La lettre à l’Église d’Éphèse

Source: Creative Commons, Flickr, Mary
APOCALYPSE 2:1-7
LA LETTRE À L’ÉGLISE D’ÉPHÈSE
Thème: Jésus s’adresse à une Église orthodoxe et persévérante, mais qui a perdu son premier amour.
1. Destinataires (2:1a)
2. Description de Jésus (2:1b)
3. Éloges (2:2,3,6)
4. Reproches (2:4)
5. Avertissement (2:5)
6. Exhortation (2:7a)
7. Promesse (2:7b)
Les sept lettres de l’Apocalypse sont différentes des autres lettres du Nouveau Testament dans ce sens que le Seigneur Jésus les a dictées directement à Jean qui les a envoyées aux Églises avec le reste du livre de l’Apocalypse. Cela ne signifie pas que les autres lettres du Nouveau Testament ont moins d’autorité, car elles ont toutes été inspirées de Dieu par son Esprit Saint.
Les lettres décrivent les conditions des Églises locales particulières à qui elles sont adressées et contiennent des reproches, des avertissements, des encouragements et des promesses.
Pourquoi le contenu des sept lettres nous concerne-t-il tout autant qu’il concernait les sept Églises?
Nos Églises actuelles ne sont pas des répliques des sept Églises. Nous ne devrions donc pas identifier l’Église d’Éphèse, par exemple, avec une Église localisée à un endroit particulier aujourd’hui. Le message que le Seigneur transmet aux sept Églises par ces lettres vise toutefois les Églises de tous les temps et de tous lieux. Le nombre symbolique sept, l’exhortation selon laquelle “celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Églises” (pluriel), ainsi que le fait que les Églises d’Asie Mineure et les Églises d’aujourd’hui sont des Églises de Jésus-Christ nous indiquent que les lettres nous sont également destinées et que nous devrions en tirer instruction.
Les lettres sont toutes de forme semblable. Elles sont adressées à l’ange de chaque Église respective (un ange céleste ou le pasteur qui représente chaque Église?). Puis Jésus donne une description de lui-même. Ensuite il fait des compliments (éloges) à l’Église, suivies de reproches, puis d’un avertissement, d’une exhortation et d’une promesse. Aux deux Églises de Smyrne et de Philadelphie, le Seigneur n’a que des compliments à faire. À l’Église de Laodicée, le Seigneur n’a que des reproches à faire. Les quatre autres Églises d’Éphèse, de Pergame, de Thyatire et de Sardes reçoivent compliments et reproches. De plus, les sept lettres sont regroupées en deux groupes de trois et de quatre lettres. Dans les trois premières lettres, l’exhortation est suivie de la promesse. Dans les quatre dernières, la promesse est d’abord donnée, suivie de l’exhortation. La promesse d’hériter la vie éternelle demeure toutefois le point culminant de toutes les lettres. Chaque Église entend des éloges et des avertissements et ceux qui ont des oreilles pour entendre reçoivent par l’Esprit la force de répondre et de vaincre, ce qui leur permettra de recevoir la vie promise.
L’Apocalypse est un livre écrit avec beaucoup d’art et de précision. Son message est harmonieux et unifié où toutes les parties sont reliées entre elles. Il n’est pas possible de bien comprendre les chapitres 2 et 3 sans avoir lu le premier chapitre. La description que le Seigneur donne de lui-même au début de chaque lettre provient de la vision initiale présentée dans le livre. Chaque description varie selon la condition particulière de l’Église à laquelle la lettre s’adresse et constitue la clé pour bien comprendre chaque lettre. Puis les chapitres 2 et 3 constituent à leur tour une préparation au reste du livre. Les promesses et les menaces sont plus élaborées dans les chapitres suivants. Par exemple, la promesse “Au vainqueur je donnerai à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu” (2:7, Éphèse) est développée en Apocalypse 22:2,14. Une explication de la “seconde mort” (2:11, Smyrne) est donnée en Apocalypse 20:14. Le “nouveau nom” promis au vainqueur (2:17, Pergame) revient souvent par la suite (3:12; 14:1; 22:4; 19:12,13,16). La promesse d’habiter la nouvelle Jérusalem (3:12, Philadelphie) est élaborée dans les derniers chapitres, etc.
