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La lettre à l’Église de Pergame

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 2:12-17

 

LA LETTRE À L’ÉGLISE DE PERGAME

 

Thème: Jésus s’adresse à une Église qui persévère dans la persécution, mais qui est permissive face à l’idolâtrie.

 

1. Destinataires (2:12a)

2. Description de Jésus (2:12b)

3. Éloges (2:13)

4. Reproches (2:14-15)

5. Avertissement (2:16)

6. Exhortation (2:17a)

7. Promesse (2:17b)

 

1. Destinataires (2:12a)

 

La ville de Pergame: Contrairement aux villes d’Éphèse et de Smyrne qui sont des villes portuaires, la ville de Pergame est située à une certaine distance de la mer Égée, sur une colline rocheuse entourée d’une vallée fertile, à une centaine de kilomètres au nord de Smyrne. La ville de Pergame (aujourd’hui Bergame) était autrefois le haut-lieu de la culture hellénistique, le centre d’un royaume qui possédait un rayonnement politique et culturel particulièrement important. Le royaume de Pergame dura 150 ans, de 283 à 133 avant J.-C. En 133 avant J-C., le royaume fut démembré par les Romains qui firent de cette ville la première capitale de la province romaine d’Asie. La ville est devenue la résidence du gouverneur romain et le siège du gouvernement de la province d’Asie. Pergame est bien connue pour ses parchemins manufacturés dans cette ville. Le parchemin était bien utilisé, car Pergame avait une bibliothèque qui contenait deux cent mille livres. L’art et la littérature prospéraient dans cette ville qui était appelée “la perle de l’Asie”. De plus, c’était un centre religieux. Zeus, le dieu suprême grec, était adoré dans un temple abritant un autel de deux cents pieds carrés (vingt mètres carrés) et douze mètres de haut. Cet autel se trouve aujourd’hui dans un musée allemand. Il y avait un autre temple consacré à Athéna, ou Minerve, la déesse de la guerre et de la protection, à qui la ville devait supposément ses nombreuses victoires et sa sécurité. Il y avait un autre dieu grec qui était adoré à Pergame, Dionysos ou Bacchus, le dieu de la végétation, du vin et du plaisir. Les fêtes célébrées en son honneur étaient reconnues pour leurs immoralités grossières. L’adoration d’Asclépios, dieu grec de la médecine, était également populaire parmi le peuple ordinaire. Asclépios était représenté par un serpent. Les Romains l’appelaient Esculape. Son temple était entouré de cliniques médicales. Des gens de toute la province venaient pour y être guéris. Enfin, et non la moindre, l’adoration de l’empereur était pratiquée dans un temple construit pour la déesse de Rome en l’honneur d’Auguste. Ce polythéisme démontre que Pergame, tout comme Athènes, était remplie d’idoles et était “très religieuse” à tous égards (Actes 17:16,22). Cela explique pourquoi le Seigneur appelle cette ville la résidence de Satan.

 

L’Église à Pergame: À part ce qui est dit dans cette lettre, nous ne connaissons rien d’autre au sujet de cette Église.

 

2. Description de Jésus (2:12b)

 

Jésus se décrit comme “celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants”. Encore une fois, cette description est tirée de la vision initiale (1:16) et s’harmonise avec le message de la lettre. D’ailleurs, la même image revient dans l’avertissement qui conclut la lettre (2:16).

 

Que nous enseigne le fait que Jésus possède une épée à deux tranchants?

 

Avec son épée, Jésus vient combattre les Nicolaïtes, à moins qu’ils ne se repentent. Jésus est le Sauveur, il est aussi le Juge. L’épée aiguë à deux tranchants annonce la sévérité de son jugement contre ceux qui lui résistent. Apocalypse 1:16 dit que cette épée sort de sa bouche, ce qui indique que sa parole est comme une épée à deux tranchants. Même un souffle de sa bouche, comme le révèle 2 Thessaloniciens 2:8, lui suffit à détruire ses ennemis (voir Ésaïe 40:7-24).

 

3. Éloges (2:13)

 

Jésus en vient directement au sujet lorsqu’il dit: “Je sais où tu demeures; là est le trône de Satan.” Les difficultés de l’Église venaient du fait qu’ils vivaient dans une ville complètement dominée par Satan. Cela était vrai aussi bien du point de vue de la vie religieuse que des autres domaines de la vie de ses citoyens.

