L’ange avec le petit livre et les sept tonnerres

Source: Creative Commons, Flickr, Mary
APOCALYPSE 10:1-11
L’ANGE AVEC LE PETIT LIVRE ET LES SEPT TONNERRES
Le chapitre précédent nous a fait entendre le son de la cinquième et de la sixième trompettes qui ont amené le premier et le deuxième malheurs. Puisqu’on nous a annoncé sept trompettes et trois malheurs (8:2; 9:12), on s’attendrait à ce que ce chapitre nous présente la septième trompette amenant le troisième malheur. La séquence à laquelle nous nous attendrions est toutefois interrompue par un interlude qui s’étend d’Apocalypse 10:1 à 11:14. Nous avions déjà observé un phénomène semblable entre le sixième et le septième sceau. Cet épisode comprend deux parties: la vision de l’ange avec le petit livre (10:1-11) et la vision des deux témoins (11:1-14). Ces visions sont inter-reliées et sont conçues pour réconforter les Églises, les préparer au combat dans lequel elles sont engagées et leur donner une perspective de la victoire qu’elles obtiendront. Ces visions n’annoncent pas des événements qui suivent les événements des chapitres 8 et 9, mais couvrent la même période de temps. Les six premières trompettes ont attiré notre attention sur les jugements que les gens sans Dieu subissent tout au long de l’histoire de l’Église. La parenthèse d’Apocalypse 10:1 à 11:13 explique la relation qui existe entre les non croyants et les croyants durant la même période de temps: les non croyants persécutent les croyants. C’est une des raisons pour lesquelles les trompettes sonnent: les non chrétiens sont punis du fait qu’ils persécutent les chrétiens.
La parenthèse précédente d’Apocalypse 7, après les six premiers sceaux, nous a montré que les chrétiens sont scellés, ils sont protégés de la destruction produite par les jugements de Dieu: les 144 000 élus seront tous rassemblés, il n’en manquera pas un. Une foule innombrable de gens de toute nation sera réunie autour du trône pour adorer Dieu et l’Agneau éternellement. Ici, dans cette deuxième parenthèse, les chrétiens sont rendus capables de rendre un témoignage fidèle à l’Évangile au milieu de la persécution, ce qui prépare le jugement dernier de ceux qui rejettent leur témoignage. Cette parenthèse n’est donc pas une suite chronologique entre la sixième et la septième trompette, mais donne un éclairage supplémentaire sur l’ensemble de la période couverte par les six trompettes. Cela permet de mieux comprendre que les trompettes sont des réponses de Dieu aux prières des saints qui vivent au milieu de leurs oppresseurs. La parenthèse du chapitre 7 soulignait la récompense des croyants. La parenthèse des chapitres 10 et 11 souligne davantage le jugement des incroyants basé sur le témoignage des croyants qu’ils rendent au milieu de la souffrance. Jean reçoit de nouveau l’ordre de prophétiser, ce qui lui procure joie et douleurs.
Thème: Les chrétiens sont rendus capables de témoigner fidèlement de l’Évangile au milieu des persécutions.
1. L’ange puissant avec le petit livre - Un messager universel (10:1-2)
2. Les sept tonnerres – Un message caché (10:3-4)
3. Le serment – Un accomplissement sans délai (10:5-7)
4. La mission – Une mission renouvelée (10:8-11)
1. L’ange puissant avec le petit livre - Un messager universel (10:1-2)
L’ange puissant que Jean a vu descendre du ciel est appelé “un autre ange”, ce qui le distingue des sept anges avec les trompettes. C’est un géant, magnifique et plein de force, un pied posé sur la mer, l’autre sur la terre, le visage comme le soleil qui produit un arc-en-ciel autour de sa tête. Certains ont pensé que c’était Jésus glorifié en personne. Il détient des attributs qui appartiennent seulement à Dieu ou à Jésus. D’autres disent que ce serait un ange extraordinaire, car il est appelé un “autre” ange. Cet ange puissant serait alors envoyé à titre de représentant de Jésus.
Que signifie que l’ange soit vêtu d’un nuage et qu’il ait l’arc-en-ciel sur sa tête?
