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Les bienfaits des deux natures du Christ unies en une personne

Source: Creative Commons, Flickr, Éric Bégin


LES BIENFAITS DES DEUX NATURES DU CHRIST

UNIES EN UNE PERSONNE


Nous croyons que par cette conception la personne du Fils a été unie et jointe inséparablement avec la nature humaine1, de sorte qu’il n’y a pas deux Fils de Dieu ni deux personnes, mais deux natures unies en une seule personne, chaque nature conservant ses propriétés distinctes. Ainsi, sa nature divine est toujours demeurée incréée, sans commencement de jours et sans fin de vie2, remplissant le ciel et la terre3. Sa nature humaine n’a pas perdu ses propriétés; elle est demeurée créature, ses jours ayant eu un commencement, sa nature étant finie et ayant conservé toutes les propriétés d’un vrai corps4. Bien que par sa résurrection il ait donné l’immortalité à sa nature humaine, néanmoins, il n’en a pas changé la réalité5, puisque notre salut et notre résurrection dépendent aussi de la réalité de son corps6. Cependant, ces deux natures sont si intimement unies en une personne qu’elles n’ont même pas été séparées par sa mort. Par conséquent, ce qu’il a remis à son Père en mourant était un véritable esprit humain, sorti de son corps7. Néanmoins, sa divinité est toujours demeurée unie à sa nature humaine, même lorsqu’il gisait dans le tombeau8. Sa nature divine n’a jamais cessé de demeurer en lui, tout comme elle était en lui lorsqu’il était un petit enfant, quoique pour un peu de temps elle ne se soit pas manifestée comme telle. Voilà pourquoi nous confessons qu’il est vrai Dieu et vrai homme; vrai Dieu, pour vaincre la mort par sa puissance, et vrai homme, afin qu’il puisse mourir pour nous selon la faiblesse de sa chair.


1.   Jean 1:14; Jean 10:30; Rom. 9:5; Phil. 2:6-7.

2.   Héb. 7:3.

3.   Matt. 28:20.

4.   1 Tim. 2:5.

5.   Matt. 26:11; Luc 24:39; Jean 20:25,27; Ac. 1:3,11; 3:21; Héb. 2:9.

6.   1 Cor. 15:21; Phil. 3:21.

7.   Matt. 27:50; Luc 23:46.

8.   Rom. 1:4.


Confession de foi des Pays-Bas, article 19


Pourquoi est-il si important de croire que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme ? Pourquoi Guy de Brès a-t-il pris le temps d’écrire dans sa confession un article à ce sujet? Lui qui était persécuté à cause de sa foi, il pouvait avoir bien d’autres soucis que de s’attarder à la doctrine des deux natures du Christ unies en une seule personne. Le monde actuel s’intéresse à bien d’autres sujets que la question du rapport entre la nature divine et la nature humaine de Jésus-Christ. Même l’Église du Seigneur peut parfois trouver ce sujet abstrait, peu pratique et loin de notre vie quotidienne. Pourtant, Jésus-Christ est au coeur même de la foi chrétienne. Quelle est l’importance et quels sont les bienfaits de croire qu’il est vrai Dieu et vrai homme en une seule personne?


La richesse de la rédemption


Le fait que Jésus-Christ soit Dieu et homme est le fondement même de notre rédemption. Art. 19: “Voilà pourquoi nous confessons qu’il est vrai Dieu et vrai homme; vrai Dieu, pour vaincre la mort par sa puissance, et vrai homme, afin qu’il puisse mourir pour nous selon la faiblesse de sa chair.” Si Jésus n’était pas réellement Dieu et s’il n’avait pas réellement pris notre nature humaine, nous ne pourrions jamais être sauvés. Ps. 130:3: “Si tu gardais le souvenir des fautes, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister?” Réponse: évidemment personne. Aucun homme pécheur ne peut verser un paiement suffisant pour effacer la dette du péché qu’il a contractée envers le Dieu saint. Ps. 49:7-9: “Ils ont confiance en leur biens et se félicitent de leur grande richesse. Ils ne peuvent se libérer l’un l’autre, ni donner à Dieu le prix de leur rançon. La libération de leur âme est chère et n’aura jamais lieu.” Puisque c’est la nature humaine qui a péché, il était absolument nécessaire que Dieu vienne sur terre dans la personne de Jésus-Christ afin que la nature humaine soit sauvée. La dette que nous devions à Dieu devait être payée par l’un de nous. La peine de mort que nous devions subir exigeait que la personne punie souffre dans son corps et dans son âme. Pour que cette punition soit payée, il fallait que la Parole soit faite chair. Notre Rédempteur devait être un homme sans péché pour pouvoir offrir un sacrifice agréable à Dieu et afin d’obtenir la justice pour son peuple par sa propre obéissance parfaite. 1 Pi. 3:18: “Christ aussi est mort une seule fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de vous amener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été rendu vivant selon l’Esprit.” Notre Sauveur doit également être vrai Dieu afin d’être capable de porter le poids de la colère de Dieu sur la croix et afin de vaincre la mort par sa puissance divine et nous donner la vie éternelle. 1 Jean 1:2: “Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée.” Quel grand sujet de joie et de reconnaissance! Voilà pourquoi nous devons croire que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme en une seule personne.