 

Si l’on ne confessait pas Zeus ou César comme seigneur, on ne pouvait pas trouver de sécurité politique. Si l’on avait besoin de soins médicaux, il fallait s’incliner devant Asclépios. Tous ceux qui n’adoraient pas Dionysos étaient exclus de la vie sociale. On ne pouvait pas s’attendre à recevoir une protection si l’on ne reconnaissait pas Athéna. Et, bien entendu, le refus de rendre hommage à la divinité de César était vu comme un acte de haute trahison à l’égard de l’État.

 

Si les chrétiens avaient été disposés à adorer leur Dieu en plus de ces autres dieux, on les aurait laissés tranquilles. Satan est très tolérant, en autant qu’il reçoit son dû. Mais il devient des plus intolérant s’il ne reçoit rien. Les chrétiens l’ont expérimenté. En plus de s’être vus refuser les privilèges dont jouissaient les autres citoyens, les chrétiens étaient exposés à l’hostilité de leurs concitoyens. Ils sont toutefois demeurés fermes face à la tentation et loyaux envers leur seul Sauveur et Seigneur. Avant de confronter son Église à cause de ses péchés, le Seigneur commence par lui faire des éloges: “Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, là où demeure Satan.” Les croyants de Pergame continuaient de tenir fermement à leur foi et de confesser fidèlement leur Seigneur, malgré le fait que Satan avait fait sa demeure dans cette ville, malgré la dure persécution et malgré le fait qu’Antipas a été mis à mort parce qu’il avait refusé de devenir infidèle au Seigneur. Avec la force du Saint-Esprit, les croyants peuvent résister à Satan et demeurer fidèles au Seigneur. Jésus-Christ les complimente pour cette fidélité et il honore le premier martyr des Églises d’Asie Mineure.

 

Comme à Smyrne, c’est Satan qui est reconnu comme étant l’instigateur de la persécution. À Pergame, Satan agissait par le biais de puissances politiques païennes pour persécuter les chrétiens.

 

Où Satan demeure-t-il aujourd’hui? Est-il possible d’éviter sa présence et son influence?

 

Le pouvoir judiciaire de l’épée de Jésus-Christ ne servait pas seulement à juger les apostats dans l’Église. C’était aussi l’indication que Jésus s’oppose au pouvoir satanique de la justice romaine de Pergame qui, en persécutant les chrétiens, n’utilise pas correctement le pouvoir de l’épée que Dieu lui a confié (Romains 13). Le trône de Jésus-Christ est souverain au-dessus du trône du gouverneur et de l’empereur qui se servent mal du pouvoir de l’épée qui leur a été conféré par Dieu. Son trône est même souverain au-dessus du trône de Satan. Les nations païennes seront détruites par l’épée du Seigneur. “De sa bouche sort une épée tranchante pour frapper les nations… Ils furent tués par l’épée qui sortait de sa bouche.” (Apocalypse 19:15,21). Pour le moment, dans cette lettre à l’Église de Pergame, c’est l’Église elle-même qui est menacée par l’épée du Seigneur, car le jugement commence par la maison de Dieu. Mais nous avons aussi la grande consolation que Satan et ceux qui le suivent seront détruits.

 

4. Reproches (2:14-15)

 

Les chrétiens de Pergame ont toutefois commis une grave erreur. Jésus leur dit qu’il a “certains griefs” contre eux (littéralement “peu de choses”, “oliga”). Nous ne devrions pas conclure que ce sont des choses sans importance. L’Église à Pergame n’a pas maintenu la discipline ecclésiale. Ils ont souligné l’importance du salut individuel et de la ferme confession du nom de Jésus, mais ils n’ont pas pris au sérieux la responsabilité de veiller à la santé et à la sainteté de l’Église dans son ensemble. Ils ont négligé la discipline. Cela cause toujours de sérieux problèmes.

 

Que se produit-il lorsque la discipline ecclésiale est négligée?

 

Lorsqu’une telle négligence se produit, le nom de Dieu est déshonoré, l’Église est en danger d’être contaminée par le mal qui est toléré et le pécheur est laissé à ses propres voies. Certains membres de l’Église participaient aux fêtes païennes et possiblement aussi aux immoralités associées à ces fêtes. Les oeuvres des pécheurs Nicolaïtes étaient détestées dans l’Église à Éphèse, mais dans l’Église à Pergame, ces Nicolaïtes n’étaient même pas disciplinés.