Le nuage symbolise le fait que Dieu règne et qu’il juge dans sa souveraine majesté. Dans l’Ancien Testament, c’est seulement Dieu qui vient du ciel dans un nuage. “La nuée et l’obscurité l’environnent, la justice et le droit sont la base de son trône.” (Psaume 97:2). “Il prend les nuées pour son char.” (Psaume 104:3). Dans Daniel 7:13, c’est plutôt le Fils de l’homme qui vient sur les nuages pour recevoir l’autorité donnée par l’Ancien des jours. C’est ce même Fils de l’homme venant sur les nuées qui est mentionné en Apocalypse 1:7. En Apocalypse 10:1, cet ange puissant qui descend du ciel vêtu d’un nuage est donc soit Jésus lui-même, soit un ange bien spécial qui est présenté comme un ambassadeur du Dieu tout-puissant qui règne et qui juge. L’arc-en-ciel rappelle l’alliance faite avec Noé et toute l’humanité. L’arc-en-ciel représente la fidélité de Dieu à ses promesses. Jean a déjà vu le trône de Dieu environné d’un arc-en-ciel (4:3), indiquant que tous les actes de jugement et de royauté de Dieu se font toujours dans la perspective de la fidélité à ses promesses en faveur de son peuple. L’ange est donc soit Jésus soit un ambassadeur du Dieu qui est fidèle à sa parole et à sa promesse (voir 4:3). Deux autres caractéristiques de son apparition montrent que l’ange est étroitement associé au Seigneur Jésus-Christ: son visage est comme le soleil et ses jambes sont comme des colonnes de feu. Cela nous rappelle la vision initiale et glorieuse que Jean avait eue du Fils de l’homme en Apocalypse 1:15-16. L’image des colonnes de feu rappelle la présence de Dieu au milieu d’Israël dans le désert en vue de protéger et de guider son peuple. La même présence divine protège et guide encore aujourd’hui les témoins fidèles du nouvel Israël de Dieu qui traversent le désert de ce monde. La descente de cet ange puissant indique que Dieu est fidèle et puissant pour exercer son règne et accomplir fidèlement son plan dans l’histoire et son alliance en faveur de son peuple.
Cet ange “tenait à la main un petit livre ouvert” ou encore un rouleau. On peut se demander si c’est le même rouleau que celui d’Apocalypse 5. En Apocalypse 5, le rouleau était scellé, l’Agneau qui était le seul digne de l’ouvrir l’a reçu de son Père. La scène se passait au ciel. Ici, il est question d’un petit rouleau qui est tenu par l’ange puissant et qui sera donné à Jean. Le petit rouleau est ouvert et la scène se passe sur terre. En Apocalypse 5, la scène avait pour but de nous amener à l’adoration. Ici, la scène a pour but d’encourager l’Église dans son témoignage prophétique dans le monde. Il se peut que les deux rouleaux soient le même et qu’ils représentent tous les deux symboliquement le plan de Dieu fondé sur la mort et la résurrection de Jésus concernant le jugement et la rédemption. Il se peut aussi que le petit rouleau contienne seulement une partie du premier rouleau. Jésus a reçu le rouleau de Dieu sur le trône, il l’a ouvert parce qu’il exerce l’autorité pour exécuter le plan de Dieu qu’il a commencé à accomplir. Une partie de ce plan consiste à protéger son peuple qui souffre dans l’épreuve et à juger le monde qui persécute son peuple. Nous en apprendrons un peu plus sur ce petit livre à la fin de la vision dans les versets 8-11.
Que signifie que l’ange a posé son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre?
Son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre expriment le fait que sa mission s’étend au monde entier. La majesté et la fidélité de Dieu ainsi que la gloire et la puissance de Jésus-Christ descendent sur terre par cet ange de Dieu qui vient accomplir sa mission sur la terre entière. Ses jambes ou plus exactement ses pieds comme des colonnes de feu se posent sur la mer et sur la terre. Sa présence protectrice parmi son peuple et la direction qu’il donne à son peuple se font sentir sur le monde entier. Il règne souverainement sur le monde, même sur le dragon qui se tient sur le sable de la mer (12:18), sur la bête qui vient de la mer (13:1) et sur la bête qui vient de la terre (13:11).
