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L’ouverture des six premiers sceaux par l’Agneau

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 6:1-17

 

L’OUVERTURE DES SIX PREMIERS SCEAUX PAR L’AGNEAU

 

L’Apocalypse nous a déjà fait savoir que Jésus règne sur le monde. Ce chapitre 6 nous explique que ce règne s’étend même aux situations de souffrances que les chrétiens et le monde peuvent traverser. Jésus-Christ règne sur ce monde apparemment chaotique. Les souffrances n’arrivent pas par hasard. C’est Jésus lui-même qui fait venir des événements destructeurs dans le but de sauver son Église et d’exercer la justice sur le monde. C’est Jésus assis sur son trône qui contrôle toutes les épreuves et les persécutions subies par son Église.

 

Thème: Tout au long de l’histoire de l’Église, Jésus utilise des forces mauvaises pour punir et purifier, en attendant de faire pleinement justice à son peuple racheté.

 

1. Le premier sceau – Le cheval blanc 6:1-2)

2. Le deuxième sceau – Le cheval rouge (6:3-4)

3. Le troisième sceau – Le cheval noir (6:5-6)

4. Le quatrième sceau – Le cheval verdâtre (6:7-8)

5. Le cinquième sceau – Les âmes sous l’autel (6:9-10)

6. Le sixième sceau – Le début de la fin (6:12-17)

 

Ce chapitre raconte l’ouverture de six des sept sceaux dont le rouleau est scellé. Ce rouleau représente le plan de Dieu, ses actes de rédemption et de jugement. Chaque sceau qui est ouvert couvre une partie du rouleau, c’est-à-dire une des choses qui doivent bientôt arriver (voir 1:1; 4:1). Ces événements conduisent à la venue de Jésus-Christ qui apportera les bénédictions et les malédictions finales. Les six sceaux sont différents du septième sceau en ce sens que les premiers révèlent ces choses dans leurs grandes lignes et les présentent de façon sommaire, tandis que le dernier présente une image plus détaillée. Toutefois, dans les deux cas, les visions ne décrivent pas des événements spécifiques qui peuvent être identifiés dans l’histoire. Elles représentent des calamités et des conditions qui sont typiques de l’histoire de notre ère actuelle et qui se reproduisent avec une intensité de plus en plus grande jusqu’au jour du retour de Jésus. Ce sont des signes des temps qui ne nous disent pas quand Jésus reviendra, mais qui nous disent que Jésus s’en vient et que les bénédictions et les malédictions seront pleinement réalisées.

 

Apocalypse 5 nous décrivait sous forme symbolique l’ascension de Jésus et le début de son règne à la droite du Père. L’Agneau victorieux a reçu le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Apocalypse 6 nous décrit l’exercice de son règne. C’est l’Agneau qui a le pouvoir d’ouvrir chacun des sceaux.

 

Quel réconfort pouvons-nous recevoir du fait que c’est l’Agneau qui ouvre les sceaux?

 

L’ouverture des quatre premiers sceaux comporte plusieurs ressemblances. Les quatre êtres vivants du chapitre précédent donnent l’ordre à quatre cavaliers de venir. Sur cet ordre, quatre chevaux entrent en scène et produisent des désastres. L’ouverture des quatre premiers sceaux pourrait représenter une séquence de quatre désastres successifs, mais il semble préférable de comprendre que les désastres sont simultanés. Le quatrième sceau, par exemple, résume en quelque sorte les trois premiers. Il semble aussi que les croyants morts et glorifiés d’Apocalypse 6:9-11 ont souffert les épreuves illustrées par les quatre sceaux. Apocalypse 6:1-8 décrit les forces destructrices en action à la suite de la victoire de Jésus qui a souffert sur la croix, qui est ressuscité, qui est monté au ciel et qui revient bientôt.

