Introduction, salutation et adoration

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APOCALYPSE 1:1-8
INTRODUCTION, SALUTATION ET ADORATION
Thème: Le témoignage de Jésus-Christ procure une immense consolation à son Église.
Le premier chapitre de l’Apocalypse contient les sept sections suivantes. Nous verrons cette fois-ci les quatre premières:
1. L’introduction: Le témoignage de Jésus-Christ (1:1-3)
2. La salutation et la doxologie: Procure grâce et paix et conduit à l’adoration (1:4-6)
3. L’annonce du retour du Christ: Car il vient! (1:7)
4. La déclaration du Seigneur sur lui-même: Car je suis l’Alpha et l’Oméga (1:8)
5. L’ordre d’écrire l’Apocalypse reçu par Jean (1:9-11)
6. La vision du Fils de l’homme (1:12-16)
7. L’effet que cette vision a produit sur Jean (1:17-20)
1. Introduction
Le témoignage de Jésus-Christ (1:1-3)
Les versets 1-3 nous font savoir qui est l’auteur ultime de l’Apocalypse, qui a été l’agent employé pour transmettre cette révélation à l’écrivain et pourquoi ce texte a été mis par écrit. Nous avons déjà vu quelques-uns de ces éléments dans notre introduction.
Le mot “Apocalypse”, qui est un mot grec, signifie “dévoilement”. Le livre dévoile des choses qui ne peuvent pas être connues sans une révélation spéciale. Cette révélation est mise par écrit dans le livre. Nous ne devrions donc pas traiter ce livre comme s’il nous présentait une énigme à résoudre, mais comme un mystère qui nous a été dévoilé. Cette révélation vient de Dieu et concerne Jésus-Christ.
Quel est le but de l’Apocalypse selon le verset 1?
En Genèse 18:17, le Seigneur a dit: “Cacherais-je à Abraham ce que je vais faire?” Le Seigneur voulait faire connaître ses plans à Abraham. Il agit encore de la même façon avec nous en “montrant à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt” (1:1) et en nous révélant “les paroles de la prophétie” (1:3). Ces paroles de prophétie, le Seigneur les a “signifiées” à Jean (“sèmainô”, 1:1), en grande partie au moyen de signes et d’un langage symbolique. Il est important d’en prendre conscience, car un langage symbolique devrait être compris de manière figurative. Pour comprendre et interpréter le livre correctement, il nous faut découvrir la signification de plusieurs signes et symboles qui se trouvent dans les visions que Jean a reçues. Il arrive parfois que ce soit le Seigneur Jésus ou un ange-interprète qui nous en explique la signification. Parfois, ce sont d’autres livres de la Bible qui nous aident à comprendre une vision particulière. Contrairement aux différentes apocalypses juives fantastiques qui étaient en circulation à cette époque-là, Jean atteste aux versets 1-2 que cette Apocalypse n’est pas le produit de l’imagination, mais lui fut donnée par le Seigneur. On trouve un témoignage semblable à la fin du livre en Apocalypse 22:8.
Quand les événements annoncés dans l’Apocalypse doivent-ils se réaliser?
Le verset 1 dit que cette révélation nous fait connaître “ce qui doit arriver bientôt”. Il est donc faux de penser que l’Apocalypse traite uniquement des choses qui arriveront immédiatement avant la venue de Jésus (voir 1:19). S’agit-il seulement d’événements qui devaient arriver durant la vie de Jean ou peu après? Le verset 1 ressemble beaucoup à ce que Daniel a dit au roi Neboukadnetsar en Daniel 2:28-29: “Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les mystères, et qui a fait connaître au roi Neboukadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici ton rêve et les visions que tu as eues dans ton lit… Celui qui révèle les mystères t’a fait connaître ce qui arrivera.” Dans la traduction grecque de Daniel 2, le mot “révéler” (“apocalyptô”) apparaît 5 fois, l’expression “ce qui doit arriver” apparaît 3 fois et le mot “signifier” (“sèmainô”) apparaît 2 fois, tous des mots que l’on trouve dans notre verset 1. Les événements annoncés par Daniel devaient arriver “dans la suite des temps” ou “dans la fin des temps”, tandis que Jean annonce “ce qui doit arriver bientôt”. Nous sommes plus près de l’accomplissement du Royaume que ne l’était Daniel. Daniel n’avait pas annoncé des événements qui allaient tous s’accomplir rapidement, mais certains événements annoncés étaient déjà commencés dans la vie du roi Neboukadnetsar (vision de la statue). Il semble que ce soit également le sens du mot “bientôt” dans notre texte. Jean n’annonce pas seulement des événements qui vont se réaliser rapidement dans le temps, mais plutôt des événements qui vont se poursuivre dans la suite, du fait que certains événements décisifs sont déjà réalisés. Le Royaume de Dieu prophétisé par Daniel a déjà commencé et ce qui reste à venir va se dérouler dans ce contexte du Royaume de Dieu déjà inauguré. Le livre de l’Apocalypse est donc un livre prophétique qui révèle l’accomplissement imminent et même déjà inauguré des prophéties de l’Ancien Testament au sujet du Royaume de Jésus-Christ. Cet accomplissement partiel du Royaume nous situe dans le contexte de la “fin des temps”, où ce qui reste à venir est considéré comme devant arriver “bientôt”. Cela ne veut pas dire que tout ce qui est annoncé dans le livre devait se réaliser rapidement dans le temps, peu après l’époque de Jean, mais plutôt que ces événements à venir sont étroitement rattachés au fait que Jésus-Christ a déjà accompli notre salut et qu’il a déjà commencé à régner. Cet accomplissement déjà réalisé et ce règne déjà actuel font en sorte que le Seigneur est proche, que le reste à venir est pour “bientôt” et qu’il faut se tenir prêts!
