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Jésus-Christ au milieu des sept chandeliers d’or

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 1:9-20

 

JÉSUS-CHRIST AU MILIEU DES SEPT CHANDELIERS D’OR

 

Thème: Le livre de l’Apocalypse a été écrit aux Églises avec la confiance que le Fils de l’homme est le Roi tout-puissant.

 

1. La mission de Jean d’écrire l’Apocalypse (1:9-11)

2. La vision du Fils de l’homme (1:12-16)

3. La réaction de Jean (1:17a)

4. L’interprétation de la vision (1:17b-20)

 

1. La mission de Jean d’écrire l’Apocalypse (1:9-11)

 

Au verset précédent, c’est le Seigneur qui parlait et qui se présentait comme étant l’Alpha et l’Oméga. Ici, c’est Jean qui parle à nouveau. C’est la troisième fois que Jean mentionne son nom, cette fois-ci en le faisant précéder de l’emphatique “moi”. Jean veut assurer ses lecteurs de la fiabilité de la vision qu’il décrit. Il ne se présente pas comme un apôtre, mais simplement comme un compagnon et un frère: “Moi, Jean, qui suis votre frère et qui prends part à la tribulation, à la royauté et à la persévérance en Jésus.” Par cette façon amicale et fraternelle de se présenter, il ne se place pas au-dessus d’eux, mais leur communique qu’il partage la même expérience chrétienne que ses frères. Il a part à la même épreuve qu’eux dans ce monde, il appartient au même Royaume qu’eux et attend le Seigneur avec persévérance.

 

Patmos est une île rocheuse située à environ 112 kilomètres au sud-ouest d’Éphèse dans la mer Égée. D’après une tradition qui a parfois été remise en question, mais dont on n’a pas pu démontrer la fausseté, Jean aurait été exilé dans cette île à la fin du règne de Domitien. Nous ne connaissons pas les raisons précises de son exil, si ce n’est que c’est “à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus”. D’une façon ou d’une autre, sa loyauté au Christ et à l’Évangile l’a conduit à être cruellement exilé. C’est ce qui lui avait fait dire qu’il prend part, lui aussi, à la tribulation.

 

Pourquoi le Seigneur a-t-il fait connaître l’Apocalypse à Jean pendant qu’il était en exil?

 

Jean lui-même est resté fidèle malgré l’affliction qu’il a subie en exil, car il est resté un témoin fidèle de l’Évangile. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles il dit qu’il “prend part à la tribulation”. Il incarne lui-même le rejet du témoignage de Jésus et des chrétiens par le monde qui attire sur le monde le jugement de Dieu qui vient bientôt. Jean fait l’expérience personnelle de ce que les premiers lecteurs de l’Apocalypse vivaient. Il comprend bien le message que Dieu voulait leur transmettre, car il en a lui-même besoin. De plus, il reconnaît qu’il ne prend pas seulement part à la tribulation, mais aussi “à la royauté et à la persévérance”. Voilà une autre raison pour les chrétiens qui recevront son livre de trouver réconfort en Jésus-Christ. Jean et ses frères et soeurs ont ensemble part aux mêmes épreuves, car nous vivons dans des temps difficiles, mais ils ont aussi déjà part ensemble au règne de Jésus-Christ. L’exercice de ce règne ne se fait qu’en étant persévérant dans la tribulation. L’endurance et la persévérance dans la tribulation est la façon par laquelle nous régnons à présent avec Jésus-Christ. Notre règne consiste à ne pas compromettre le témoignage fidèle de notre foi au milieu des épreuves. Nous sommes ainsi identifiés à Jésus-Christ, qui a lui-même caché son règne et enduré la souffrance et la mort avant d’entrer dans son règne glorieux (mentionné juste avant en 1:5). Voilà l’essentiel du message de l’Apocalypse. Ce texte parle en faveur de notre règne déjà actuel et non d’un règne uniquement à venir lorsque Jésus reviendra et qu’il exercera son règne de manière complète sur ses ennemis. Jean a lui-même pris part aussi bien à la tribulation qu’au règne en persévérant dans l’épreuve à Patmos. Il était bien placé pour recevoir la vision du Fils de l’homme et pour la transmettre ensuite aux Églises du Seigneur.