2. Les sept tonnerres – Un message caché (10:3-4)
L’ange cria d’une voix forte comme le rugissement impressionnant d’un lion qui fait résonner sa voix jusqu’aux coins les plus reculés du monde. L’ange puissant occupe une position d’autorité souveraine sur toute la création du fait qu’il a entre ses mains le petit rouleau. Ce cri est comme un signal qui donne un ordre, car dès que le cri est entendu, “les sept tonnerres firent entendre leur voix”. Le texte original présente “les” sept tonnerres comme étant un groupe distinct, différent des sept sceaux et des sept trompettes. Puisque le texte mentionne que les tonnerres font entendre leurs voix, cela implique que ces voix ne sont pas juste des coups de tonnerres entendus par Jean, mais des messages qui lui sont transmis par ces tonnerres. Jean a compris ces messages, car il se préparait à les mettre par écrit. Au début du livre de l’Apocalypse, il avait reçu l’ordre de mettre par écrit les visions qui lui seraient montrées (1:11). Dans ce cas-ci, il n’est pas permis à Jean de le faire. “Ferme d’un sceau ce qu’ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris pas.” (10:4).
Que nous enseigne le fait que Jean n’a pas eu la permission d’écrire ce que les tonnerres ont dit?
Tout au long de ses expériences visionnaires, Jean a écrit les visions qui lui ont été montrées, sauf certaines. Le message de ces sept tonnerres demeure un mystère qui ne peut pas être résolu et que nous ne devrions même pas essayer de résoudre. Mais le fait que cela soit communiqué nous montre que nous devrions savoir qu’en plus des sept sceaux et des sept trompettes, il y aura sept tonnerres, c’est-à-dire d’autres manifestations spéciales de la colère de Dieu (voir Psaume 20; Exode 19; Apocalypse 8:5). Il ne nous est toutefois pas permis de savoir exactement ce que signifient ces sept tonnerres. Nous ne devrions donc pas essayer de nous enquérir davantage à leur sujet. Nous devrions être contents de savoir, à partir de cette révélation, qu’il ne sera jamais possible de présenter un portrait complet de l’avenir. Le Seigneur nous en a révélé l’essentiel, mais dans sa sagesse il ne nous a pas révélé certains facteurs et certains événements qui auront un impact sur les choses à venir. Tous les calculs et tentatives de deviner le moment exact et les circonstances précises de la venue du Seigneur sont inutiles. Ses plans vont demeurer cachés jusqu’à la fin de l’histoire. Nous sommes appelés à simplement compter sur lui et dépendre de lui. Le fait que les sept tonnerres sont scellés réaffirme encore la nécessité de veiller et de prier (Matthieu 26:41). Par ailleurs, les visions précédentes nous en ont suffisamment fait savoir sur les jugements de Dieu contre le monde non-repentant. C’est maintenant le temps de porter notre attention sur la relation entre le monde non-repentant et les témoins fidèles pendant le temps où les sceaux sont ouverts et où les trompettes sonnent. Les méchants subissent des jugements parce qu’ils rejettent le message des témoins de Dieu et parce qu’ils les persécutent.
3. Le serment – Un accomplissement sans délai (10:5-7)
Contrairement aux sept tonnerres qui sont scellés et cachés, le serment prononcé par l’ange est public et révèle comment l’histoire de la rédemption se terminera. “Et l’ange que j’avais vu debout sur la mer et sur la terre, leva la main droite vers le ciel; puis il jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui s’y trouve, la terre et ce qui s’y trouve, la mer et ce qui s’y trouve, il jura qu’il n’y aurait plus de délai.” (10:5-6). Lever la main droite est un geste qui accompagne l’acte de prêter serment. En Deutéronome 32:40, Dieu lève la main vers le ciel et jure qu’il jugera les méchants. “Moi, je suis vivant pour l’éternité! Si j’aiguise l’éclair de mon épée, et si ma main saisit le droit, je tirera vengeance de mes adversaires et je rendrai la pareille à ceux qui me haïssent.” Le fait que l’ange fasse serment par celui qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve montre encore que Dieu est le Roi souverain sur la création entière. Cette description détaillée du Seigneur par qui l’ange prête serment donne l’assurance que le contenu de son serment s’accomplira certainement, selon la volonté de celui qui est le Créateur et qui règne sur toutes choses. Son règne et sa domination sur toutes choses ont maintenant été confiés à Jésus, qui exerce cette domination encore aujourd’hui et jusqu’à la fin. Le petit livre tenu par l’ange a donc un message d’actualité pour tout être vivant sur terre.
Quelle est la signification du serment de l’ange selon lequel il n’y aurait plus de délai?