 

1. Le premier sceau – le cheval blanc 6:1-2)

 

Pour que le contenu du rouleau s’accomplisse, les sceaux doivent être ouverts. L’action d’ouvrir les sceaux est réservée à l’Agneau. Pour réaliser cette action, il est assisté des quatre être vivants pour l’ouverture des quatre premiers sceaux. À leur commandement, prononcé d’une voix forte comme le tonnerre, les cavaliers apparaissent sur la scène mondiale. L’ordre de “venir” atteste la puissance et la majesté de l’Agneau au service duquel les quatre êtres vivants se tiennent. De même, la venue immédiate des cavaliers et des chevaux montre la domination complète de l’Agneau sur eux. Le symbole des chevaux et de leurs cavaliers provient des visions nocturnes de Zacharie. Des chevaux de différentes couleurs, transportant leurs cavaliers ou tirant des chariots, apparaissent dans les chapitres 1 à 6 des prophéties de Zacharie. La fonction des cheveux est toutefois différente. Dans Zacharie, ils sont envoyés pour patrouiller la terre; dans l’Apocalypse, ils sont envoyés pour frapper la terre.

 

Jean entend la voix de l’un des quatre êtres vivants qui ordonne au premier cheval de venir, puis il voit apparaître ce premier cheval et son cavalier. La couleur du cheval, la couronne donnée au cavalier et l’information selon laquelle “il partit en vainqueur et pour vaincre” nous parlent de la victoire acquise par ce cheval et son cavalier.

 

Que symbolise le cheval blanc et son cavalier? Quelle assurance cela nous procure-t-il?

 

Qui est monté sur ce premier cheval? Plusieurs commentateurs sont d’avis que le cavalier, c’est Jésus, et que la vision représente l’avancée triomphale du Christ ou de l’Évangile de Jésus-Christ dans le monde. Il y a de bonnes raisons qui soutiennent cette interprétation. Apocalypse 19:11-16 nous présente Jésus monté sur un cheval blanc, sa tête couronnée de diadèmes, qui vient triompher sur ses ennemis. À plusieurs reprises dans l’Apocalypse, Jésus vient pour conquérir et pour vaincre (3:21; 5:5; 17:14). Le blanc est associé à la sainteté de Dieu ou de Jésus et à la pureté des croyants lavés par le sang de l’Agneau. D’après cette compréhension, les événements causés par l’ouverture des trois sceaux suivants sont un moyen de promouvoir cette avancée du Christ et de son Évangile. Selon cette compréhension, le cavalier monté sur le cheval blanc nous procure un puissant réconfort et une assurance certaine de la victoire de notre Roi.

 

D’autres ont toutefois émis des objections à cette interprétation du premier sceau. La vision nous parle clairement de victoire, mais aucun détail n’est donné au sujet de la bataille ou des combattants. Certains ont pensé que le cavalier monté sur le cheval blanc représente une force satanique qui cherche à vaincre et à opprimer les croyants (antichrist, gouvernement persécuteur, serviteur du diable, etc.). L’image de la “victoire” est également utilisée pour décrire la bête opprimant les croyants (11:7; 13:7). En Zacharie 1:8-15 et 6:1-8, les chevaux sont identifiés ensemble comme étant de même nature. Ici, les quatre chevaux semblent former un tout unifié (structure littéraire similaire des 4 premiers sceaux). La voix de tonnerre ne représente pas le salut, mais le jugement et le désastre, dont parlent les trois autres sceaux qui sont inséparablement rattachés au premier. De plus, il est difficile d’imaginer que l’avancée triomphale de l’Évangile de paix et du salut soit symbolisée par un cheval et un arc qui, dans la Bible, sont des instruments de guerre (Job 39:22-28; Deutéronome 17:16; Psaume 46:9). On peut aussi se demander si Jésus peut être à la fois le cavalier et celui qui ouvre le sceau et dirige la scène. Quant à la blancheur du cheval, il est possible qu’elle représente le fait que Satan cherche à tromper et à imiter Jésus. Dans ce cas, le cheval blanc viendrait apporter sur la terre la persécution et les tromperies pour essayer de vaincre l’Église du Seigneur. Ces tentatives sont cependant vouées à l’échec, car dès le début elles font partie des décrets divins que Jésus lui-même s’assure de faire exécuter (le cheval blanc apparaît sur l’ordre d’un ange lorsque l’Agneau lui-même ouvre le premier sceau). Ce texte voudrait alors dire que même les tromperies du diable et les persécutions qu’il envoie contre l’Église servent en fin de compte à faire avancer le Royaume et la gloire de Dieu.