Ces lettres ne présentent pas sept périodes successives de l’histoire de l’Église, mais chacune d’entre elles décrit des conditions qui existent et se répètent à toutes les époques de l’histoire de l’Église. Ces sept lettres présentent Jésus-Christ comme le bon Berger qui paît son troupeau et le prépare à son retour.
1. Destinataires (2:1a)
“Écris à l’ange de l’Église d’Éphèse.” Il est un peu normal de commencer par l’Église d’Éphèse, considérant sa position géographique et le rôle important qu’elle jouait dans le monde païen d’alors.
La ville d’Éphèse: Avec ses trois cent mille citoyens, Éphèse était la principale ville de la province d’Asie. C’était une ville prospère et un important centre commercial situé à l’embouchure d’un fleuve, près de la mer Égée. Éphèse était dotée d’un port de mer et de routes commerciales s’étendant à l’intérieur de l’Asie Mineure. C’était également un centre culturel et religieux. Elle était connue pour son temple d’Artémis ou de Diane, la déesse de la fertilité, qui constituait une attraction pour des milliers de pèlerins qui venaient de partout. L’adoration de l’empereur occupait également une place importante à Éphèse.
L’Église d’Éphèse: Le Seigneur a établi son Église à Éphèse par le service de son apôtre Paul. Paul a visité cette ville durant son deuxième voyage missionnaire lors de son retour de Corinthe à Jérusalem (voir Actes 18:19-21). Durant son troisième voyage missionnaire, Paul y a séjourné trois ans (Actes 19). Dieu a béni abondamment son travail à cet endroit et dans la région. C’est là que beaucoup de gens qui pratiquaient la sorcellerie ont confessé leurs péchés et ont brûlé publiquement leurs livres (Actes 19:18-19). Il s’est ensuite produit une émeute parce que l’orfèvre Démétrius a vu son chiffre d’affaires baisser considérablement du fait qu’il ne réussissait plus à vendre tous les temples d’Artémis en argent dont il faisait le commerce (Actes 19:23-40). Nous connaissons aussi le fameux discours d’adieux que Paul a prononcé aux anciens d’Éphèse (Actes 20:17-38). Aquilas, Priscille, Apollos et Timothée ont également travaillé à Éphèse, ainsi que l’apôtre Jean d’après une tradition chrétienne. Cette Église est la plus vieille, la plus nombreuse et la mieux connue des Églises d’Asie Mineure. Si Jean a écrit l’Apocalypse à l’époque de Domitien, cela voudrait dire que l’Église d’Éphèse avait à ce moment-là plus d’une quarantaine d’année. Après la première génération des premiers convertis, une nouvelle génération avait grandi. L’Église avait perdu l’enthousiasme et l’ardeur des premiers jours.
2. Présentation de Jésus (2:1b)
Jésus se présente de la manière suivante: “Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or.” Il reprend ainsi des éléments de la vision initiale (1:13,16). Il se décrit comme accomplissant deux actions importantes: Il tient, il marche.
Quel réconfort et quel avertissement découlent du fait que Jésus tient les sept étoiles dans sa main droite et qu’il marche au milieu des sept chandeliers?
Les sept étoiles représentent les messagers qui communiquent aux sept Églises la Parole de Dieu (les anges du ciel ou encore les pasteurs des Églises). Le fait que Jésus tient les sept étoiles dans sa main droite met l’accent sur l’autorité qu’il exerce sur ses ambassadeurs. L’Église d’Éphèse a été troublée par des faux apôtres qui ont essayé de la détourner de la vérité de la Parole de Dieu, mais cette Église peut avoir l’assurance que le Fils de l’homme élevé en gloire règne sur ses ambassadeurs et communique à son Église tout ce dont elle a besoin d’entendre. Le fait que Jésus “marche” au milieu des chandeliers souligne son implication active dans le gouvernement de son Église et indique que rien n’échappe à son attention. Comme il dit au verset 2, “je connais tes oeuvres”. Jésus est parfaitement informé de ce qui se passe dans son Église, il en prend soin et la gouverne.
De quelle manière Jésus-Christ gouverne-t-il sur son Église?