 

Jésus reproche à l’Église: “Tu as là des gens qui maintiennent la doctrine de Balaam.” Dans l’Ancien Testament, Balaam était un devin païen qui avait été engagé par Balaq, roi de Moab, pour prononcer une malédiction sur le peuple d’Israël qui devait passer par le pays de Moab. Dieu a empêché Balaam de prononcer cette malédiction et l’a poussé au contraire à prononcer une bénédiction sur son peuple (Nombres 22:5 à 24:25). Mais par la suite, Balaam a conçu un plan dans le but de détourner le peuple de Dieu des voies du Seigneur. Il s’est servi de femmes moabites pour attirer des hommes israélites à coucher avec elles et à se joindre à l’adoration de leurs dieux païens (Nombres 25:1-3). “Ce sont elles qui, sur la parole de Balaam, ont entraîné les Israélites à l’infidélité envers l’Éternel, dans l’affaire de Peor.” (Nombres 31:16). Voilà pourquoi les Israélites ont été si facilement pris au piège.

 

Les gens dans l’Église de Pergame ne se disaient sûrement pas eux-mêmes disciples de Balaam. Jésus les appelle de ce nom pour décrire leur péché et pour montrer leur état véritable. Le plan trompeur de Balaam avait conduit Israël à tomber dans l’idolâtrie et dans l’immoralité. “Balaam enseignait à Balaq à faire en sorte que les fils d’Israël trouvent une occasion de chute en mangeant des viandes sacrifiées aux idoles et en se livrant à la débauche. De même, tu as, toi aussi, des gens qui maintiennent pareillement la doctrine des Nicolaïtes.” (Apocalypse 2:14-15). Cela nous donne une meilleure idée du péché des Nicolaïtes (dont Nicolas, leur père spirituel, est inconnu). Leur enseignement peut être comparé à l’enseignement de Balaam. Ils doivent avoir encouragé leurs confrères chrétiens à abandonner leur “attitude négative” envers le monde, comme ils pouvaient dire. Ces faux enseignants disaient qu’on pouvait avoir des relations étroites avec la culture païenne, les institutions païennes et la religion païenne. Qu’ils ne craignent pas d’aller au temple d’Asclépios pour être soignés, même si cela peut donner l’impression qu’ils reconnaissent l’existence de ce dieu. Cela ne fait rien, en autant qu’ils gardent à l’esprit qu’une idole n’est rien dans le monde. Qu’ils acceptent un emploi, même si cela implique qu’il faille dire “César est seigneur”. En autant qu’ils se rappellent que César n’était qu’un homme, cela n’aurait aucune conséquence négative. Qu’ils assistent à une fête, même si elle doit être célébrée en présentant une offrande à Dionysos. En autant qu’ils ne pensent pas que Dionysos est un vrai dieu, cela ne dérange pas qu’ils assistent à une fête. Voilà le genre d’attitude que les Nicolaïtes faisaient valoir. Si les chrétiens refusaient de participer aux fêtes païennes, ils étaient exclus d’une grande partie de la vie sociale de leur temps; ils risquaient de perdre leur emploi ou de ne pas faire partie du réseau commercial. Face à toutes ces pressions, la tentation était grande pour eux d’accepter des compromis avec le monde païen. L’Église de Pergame n’avait pas pris conscience des dangers de ces compromis. Ils acceptaient de faire des alliances avec le monde. L’Église ne disciplinait pas ses membres qui acceptaient de tels compromis.

 

Sous quelle forme l’enseignement des Nicolaïtes existe-t-il encore aujourd’hui?

 

Pourquoi les chrétiens ne devraient-ils jamais mélanger le service du Seigneur avec le service des idoles?

 

Car il y a un seul Dieu et aussi un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme.” (1 Timothée 2:5). “Le salut ne se trouve en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.” (Actes 4:12). Ceux qui cherchent leur bonheur et leur salut ailleurs qu’en lui “en réalité ils renient l’unique Sauveur Jésus-Christ même s’ils se vantent de lui appartenir. Car, ou bien Jésus n’est pas parfait Sauveur, ou bien ceux qui le reçoivent avec une vraie foi doivent avoir en lui seul tout ce qui est nécessaire à leur salut.” (Heidelberg, Q. 30). “Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.” (Exode 20:3). Ce premier commandement “nous ordonne d’éviter et de fuir toute idolâtrie… et de connaître droitement le seul vrai Dieu, de mettre en lui seul notre confiance, de n’attendre que de lui tous les biens en toute humilité et patience, et de l’aimer, de l’honorer et de le craindre de tout coeur, et de renoncer à toutes les réalités créées plutôt que de faire la moindre chose contre sa volonté.” (Heidelberg, Q. 94).