L’introduction se termine par une bénédiction (1:3), la première des sept béatitudes de l’Apocalypse (1:3; 14:13; 16:15; 19:9; 20:6; 22:7; 22:14).
Qu’arrive-t-il lorsque la révélation de Dieu est entendue et gardée?
Ce verset 3 souligne la nécessité de garder les paroles de la prophétie, ce qui montre encore qu’elles sont la Parole de Dieu. L’Apocalypse a été révélée pour que les croyants soient bénis d’avoir une perspective céleste sur le Royaume de Dieu et sur l’histoire de la rédemption, afin qu’ils puissent gardent précieusement les promesses de consolation qui leur sont faites en Jésus-Christ et qu’ils puissent obéir aux commandements donnés par le Seigneur de l’histoire. Le livre de l’Apocalypse ne nous est pas donné pour satisfaire notre curiosité, mais pour nous faire connaître comment Dieu veut que nous vivions à la lumière des actes rédempteurs de Jésus-Christ dans l’histoire. Oui, le livre nous donne des informations importantes à savoir, mais il a pour but de nous amener à l’obéissance afin que nous soyons bénis, tandis que ceux qui ne gardent pas les paroles de cette prophétie seront maudits (22:18-19).
“Le temps est proche” ne signifie pas un moment particulier sur le calendrier. Dans le contexte, cela veut dire “le temps de crise”, “les derniers temps”, par conséquent le temps de l’accomplissement des prophéties concernant la fin. Ce temps est “proche”, imminent. En fait, nous vivons dans les derniers jours (Actes 2:16ss; voir Marc 1:15: “Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche”). La mort et la résurrection de Jésus ont inauguré le Royaume de Dieu longtemps attendu, mais ce Royaume n’est pas encore accompli. Le Seigneur entre en jugement tout au long de cette époque de la fin. Les lecteurs devraient obéir à sa Parole à cause de ce qu’il a déjà fait pour eux et de ce qu’il fera dans l’avenir.
2. Salutation et doxologie
Procure grâce et paix et conduit à l’adoration (1:4-8)
Comme c’était la coutume lorsqu’on écrivait des lettres, la salutation mentionne l’expéditeur et les destinataires du livre. Puisque l’auteur juge suffisant de se présenter simplement sous le nom de Jean, cela indique qu’il est une personne bien connue. Il s’agit de l’apôtre Jean qui, selon la tradition chrétienne, aurait travaillé à Éphèse avant et après son exil et serait mort dans cette ville.
Les sept Églises, qui sont les destinataires de la lettre, sont énumérées plus loin au verset 11. Elles se trouvaient toutes en Asie, la province romaine portant ce nom au sud-ouest de l’Asie Mineure qui correspond à la Turquie actuelle. Il y avait plus que sept Églises dans cette région. Le nombre sept n’est pas choisi par hasard, mais pour indiquer symboliquement que le livre, bien qu’envoyé à ces sept Églises particulières, était destiné à toutes les Églises de Jésus-Christ.