Il le fait entre autres par le ministère des anciens qui avaient reçu de l’apôtre Paul l’exhortation suivante: “Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au sein duquel le Saint-Esprit vous a établis évêques pour faire paître l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau…” (Actes 20:28-29).
3. Éloges (2:2,3,6)
L’Église est complimentée pour ses oeuvres, son travail, sa persévérance, ainsi que pour sa loyauté envers la vérité et pour son rejet des faux apôtres. Cette Église les a éprouvés et elle a reconnu qu’ils étaient des loups, comme l’apôtre Paul les avait exhortés à faire (voir Actes 20:29-30). Même s’ils étaient déguisés en apôtres du Seigneur, elle a su reconnaître leurs erreurs doctrinales et elle a rejeté ces faux enseignants qui étaient menteurs. Leur expulsion a causé des problèmes; c’est pourquoi Jésus parle des oeuvres et du travail de l’Église. Même s’il n’est pas toujours facile de détecter les erreurs et de les arracher du milieu de l’Église, le Seigneur nous demande d’être vigilants face aux faux enseignants et fidèles dans notre pureté doctrinale (1 Timothée 1:3-11; 4:18; 6:2-7,20-21; 2 Timothée 3:1-17). De plus, le Seigneur fait l’éloge de sa persévérance, en précisant qu’elle avait souffert à cause de son nom (2:3). Elle avait fait preuve d’endurance dans les épreuves qu’elle a subies à cause du nom de Jésus-Christ aux mains des adversaires juifs ou païens (Actes 19:9; Apocalypse 2:13; 3:9). La lumière du Sauveur brillait sur le chandelier à Éphèse au milieu de l’obscurité de ce monde.
L’Église reçoit également des éloges pour son “intolérance”. “Je le sais, tu ne peux supporter les méchants.” (2:2). L’intolérance n’est pas toujours mauvaise, contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire. Le Seigneur complimente son Église d’être intolérante à l’égard des méchants! Le Seigneur voit également d’un bon oeil que son Église a “de la haine pour les oeuvres des Nicolaïtes, pour lesquelles moi aussi j’ai de la haine” (2:6). Les Nicolaïtes, qui seront présentés un peu plus en détail dans les lettres suivantes, mélangeaient le service de Dieu avec l’amour du monde (voir 1 Jean 2:15-17). Ils pensaient qu’une certaine participation à la culture idolâtre d’Éphèse était permise. Les tentations et même les pressions pour se mêler à cette culture païenne idolâtre étaient grandes, car toute la vie et les activités culturelles de cette cité étaient dominées par les temples païens. Des milliers de prêtres et de prêtresses servaient la déesse Artémis. Le commerce et l’économie prospère étaient souvent associés à son temple. Sans compter les temples de la ville consacrés à l’adoration de l’empereur, qui ajoutaient une pression politique sur les chrétiens.
Pourquoi n’est-il pas possible de trouver un compromis entre l’amour de Dieu et l’amour du monde?
Le Seigneur déteste tout compromis avec le monde (1 Jean 2:15-17). Il a raison de faire l’éloge de l’Église d’Éphèse pour sa résistance face à toutes ces pressions d’une société profondément idolâtre. Les chrétiens d’Éphèse avaient résolu de ne pas se mêler à ces pratiques pécheresses et de refuser tout compromis avec le monde. Cela montre que cette Église ne cherchait pas seulement à préserver la pureté doctrine, mais qu’elle s’efforçait également de rejeter le péché et de vivre une vie chrétienne cohérente avec ce qu’elle disait croire. Elle s’efforçait de mettre en pratique ce qu’elle prêchait!
À tous ces égards, aussi bien dans sa fidélité à la bonne doctrine que dans sa persévérance dans les bonnes oeuvres, l’Église d’Éphèse est un excellent exemple pour nous aujourd’hui. Cependant, ces éloges sont immédiatement suivies d’une vive réprimande.
Habituellement Jésus fait des compliments avant de faire des reproches; qu’est-ce que cela nous enseigne au sujet de l’attitude que nous devrions avoir envers nos frères et soeurs dans la foi?