 

Le mot “porneuô” (pratiquer la débauche ou l’immoralité sexuelle) peut avoir un sens littéral et un sens métaphorique dans la Bible. C’était le cas dans l’affaire de Baal-Peor avec les femmes moabites. Les Israélites ont commis l’adultère physique avec ces femmes moabites, de même que l’adultère spirituel en adorant des idoles païennes. Ici, Jean souligne surtout l’adultère spirituel avec les idoles païennes (comme c’est souvent le cas dans le reste de l’Apocalypse). Le compromis avec le monde ne conduit pas nécessairement à l’immoralité sexuelle, bien que ce soit parfois associé. La fiancée du Seigneur commet une fornication spirituelle lorsqu’elle flirte avec des idoles païennes, ce qui provoque la jalousie et la colère du Seigneur.

 

L’histoire de Balaam nous montre les conséquences désastreuses d’une telle attitude de compromis (Nombres 25). Son plan a réussi et les a entraînés dans l’idolâtrie et la fornication. Dieu a puni les Israélites à cause de leur infidélité. Dans cette histoire de l’Ancien Testament, il y eut 24 000 personnes qui sont mortes de la plaie. La colère de Dieu s’est finalement apaisée quand la discipline a été exercée par Phinéas (Nombres 25:4-11). L’enseignement des Nicolaïtes ne pouvait avoir que les mêmes conséquences.

 

Dieu a établi l’inimitié entre la descendance du serpent et la descendance de la femme (Genèse. 3:15), c’est-à-dire un conflit profond entre l’Église et le monde. Lorsque l’inimitié (antithèse) est changée en une forme de synthèse, il en résulte la destruction de la descendance de la femme par la descendance du serpent. Cela se voit clairement dans l’histoire du christianisme apostat actuellement.

 

5. Avertissement (2:16)

 

Dans l’affaire de Baal-Peor, on se rappelle que c’est par l’épée que la discipline a été exercée en Israël (Nombres 25). C’est également par l’épée que Balaam avait été menacé de mort par l’ange du Seigneur (Nombres 22:23,31). Plus tard, les Israélites ont tué le devin Balaam par l’épée (Nombres 31:8; Josué 13:22). Le même sort est réservé aux membres de l’Église de Pergame qui ont accepté les compromis s’ils ne se repentent pas. Quand l’Église continue de négliger la discipline et d’accepter les compromis avec le monde, Jésus menace de lui faire la guerre avec l’épée de sa bouche. “Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.” (2:16). C’est autant l’Église que les Nicolaïtes qui sont appelés à se repentir. Pour l’Église, la repentance signifiait qu’elle devait corriger son laxisme dans le domaine de la discipline ecclésiale. Pour les Nicolaïtes, cela signifiait qu’ils devaient cesser de faire des compromis entre le Christ et Asclépios, entre le Christ et César, entre le Christ et Dionysos. Les chrétiens ne peuvent pas sortir du monde et n’ont pas besoin de le faire non plus (1 Corinthiens 5:10), mais ils doivent se garder sans tache par rapport au monde (Jacques 1:27; 1 Jean 5:21). Sinon, Jésus lui-même leur fera la guerre. Cette guerre ne signifie pas seulement une condamnation verbale, qui se limite en paroles. Cela signifie la destruction. Jésus va détruire ceux qui persistent à vivre comme le monde. Il va mettre à exécution sa sentence de condamnation. Si l’Église n’exerce pas la discipline à l’égard des idolâtres, si elle devient permissive, le peuple de Dieu va souffrir.

 

Devrions-nous éviter tout contact avec les idolâtres?

 

Cela est impossible. Dieu ne nous demande pas de vivre cloîtrés, mais de nous séparer moralement et spirituellement du monde rebelle à Dieu. “Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir de relations avec les débauchés. Ce n’est pas d’une manière absolue avec les débauchés de ce monde, ou avec les cupides et les accapareurs, ou avec les idolâtres; autrement, vous devriez sortir du monde. Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir de relations avec quelqu’un qui, tout en se nommant frère, serait débauché, ou cupide, ou idolâtre, ou insulteur, ou ivrogne, ou accapareur, et même de ne pas manger avec un tel homme.” (1 Corinthiens 5:9-11).