 

Le “jour du Seigneur” est notre dimanche chrétien. Il porte ce nom à cause de la résurrection de Jésus-Christ le premier jour de la semaine. Jean nous dit que ce jour-là il était “en esprit”, c’est-à-dire dans une sorte d’extase produite par le Saint-Esprit qui est venu sur lui (voir Actes 19:6). Cette expérience rappelle celle du prophète Ézéchiel (Ézéchiel 2:2; 3:12,14,24; 11:1; 43:5). C’est dans cet état qu’il reçut la vision de ce passage et de celles décrites aux chapitres 4 et suivants. Il a comme perdu contact avec la réalité de l’espace-temps. Il entend des choses et il voit des choses qui dépassent le monde physique dans lequel nous vivons. Il entre en contact direct avec Jésus, son Sauveur, qui lui révèle des choses pour ensuite agir à titre de prophète de Dieu!

 

Il entend d’abord une voix qui ressemble au son d’une trompette. Dans l’Ancien Testament, quand Dieu voulait communiquer avec son peuple, il le rassemblait au moyen de la trompette (Exode 19:16,19; Lévitique 25:9; Josué 6:5; Ésaïe 58:1). Le peuple était appelé à se réunir au temple le jour du sabbat et les autres jours de fêtes au son de la trompette (Nombres 10:1,10). Le son de la trompette avait également servi à annoncer la descente du Seigneur sur le Mont Horeb (Exode 19:13,19). La voix forte comme le son de la trompette que Jean a entendu a servi le double but de convoquer Jean et d’annoncer l’apparition du Seigneur.

 

Cette voix lui dit: “Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises: à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.” Cette voix est celle de Jésus qui lui ordonne d’écrire ce qu’il a vu et d’envoyer aux Églises ce qu’il a écrit. La mission confiée à Jean montre que la révélation complète devait être envoyée à chacune des Églises mentionnées et que les différentes parties du livre forment un tout.

 

2. La vision du Fils de l’homme (1:12-16)

 

Cette vision est typique de celles de l’Ancien Testament. Nous avons tout d’abord la description de la vision (1:12-16), ensuite la réaction de celui qui la voit (1:17a), puis l’interprétation qui en est donnée (1:17b-20). Jean s’est retourné pour voir la voix ou plutôt pour voir celui qui parlait. Qu’a-t-il vu en premier? Les sept chandeliers d’or. C’était un objet familier appartenant au tabernacle et au temple (Exode 25:31-39; Exode 37; Nombres 8; 1 Rois 7:49; Zacharie 4:2,10). Le chandelier était dans la présence de Dieu et la lumière qui s’en dégageait représentait cette présence. Le chandelier de Zacharie représentait l’Israël fidèle rassemblé dans toutes les générations à la fin des temps et les lampes sur ce chandelier représentaient l’Esprit de Dieu donnant à Israël la puissance de finir la reconstruction du temple. Maintenant, l’Église, qui est le nouvel Israël, doit puiser sa force du Saint-Esprit, la présence divine devant le trône de Dieu, pour pouvoir tenir, résister et persévérer au milieu de la tribulation.

 

Au milieu de ces chandeliers, Jean a vu Jésus, son Sauveur. Quelle surprise! Celui avec qui il avait vécu pendant trois ans, celui qui est mort, puis ressuscité et monté au ciel, se tenait là, “au milieu des chandeliers”!

 

Que nous apprend le verset 12 à propos de la relation entre le Christ et l’Église?

 

La place que le Christ occupe au milieu des chandeliers d’or sert à exprimer l’unité inséparable qui existe entre lui et les Églises. Il est important de noter que Jésus ne se tient pas au milieu d’une “Église invisible” déconnectée du monde réel. Il se tient au milieu des sept Églises qui se réunissent dans des villes ou des localités très précises sur la terre. C’est là que Jésus se tient, au milieu des Églises locales rassemblées dans des lieux précis. Toutes ces Églises sont en elles-mêmes complètes et autonomes les unes par rapport aux autres. Leur unité réside en Jésus-Christ qui est au milieu d’elles. C’est la raison pour laquelle il pourra s’adresser à elles de manière spécifique, avec leurs forces et leurs péchés (Apocalypse 2 et 3). C’est aussi la raison pour laquelle il est possible de déterminer des “marques de l’Église véritable” (prédication, sacrements, discipline) et d’évaluer ces marques à la lumière des Écritures pour voir si nous sommes des Églises fidèles à Jésus-Christ et à sa Parole.

 

Quelle impression générale se dégage de la vision du Fils de l’homme dans les versets 14 à 18?

 

Il s’y dégage une impression de puissance et de majesté terrifiante. Jésus n’est pas seulement un Sauveur, il est un Roi puissant qui inspire la crainte et l’admiration.