4. Reproches (2:4)
“Mais j’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour.” (2:4). Voilà un reproche qui nous fait trembler! Le premier amour était l’amour avec lequel l’Église avait reçu l’Évangile et confessé Jésus-Christ. Cet amour avait enflammé toute leur vie pour leur Sauveur et Seigneur. Aucun sacrifice n’était trop grand pour eux, aucun effort n’était trop pénible. Cet amour rayonnait autour d’eux dans leur témoignage pour Jésus dans le monde. Cet amour ardent a progressivement diminué. L’Église s’est établie dans une obéissance routinière qui n’était plus suscitée par un amour ardent pour le Seigneur. Oui, ils étaient toujours fidèles à travailler, à persévérer, à enseigner la bonne doctrine, étant prêts à souffrir pour le nom de Jésus, mais ils avaient abandonné leur premier amour! La lumière du Seigneur était toujours allumée, mais elle brillait avec moins d’intensité dans leur coeur et dans le monde. Nous pouvons penser à un premier amour d’un couple marié qui se répand dans toute leur vie conjugale et qui ensuite perd de son éclat. Le mariage continue, les époux sont toujours fidèles l’un à l’autre; on peut en dire beaucoup de bien, mais le rayonnement n’est plus là et le coeur des deux conjoints ne vibre plus autant. De même, il est possible qu’un membre de l’Église soit assidu aux célébrations, fidèle dans son service, persévérant dans sa foi, mais qu’il ait perdu la flamme et l’enthousiasme du début. Il est facile pour chacun de nous de tomber dans ce péché. Que le Seigneur nous en garde ou qu’il nous en relève!
Pourquoi est-il indispensable de revenir à notre premier amour?
5. Avertissement (2:5)
On pourrait penser que la perte de ce premier amour n’a pas autant d’importance que cela. L’Église n’est-elle pas restée orthodoxe et ne possède-t-elle pas les marques de l’Église véritable? L’avertissement du Christ nous montre bien toutefois que l’Église ne peut pas vivre sans ce premier amour. Ce n’est pas un luxe, mais une nécessité. Ce premier amour est au coeur du véritable christianisme. Dieu est amour et les enfants de Dieu devraient aussi être amour (1 Jean 4:7-8). Lorsque ce service d’amour est perdu, l’Église est vouée à l’échec. Le Seigneur l’appelle à revenir pour que la flamme brille plus intensément sur le chandelier: “Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi et pratique tes premières oeuvres”. Se repentir signifie passer par un changement de pensée et de coeur, nécessaire à toute vraie conversion.
Quels sont les deux éléments de la véritable conversion?
Notre Catéchisme de Heidelberg (Q&R 88-90) dit que la conversion comprend “la mortification du ‘vieil homme’ et la résurrection de ‘l’homme nouveau’”. La mortification du ‘vieil homme’ “c’est être affligé du fond du coeur à cause de ses péchés, les haïr et les fuir de plus en plus”. La résurrection de ‘l’homme nouveau’, “c’est se réjouir de tout coeur en Dieu par Jésus-Christ et mettre sa joie et son amour à vivre selon la volonté de Dieu, dans l’accomplissement de toutes oeuvres bonnes”.
Le retour à notre premier amour n’implique pas seulement un enthousiasme débordant, mais aussi une tristesse selon Dieu (véritable repentance) ainsi que l’accomplissement de bonnes oeuvres. Notre premier amour ne se traduira pas simplement par des mains en l’air qui s’agitent fébrilement, mais plutôt par une humble réponse à cet appel: “ Repens-toi et pratique tes premières oeuvres”. Un coeur véritablement enflammé d’amour pour le Seigneur se repentira humblement et se mettra à pratiquer de nouveau ses premières oeuvres. Puisque Jésus tient les sept étoiles dans sa main droite et qu’il marche lui-même au milieu des sept chandeliers, son Église peut être assurée qu’il est là pour nous aider dans nos luttes et pour nous permettre de raviver cette première flamme par la puissance de son Esprit.