 

Il est également possible d’interpréter le cavalier comme étant ni Jésus ni une force satanique, mais un agent du jugement divin qui vient avec son arc et ses flèches pour juger la terre et purifier l’Église. L’ouverture de ce premier sceau nous révélerait alors la puissance et l’effet irrésistible et englobant des jugements déclenchés par Celui qui a pris le rouleau de la main de Celui qui est assis sur le trône. Il n’y aurait pas de raison de se réjouir si ces jugements irrésistibles étaient sous le contrôle de quelqu’un qui aurait des intentions qui nous seraient inconnues. Mais derrière les jugements se trouve l’Agneau, le Rédempteur. Par conséquent, rien ne pourra séparer les saints de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, leur Agneau et leur Seigneur.

 

Que l’on prenne la vision du cheval blanc dans un sens ou dans l’autre, le résultat final reste sensiblement le même: que ce soit l’avance de l’Évangile, que ce soit les attaques contre l’Église ou que ce soient les jugements sur le monde, c’est l’Agneau qui est en parfait contrôle de ces événements pour le bien de son peuple et pour l’accomplissement de son plan de rédemption et de jugement.

 

2. Le deuxième sceau – le cheval rouge (6:3-4)

 

Dès que le premier cavalier se met en route, le deuxième sceau est ouvert par l’Agneau. Sur l’ordre du deuxième être vivant, un cheval rouge bondit. Aussi bien la couleur du cheval que le cavalier qui le monte annoncent un massacre et un bain de sang.

 

Que nous enseigne la vision du cheval rouge au sujet des désastres qui frappent le monde?

 

Le cavalier est investi d’une autorité lui permettant d’ôter la paix de la terre et d’amener ses habitants à s’entretuer. La grande épée est l’emblème de ses exploits sanguinaires. Parmi les signes de sa venue mentionnés en Matthieu 24:6-7, le Seigneur Jésus a inclus les guerres et les rumeurs de guerres où nation s’élèvera contre nation et royaume contre royaume. On peut donc comprendre que ce cheval rouge a pour mission de produire des guerres et des conflits sur la terre et sur la scène internationale en général. Celui qui montait le cheval rouge feu “reçut le pouvoir d’ôter la paix de la terre”. Il semble toutefois que la persécution des chrétiens soit également en vue. Le verset continue: “afin que les hommes s’égorgent les uns les autres”. Le mot “égorger” est toujours utilisé par Jean pour décrire la mort de Jésus ou celle de ses disciples (5:6,9,12; 6:9; 13:8; 18:24). Il est fort possible que ceux qui sont égorgés (6:4) soient les mêmes que les chrétiens égorgés dont il est question dans le même contexte (6:9). Dans un autre passage (Matthieu 10:34), Jésus a dit: “Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée.” Le Seigneur a montré toute la portée de ce mot “épée”; un homme sera opposé à son père et une fille sera opposée à sa mère; les relations les plus proches seront brisées (Matthieu 10:35). L’ouverture du deuxième sceau peut donc illustrer les conflits internationaux qui sont envoyés en guise de punition sur les incroyants, mais aussi les persécutions des chrétiens envoyés sur eux en guise de mise à l’épreuve ou de moyen purificateur. En définitive, tout cela se produit parce que Celui qui est assis sur le trône l’a éternellement décrété dans son livre et parce que l’Agneau met ce décret à exécution par l’ouverture de ce deuxième sceau. Voilà un puissant encouragement pour l’Église qui vit des épreuves dans ce monde turbulent!

