La sixième trompette, le deuxième malheur

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APOCALYPSE 9:13-21
LA SIXIÈME TROMPETTE, LE DEUXIÈME MALHEUR
Nous arrivons à la sixième trompette qui annonce le deuxième malheur venant frapper l’humanité. On se souvient que les quatre premières trompettes annonçaient des désastres sur différentes parties de la création — une partie de la végétation est consumée, une partie des mers est infectée et des créatures des mers périssent; une partie des lacs, des fleuves et des eaux douces sont empoisonnées; une partie de la lumière du soleil et des astres s’obscurcit. Les trois dernières trompettes annoncent des jugements qui frappent plus directement les hommes. C’est pourquoi ces jugements sont appelés trois malheurs. Nous avons déjà vu le premier malheur. Au son de la cinquième trompette, les démons (symbolisés par des sauterelles) avaient reçu mission de tourmenter les incroyants afin de leur rappeler leur état spirituel désespéré. Cette fois-ci, il n’est plus seulement question de tourments intérieurs. Il est question de guerres et de mort. Il est important de se rappeler que ces trompettes de l’Apocalypse n’annoncent pas des événements futurs dans l’histoire qui se dérouleront juste avant le retour de Jésus. Ces trompettes sonnent à toutes les époques de l’histoire de l’Église. Elles ont sonné dans les siècles passées, apportant des désastres et des malheurs dans l’histoire du monde qui nous a précédé. Elles sonnent encore aujourd’hui, apportant de nos jours encore des désastres et des malheurs dans le monde. Elles sonneront encore dans l’avenir, apportant encore des désastres et des malheurs sur la terre, jusqu’au retour du Seigneur.
Thème: Les démons reçoivent la mission de punir au moyen de la mort une partie des incroyants endurcis.
1. La libération des quatre anges sur le fleuve Euphrate (9:12-15)
2. Les guerriers et les chevaux (9:16-19)
3. Le résultat du malheur (9:20-21)
1. La libération des quatre anges sur le fleuve Euphrate (9:12-15)
Lorsque sonne la sixième trompette, Jean entend “une voix venant des quatre cornes de l’autel d’or qui est devant Dieu”. Cette voix a un message à dire au sixième ange qui a la trompette. Jean voit ici un autel d’or. Dans l’Ancien Testament, le tabernacle contenait deux autels. Il y avait d’abord l’autel des holocaustes, sur lequel on offrait des sacrifices expiatoires, qui était placé à l’entrée du parvis et qui enseignait que l’on peut s’approcher de l’Éternel si l’on se reconnaît pécheur, racheté par le sang expiatoire. Il y avait aussi l’autel d’or, ou autel des parfums, sur lequel on faisait brûler de l’encens. Cet autel d’or était fait de bois d’acacia recouvert d’or; il était de forme carrée et avait des cornes aux quatre coins, c’est-à-dire des saillies qui remontaient en forme de pointe (voir 8:3). Les cornes représentaient la force et la puissance. Parfois, des gens qui exprimaient le désir de chercher la sécurité et la protection face à la menace d’ennemis allaient dans le sanctuaire tenir les cornes de l’autel (1 Rois 1:50-51; 2:28-34). Quand au feu avec lequel on allumait l’encens, il était pris de l’autel des holocaustes, puis transféré à l’autel des parfums. L’autel d’or représentait l’adoration et les prières que Dieu attend de nous et qui lui sont agréables à cause du sacrifice expiatoire offert pour le pardon de nos péchés.
Pourquoi la voix qui donnera des ordres vient-elle des quatre cornes de l’autel d’or?
Cela symbolise le fait que Dieu entend les prières de ses enfants et qu’il agit avec force et puissance pour y répondre. Il répond à nos prières à cause des mérites de l’oeuvre de Jésus, de sa mort expiatoire et de son intercession en notre faveur. La réponse que Dieu donne à nos prières coïncide avec cette voix interpellant le sixième ange, qui vient juste de jouer de la trompette, afin de relâcher les quatre anges qui sont enchaînés sur le fleuve Euphrate. Nous avons déjà vu en Apocalypse 8:3-4 que les prières des saints étaient montées vers Dieu à partir de l’autel d’or au moyen de l’encensoir d’or et que c’étaient ces prières qui avaient amené les trompettes de jugement à sonner. Ici nous avons à nouveau une réponse à ces prières, et cette réponse est également représentée comme “venant des quatre cornes de l’autel d’or”. Dieu agit avec puissance pour juger la terre et les incroyants, en réponse aux prières des saints qui sont protégés de leurs ennemis par l’Agneau qui s’est offert pour eux en sacrifice expiatoire.