L’Église d’Éphèse a reçu un avertissement très sérieux et solennel: “Sinon je viendrai à toi et j’écarterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes” (2:5); (littéralement: “je viens à toi et j’écarterai ton chandelier…”, présent, puis futur). Au dernier jour, Jésus viendra pour exercer son jugement universel, mais sa venue n’est pas seulement pour la fin. Déjà avant la fin, il vient exercer son jugement localement. Celui qui est, qui était et qui vient est déjà en train de venir pour effectuer des réparations à ses chandeliers ou pour retrancher ceux d’entre eux qui ne brillent plus. Son règne est déjà commencé! Si l’Église n’exerce pas sa vocation d’être une lampe enflammée qui brille pour Jésus, le Seigneur annonce qu’il vient vers elle pour ensuite lui enlever son chandelier. Ignace nous rapporte que l’Église d’Éphèse s’est effectivement repentie et qu’elle est revenue à son premier amour. Cependant, dans les siècles suivants, l’Église d’Éphèse a bel et bien disparu. Il ne reste plus que des ruines. On peut donc comprendre que cette parole s’est effectivement réalisée. On peut certes s’en affliger et déplorer que le chandelier a été ôté de sa place, mais nous ne pouvons pas simplement en attribuer la disparition à des causes extérieures, par exemple aux musulmans qui ont conquis la Turquie. C’est le Seigneur lui-même qui a ôté le chandelier d’Éphèse par divers moyens, parce que l’Église est retombée et ne s’est pas repentie! Cela nous montre tout le sérieux des avertissements du Seigneur. Jésus-Christ rassemble son Église depuis le commencement du monde jusqu’à la fin sans faillir à son oeuvre, mais il arrive qu’il enlève sa lumière du milieu des Églises qui perdent leur amour pour lui.
Dans sa tendresse, le Seigneur encourage son Église avec une autre parole de compliments après ses reproches (2:6, déjà vu).
6. Exhortation (2:7a)
Nous trouvons la même exhortation vers la fin de chacune des sept lettres. “Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Églises…” (2:7). Cette exhortation transforme l’avertissement spécifique adressé à l’Église d’Éphèse en un avertissement de nature générale destiné “aux Églises” et à quiconque a des oreilles pour entendre. Cette formule vient d’Ésaïe 6:9-10 et signifie que la révélation sera bien reçue par les élus et rejetée par les incrédules. Nous sommes appelés à prêter attentivement attention à ce qui n’est pas une parole d’homme, mais la parole de l’Esprit de Jésus-Christ. Chaque lettre devait être lue à toutes les Églises et pas seulement à celle à qui la lettre était spécifiquement adressée. Les avertissements du Seigneur sont tellement sérieux que personne ne peut se permettre de les méconnaître ou de les oublier.
7. Promesse (2:7b)
La promesse est pour le vainqueur (comme à la fin de chacune des 7 lettres). Le vainqueur est celui qui combat le bon combat de la foi et qui est victorieux. C’est celui qui combat contre le péché et contre le diable, par la grâce de Dieu, et qui brille et persévère jusqu’à la fin dans sa foi et dans son amour pour Jésus. Vainqueurs, voilà ce que nous pouvons être si nous sommes disciples du Christ déjà victorieux et voilà ce que nous devrions être en persévérant dans la foi et dans notre premier amour. “Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.” (Romains 8:37).
Quelle promesse est faite au vainqueur et quelle en est sa signification?
“Manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu” signifie recevoir la vie éternelle qu’Adam a perdue par sa révolte. Manger de l’arbre de vie est un fruit tellement plus délicieux que manger le fruit défendu, ou encore manger des viandes sacrifiées aux idoles dans les temples païens d’Éphèse et participer aux fêtes et à la culture païennes. Le vainqueur mangera de l’arbre de vie! Pardonné de ses péchés, il héritera la vie éternelle dans le paradis promis et vivra dans une communion éternelle en présence de son Dieu! (22:2-4). Cette promesse était pour l’Église d’Éphèse et pour les sept Églises; elle est aussi pour nous aujourd’hui! “Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville!” (22:14).
Quelles sont les différences entre le premier et le dernier paradis?
Le premier paradis n’était pas certain d’être conservé, car il dépendait de l’obéissance d’Adam, et il a été effectivement perdu. Le dernier paradis est certain d’être conservé, car il dépend de l’obéissance de Jésus, le nouvel Adam, qui a été parfaitement accomplie. Le premier paradis était limité à un endroit particulier du monde, le nouveau paradis sera universel et inclura le ciel et la terre (22:2,14,19).
Paulin Bédard, pasteur
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