Le serment prononcé ici fait penser à celui prononcé en Daniel 12:7. Dans ce passage, Daniel avait eu la vision d’un homme vêtu de lin “qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve; il leva vers les cieux sa main droite et sa main gauche, et il jura par celui qui vit éternellement que ce sera dans un temps, des temps et la moitié d’un temps, et que tous ces événements s’achèveront quand la force du peuple saint sera entièrement épuisée.” Le serment prononcé signifiait qu’il allait certainement rester encore du temps avant l’accomplissement final du Royaume de Dieu. Ici, au contraire, l’ange fait serment qu’il n’y aura plus de délai. Dès que la septième trompette sonnera, “le mystère de Dieu s’accomplira”. Quand Dieu aura décidé de compléter son plan et de terminer l’histoire, il n’y aura plus de délai, ce sera la fin. La période annoncée par Daniel par l’expression “un temps, des temps et la moitié d’un temps” représente l’histoire de l’Église. C’est la première venue de Jésus qui a inauguré le début de cette nouvelle période de l’historie. C’est pourquoi Jean, pour sa part, a pu voir plus précisément le but de Dieu pour l’histoire qui sera alors complété, “comme il en avait annoncé la bonne nouvelle à ses serviteurs les prophètes”. Lorsque la septième trompette sonnera, le Royaume de Dieu viendra sans délai et dans toute sa plénitude. Cela avait déjà été annoncé par les prophètes, mais Daniel n’a pas pu bien comprendre ces prophéties. Il devait garder secrètes les paroles qu’il avait reçues et sceller le livre jusqu’au temps de la fin (Daniel 12:4). Daniel se demandait: “Quand viendra la fin de ces prodiges?” (Daniel 12:6). Le serment de l’homme vêtu de lin fut la réponse qu’il reçut. La vision reçue par Jean en Apocalypse 10 et 11 souligne au contraire quand la prophétie sera accomplie. La différence de perspective entre Daniel et Jean est que, du point de vue de Jean, Jésus est déjà venu accomplir son oeuvre de rédemption à la croix, à sa résurrection et à son ascension. Ce qui était lointain pour Daniel devient proche pour Jean. Lorsque le septième ange sonnera de la trompette, la prophétie de Daniel arrivera à son plein accomplissement. Le plan de Dieu pour l’histoire sera achevé. Il n’aura plus besoin de délai pour accomplir son plan.
Quel réconfort le serment de l’ange procure-t-il à l’Église qui souffre sur la terre?
Ce serment procure une grande consolation aux Églises. Elles sont soumises à de grandes épreuves durant les jours précédant la voix du septième ange, comme on le voit dans la vision suivante. Mais, quoi qu’il leur arrive, rien ne peut leur enlever le salut qui sera révélé. Bien plus, toutes les épreuves doivent servir à amener ce grand salut. En Apocalypse 6:10, les croyants au ciel demandaient: “Jusqu’à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à faire justice et venger notre sang sur les habitants de la terre?” Dieu permet que ses enfants souffrent, mais jusqu’à quand tardera-t-il à juger les oppresseurs de son Église? En Apocalypse 6:11, “il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que soient au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux.” C’était à l’ouverture du cinquième sceau. Mais en Apocalypse 10, nous apprenons que le jugement dernier viendra sans délai lorsque sonnera la septième trompette. Deutéronome 32:40-42 dit que Dieu tirera vengeance de ses adversaires et vengera le sang de ses serviteurs. C’était le sens du serment qu’il avait fait en Deutéronome 32:40. Le serment de l’ange puissant d’Apocalypse 10 a pour but d’affirmer que le plan de Dieu pour l’histoire arrivera finalement à sa fin, que “le mystère de Dieu s’accomplira” et que cet accomplissement final signifiera le jugement dernier et l’établissement final du Royaume de Dieu. Les ennemis de Dieu et de son Église seront punis éternellement et le peuple de Dieu sera entièrement délivré de toute souffrance pour vivre dans la gloire éternelle. Voilà un puissant encouragement pour l’Église qui souffre dans ce monde. De plus, ce serment encourage également les Églises à accomplir fidèlement la mission qui leur est confiée. La dernière partie de cette vision nous parle de cette mission.