La voix venant de l’autel donne un ordre à l’ange qui tient la sixième trompette: “Délie les quatre anges qui sont enchaînés sur le grand fleuve, l’Euphrate.” Il existe une différence entre ces quatre anges et ceux d’Apocalypse 7:1. Au lieu de retenir les vents dévastateurs, ces anges sont eux-mêmes retenus. Ces anges semblent avoir été retenus contre leur gré, comme les démons confinés dans l’abîme (9:1-3). Certains pensent que ce sont des anges bons, étant donné que le mot “ange” est plus généralement employé dans ce sens dans l’Apocalypse. Mais ce seraient plus probablement des anges mauvais. Cela se voit par exemple par le fait qu’ils sont enchaînés au grande fleuve de l’Euphrate.
Pourquoi les anges sont-ils enchaînés au grand fleuve de l’Euphrate?
L’Euphrate coule en plein territoire païen où se trouve Babylone (pensons au symbolisme de Babylone dans l’Apocalypse). C’est la frontière ultime entre la terre promise et le monde païen. Ces anges viennent donc au-delà de la terre promise. Cette origine de ces anges évoque la prophétie de l’Ancien Testament au sujet d’une armée loin au-delà de l’Euphrate que Dieu devait amener pour juger son peuple pécheur (Ésaïe 5:26-29; 7:20; 8:7-8; 14:29-31; Jérémie 1:14-15, etc.), ainsi que d’autres nations autour d’Israël (Ésaïe 14:31; Jérémie 25:9,26; etc.). En Jérémie 46, un jugement s’en vient contre l’Égypte: les cavaliers de cette armée venant du nord sont comme des serpents, une nuée de sauterelles portant des cuirasses et se tenant sur le bord de l’Euphrate. L’Euphrate est également mentionné en Apocalypse 16:12 lorsque la sixième coupe de colère est déversée sur ce fleuve. La sixième trompette et la sixième coupe semblent évoquer le même événement sous deux angles différents. Tout comme les envahisseurs anciens venant du nord apportaient le jugement de Dieu, de même Dieu laisse aller des envahisseurs angéliques corrompus (ou tout au moins, ce sont des anges de sa colère qui sont envoyés en mission).
Que nous enseignent ces quatre anges au sujet du gouvernement du Seigneur sur toutes choses?
Ces quatre anges “qui étaient prêts pour l’heure, le jour, le mois et l’année, furent déliés pour tuer le tiers des hommes” (9:15). Tout comme les quatre vents avaient été relâchés aux quatre coins de la terre (7:1), de même ces quatre anges sont relâchés pour faire mourir un tiers des hommes. Mais avant d’être relâchés, ils étaient retenus et ils attendaient. Ils n’ont pas eu la permission de faire autre chose que ce pour quoi ils ont été préparés et ce qu’ils ne pouvaient réaliser qu’au moment prévu. Le moment est maintenant venu. Ils sont déliés selon le plan souverain de Dieu, au moment prévu par Dieu pour accomplir le dessein de Dieu. Toute les forces de l’histoire sont sous le contrôle souverain de Dieu. Il est le Tout-Puisant. Que ce soient des anges bons ou mauvais, cela n’y change rien. Dieu envoie des anges de colère frapper la terre de son jugement. Avec le son de la sixième trompette, l’heure du jugement est arrivée, non pas le jugement dernier, mais des jugements que Dieu envoie tout au long de l’histoire.
2. Les guerriers et les chevaux (9:16-19)
Par quel moyen Dieu amène-t-il ici son jugement? Par le moyen de la mort. La vision symbolise le jugement de Dieu sous forme d’une guerre. Des combattants se présentent, prêts pour accomplir leur mandat de tuer avec toutes leurs forces. Jean entend d’abord le nombre de combattants qui se présentent à la guerre. “Le nombre des combattants de la cavalerie était de deux myriades de myriades.” (9:16). D’après certains, la multiplication de ces nombres donnerait deux cents millions ((2 x 10000 x 10000). D’autres pensent que “myriade” désigne un nombre incalculable. Le nombre deux qui double le tout intensifie le caractère innombrable. De toute façon, même si c’était un nombre précis, ce nombre dans l’Apocalypse ne doit pas être pris littéralement, mais il a pour but d’exprimer la dimension gigantesque des armées impliquées dans la bataille.
