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Les croyants reçoivent la marque du sceau et adorent Dieu

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 7:1-17

 

LES CROYANTS REÇOIVENT LA MARQUE DU SCEAU

ET ADORENT DIEU

 

L’Apocalypse prend ici un tournant inattendu, comme il arrive à d’autres occasions ailleurs dans le livre. L’ouverture des six premiers sceaux, décrite à la fin du chapitre précédent, illustrait le commencement de la fin du monde. On s’attendrait alors à ce que cette vision soit suivie d’une description de l’apparition du Christ et du jugement dernier. Ce n’est toutefois pas le cas. L’ouverture des sceaux est interrompue afin de nous révéler deux visions étroitement liées qui nous montrent l’Église en sécurité quand elle est sur la terre et glorifiée quand elle sera au ciel. Le chapitre 7 est donc une sorte d’interlude après les visions du chapitre 6.

 

Ce tableau est dépeint sur la toile de fond terrifiante des désastres qui sont amenés par l’ouverture des six premiers sceaux. Avec les quatre premiers sceaux, les quatre cavaliers parcourent la terre pour la frapper de leurs malheurs. Avec le dernier sceau, la terre entière tremble, les étoiles tombent du ciel et le grand jour du jugement arrive à nos portes. Devant le grand jour de la colère de Dieu et de l’Agneau, “Qui pourrait subsister?” (6:17). Telle était la question désespérée posée en conclusion de l’ouverture du sixième sceau. Apocalypse 7 nous donne la réponse. Le tableau qu’il nous dépeint nous présente de nouvelles visions contenant une grande consolation et un grand encouragement pour l’Église. Celle-ci, bien que n’étant pas du monde, se trouve dans le monde dans lequel vient le jugement de Dieu. Les versets 1 à 8 nous expliquent comment les croyants sont scellés afin de persévérer durant les tribulations et les malheurs décrits au chapitre 6. Les versets 9 à 17 nous révèlent la récompense céleste qui attend ceux qui persévèrent. Cette deuxième section amplifie ce qui nous a été brièvement présenté dans le cinquième sceau en Apocalypse 6:9-11 et nous explique en quoi consiste le repos dans lequel les croyants entrent au ciel.

 

Thème: Face à la terrible menace du jugement, l’Église est protégée sur terre et glorifiée au ciel.

 

1. L’Église sur la terre, scellée et protégée par le Seigneur (7:1-8)

2. L’Église au ciel, sauvée et glorifiée par le Seigneur (7:9-17)

 

1. L’Église sur la terre, scellée et protégée par le Seigneur (7:1-8)

 

a. L’ange avec le sceau (7:1-3)

 

Les mots “après cela” ne veulent pas dire que les événements du chapitre 7 suivent chronologiquement les événements du chapitre 6. Jean a simplement reçu cette vision après celle du chapitre 6. Il reçoit maintenant de nouvelles révélations en vue d’encourager les chrétiens face aux malheurs qui frappent la terre et face au jugement dernier qui vient bientôt.

 

Jean dit: “Je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre. Ils retenaient les quatre vents de la terre.” Dans Jérémie 49:36, les vents symbolisent les jugements de Dieu. Il en est de même dans cette vision. Puisqu’il y a quatre vents, cela nous fait penser aux différents jugements qui frapperont. Les quatre vents correspondent aux quatre chevaux des quatre premiers sceaux qui sont envoyés pour amener des malheurs sur la terre. Les quatre anges, qui retiennent les vents pour les empêcher de faire leur oeuvre dévastatrice avant le moment choisi, sont les agents du Seigneur par lesquels il exécute ces jugements. Leur place aux quatre coins de la terre montre que le monde entier sera frappé dès que les vents seront déchaînés. Les quatre coins de la terre soulignent la souveraineté et l’étendue de ces jugements sur le monde entier (voir Ésaïe 11:12; Ézéchiel 7:2; Apocalypse 20:8; Daniel 8:8; 11:4).

 

Pourquoi les vents sont-ils retenus par les quatre anges?