 

3. Le troisième sceau – le cheval noir (6:5-6)

 

Avec l’ouverture du troisième sceau, le troisième être vivant ordonne à un autre cavalier d’exécuter le décret contenu dans le sceau: “Viens.” Jean dit: “Je regardai, et voici un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance à la main.” Cette balance sert à rationner la nourriture. Elle symbolise un temps de famine ou encore une période de difficultés économiques. Jean entend ensuite une autre voix qui vient du milieu des quatre êtres vivants, donc de Jésus lui-même. Cette voix vient ajouter un ordre qui va dans le même sens que celui donné par le troisième être vivant: “Elle disait: Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d’orge pour un denier.” Un denier, c’était le salaire d’une journée de travail d’un ouvrier (Matthieu 20:2). Une mesure de blé pouvait suffire à une personne pour une journée. Mais s’il faut payer le salaire d’une journée pour pouvoir se nourrir, comment faire pour nourrir toute sa famille? L’orge coûte moins cher… On peut en acheter trois mesures pour le prix d’un denier. Cependant, il n’y a pas que la nourriture. Il y a les autres besoins à payer. Comment y arriver? On ne pourra pas se payer “l’huile et le vin” (il est interdit d’y toucher). Les différents éléments de cette vision indiquent des conditions de rareté et surtout des difficultés économiques. Il semble y avoir du blé et de l’orge en quantité à vendre, mais le problème se situe plutôt au niveau du prix. Les pauvres sont donc particulièrement touchés par les calamités apportées par le cheval noir. Il peut s’agir de fléaux qui frappent le monde en général à la suite de guerre et d’insurrections, ou par manque de récoltes après des inondations ou des sécheresses. Quelle que soit la cause, l’Agneau qui ouvre le troisième sceau est celui qui règne sur tous ces événements. Il peut s’agir plus précisément des difficultés subies par les chrétiens persécutés économiquement. C’est un thème qui revient ailleurs dans l’Apocalypse (2:9; 14:16-17). On a aussi déjà vu les problèmes économiques que les chrétiens pouvaient vivre s’ils refusaient de s’associer aux guildes idolâtres de leur temps. Les chrétiens qui veulent vivre ouvertement leur foi, sans compromis, risquent d’en subir de dures conséquences sur le plan financier (ex.: refuser de travailler le dimanche, refuser les transactions malhonnêtes, etc.). Encore là, c’est l’Agneau qui tient toutes ces circonstances difficiles dans sa main et qui les envoie sur son Église.

 

4. Le quatrième sceau – le cheval verdâtre (6:7-8)

 

L’ouverture du quatrième sceau amène le quatrième être vivant à donner l’ordre à un autre cavalier de venir sur son cheval. Le quatrième cheval est verdâtre, il est livide, la couleur de la mort. Le cavalier se nomme justement “la mort”. C’est le seul cavalier qui porte un nom. Il est accompagné d’un ami proche, “le séjour des morts” (hadès), c’est le domaine de la mort dans lequel sont réunies les victimes de ce cavalier. La mort et le séjour des morts sont des puissances maléfiques sous la gouverne et l’autorité absolue de l’Agneau. La mort et le séjour des morts utilisent différents moyens pour tuer et pour réunir les victimes. Les deux premiers moyens sont l’épée et la famine, déjà mentionnées lors de l’ouverture des deuxième et troisième sceaux. Deux autres moyens sont encore ajoutés: “la peste et les bêtes sauvages de la terre”. Ces deux derniers moyens sont étroitement associés aux deux premiers. Lorsque la guerre fait rage et que la famine sévit, la peste et les bêtes sauvages font aussi leur ravage. Dans l’Ancien Testament, ces fléaux étaient parfois envoyés par Dieu sur Israël pour châtier son peuple. Cela confirme que les quatre chevaux avec leurs quatre cavaliers travaillent ensemble. Ils représentent les jugements envoyés sur le monde par l’Agneau.

 

Que signifie que le pouvoir de la mort et du séjour des morts soit limité au quart de la terre?

 

Ces jugements n’amènent toutefois par le monde à sa fin. Peu importe le pouvoir que la mort et le séjour des morts peuvent exercer, ce pouvoir est restreint au quart de la terre (6:8). Cette restriction nous indique que l’exécution du jugement final est encore remis à plus tard. D’ici là, la mort frappe de diverses façons, mais c’est Jésus-Christ qui est en contrôle même du domaine de la mort, car il a vaincu la mort par sa résurrection.“Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts.” (1:18).