 

6. Exhortation (2:17a)

 

Bien que la lettre soit adressée à Pergame, elle concerne quiconque entend son contenu.

 

7. Promesse (2:17b)

 

Les chrétiens de Pergame devaient vaincre leur péché. S’ils pouvaient vaincre leur péché de tolérance par la force du Seigneur, Jésus leur promettait un riche héritage. Une grande promesse est faite au vainqueur.“Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée.”

 

Quelle est la signification de la manne cachée promise au vainqueur?

 

La manne nous rappelle le pain du ciel que le peuple d’Israël a mangé pendant sa traversée au désert, cette manne dont ils dépendaient encore lorsqu’ils ont dû affronter Balaam et les Moabites. Cette nouvelle manne promise au vainqueur est appelée “cachée”, car elle vient de Dieu qui la donne de façon miraculeuse. D’après Jean 6:33,35, c’est Jésus lui-même qui est le pain descendu du ciel, caché au monde, mais révélé aux croyants. C’est lui qui nourrit son peuple de cette nourriture spirituelle déjà ici-bas sur terre, de même que dans la vie à venir. Ceux qui refusent de participer aux fêtes païennes et de manger des viandes sacrifiées aux idoles seront nourris par le Seigneur lui-même. Cette manne cachée sera pleinement révélée au festin des noces de l’Agneau pour ceux qui se seront détournés des fêtes païennes. Jésus sera leur nourriture et leur protecteur. En promettant cette manne cachée aux croyants victorieux, Jésus leur donne l’assurance qu’il comblera tous leurs besoins, aussi bien spirituels que matériels, malgré les tentatives de Satan de les priver de tout. Cette promesse est valide non seulement pour la fin des temps, mais déjà durant la marche du peuple de Dieu dans le désert spirituel de ce monde. Le Seigneur promet de veiller sur nous et de nous donner ce dont nous avons besoin, tout comme il avait fait avec Israël dans le désert.

 

La deuxième promesse est plus difficile à comprendre. “Je donnerai un caillou blanc; sur ce caillou est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit.” Plusieurs explications ont été proposées, mais il est difficile d’en établir la signification précise. Pour le caillou, peut-être s’agit-il d’un caillou dont on se servait pour voter, un caillou noir servait à condamner, un caillou blanc signifiait qu’on approuvait ou qu’on pardonnait. Ce caillou blanc serait donc donné à ceux qui sont acquittés de leurs péchés. La couleur blanche indique la pureté, la gloire, la sainteté (3:4; 6:2). Elle peut signifier la justice des saints qui ne font pas de compromis et ne se souillent pas. Ils ont été lavés par le sang de l’Agneau et acquittés de tous leurs péchés. La couleur blanche est ailleurs associée au vêtement que porteront ceux qui seront invités aux noces de l’Agneau et qui sont les oeuvres justes des saints (19:8-9). La nature d’un caillou est d’être durable. Ceux qui recevront ce caillou seront pour toujours purifiés de leurs péchés.

 

Quant au nom nouveau inscrit sur ce caillou, ce peut être le nom nouveau donné à la personne même, son nom d’adoption dans la famille de Dieu, ou encore le nom de Jésus-Christ lui-même. Dans le premier cas, cela voudrait dire que nous recevrons un nouveau caractère et de nouvelles qualités associés au nom nouveau que nous porterons. “Alors les nations verront ta justice et tous les rois ta gloire; et l’on t’appellera d’un nom nouveau que la bouche de l’Éternel déterminera.” (Ésaïe 62:2). Dans l’autre cas, recevoir le nom de Jésus-Christ signifierait recevoir la révélation d’une communion nouvelle, plus profonde avec lui que seuls ceux qui recevront ce caillou pourront apprécier. Ailleurs dans l’Apocalypse, il est dit que le nom de Dieu ou le nom de Jésus sera écrit sur le front des croyants (3:12; 14:1; 22:4). Ceux qui portent ce nom lui appartiennent pour toujours. Même si nous ne sommes pas certains de la signification précise de cette promesse, nous avons l’assurance que Jésus promet les plus grands honneurs et la gloire éternelle aux croyants qui persévéreront dans le combat spirituel qu’ils mènent aujourd’hui. La pierre et sa couleur l’annoncent, tout comme le nouveau nom écrit sur la pierre.

 

Paulin Bédard, pasteur



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