 

C’était “quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme”. Le mot “ressembler” ne veut pas dire que celui que Jean a vu n’était pas vraiment le Fils de l’homme, Jésus-Christ. Cela veut dire que Jean a vu le Fils de l’homme dans une gloire qu’il n’avait encore jamais vue pendant le temps que Jésus avait passé sur terre. L’expression “Fils de l’homme” et les éléments de cette vision viennent principalement de Daniel 7 (“les cheveux de sa tête étaient purs comme de la laine; son trône étaient comme des flammes de feu”, Daniel 7:9) et de Daniel 10 (“un homme vêtu de lin ayant sur les reins une ceinture d’or, son visage comme l’aspect de l’éclair, ses yeux comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds comme l’apparence du bronze poli, et le bruit de ses paroles comme le bruit d’une multitude”, Daniel 10:5-6). Le nom “Fils de l’homme” révèle que le Christ est vrai homme, mais qu’il est en même temps plus qu’un homme, c’est-à-dire également vrai Dieu. Il est vraiment un Fils de l’homme qui a véritablement pris notre humanité, mais il est aussi le Tout-Puissant, éternel et glorieux! Aucun homme n’est comme lui! En Daniel 7, le Fils de l’homme vient pour juger et pour régner. Il vient avec puissance pour combattre et détruire les quatre bêtes sorties de la mer et pour recevoir “la domination, l’honneur et la royauté”, afin que “tous les peuples, les nations et les hommes de toutes langues le servent” (Daniel 7:14).

 

Dans Apocalypse 1, sa longue robe qui allait jusqu’à terre, entourée d’une ceinture d’or à la poitrine, dépeint Jésus en tenue royale, mais aussi en tenue sacerdotale (contexte des chandeliers au temple). Sa tête et ses cheveux blancs, étincelants comme la neige qui brille et qui fait mal aux yeux, symbolisent la sainteté, la pureté et la majesté de Jésus. Ses yeux éclatants comme une flamme de feu signifient que rien n’est caché à ses yeux. Il connaît tous les secrets du coeur. Il connaît la condition spirituelle de ses Églises, ce qui lui permet de venir en jugement et en grâce. Ses pieds comme du bronze rougi au four (ou poli), comme raffinés dans un four, indique sa pureté morale et la futilité de toute opposition qui se dresse contre lui. Il est en mesure d’écraser les méchants et de juger les persécuteurs de son Église. Sa voix forte qui retentit comme le son des grandes eaux, comme les vagues de la mer qui frappent les rochers de l’île de Patmos, est l’indication de sa puissance insurpassable (1:15). Sa main droite qui tient les sept étoiles nous fait voir le soin qu’il porte aux étoiles, ainsi que le plein contrôle et l’autorité totale qu’il exerce sur elles.

 

L’épée aiguë à deux tranchants, une épée longue, lourde et bien aiguisée qui sort de sa bouche est une image du Christ qui a reçu l’autorité d’exercer le jugement (Jean 5:27) et de l’exécuter par la parole de sa bouche. Cette épée ne représente pas l’effet bénéfique de sa Parole dans le coeur des croyants ou dans le coeur de ceux qui se convertissent par le travail missionnaire, mais sert plutôt à confronter ceux qui refusent de se repentir. “Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.” (2:16). Personne ne peut résister ni échapper à sa Parole de jugement qui châtie et qui détruit.

 

Son visage comme le soleil qui brille de tout son éclat atteste la gloire infinie du Christ dont il est actuellement revêtu (1:16). Cet éclat est trop intense pour que l’oeil humain puisse le dévisager directement. Il est “Dieu de Dieu, lumière de la lumière” (Symbole de Nicée). Toute cette vision a pour but d’impressionner les Églises par la grandeur et la puissance incomparables de son Seigneur et Roi. Ce Roi souverain se tient au milieu de ses Églises. Il est leur Chef qui les défend et les protège (Jean 16:33). Il vient nettoyer son Église de toute impureté et il vient punir tous ceux qui persécutent ses élus.