Ce que Jean a entendu est maintenant confirmé et amplifié par la vision dont il est témoin. L’apparence des cavaliers et des chevaux est aussi terrifiante que leur nombre. (voir 9:17).
Que symbolise l’apparence terrifiante des chevaux sur lesquels sont montés les combattants?
Les guerriers portent des cuirasses de la couleur de feu, d’hyacinthe et de soufre: rouge, bleu et jaune. Cela correspond au feu, à la fumée et au soufre qui sortent de la bouche des chevaux, ce qui exprime l’harmonie complète entre les cavaliers et leurs montures. Ils sont unis dans leur désir de tuer et de détruire. Les chevaux sont équipés pour la destruction. Leur tête est comme la tête des lions, forte et meurtrière; leur queue est comme des serpents qui ont une tête pouvant infliger des blessures mortelles. Ils peuvent donc tuer avec la gueule et avec la queue où se trouve concentré leur horrible pouvoir. Il n’est pas possible d’y échapper. Cette description fait penser à des machines de guerre, dont le développement illustre les terreurs représentées dans notre vision. Les démons sont des êtres féroces et meurtriers qui affligent les gens d’une manière dévastatrice. Il suffit de lire l’histoire du vingtième siècle pour s’en rendre compte, mais l’histoire des siècles précédents a aussi été témoin de tant de guerres meurtrières. L’expression “le feu et le soufre” est employée ailleurs dans l’Apocalypse pour décrire le jugement dernier qui s’abattra à la fin des temps sur les idolâtres, le dragon, la bête et le faux prophète. (14:10; 19:20; 20:10; 21:8). Il est question ici d’un jugement semblable affligeant les hommes, mais qui précède le jugement dernier et qui s’abat sur le monde tout au long de l’histoire.
Au verset suivant, la nature destructrice du jugement exécuté par les chevaux démoniaques est de nouveau soulignée par la répétition de l’expression. “Le tiers des hommes fut tué par ces trois fléaux, par le feu, par la fumée et par le soufre qui sortaient de leurs bouches.” (9:18). On se souvient de la destruction de Sodome et Gomorrhe par le soufre et par le feu. Cette destruction fut totale. La même sévérité du jugement est tout autant fatale. Elle ne fait par mourir la totalité des hommes d’une ville ou d’un lieu précis, mais elle fait mourir une bonne partie des habitants de toute la terre. Lors de la cinquième trompette, de la fumée sortait du puits de l’abîme et se répandait sur toute la terre pour polluer l’atmosphère spirituel. Ici, les humains sont également incommodés par la fumée, mais également par le feu d’où vient la fumée, ce qui représente une intensification du jugement de Dieu sur les incrédules.
Dans la section précédente, la cinquième trompette avait provoqué l’ouverture du puits de l’abîme et avait fait répandre sur la terre l’effet polluant d’une innombrable armée de démons représentés par des sauterelles. Les puissances des ténèbres étaient affairées à opérer leur oeuvre mauvaise dans le coeur et les pensées des gens. Ceux qui n’avaient pas sur le front le sceau de Dieu étaient tourmentés par la morsure des sauterelles à queue de scorpion. Avec la sixième trompette, les puissances des ténèbres continuent d’opérer leur effet destructeur, mais cette fois-ci de façon extérieure sur la vie même des hommes. Les hommes deviennent guerriers et se détruisent les uns les autres.“Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume.” (Matthieu 24:7). La guerre présentée dans cette vision n’annonce pas une guerre particulière, par exemple la deuxième guerre mondiale ou encore une guerre à venir dans l’histoire. Elle pourrait symboliser toutes les guerres effroyables qui ont fait rage et qui feront rage jusqu’au retour du Seigneur, toujours plus étendues tout au long de l’histoire. On peut aussi penser que cette vision représente le fléau de la mort en général. Les sauterelles n’ont pas eu la permission de tuer, mais les chevaux qui viennent de l’Euphrate ont reçu cette permission de tuer. Ils tuent toute la personne, physiquement et spirituellement. Ils n’amènent pas le jugement dernier, mais un jugement qui est lié au dernier et qui prépare la venue du jugement dernier. Ce fléau de la mort peut inclure toutes sortes de morts que subissent les hommes: par maladie, par accident tragique, etc. La mort qui frappe leur corps rend tout à fait certain leur mort spirituelle pour toute l’éternité, car ceux qui sont physiquement morts dans un état incrédule demeureront dans cette condition pour toujours. Certains pensent aussi que les images des versets 17-19 ne représentent pas simplement les guerres dans l’histoire humaine, mais bien la guerre spirituelle qui fait rage, où la tromperie mensongère du diable mène à la mort aussi bien physique qu’éternelle.