 

La raison pour laquelle les vents sont retenus est expliquée aux versets 2 et 3. Il avait été donné aux quatre anges “de faire du mal à la terre et à la mer”. Un autre ange leur cria d’une voix forte: “Ne touchez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu”. L’ange vu par Jean ne descend pas vers l’est, il monte de l’est; il vient de la direction d’où le soleil se lève, peut-être une indication qu’il est un messager de bonnes nouvelles ou encore une indication qu’il se moque des forces diaboliques qui seront déchaînées par les quatre anges. Le fait qu’il soit porteur de bonne nouvelle est confirmé par le sceau qu’il transporte et par le message qu’il crie pour être bien compris par les quatre anges. Les quatre anges ont reçu de Dieu le pouvoir de frapper la terre de toutes sortes de malheurs au moyen des quatre chevaux ou des quatre vents, mais les vents sont temporairement retenus. Apocalypse 7:1-8 décrit donc des événements qui doivent avoir lieu avant ceux décrits dans Apocalypse 6:1-8. Le délai dans l’exécution des jugements est seulement temporaire, mais il permet aux serviteurs de Dieu de recevoir sur eux la marque personnelle du sceau de Dieu. Marqués par le sceau du Dieu vivant, les personnes scellées bénéficieront d’une protection toute particulière.

 

De quoi exactement les croyants sont-ils protégés?

 

Pourquoi les croyants reçoivent-ils la marque du sceau? Est-ce pour les protéger de dangers physiques? Pour les protéger contre les démons? Pour les protéger contre la possibilité de perdre leur foi? Cette vision est étroitement liée à celle que l’on trouve en Ézéchiel 9:1-4, qui nous aide à comprendre la signification de celle que nous trouvons ici. Dans Ézéchiel 9:1-4, Dieu commande à un ange de mettre une marque sur tous les véritables croyants pour qu’ils soient protégés de la colère de Dieu qui frappera les Babyloniens et les Israélites infidèles. Cela semble être une protection contre les dangers physiques. En Égypte, les Israélites ont également été protégés contre certains fléaux qui ont frappé l’Égypte. Dans l’Apocalypse, il semble que ce soit une protection spirituelle qui soit en vue. Les personnes scellées ne sont pas nécessairement à l’abri des jugements qui frapperont le monde, mais ils sont protégés même dans ces jugements et ne périront pas par eux (voir 3:10). C’est pour cela qu’ils doivent recevoir la marque du sceau avant que les quatre anges ne fassent du mal à la terre et à la mer. Dieu protégera la foi et le salut de ses enfants contre différentes souffrances et persécutions dont ils sont infligés. La marque du sceau leur permet de répondre avec foi aux diverses épreuves qu’ils traversent pour que ces épreuves soient des instruments par lesquels leur foi est fortifiée. Il s’agit d’une protection spirituelle. Les croyants et les incroyants souffrent tous d’afflictions physiques semblables. Ces épreuves purifient les serviteurs de Dieu et endurcissent les incrédules. Le sceau se rapporte donc étroitement au salut et à notre appartenance à Dieu. D’après Apocalypse 14:1-4, les 144 000 ont été rachetés et ont le nom de l’Agneau et le nom de son Père sur leur front. Ils portent la marque de possession de leur Propriétaire. Ils reçoivent ainsi la force de persévérer dans l’adversité et la capacité de démontrer qu’ils appartiennent véritablement à Dieu.

 

B. Le nombre des personnes marquées du sceau (7:4)

 

Jean ne voit pas l’action de sceller ni les personnes qui sont scellées, mais il entend leur nombre: 144 000.

 

Quelle est la signification du nombre 144 000? Quelles personnes ce nombre désigne-t-il?

 

Ce nombre a une signification symbolique, tout comme ses facteurs qui le composent. Douze signifie le peuple de Dieu, représenté par les patriarches et les apôtres, et mille signifie la plénitude. La multiplication de 12 au carré fois 1000 donne 144 000, ce qui indique non pas seulement une partie du peuple de Dieu, mais sa totalité. C’est le nouvel Israël dont Jacques et Pierre nous parlent au début de leurs lettres. Jacques a écrit “aux douze tribus dans la dispersion” (Jacques 1:1) et Pierre a écrit “aux élus qui sont étrangers dans la dispersion” (1 Pierre 1:1). De même, Paul en Romains 2:29 nous explique qui est le vrai juif: “c’est celui qui l’est intérieurement; et la circoncision, c’est celle du coeur”. En Galates 6:16, Paul décrit l’Église comme étant “l’Israël de Dieu”. Apocalypse 14:4 nous dit également que les 144 000, ce sont ceux qui “suivent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau.” Et qui sont ces rachetés? Apocalypse 5:9 nous avait déjà dit: “Tu es digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.” Alors, qui pourra subsister devant la colère de Dieu et de l’Agneau? Les 144 000, c’est-à-dire tous ceux qui ont été rachetés par le sang de l’Agneau, autrement dit le peuple de Dieu dans sa totalité!