 

Les malheurs amenés par les quatre chevaux frappent les justes et les injustes, sans distinction, les uns pour leur jugement, les autres pour leur mise à l’épreuve, leur correction ou leur purification. Il n’est pas dit précisément qui sont frappés par ces calamités. L’important c’est que l’Agneau contrôle et dirige même les malheurs qui frappent la terre, le monde et l’Église. Il se sert librement de différents moyens pour accomplir ses jugements et son oeuvre de rédemption. Les chrétiens ne devraient pas être effrayés par les calamités qui frappent le monde ou par les persécutions ou les difficultés qui frappent l’Église. Elles servent à accomplir le plan de Dieu et de l’Agneau pour le monde et pour l’Église et continueront jusqu’au retour du Seigneur. Jésus lui-même a dû passer par la souffrance et la mort avant de ressusciter vainqueur et glorieux. Apocalypse 6:1-8 décrit les effets de sa mort et de sa résurrection. Cela devrait donc nous stimuler et nous encourager à demeurer fidèles, en même temps que servir d’avertissement à ceux qui sont tentés de s’éloigner du Seigneur. Sans pouvoir tout comprendre les voies mystérieuses et souveraines de Dieu, nous trouvons une grande consolation dans le fait qu’il tient tout dans sa main et qu’il utilise même le mal pour accomplir sa volonté juste et parfaite. Même l’apparente défaite des chrétiens est leur victoire spirituelle s’ils demeurent fidèles dans la souffrance et la persécution.

 

5. Le cinquième sceau – les âmes sous l’autel (6:9-10)

 

Le cinquième sceau est de nature différente. Les êtres vivants et les chevaux ont disparu et Jean voit directement la vision présentant les croyants qui ont été tués à cause de leur foi et qui sont au ciel. L’ouverture du cinquième sceau ne révèle donc pas un décret de souffrance provenant du trône céleste, mais une réponse humaine à la souffrance une fois que les croyants sont au ciel. Les versets 1 à 8 décrivent les souffrances du point de vue des décrets divins qui sont exécutés depuis le trône céleste. Les versets 9 à 11 nous font connaître la réaction des croyants décédés et glorifiés au ciel face aux épreuves qu’ils ont dû subir aux mains de leurs persécuteurs. Même si les fléaux amenés par les quatre cavaliers ont frappé la terre et ses habitants en général, c’est la réaction des chrétiens à ces fléaux qui retient l’attention.

 

Jean répète deux verbes déjà utilisés dans les versets précédents: Ils ont été égorgés (6:9), ils ont été mis à mort (6:11). Pour quelle raison? “À cause de la parole de Dieu et du témoignage rendu.” Jean voit les âmes des chrétiens qui ont été persécutés et mis à mort à cause de leur foi. Leur vie leur a été ôtée à cause de leur loyauté au Seigneur et de son témoignage qui leur a été confié. L’autel parle de ce sacrifice. Les martyrs sont sous l’autel, car dans le service au temple le sang des agneaux sacrifiés était versé au pied de l’autel (Lévitique 4:7). Ils sont comptés parmi ceux qui ont “vaincu” et qui ont reçu les promesses annoncées aux vainqueurs (dans les 7 lettres d’Apocalypse 2-3).

 

Que nous enseigne le verset 11 au sujet de la période intermédiaire entre la mort et la résurrection?

 