4. La mission – Une mission renouvelée (10:8-11)
La voix venant du ciel qui avait commandé à Jean de ne pas écrire la révélation des sept tonnerres lui commande ceci: “Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre… Prends-le et avale-le.” C’est un ordre fondé sur une autorité divine. C’est la troisième fois que Jean mentionne que cet ange se tient debout sur la mer et sur la terre. Cette vision insiste pour dire que cet ange (ou Jésus lui-même) exerce son règne souverain sur la terre entière. Le livre ouvert qui est offert à Jean contient donc un message qui s’applique à tous les habitants de la terre. Jean doit s’approcher de l’ange, prendre le rouleau de sa main et le manger, un geste symbolique exprimant l’assimilation complète du contenu du rouleau (voir Ézéchiel 2:9; 3:1-3). En Apocalypse 5:7-8, l’Agneau avait reçu le livre des mains de Celui qui est sur le trône. Ici, Jean reçoit le petit livre de l’ange qui représente l’Agneau. Jésus a pris et ouvert le rouleau, symbolisant sa nouvelle autorité reçue de son Père après sa mort et sa résurrection pour accomplir son plan de jugement et de rédemption. Jean reçoit ensuite le petit livre ouvert, ce qui signifie qu’il est un instrument utilisé par Jésus pour exécuter son plan de jugement et de rédemption.
L’ange dit à Jean que le rouleau sera amer dans son estomac et provoquera des crampes, mais sera doux comme du miel dans sa bouche. C’est effectivement ce que Jean expérimente une fois qu’il a avalé le petit livre.
Comment est-il possible que le contenu du rouleau soit doux à la bouche et amer à l’estomac?
Le rouleau est la Parole de Dieu et l’Évangile de Jésus-Christ. La Parole de Dieu est douce et agréable au goût, mais sa proclamation est toujours suivie de difficultés et de persécutions. Ézéchiel, qui avait reçu le même ordre de manger le livre de la prophétie, devait s’approprier cette prophétie et devait aussi l’annoncer, ce qui impliquait une annonce du jugement venant de Dieu sur ceux qui ne se repentent pas. Un reste par contre se repentira et reviendra au Seigneur. L’apôtre Jean ne doit pas seulement comprendre et digérer le message de l’Évangile; il doit expérimenter aussi bien la douceur de la Parole de Dieu dans sa vie que l’effet amer des souffrances qui s’en suivent. Il doit porter sa croix dans sa mission de la proclamer à tous. La Parole de Dieu donnait au prophète la force d’accomplir sa mission. La douceur de cette parole représente aussi l’effet positif et joyeux de la Parole sur ceux qui s’y soumettent. Mais le prophète ne fait pas seulement que d’y prendre plaisir. Son appel comporte également l’annonce du jugement, car il est un instrument entre les mains de Dieu. Jean et les chrétiens à qui il s’adressait pouvaient se réjouir du contenu du petit livre, aussi bien les actes de rédemption que les actes de jugement, car c’était le plan de Dieu, la volonté bonne et parfaite de Dieu pour l’Église et le monde. En même temps, ils ne prenaient pas plaisir dans la douleur de la punition de ceux qui rejettent Dieu ni dans le rejet ou les persécutions qu’ils pouvaient subir au milieu du monde. L’amertume, qui est ressentie par Jean dès qu’il a mangé le rouleau, indique que la proclamation de son message lui causera des souffrances et des difficultés du fait qu’il ne sera pas accepté par ceux à qui il est proclamé. Cela ne devrait pas empêcher Jean de continuer sa proclamation. Jean était en exil sur l’île de Patmos à cause du témoignage qu’il avait rendu à Jésus. Il écrivait à des chrétiens mis à l’épreuve à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus (1:9). Dans la souffrance, ils persévéraient dans la proclamation de la Parole de Dieu. C’est pour cette raison qu’il est dit à Jean: “Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois.”
Une fois qu’il a digéré le contenu du petit livre, Jean doit annoncer aussi bien son contenu amer que son contenu doux. Il en reçoit à nouveau la mission. L’étendue de sa mission est universelle, auprès de toutes les nations du monde. La rédemption en Jésus-Christ est promise à tous ceux qui croient en lui, peu importe la langue ou l’origine. De même, le jugement dernier sera universel et frappera tout ceux qui rejettent Dieu, de quelque nation qu’ils soient. Comme nous le verrons dans la vision suivante, cette mission est confiée à toute l’Église du Christ.
Comment cette vision vous encourage-t-elle à continuer d’être des témoins fidèles de Jésus-Christ?
Paulin Bédard, pasteur
Commentaires fermés