avaient besoin d’entendre cette promesse. Nous ne sommes pas meilleurs que les Israélites ou les Corinthiens, mais Dieu est fidèle. Les attaques du diable sont bien réelles, mais ne désespérons pas. Rien n’arrive sans la permission de Dieu. Dieu a permis à Satan de tenter Job, mais il donné à Job la persévérance. Jac. 5:11: “Vous avez entendu parler de la fermeté de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de compassion et de miséricorde.” Dieu a permis à Satan de tenter Pierre qui a renié Jésus, mais le Seigneur n’a pas abandonné Pierre. Il l’a ramené pour qu’il soit ensuite capable de fortifier ses frères. Dieu établit les limites de nos tentations et nous prépare toujours une porte de sortie.
Quelle grande sécurité nous avons! Jésus est allé endurer jusqu’aux pires angoisses de l’enfer sur la croix pour nous délivrer de toute angoisse. Je me sens parfois oublié par Dieu et je commence à douter qu’il prend vraiment soin de moi. Mais je sais que, peu importe les tentations, je suis en parfaite sécurité entre ses bonnes mains. Puis-je être certain de parvenir un jour au but de la perfection? Oui, car Dieu est fidèle. Ce que je ressens en moi-même n’a pas vraiment d’importance. Ce qui est important, c’est la promesse de Dieu en Jésus-Christ qui est certaine.
Paulin Bédard, pasteur

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