Certains ont compris ce nombre comme étant composé du nombre trois, le nombre de Dieu (Trinité) et du nombre quatre, le nombre de l’homme (quatre saisons, quatre éléments, les quatre directions du vent). C’est possible, mais la suite du verset 4 va plutôt à l’encontre de cette idée. Pourquoi? Parce qu’il est question des sept esprits qui sont devant le trône de Dieu et qui désignent l’Esprit de Dieu et non la terre ou les hommes. Le nombre sept communique un sens de plénitude et de perfection (7 jours de la création). Il est très souvent utilisé dans l’Apocalypse. Les sept Églises représentent l’ensemble de l’Église universelle; les sept sceaux, les sept trompettes et les sept coupes représentent les jugements qui s’abattront partout dans le monde, etc. Chacune des sept Églises d’Asie Mineure recevra un message particulier, mais après les chapitres 2 et 3, il est question seulement de l’Église dans son ensemble et non pas d’Églises locales particulières. D’ailleurs, à la fin de chaque lettre destinée à chacune des sept Églises, il est dit d’écouter ce que l’Esprit dit “aux Églises”.
L’Apocalypse s’adresse aux Églises mentionnées au verset 4 et non aux croyants individuels; qu’est-ce que cela implique?
La salutation est typique des lettres du Nouveau Testament: “Que la grâce et la paix vous soient données…” Les lecteurs chrétiens avaient besoin de grâce pour persévérer dans la foi au milieu de la tribulation et des pressions qu’on leur faisait subir pour qu’ils abandonnent ou compromettent leur foi. Ils avaient besoin d’une paix intérieure toute particulière. Cette grâce du pardon et de la vie éternelle est totalement non méritée et cette paix qui découle de la grâce donne l’assurance dans le coeur des croyants qu’ils sont réconciliés avec Dieu par Jésus-Christ.
D’où peut venir cette grâce et cette paix? Du Dieu éternel et trinitaire, Celui qui est souverain sur les événements de l’histoire. La première personne de la Trinité est présentée comme étant “Celui qui est, qui était et qui vient” (tiré d’Exode 3:14). Le Seigneur ne change pas. Cette immutabilité n’est toutefois pas une immobilité. Il n’est pas décrit comme “Celui qui est, qui était et qui sera”, mais comme “Celui qui est, qui était et qui vient” (participe présent). Le Seigneur est toujours en train de venir, il est constamment et continuellement actif, celui dont la face est tournée vers le monde et vers son peuple au milieu duquel il habite. Il est capable d’accomplir les prophéties et de délivrer son peuple malgré les immenses défis auxquels les chrétiens font face dans ce monde. Quand nous faisons confiance dans sa main souveraine qui dirige les affaires de ce monde, cela nous donne courage pour tenir ferme face aux difficultés. En même temps, cette expression “Celui qui vient” contient une note eschatologique, lorsqu’il viendra pour amener l’histoire à son but et accomplir toutes choses. Les chrétiens peuvent être assurés que ceux qui persévéreront seront récompensés comme promis et que les méchants et les infidèles seront punis. La grâce et la paix viennent aussi des sept esprits qui sont devant le trône de Dieu.
Pourquoi y a-t-il sept esprits et pourquoi se tiennent-ils devant le trône? (1:4)
C’est une façon figurée de représenter le seul Esprit Saint dans la plénitude de ses opérations dans l’Église et dans le monde. Son action est étroitement conjointe au règne de Dieu et de son Fils (les sept esprits se tiennent devant le trône pour participer à ce règne et le mettre en oeuvre). Le nombre sept est également associé aux sept Églises, communiquant l’idée d’une action universelle efficace dans l’Église du Seigneur et sur le monde entier. (Voir 4:5: “Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu.” 5:6: “L’Agneau avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre”. Voir Zacharie 4:1-7: les sept lampes sont l’Esprit de Dieu qui a pour rôle d’apporter la grâce de Dieu à Israël au moyen de la reconstruction du temple). Les sept esprits sont donc l’Esprit de Dieu qui permet aux sept Églises d’être les sept chandeliers dans le monde, c’est-à-dire d’être la lumière du monde. C’est par l’Esprit que l’Église reçoit la grâce et la paix qui l’encourage à vivre dans l’obéissance et à être témoin de Jésus-Christ dans le monde.
La salutation est également communiquée par “Jésus-Christ”, la deuxième personne de la Trinité, qui, en tant que Médiateur, a obtenu la grâce et la paix pour le peuple de Dieu. Il est désigné par trois titres majestueux: “le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre”. Il est appelé “le témoin fidèle” parce qu’il est venu pour rendre témoignage à la vérité et qu’il a persévéré comme témoin fidèle face à la persécution, il a même scellé ce témoignage en versant son propre sang (Jean 18:37). Voilà un grand encouragement pour ceux qui font face à la persécution et à la mort à cause de leur foi! Ils ont toujours besoin de grâce et de paix que leur donnera le Témoin fidèle pour qu’ils puissent surmonter la grande tentation de compromettre leur foi. Bien des chrétiens sont morts à cause de leur témoignage (“marturia”). Non seulement il est la vérité, il est même vainqueur de la mort et souverain des rois de la terre.