 

Il ne s’agit donc pas seulement des chrétiens qui ont souffert le martyre à cause de leur foi, ni de la dernière génération des chrétiens à vivre sur la terre qui seront protégés de la destruction, ni d’un reste de juifs non convertis qui seraient protégés contre une terrible destruction durant la “tribulation”. Il s’agit “des serviteurs de notre Dieu” (7:3). L’ordre de marquer du sceau leur front sera donc exécuté tout au long de l’histoire de l’Église individuellement sur chaque personne qui croit en Jésus-Christ. Tous ceux qui appartiennent à Satan reçoivent la marque de la Bête (13:16-17; 14:9-11); de même, tous ceux qui appartiennent à Dieu reçoivent son sceau d’authenticité. Ceux qui ne l’auront pas reçu ne bénéficieront pas de la protection divine. Le sceau garantit également une protection contre le jugement dernier.

 

C. Les personnes marquées du sceau (7:5-8)

 

Le verset précédent utilise un nombre qui souligne la plénitude et l’unité du peuple de Dieu. Les versets 5 à 8, qui énumèrent 12 000 personnes scellées de chaque tribu, soulignent la diversité dans cette unité et donne l’assurance que, malgré les tempêtes qui feront rage sur eux, “le Seigneur connaît les siens” (2 Timothée 2:19). Ils sont appelés du nom des différentes tribus. Cela n’a rien à voir avec un retour de dix tribus perdues de l’ancien Israël dans leur pays, ni avec une arrivée de tous les juifs en Canaan, leur conversion et l’établissement du millénium à Jérusalem. Cela signifie plutôt la continuation de l’ancien Israël dans le nouvel Israël, l’Église chrétienne dont parle la vision dans le langage symbolique des tribus et des nombres.

 

La liste commence avec les 12 000 de la tribu de Juda parce que le Roi-Sauveur est né de cette tribu (voir Genèse 49:10). Ruben suit parce qu’il est le premier-né. Trois des fils de Bilha et de Zilpa, les servantes de Rachel et de Léa, sont mentionnés avant les autres fils des femmes de Jacob. Cela peut exprimer le fait que toute rivalité est ôtée du milieu du peuple de Dieu. La tribu sacerdotale de Lévi, qui ne se trouve pas dans les autres listes, est incluse dans celle-ci. Cela voudrait dire qu’aucune tribu ne détiendrait plus de position spéciale, car tous les membres du peuple de Dieu sont devenus prêtres, prophètes et rois devant Dieu. “À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et quia fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à li la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles!” (1:5).

 

L’exclusion de Dan de la liste peut être due au fait que Dan était la première tribu qui s’est séparée du peuple de Dieu en échangeant le véritable service de Dieu par l’adoration d’images et l’idolâtrie (Juges 18:30). L’inclusion de Joseph et l’omission de son fils Ephraïm peut être due à une raison semblable à propos d’Ephraïm. La tribu d’Ephraïm s’était élevée au-dessus des autres tribus et avait joué un rôle important dans la révolte des dix tribus qui ont mené à la division d’Israël en deux royaumes (Psaume 78:10; 1 Rois 12). L’inclusion de Joseph, d’autre part, s’explique par le fait que le Seigneur veut honorer son serviteur fidèle devant toute son Église. Appliquée à l’Église du Nouveau Testament, cette liste nous parle de la fidélité du Seigneur à ses paroles de bénédictions et de malédictions: “J’honorerai celui qui m’honore, mais ceux qui me méprisent seront voués à l’ignominie.” (1 Samuel 2:30; voir 2 Timothée 2:19b).