 

3. La réaction de Jean (1:17a)

 

La réaction de Jean, décrite au verset 17, est immédiate: “Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort.” La vision qu’il a eue lui a semblé terrifiante! Il n’est pas le premier à expérimenter une telle chose en présence du Dieu majestueux et trois fois saint. Adam dans le jardin eut peur (Genèse 3:8). Abram tomba face contre terre (Genèse 17:3). Devant le chef de l’armée de l’Éternel, Josué tomba le visage contre terre et se prosterna (Josué 5:24). Ésaïe devant la vision du Roi, l’Éternel des armées, reconnut son péché en avouant qu’il était perdu (Ésaïe 6:5), et Daniel, qui venait d’avoir la vision des quatre bêtes suivies de celle du Fils de l’homme, a dit: “J’eus l’esprit troublé au-dedans de moi, mes visions m’épouvantèrent” (Daniel 7:15). Puis, quand il eut la vision de l’homme vêtu de lin, Daniel dit: “Je vis cette grande vision; les forces me manquèrent, mon visage pâlit et fut décomposé, et je n’eus plus aucune force.” (Daniel 10:8). Mais maintenant que le Fils de l’homme est venu et que sa gloire apparaît dans toute sa splendeur, Jean devient rempli d’effroi, tombe inconscient à ses pieds, comme mort.

 

Cette vision du Fils de l’homme avait-elle pour but d’effrayer?

 

Non, elle avait pour but de réconforter. La réaction de Jésus le confirme. Il vient vers son serviteur et le rassure. “Il posa sur moi sa main droite en disant: “Sois sans crainte!” (1:17). Voilà des termes familiers de l’Ancien Testament. Le Fils de l’homme pose tendrement sa main sur Jean. La main droite représente la main puissante (Psaume 118:16), mais aussi la main d’association (Psaume 45:10). C’est à la fois une expression de son amour et la communication de sa force, ce qui permettra à l’apôtre terrorisé d’être fortifié et de se relever. Ne crains pas, troupeau persécuté!

 

4. L’interprétation de la vision (1:17b-20)

 

L’interprétation de la vision ne commence pas au verset 20, mais au verset 17. “Sois sans crainte! Moi je suis le premier et le dernier, le vivant. J’étais mort, et me voici vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts.” Jésus a été mis à mort, lui aussi, mais il est ressuscité d’entre les morts. Les expression “premier” et “dernier” viennent d’Ésaïe 41:4; 44:6; 48:12 et servent dans l’Ancien Testament à décrire Dieu. Ici, elles sont appliquées à Jésus-Christ! Il est “le premier”; il existait avant toute chose et avant toute personne. Il est “le dernier”; personne ne vivra plus longtemps que lui et personne ne le surpassera. Il tient le monde entier dans ses mains. Le Seigneur Jésus gouverne toute l’histoire, car il est en contrôle de son début et de sa conclusion, même si les temps peuvent paraître mauvais. Gardons confiance dans sa souveraineté! Il est “le vivant”, celui qui a remporté la victoire sur la mort. Puisqu’il vit pour toujours, il demeurera toujours victorieux. Quel puissant réconfort pour des chrétiens persécutés! Il possède les clés de la mort et du séjour des morts.

 

Comment le Fils de l’homme montre-t-il qu’il détient les clés de la mort et du séjour des morts?

 

Cela signifie que même la mort et le séjour des morts sont sous sa domination. Il règne sur eux. La mort est incapable de causer du tort aux chrétiens. La mort et le séjour des morts ont été incapables de détruire le Fils de l’homme. Il est ressuscité dans sa gloire et maintenant il détient toute autorité sur la mort et le séjour des morts. Il le révèle déjà chaque fois qu’il accueille au ciel l’âme d’un croyant défunt. Il le prouvera avec encore plus de gloire lorsqu’il reviendra pour réunir ensemble l’âme et le corps des croyants qui posséderont pour toujours un corps transformé glorieux. Quel puissant réconfort pour des chrétiens persécutés, dont certains ont dû donner leur vie pour la cause de l’Évangile!

 

Quelles autres clés Jésus-Christ détient-il et à qui a-t-il confié ces autres clés?

 

Voir Matthieu 16:19; 18:18; Jean 20:22.

 

Cette vision glorieuse et sa signification servent à fonder la mission que Jean a reçue d’écrire le livre de l’Apocalypse. Après la vision du Fils de l’homme, cette mission lui est répétée pour une deuxième fois au verset 19: “Écris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui va se produire ensuite.” Cet ordre s’applique à ce que Jean “a vu”, c’est-à-dire cette vision particulière du Fils de l’homme. Cette vision est fondamentale pour la compréhension du reste du livre. C’est sur cette vision que repose le reste de la révélation de l’Apocalypse. Le reste de cette révélation concerne “ce qui est et ce qui va se produire ensuite”. “Ce qui est” se rapporte aux conditions qui prévalaient au temps de l’apôtre Jean, en particulier dans les sept Églises d’Asie Mineure (Apocalypse 2 et 3). “Ce qui va se produire ensuite”, ce sont les événements à venir prophétisés dans le reste du livre et qui concernent l’ensemble des événements tout au long de l’histoire qui se dérouleront selon des principes révélés dans les chapitres 4 et suivants.