Quelle assurance recevons-nous du fait qu’il soit “le premier-né d’entre les morts”?
Cette expression ne veut pas simplement dire qu’il est le premier à ressusciter, mais que par sa résurrection il a inauguré la nouvelle création et qu’il occupe une position privilégiée à cause de sa résurrection.
Quand Jésus-Christ est-il devenu “le Souverain des rois de la terre”?
Lors de son ascension (Actes 1:9-11), il a été couronné Roi souverain sur tous ses ennemis et sur tous ceux qui s’opposent à son Royaume et à son Église! Cela inclut non seulement les rois humains et les peuples, mais aussi les forces sataniques derrière ces rois et ces gens.
Cette triple désignation de Jésus-Christ est là pour nous encourager. Si nous sommes fidèles dans notre témoignage chrétien, nous souffrirons à cause de son nom. Nous pouvons toutefois prendre courage, car si nous souffrons avec le Christ, nous ressusciterons et nous régnerons aussi avec lui.
Toute cette grandeur de Dieu et cette immense consolation qu’il procure à son peuple conduit à l’adoration exprimée dans la doxologie des versets 5b et 6. Jésus a exprimé son amour envers nous en versant son propre sang pour délivrer son peuple de ses péchés, mais cet amour est toujours actuel: “À Celui qui vous aime…” Comme cela fait chaud au coeur! De plus, nous sommes délivrés de l’esclavage du péché, de sa puissance et de sa punition en nous identifiant par la foi au sacrifice de Jésus. L’oeuvre sacerdotale de Jésus-Christ nous procure d’immenses privilèges: la promesse accordée à Israël en Exode 19:6 est accomplie en nous. Nous sommes devenus “un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père” (1:6). Il en découle également des responsabilités importantes.
Quelle responsabilité découle du privilège d’être “un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père”?
La mort, la résurrection et le règne de Jésus-Christ ont fait de nous des rois et des prêtres. Il nous a déjà établis comme rois et prêtres! Il n’est pas dit clairement dans ce texte comment l’Église doit exercer ces fonctions, mais il est clair que nous sommes appelés à suivre le modèle de Jésus-Christ: être des témoins fidèles dans ce monde en faisant connaître sa mort et sa résurrection et en annonçant à tous son autorité royale qu’il détient sur le monde entier. Cela implique un don complet de nous-mêmes offert au Seigneur (sacrifice vivant pour Dieu) et un combat continuel contre le péché dans nos vies et contre les forces du mal dans ce monde. C’était là la vocation d’Israël dans l’Ancien Testament (Exode 19:6) qui s’accomplit dans l’Église de Jésus-Christ, le vrai Israël (1 Pierre 2:9). Nous sommes appelés à servir en tant que rois et prêtres au service du Père et pour sa gloire.
Le point culminant de cette section se trouve dans la doxologie (1:5b-6). Cette louange exprime beaucoup plus qu’un souhait; elle déclare que Jésus-Christ a pleinement droit de recevoir tout honneur. Voilà le sacrifice de louange que les sacrificateurs de Dieu lui présentent! Les deux mots “oui” et “amen” servent à le confirmer doublement. La gloire de Dieu est célébrée à cause de l’oeuvre de Jésus-Christ et du service de son peuple de rois et de prêtres. Dieu seul est digne de recevoir tout le crédit pour l’accomplissement parfaitement réussi de l’histoire de la rédemption. Voilà le but final du témoignage de Jésus et de notre service chrétien! Nous ne sommes pas encore totalement parvenus à ce but, loin de là, mais déjà il est digne de cette louange, car déjà son Royaume est inauguré! Cette adoration sera sans fin, rien ni personne ne pourra l’empêcher: “À loi la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles! Amen!”
3. L’annonce du retour du Christ
Car il vient! (1:7)
Nous arrivons à la conclusion de la salutation. Le règne actuel de Jésus-Christ est dynamique et pousse l’histoire du monde et de l’Église vers l’avant: “Voici qu’il vient avec les nuées…” Le texte ne dit pas “Il viendra”, mais “Il vient”, il est en train de venir. Toutes ses oeuvres, incluant le gouvernement de son Église et du monde, servent ce but. Nous attendons cependant sa venue finale et complète au dernier jour.