Ces chrétiens sont morts, mais leurs âmes sont toutefois bien vivantes. Jean entend leur forte voix qui demandait qu’on leur fasse justice. Ils ne criaient pas par désir de se venger personnellement, mais parce qu’ils désiraient voir s’accomplir la justice de Dieu. La réputation de Dieu est en jeu, car il sera traité d’injuste s’il ne punit pas le péché. Ces croyants sont maintenant purifiés de tout péché et leurs prières sont parfaitement justes et pures. Cela se voit par la façon dont ils s’adressent au Seigneur. Ils l’appellent “Maître saint et véritable”, “Despotès”, c’est-à-dire Roi souverain dont le règne ne peut être renversé. Ils en appellent à sa sainteté, qui ne laisse pas de possibilité d’association avec le péché et avec le mal. Ils en appellent aussi à sa vérité, par laquelle il est fidèle à sa Parole de bénédiction et de malédiction. Dieu lui-même a déjà dit que la voix du sang versé par les meurtriers s’élevait du sol et criait vers lui (Genèse 4:10; Hébreux 11:4; Job 16:18). Ce cri est repris par les âmes impatientes et incapables de pleinement comprendre les voies de Dieu: “Jusques à quand?” Est-ce que cette prière entre en contradiction avec la promesse de joie préparée pour les croyants dès le moment de leur mort? (voir Luc 16:22). La réponse est que les martyrs ne protestent pas contre leur état actuel, ils en appellent à Dieu pour qu’il manifeste sa justice envers ses ennemis. Ils espèrent l’accomplissement de l’histoire de la rédemption, qui inclut le fait que toute justice sera rétablie et que les justes seront vengés de leurs ennemis. L’expression “jusques à quand” est souvent employée dans l’Ancien Testament pour demander à Dieu quand il punira finalement les persécuteurs et fera justice aux opprimés. Ceux qui ont persécuté les croyants l’on fait parce qu’ils ont rejeté leur témoignage au sujet de la vérité de Dieu. Les croyants peuvent donc prier pour que Dieu fasse la démonstration qu’il est le seul vrai Dieu.

 

Leur cri ne reste pas sans réponse. La demande “jusques à quand” est en fait déjà partiellement répondue par l’arrivée en scène des quatre cavaliers des versets précédents. Ces cavaliers n’ont pas seulement exécuté des mises à l’épreuve pour l’Église, mais aussi des jugements et des malheurs sur le monde. Il faut cependant attendre encore avant la réponse finale lors du jugement dernier… De plus, une réponse directe leur est donnée ici. “Une robe blanche fut donné à chacun d’eux, et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que soient au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux.” (6:11). Cette réponse est double: D’abord une action symbolique. La robe blanche qui leur est donnée symbolise la victoire de leur cause. La blancheur de leur robe symbolise la pureté. Ils sont passés au travers diverses épreuves comme à travers le feu purificateur; ils ont persévéré jusqu’à la fin et ils sont maintenant parfaitement purs! Le monde les avait déclarés coupables, dignes de morts, mais Dieu a annulé ce verdict et leur fait porter une robe pure et éclatante. Cette robe est par conséquent l’assurance que leur prière, demandant à Dieu qu’il fasse justice et déclare leurs persécuteurs coupables, sera un jour répondue. Une autre réponse plus précise leur est donnée: “Et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que soient au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux.” Cette réponse indique que le jugement de Dieu contre leurs persécuteurs est reporté à plus tard, mais qu’il va certainement s’accomplir. Leur prière sera certainement répondue. Cette réponse révèle en même temps que les jours de persécution ne sont pas encore terminés pour l’Église. Dès que le dernier croyant, mis à mort à cause de la Parole de Dieu et du témoignage qu’il aura gardé, sera réuni au ciel et qu’il entrera dans le repos céleste, toute justice alors s’accomplira et leur sang sera vengé. Le jugement final s’accomplira lorsque tous les croyants, qui doivent souffrir selon le décret de Dieu, auront finalement accompli leur destinée. (Certains comprennent leur “mise à mort” comme étant figurative de leurs souffrances en général à cause de leur foi).

 

6. Le sixième sceau – le début de la fin (6:12-17)

 

La réponse à la prière des croyants du verset 10 qui a été donnée au verset 11 est exprimée de façon explicite dans les versets 12 à 17. Dieu fera finalement justice à la réputation de son nom et démontrera sa justice en punissant les ennemis de son peuple. Si les versets 12 à 17 sont bien la réponse à la prière des âmes des croyants au ciel, il s’agit donc du début du jugement dernier, puisque c’est seulement lorsque le nombre des croyants au ciel sera complet que Dieu répondra à cette prière (verset 11). Le sixième sceau est donc différent des précédents en ce sens qu’il ne décrit pas des événements typiques de notre ère actuelle. Il révèle des événements qui se produiront à la toute fin de cette ère, non pas durant une longue période de tribulation (sinon la persécution des chrétiens ne serait pas terminée), mais dans les tout derniers instants de l’histoire actuelle de ce monde. Aucun agent déclenchant ces événements n’est présent dans notre texte (êtres vivants ou cavaliers), puisque c’est Jésus-Christ qui mettra lui-même en branle ces événements.