Au verset 19, on apprend que “le pouvoir des chevaux est dans leurs bouches et dans leurs queues; leurs queues sont semblables à des serpents; elles ont des têtes, et c’est par elles qu’elle font du mal.” Il est possible de penser que ce pouvoir dans leurs bouches représente les faux enseignements trompeurs qui gardent les gens dans la mort spirituelle (voir le lien entre la bouche et la tromperie en 12:15-16; 13:3-8). Dans ce cas, les fléaux qu’ils infligent ne seraient pas directement la guerre ou la mort physique, bien que celle-ci soit la conséquence de la désobéissance et la suite logique de la mort spirituelle. On peux penser à la comparaison avec les serpents, comme le serpent du jardin d’Eden qui a menti et entraîné l’humanité dans la mort spirituelle, puis physique. Il ne faut pas sous-estimer la puissance de mort qui existe dans le mensonge et la tromperie, dans les faussetés enseignées par les sectes occultes perverses ou dans les philosophies très sombres qui sont communiquées ou enseignées aux enfants dans les écoles sécularisées, qui rongent l’âme des jeunes et mènent parfois jusqu’au suicide.
Ces chevaux sont associés à Satan et nous font penser aux sauterelles à queue de scorpion de la cinquième trompette, dont le pouvoir de nuire aux hommes se trouvait dans la queue. Ces sauterelles n’avaient pas le pouvoir de nuire à ceux qui avaient le sceau de Dieu. Avec la sixième trompette, il n’est pas spécifié si le pouvoir des cheveux est restreint à faire du mal aux non chrétiens ou s’il s’étend à tous.
Pensez-vous que les croyants sont immunisés contre le pouvoir des chevaux de faire du mal?
Dans un sens, chrétiens comme non chrétiens sont victimes des guerres de toutes sortes et de morts de toutes sortes. Nous avons toutefois la grande assurance que la mort d’un croyant, quelle que soit la circonstance, n’est pas un jugement de Dieu contre lui, mais au contraire elle signifie “une mise à mort du péché et une entrée dans la vie éternelle” (Catéchisme de Heidelberg, Q&R 42). Cela signifie que les chevaux de la sixième trompette n’ont pas le pouvoir de faire du mal aux chrétiens et de leur infliger un jugement qui serait annonciateur du jugement dernier. Les chrétiens ne sont pas immunisés contre la mort physique, mais sont protégés des effets mortels des tromperies du diable et du mal mortel qu’il inflige à l’humanité sans Dieu. Voilà une immense consolation pour tout chrétien au milieu d’un conflit armé, ou aux prises avec une menace de mort, ou simplement dans un monde de mensonge et de tromperie qui ne peut qu’entraîner la société vers la mort.
Rappelons-nous que l’ouverture du quatrième sceau avait déclenché des guerres. Le cheval de couleur verdâtre était monté par un cavalier qui se nommait la mort et il était accompagné d’un ami qui s’appelait le séjour des mort. “Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la peste et par les bêtes sauvages de la terre.” (6:8). Cette fois-ci, c’est le tiers des hommes qui sont frappés. Le quatrième sceau et la sixième trompette représentent la même réalité, mais sous deux angles différents, avec l’idée d’une intensification. Dans le cas du quatrième sceau, ces guerres étaient décrites sous l’angle des épreuves que les chrétiens doivent subir et endurer avec le reste de l’humanité. Ici, dans le cas de la sixième trompette, les guerres sont présentées sous l’angle d’une punition et d’un avertissement pour les non croyants. Dans la providence souveraine de Dieu, une même guerre peut servir différentes fins, aussi bien pour les enfants de Dieu que pour ceux qui lui sont rebelles. Ces guerres sont la punition de Dieu pour les péchés du monde, mais étant donné que leur étendue est encore restreinte, elles sont en même temps un avertissement à se repentir et à se tourner vers Dieu (voir 6:1).