 

Cette section se termine par une explication du mystère des étoiles et des chandeliers. Jésus prend la peine d’ajouter une explication à leur sujet. Cela vient compléter harmonieusement la vision. Pour la première fois dans ce livre, il est dit explicitement que les visions contiennent des symboles. Ici, les étoiles et les chandeliers sont des objets symboliques.

 

Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises.” (1:20). Jean savait que le chandelier était un symbole de l’Église, mais comme il n’y avait qu’un chandelier dans le temple, il avait besoin d’être informé au sujet des sept chandeliers qu’il a vus dans la vision. Dans le Temple de l’Ancien Testament, il n’y avait qu’un seul chandelier à sept branches sur lesquelles étaient placées sept lampes. Ici, nous avons sept chandeliers. Ce sont en premier lieu les sept Églises d’Asie Mineure mentionnées au verset 11. Mais comme le nombre symbolique sept l’indique, ces chandeliers signifient également la plénitude des Églises locales à partir desquelles la seule et unique Église de l’Ancien Testament s’est développée après la Pentecôte. Le nombre sept désigne aussi bien la plénitude dans l’espace (dispersion géographique) que dans le temps (histoire de l’Église). La mort, la résurrection, l’ascension et le règne actuel de Jésus ont permis de décupler sa puissance rayonnante dans le monde. Depuis qu’il est “le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre” (1:5), sa lumière brille partout dans le monde, non seulement au moyen d’un chandelier (en Israël), mais au moyen de la plénitude des sept chandeliers, c’est-à-dire de son Église qui s’étend partout sur la terre. “C’est vous qui êtes la lumière du monde”, a dit Jésus. “On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier (même mot que dans l’Apocalypse) et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos oeuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux.” (Matthieu 5:14-15). Nous ne voyons pas aujourd’hui le Fils de l’homme dans toute sa gloire et sa majesté comme Jean l’a vu dans sa vision. Mais puisque ce Fils de l’homme marche au milieu des sept chandeliers, sa lumière brille à travers nous, son Église. Nous n’avons pas à craindre l’opposition. Il nous faut simplement rester fidèlement attachés à notre Sauveur et Roi pour que sa lumière brille et qu’elle demeure sur le chandelier. C’est ainsi que la gloire du Fils de l’homme brillera dans le monde, en attendant sa venue finale et toute glorieuse.

 

Quant aux sept étoiles dans sa main, d’après l’interprétation de Jésus, ce sont les anges des sept Églises. Certains ont compris qu’il s’agissait des pasteurs des Églises qui sont représentés par ces étoiles. Le mot “ange” signifie messager. C’est la raison pour laquelle les ambassadeurs du Christ sur terre (2 Corinthiens 5:20) peuvent porter le nom des serviteurs de Dieu au ciel. Le travail des deux sortes de serviteurs vise le même but (voir Hébreux 1:14 et Éphésiens 4:11-12). D’autres disent simplement qu’il s’agit des êtres célestes qui s’identifient aux chrétiens ou qui représentent les Églises et qui, dans un certain sens, ont une certaine responsabilité sur les Églises. Le fait que les anges du ciel s’adressent aux Églises rappellerait à ces Églises la dimension céleste déjà actuelle de leur existence. Le ciel est leur véritable maison et Jésus détient toute autorité non seulement sur la terre, mais aussi sur les étoiles du ciel. Quoiqu’il en soit, le Seigneur les tient dans sa main droite; il détient sur ces “messagers” une autorité absolue; ce sont ses ambassadeurs. Il les protège et eux sont en sécurité lorsqu’ils sont fidèles à son service. Ce sont ces anges ou messagers qui recevront le texte à transmettre à chacune des sept Églises (Apocalypse 2 et 3).

 

Pourquoi est-il important que les sept étoiles reçoivent leur lumière de Jésus?

 

Si les étoiles continuent de recevoir leur lumière de Jésus, elles continueront de communiquer cette lumière aux sept chandeliers. Leur travail permettra aux chandeliers de continuer de briller dans le monde.

 

L’image des étoiles peut provenir de Nombres 24:17. Jésus est l’étoile venue de Jacob, de qui ses messagers reçoivent leur lumière.

 

Paulin Bédard, pasteur


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