L’espérance de la résurrection


Le fait que notre Sauveur soit à la fois Dieu et homme nous procure également une grande espérance. Puisque Jésus est vrai homme, il rachète vraiment notre nature humaine au complet, corps et âme. Nous avons l’espérance de la résurrection de nos corps, tout comme lui est ressuscité. Art. 19: “Bien que par sa résurrection il ait donné l’immortalité à sa nature humaine, néanmoins, il n’en a pas changé la réalité, puisque notre salut et notre résurrection dépendent aussi de la réalité de son corps.” La résurrection physique de Jésus est la garantie certaine de notre résurrection glorieuse. 1 Cor. 15:21-23: “Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang: Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de son avènement.” Jésus est au ciel en ce moment dans un corps humain en chair et en os glorifiés. C’est dans ce corps qu’il reviendra dans la gloire pour ressusciter les morts, juger le monde et faire toutes choses nouvelles. Phil. 3:20-21: “Pour nous, notre cité est dans les cieux; de là nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps humilié, en le rendant semblable à son corps glorieux par le pouvoir efficace qu’il a de s’assujettir toutes choses.” Voilà pourquoi nous croyons que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme en une seule personne. Notre salut et notre résurrection en dépendent.


La présence spirituelle de Jésus à la Sainte Cène


La doctrine des deux natures du Christ nous aide à mieux comprendre la sainte Cène. L’article 19 dit que Jésus possède “deux natures unies en une seule personne, chaque nature conservant ses propriétés distinctes”. Il s’agit d’une réponse voilée à l’erreur de Luther sur la sainte Cène. D’après Luther, “ceci est mon corps” signifie que Jésus est physiquement présent dans ou avec le pain et le vin. Son corps humain serait présent partout où la sainte Cène est célébrée sur la terre. Certaines caractéristiques de sa nature divine (l’omniprésence) auraient été transférées à sa nature humaine. La doctrine catholique romaine de la transsubstantiation suppose la même erreur. Jésus ne serait plus véritablement homme puisque sons corps serait présent à de nombreux endroits en même temps. Nous croyons au contraire que son corps humain glorifié conserve la propriété de n’être qu’à un seul endroit à la fois. En Matt. 28:20, Jésus a promis: “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.” Il est avec nous aujourd’hui par sa divinité, sa majesté, sa grâce et son Saint-Esprit. Il est avec nous spirituellement quand nous célébrons la sainte Cène. Nous ne fêtons pas l’absence de Jésus! Mais dans son humanité, Jésus est corporellement monté au ciel pour y demeurer jusqu’à son retour en gloire. Ac. 1:11: “Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière dont vous l’avez vu aller au ciel.” C’est pourquoi le pain et le vin demeurent du pain et du vin. Après avoir rappelé les paroles de l’institution (“ceci est mon corps”), Paul peut donc dire: “Toutes les fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne…” (1 Cor. 11:26).


Notre liberté chrétienne devant les faux dieux


Un autre bienfait de croire en Jésus vrai Dieu et vrai homme c’est de nous rendre libres de l’adorer, lui seul, et de refuser d’adorer des dirigeants qui nous obligeraient à les adorer. Dans la pensée païenne, le divin et l’humain peuvent se mélanger pour permettre la divinisation de la nature humaine. L’homme peut alors accomplir son salut par lui-même. L’État devient la manifestation suprême de cette divinisation. Plusieurs empereurs romains ont prétendu être des dieux et des sauveurs. Beaucoup de chrétiens ont été persécutés pour avoir refusé d’adorer un autre que Jésus-Christ. L’enjeu était de savoir qui était le Sauveur, le Christ ou César, Dieu ou l’homme. Le Concile de Chalcédoine (451) a déclaré: “Nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ,… le même vraiment Dieu et vraiment homme,… l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation”. Jésus est vrai Dieu et vrai homme et ses deux natures ne sont pas mélangées. Le Fils de Dieu n’a pas divinisé la nature humaine. Chalcédoine a lancé le message aux empereurs et aux chefs d’État qu’ils ne peuvent pas prétendre devenir des dieux. Il n’y a qu’un seul Sauveur, c’est Jésus-Christ, Dieu et homme. Chalcédoine a posé le fondement de la liberté occidentale en remettant les gouvernements à leur place. Ils sont des serviteurs de Dieu et non des sauveurs de l’homme. Aujourd’hui, en Corée du Nord, on prétend que l’ancien dirigeant décédé, Kim Il Sung, et son fils, le président actuel Kim Jong Il, sont des dieux et qu’ils doivent être adorés. Ceux qui refusent de les adorer sont brutalisés, torturés, massacrés. La Corée du Nord est le pays où les chrétiens subissent actuellement les pires persécutions. Ces chrétiens, à la suite de Chalcédoine, croient que Jésus-Christ est le seul vrai Dieu et vrai homme en une même personne. Il est le seul Sauveur et Seigneur, le seul digne d’adoration. La doctrine des deux natures du Christ est la clé de notre liberté chrétienne devant toute dictature cruelle et brutale qui exige l’adoration d’un faux dieu.


Nos coeurs en paix et dans l’adoration


Bien que nous soyons incapables de pleinement comprendre ce mystère des deux natures du Christ en une personne, nous recevons par la foi les bienfaits que la personne et l’oeuvre du Christ nous procurent. Nous nous exclamons alors dans l’adoration, comme Thomas devant Jésus ressuscité: “Mon Seigneur et mon Dieu!” (Jean 20:28). Héb. 2:9: “Mais celui qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Jésus, nous le contemplons, couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte.” Notre intelligence n’a pas besoin de tout comprendre. Il suffit de présenter à Dieu nos besoins et de nous reposer dans sa promesse qui dit: “Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ.” (Phil. 4:7). Il n’y a rien de plus riche et de plus apaisant que de garder nos coeurs et nos pensées en Jésus-Christ.


Paulin Bédard, pasteur


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