 

2. L’Église au ciel, sauvée et glorifiée par le Seigneur (7:9-17)

 

A. La multitude innombrable (7:9-10)

 

Quelle est la différence entre les 144 000 de la première vision et “une grande foule que nul ne pouvait compter” de la deuxième vision? Certains ont dit que le premier nombre représenterait l’Église provenant des juifs et que le deuxième nombre représenterait l’Église provenant des païens. Mais comme nous l’enseigne le nombre 144 000, composé de 12 fois 12 fois 1000, c’est le nouvel Israël, c’est-à-dire l’Église telle que Jean la connaissait, composée de juifs convertis et de païens convertis, qui est symbolisée dans la première vision. La grande multitude provenant de toutes tribus, de toutes nations et de toutes langues illustre également le nouvel Israël composé de juifs et de païens. C’est la promesse de Dieu faite à Abraham qui s’est finalement accomplie! D’autres ont dit que les 144 000 seraient les martyrs et que la grande foule serait l’ensemble des chrétiens, mais Apocalypse 7:3 parle seulement des “serviteurs de Dieu” à propos des 144 000. La différence ne se trouve pas non plus dans le nombre qui les compose. Car tout comme 144 000 fait référence à la plénitude, de même l’indication “une grand foule que nul ne pouvait compter se rapporte à la même plénitude dans des termes différents. Il s’agit du même groupe de personnes présenté sous deux angles différents.

 

Pourquoi le même groupe de personnes est-il présenté de deux façons différentes (144 000 et une foule innombrable)?

 

Le nombre 144 000 indique que personne ne pourra arracher les brebis des mains du bon Berger (Jean 10:28-29). Ils sont représentés comme étant le reste d’Israël restauré dont le salut est en parfaite sécurité. Dieu les a dénombrés précisément. Ce sont ceux dont le nombre sera complet (6:11). Tandis que l’expression “une grande foule” indique que, même si l’Église peut parfois sembler presque disparaître, c’est tout le contraire qui se produit. Les saints n’ont pas été éliminés. Tous sont encore là et leur nombre est si grand qu’ils ne peuvent pas être comptés. En réalité, le “reste” des sauvés est innombrable. Le reste d’Israël est rassemblé “de toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues”. Il n’y a donc pas d’opposition entre les deux visions. Qui pourra subsister devant la colère de Dieu et de l’Agneau? Une grande foule que nul ne pouvait compter, provenant des quatre coins de la terre!

 

La différence entre les deux expressions s’explique tout d’abord par l’endroit où a lieu la deuxième vision. La scène n’est plus sur terre, comme dans la vision précédente, mais au ciel. La différence s’explique aussi par le changement de condition. L’Église n’est plus sous la croix, ce qui nécessitait que ses membres reçoivent la marque du sceau. L’Église est devant le trône. Ce n’est plus l’Église militante, mais l’Église triomphante. Ils ont certainement pu subsister devant la colère de Dieu et de l’Agneau, car, nous dit le verset 9: “Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau”. Il est possible que le verbe “se tenir” indique leur état de ressuscités, comme Jésus qui se tient devant le trône (5:6). L’Agneau se tient devant le trône en tant que ressuscité, victorieux. Il est vrai que, dans l’Apocalypse, il y aussi des anges qui se tiennent devant le trône de Dieu et qui n’ont pas un corps ressuscité. Mais dans le contexte, Jésus et les croyants se tiennent devant le trône de Dieu dans leur existence glorifiée de ressuscités. Les croyants ont pu “tenir” pendant les épreuves envoyées par les quatre chevaux et ils ont même réussi à passer en sécurité au travers du jugement dernier afin de se tenir maintenant devant le trône et l’Agneau! Les croyants sont revêtus de robes, ce qui est la caractéristique des prêtres et des rois. Ils ont des palmes à la main, symbolisant la victoire et la jubilation. Il s’agit d’une allusion à la fête des tabernacles qui était une occasion de reconnaissance pour les récoltes reçues et pour le rappel de la protection divine quand Israël vivait sous des tentes dans le désert. Des gens de toutes nations se réjouissent maintenant de leur rédemption et de la protection que Dieu leur a accordée durant le pèlerinage dans le désert.