 

Décrivez la grande terreur qui envahira le monde non repentant au jour du retour de Jésus.

 

La tribulation finale est décrite au moyen d’expressions provenant des prophètes de l’Ancien Testament et des paroles du Seigneur (Ésaïe 13:9-13; 24:1-6,19-23; 34:4; Ézéchiel 32:6-8; Joël 2:10,30-31; Habaquq 3:6-11; Matthieu 24:29; Luc 21:25-27). Il est possible de comprendre ces cataclysmes cosmiques de façon littérale ou de façon figurative. (Dans plusieurs textes de l’Ancien Testament, plusieurs de ces images sont employées de façon figurative pour annoncer la fin de l’existence d’une nation pécheresse, par exemple. D’autres textes de l’Ancien Testament peuvent être compris comme une annonce du jugement dernier avec des descriptions littérales). Un grand tremblement de terre vient secouer la terre jusque dans ses fondements et vient ébranler l’univers entier. La lumière du soleil disparaît et le soleil devient noir comme un sac de poil de chèvre noire. La pleine lune devient couleur de sang, reflétant le feu embrasé qui fait rage sur la terre. “Les étoiles du ciel tombèrent sur la terre”, comme des figues qui tombent d’un arbre durement secoué par une violente tempête. Le ciel s’est déchiré en deux et s’est fait rouler des deux côtés comme un rouleau (Ésaïe 34:4). Toutes les montagnes et les îles furent déplacées, arrachées, dispersées. Toute l’oeuvre créée durant les quatre premiers jours de la création est complètement disloquée par cette perturbation universelle (2 Pierre 3:10). La catastrophe finale est arrivée et une immense terreur envahit le monde non repentant. Les rois, les grands, les généraux, les riches, les forts, les esclaves et les hommes libres, bien qu’ils soient de conditions sociales différentes, sont égaux dans leur désespoir commun. Cette liste révèle que Dieu ne fait pas d’acception de personne, mais il jugera tout le monde de façon équitable, sans considération de leur statut social, politique ou économique. Ils seront tous punis à cause de leur idolâtrie et de leur rejet de Dieu et de Jésus-Christ. Ils fuient ensemble dans les cavernes et se cachent dans les rochers. Ce n’est pas parce que ces cavernes et ces rochers leur offre une quelconque sécurité, mais parce que ces roches qui tombent sur eux pourraient peut-être les cacher de la face de Celui qui est assis sur le trône et de la colère de l’Agneau. Mais ils ne parviendront pas à se cacher loin de lui ni à éviter la colère à venir.

 

Pourquoi le monde devra-t-il être détruit au jour du jugement?

 

Le lieu d’habitation des humains semble offrir sécurité aux habitants de la terre, mais ce lieu d’habitation sera un jour détruit. Les idolâtres mettent leur espoir dans leur idole politique, économique ou sociale. Ils cherchent leur sécurité dans ce qu’ils peuvent voir et toucher. Les chrétiens, quant à eux, sont étrangers et voyageurs sur cette terre, leur véritable citoyenneté se trouve au ciel. La création qui est devenue une idole (soleil, lune, étoiles, arbres, animaux, etc.) doit disparaître afin d’enlever aux idolâtres leurs fausses sécurités et aussi parce qu’ils ont pollué cette terre par leurs péchés. Tandis que la maison éternelle des croyants, la nouvelle création pure et sans tache, demeurera pour toujours. Les idolâtres se rendent compte que le jour de sa colère est arrivé. Dans le désespoir total, ils signent leur propre verdict en posant cette question désespérée: “Qui pourrait subsister?” La colère de l’Agneau et de Celui qui est assis sur le trône sera déversée dans sa pleine mesure. Le doux Agneau, qui a donné sa vie sur la croix pour ses brebis et qui aime son peuple d’un amour éternel, est aussi le Juge de ses ennemis. Le temps de la grâce sera terminé. “Voici maintenant le temps vraiment favorable, voici maintenant le jour du salut.” (2 Corinthiens 6:2).

 

Paulin Bédard, pasteur


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