Comment le retour du Christ dans le monde sera-t-il différent de son départ de ce monde le jour de l’ascension? (verset 7).
Sa venue “avec les nuées” révèle que son apparition sera visible et majestueuse. Elle ne sera aucunement secrète. Elle s’accompagnera d’un grand jugement où ses ennemis seront définitivement vaincus et d’une immense joie pour son peuple qui sera pleinement consolé de toutes ses luttes et qui entrera dans sa gloire. Quelle source de réconfort pour les croyants affligés! Quelle consternation pour les ennemis de l’Église! Ce verset 7 contient deux citations de l’Ancien Testament: Daniel 7:13 et Zacharie 12:10ss. En Daniel 7, le Fils de l’homme reçoit le trône royal et l’autorité sur toutes les nations après le jugement de tous les empires mauvais. En Zacharie 12, Dieu vaincra les nations ennemies à la fin des temps et les Israélites seront rachetés après s’être repentis de leur rejet de Dieu et de son messager (“celui qu’ils ont percé”). La lamentation des tribus de la terre peut signifier la consternation de gens sans espoir devant le jugement. Ça semble le sens naturel dans l’Apocalypse. Pourtant, il ne s’agit pas d’une lamentation sur eux-mêmes, mais “à son sujet”. Il peut également s’agir de la tristesse qui accompagne la repentance et qui conduit au salut (voir 2 Corinthiens 7:10). C’est le sens de la lamentation de Zacharie 12. Cette tristesse serait celle d’être responsables de l’avoir percé, c’est-à-dire mis à mort à cause de nos péchés. Si tel est le cas, les païens repentants seraient vus comme l’accomplissement de la prophétie de Zacharie lors du retour de Jésus. Il est également possible que cela inclut toutes les époques de l’histoire de l’Église pendant laquelle Jésus dirige l’histoire par ses jugements et ses bénédictions, selon la prophétie du Fils de l’homme de Daniel 7, et pendant laquelle les païens viennent à la repentance. Il est toutefois plus difficile de comprendre pourquoi le verbe “se lamenteront” est au futur au verset 7 et semble se rapporter seulement à la toute fin, au moment où “tout homme le verra”. Il reste que la venue de Jésus dans l’Apocalypse est vue comme un processus qui se déroule tout au long de l’histoire, où tout oeil peut déjà constater partiellement son effet, et qui se conclut à sa venue finale où tout oeil le verra alors réellement dans toute sa majesté.
4. La déclaration du Seigneur sur lui-même
Car je suis l’Alpha et l’Oméga (1:8)
Le prologue se termine par une déclaration du Seigneur au sujet de lui-même. Les commentateurs ne s’entendent pas pour dire s’il s’agit du Seigneur Jésus, comme le contexte immédiat le laisse croire, ou de Dieu le Père. Les versets 7 et 12-18 parlent du Seigneur Jésus; ce serait donc lui qui parle au verset 8. Le passage précédent parle toutefois aussi de Dieu. Les versets 1 et 4 réfèrent à lui comme étant celui d’où vient l’Apocalypse. De plus, le nom de “Celui qui est, qui était et qui vient” au verset 4, tout comme dans d’autres passages où il est employé, se rapporte à Dieu. Le nom “le Tout-Puissant” désigne également Dieu. Mais après avoir déclaré que Jésus est le “souverain des rois de la terre” et qu’il “vient sur les nuées”, il convient tout à fait de lui attribuer le même nom que son Père, “Celui qui est, qui était et qui vient”, car il vient sur les nuées avec puissance! Dieu et homme!
Que révèle le Seigneur en se nommant lui-même l’Alpha et l’Oméga au verset 8?
Alpha et Oméga sont la première et la dernière lettre de l’alphabet grec. Le Seigneur est le commencement et la fin, il est en contrôle de toute l’histoire. Il l’amène vers son but final, aussi bien pour ce qui est du jugement que du salut. Le Seigneur qui est souverain du début à la fin conduira certainement et infailliblement le déroulement de l’histoire. Cette souveraineté absolue de Dieu et de Jésus-Christ est exprimée sous une autre forme par les deux autres noms mentionnés à la fin du verset. Ces trois noms nous donnent encore une fois l’assurance de la fiabilité du livre et la certitude que les choses qui y sont révélées s’accompliront. Prenons courage! Nos ennemis ne peuvent pas détruire notre Seigneur! Il nous le dit!
Paulin Bédard
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