 

Ce n’est pas seulement la vision qui nous parle de délivrance et de triomphe, mais aussi le chant de louange qui suit la vision et qui est crié d’une voix forte pour qu’il soit entendu partout: “le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’Agneau.” Dieu et l’Agneau sont vainqueurs et ceux qui les suivent sont plus que vainqueurs avec eux. Leur salut réside dans leur victoire, dans leur résistance et dans leur persévérance face aux adversités et aux forces du mal qui ont essayé de détruire leur foi. Cette victoire ne peut être attribuée qu’à Dieu assis sur le trône et à l’Agneau! C’est la souveraineté de Dieu qui a préservé leur foi et qui les a fait persévérer jusqu’à la fin. Oui, ils sont plus que vainqueurs, car le salut qui est l’objet de leur chant est maintenant pleinement réalisé (voir les versets 15-17).

 

B. L’adoration des anges (7:11-12)

 

Les anges aussi adorent Dieu. “Et tous les anges se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants; ils tombèrent la face contre terre devant le trône et ils adorèrent Dieu…” (7:11).

 

Pourquoi les anges prennent-ils part à l’adoration avec l’Église? Qu’est-ce que cela nous enseigne?

 

Leur premier “amen” vient confirmer le cri d’adoration de la multitude des rachetés. Cet “amen” confirme avec force la certitude de la rédemption accomplie en faveur de l’Église. Leur deuxième “amen” confirme le contenu de leur adoration où ils attribuent à leur Dieu la gloire et la puissance. Commet Pierre nous le dit (1 Pierre 1:12), les anges désirent aujourd’hui plonger les regards dans le salut promis à l’Église. Quand ils seront témoins de la glorification de l’Église, ils tomberont en adoration devant le trône. Ils glorifieront Dieu d’avoir racheté, protégé et accordé la victoire à la multitude des élus. L’armée céleste reconnaît que cette oeuvre rédemptrice démontre que Dieu seul possède ces attributs et qu’il est le seul digne de recevoir la louange, la gloire, la sagesse, l’action de grâce, l’honneur, la puissance et la force. Tout ce qui lui appartient devrait être à lui pour toujours (voir 5:12).

 

C. L’interprétation de la vision (7:13-17)

 

L’un des anciens pose alors une question concernant l’identité et l’origine de ceux qui sont revêtus de robes blanches: “Qui sont-ils et d’où sont-ils venus?” La question n’est pas posée pour tester les connaissances de Jean, mais pour attirer son attention sur les saints glorifiés et pour l’amener à désirer en savoir davantage sur eux. La question produit l’effet désiré, car la réaction de Jean est de dire: “Mon seigneur, tu le sais”. Alors, dis-le moi! Dans sa réponse, l’ancien donne des précisions sur la provenance de ces gens vêtus de robes blanches. “Ils viennent de la grande tribulation.”

 

Que signifie que la foule innombrable en robes blanches provient de la grande tribulation?

 

Certains commentateurs pensent qu’il s’agit d’une tribulation finale de l’Église juste un peu avant le retour de Jésus-Christ et que, par conséquent, la grande multitude n’est pas identique aux 144 000, mais formerait un groupe différent qui serait constitué des martyrs des derniers jours. Cette interprétation n’est pas requise par le texte. Daniel 12:1 parle d’un “temps d’affliction, tel qu’il n’en a pas eu depuis que les nations existent” pour désigner la persécution d’Israël par le roi syrien Antiochus Épiphane au deuxième siècle avant J.-C. Les ennemis persécutaient les croyants à cause de leur loyauté envers Dieu. Matthieu 24:21 mentionne “une grande tribulation telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde” en lien avec le siège et la destruction de Jérusalem au premier siècle après J.-C. La grande tribulation d’Apocalypse 7 ne devrait donc pas être limitée aux derniers jours de l’histoire du monde. Elle couvre “les derniers jours” dont parle Pierre (Actes 2:17) et “la fin des siècles” mentionnée par Paul (1 Corinthiens 10:11). Elle inclut toute la période du Nouveau Testament où les persécutions font rage de façon répétée. Durant cette période de tribulation, les Églises d’Éphèse, de Sarde et de Laodicée étaient en danger de perdre leur identité de vrai peuple de Dieu, tandis que deux autres Églises, Pergame et Thyatire, ont compromis leur loyauté envers le Seigneur. Jean lui-même a pris part à cette tribulation (1:9). En fait, d’après Apocalypse 7:3-8, seul un reste a reçu le sceau leur permettant de demeurer fidèles. Ceux qui viennent de la grande tribulation sont simplement les chrétiens de toutes les époques qui sont demeurés fidèles et persévérants. Compris de cette manière, il n’y a pas de raison de distinguer les deux groupes. Les 144 000 et la grande multitude constituent le Nouvel Israël, l’Église catholique, c’est-à-dire universelle, rassemblée de toutes les nations du monde à travers toute l’histoire. Le sceau qu’elle a reçu la conduira à la glorification. Le chapitre 7 ne nous présente pas une nouvelle série d’événements futurs durant une tribulation finale qui suivrait les malheurs du chapitre 6. Le chapitre 7 est plutôt une parenthèse expliquant la vision du chapitre 6 avec plus de détails et permettant de mieux la comprendre.