En comprenant la vision de cette manière, nous rejetons l’interprétation selon laquelle serait représentée ici l’avancée des nations païennes contre les nations chrétiennes ou contre le peuple juif, ainsi que la lutte pour la domination mondiale. L’objection principale contre cette exégèse, en plus du fait que la vision ne parle pas d’une lutte de pouvoir, mais d’un massacre, est que cette vision concerne l’humanité et non le christianisme.
3. Le résultat du malheur (9:20-21)
Bien qu’un tiers soit tué, il ne se trouve pas de conversion parmi les survivants. Ils continuent simplement à adorer leurs démons et leurs idoles et à commettre des péchés contre les deux tables de la loi. “Il ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs sortilèges, ni de leur inconduite, ni de leurs vols.” (9:21). Voilà le triste résultat des jugements du Seigneur par lesquels se révèle non seulement sa colère, mais aussi sa patience envers un monde impénitent.
Remarquez de quoi ces gens ne se repentent pas et dans quel ordre leurs péchés sont énumérés. Cela fait penser aux dix commandements résumés par les deux grands commandements d’aimer Dieu en premier et d’aimer son prochain comme soi-même: “Ils ne cessèrent pas d’adorer les démons et les idoles d’or, d’argent, de bronze, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir ni entendre ni marcher.” Ils manifestent tant d’obstinations à pécher contre Dieu, le vrai Dieu vivant qui voit, entend et agit puissamment et qui est digne d’être aimé de tout notre coeur et d’être adoré éternellement. Obstinations ensuite à détester son prochain: “Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs sortilèges, ni de leur inconduite, ni de leurs vols.” Voilà la réalité qui nous entoure encore aujourd’hui. Malgré les jugements de Dieu qui frappent le monde et l’humanité de toutes sortes de manières, incluant la mort, beaucoup ne se repentent pas.
Quels sont les buts visés par les jugements de Dieu?
Ses jugements visent tout d’abord, bien sûr, la manifestation de la colère de Dieu. Dieu est juste et il manifeste sa juste colère contre un monde qui s’est détourné de son Créateur. Ses jugements visent également à lancer des avertissements et des appels à la repentance. Les trompettes sonnent l’alarme avant qu’il ne soit trop tard et que le jugement dernier préfiguré par ces jugements partiels ne vienne conclure l’histoire du monde. Mais comme les hommes ne se repentent pas de leurs péchés malgré tous ces jugements, mais s’endurcissent davantage, un autre but visé par ces jugements est de produire un effet qui condamne encore davantage. Les démons infligent la mort physique sur beaucoup de gens qu’ils ont gardé dans la servitude de la tromperie et du mensonge. Ils gardent les autres dans cet état d’endurcissement, de tromperie et de péchés de toutes sortes. Cela nous fait penser aux fléaux d’Égypte. Même la mort des premiers-nés, qui a conduit à la délivrance d’Israël, s’est terminée par l’endurcissement du coeur des Égyptiens et non par la repentance, afin que le péché des Égyptiens devienne d’autant plus manifeste et qu’ils soient reconnus comme inexcusables.
Un autre but visé par les jugements de Dieu peut être déduit du contexte général du livre de l’Apocalypse. Ce livre a été donné à une Église sévèrement persécutée en vue de la consoler et de l’encourager. Les jugements de Dieu sur un monde rebelle contre Dieu et ennemi de son Église visent un but pastoral: que le peuple de Dieu ne perde pas courage, mais qu’au milieu des combats et de l’antagonisme, l’Église continue à être témoin fidèle dans ce monde et à persévérer jusqu’à la fin. Continuons à vivre comme des lumières dans ce monde de ténèbres, d’abord pour la gloire de Dieu, mais aussi pour servir d’instruments à la mission de Dieu dans ce monde. Le Seigneur rassemble son Église de tout peuple et de toute nation, il amène à la repentance et à la foi tous ceux qu’il a élus de toute éternité. Il les garde et les protège jusqu’à la fin pour le grand jour de son retour. Tout comme l’endurcissement et le jugement des Égyptiens a signifié la délivrance du peuple d’Israël, de même, ce jour-là, l’endurcissement et le jugement dernier des rebelles non-repentants signifiera la délivrance complète de l’Épouse du Seigneur qui s’est préparée à la rencontre de son Époux.
Paulin Bédard, pasteur
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