 

Comment se fait-il qu’ils portent des robes blanches? C’est parce qu’ils “ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau”. L’ancien ne dit pas que ceux revêtus de robes blanches “sont venus”, mais qu’ils “viennent” de la grande tribulation. Ils proviennent de cette tribulation à cause de leur foi en Jésus-Christ dont le sang les purifie de tout péché (1 Jean 1:7). Ils ont pu demeurer fidèles et persévérants grâce au sang de l’Agneau. Leur persévérance montre bien qu’ils ont réellement été purifiés par le sang de l’Agneau. Malgré les épreuves, les malheurs et les persécutions, ils ont continué à croire dans la mort de Jésus pour eux, lui qui a ôté leurs péchés et leur a accordé la vie éternelle.

 

Que nous enseigne ce passage au sujet de la vie éternelle et du but de notre salut?

 

Les mots “c’est pourquoi” au début du verset 15 se rapportent à l’oeuvre expiatoire de Jésus qui est le seul fondement de leur salut. Ce salut a pour effet de placer les rachetés au service de Dieu. “C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple.” Ils sont en train de l’adorer continuellement dans son temple. À l’inverse, les pécheurs qui n’auront pas été lavés par le sang de l’Agneau ne pourront pas subsister dans la présence de Dieu, devant la colère de Dieu et de l’Agneau (6:15-16). “Qui pourra subsister?” Seuls ceux qui auront été purifiés par le sang de Jésus qui a pu calmer la colère de Dieu et pleinement satisfaire sa justice. Leur foi persévérante leur permettra d’entrer dans la présence de Dieu et leur entrée dans cette présence majestueuse sera leur récompense. Ceux-là qui subsisteront et qui se tiendront devant le trône et devant l’Agneau adoreront leur Seigneur et Sauveur de tout leur coeur! C’est le but final de notre salut et ce sera notre vocation éternelle, accomplie dans la plus grande joie et la plus grande plénitude.

 

Les derniers mots du verset 15 se lisent littéralement: “il dressera sa tente sur eux”. Cela peut rappeler encore la fête des tentes qui trouve son plein accomplissement glorieux dans l’Église glorifiée qui demeure avec le Seigneur et dans le Seigneur qui demeure avec son Église (voir 21:3; Zacharie 14:16). Leur bonheur est exprimé de façon négative au moyen des paroles venant d’Ésaïe 49:10, rappelant les difficultés du voyage dans le désert dont le peuple de Dieu est maintenant libéré. “Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur.” Le verset 17 donne une description positive de leur bonheur, dans des paroles qui rappellent le Psaume 23: “Car l’Agneau qui est au milieu du trône les fera paître et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.” Ces paroles contiennent une nouvelle référence à la fête des tentes en ce sens qu’elles parlent des sources des eaux de la vie vers lesquelles l’Agneau les conduira. Un des rituels de cette fête était de puiser de l’eau du puits de Siloé dans une cruche d’eau en or et de la verser dans le temple en mémoire de l’eau sortie du rocher dans le désert (voir Ésaïe 12:3; Jean 7:2,37-38). Il ne reste plus aucune trace des anciennes souffrances, car Dieu lui-même essuiera toute larme de leurs yeux (voir Ésaïe 25:8). Ce bonheur éternel contraste radicalement avec la terreur de ceux qui voudront se cacher dans les cavernes et qui espéreront que les rochers tombent sur eux pour qu’ils restent loin de la face de Dieu (6:16-17). Mais les rachetés qui appartiennent à l’Agneau auront une place en parfaite sécurité dans le temple éternel de Dieu et ne manqueront jamais de rien.

 

Paulin Bédard, pasteur


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