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La femme et le dragon (2)

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 12:7-17

 

LA FEMME ET LE DRAGON (2)

 

L’ensemble du chapitre 12 forme une seule vision. Nous avons déjà vu la première partie (12:1-6) qui nous avait fait voir que, derrière l’histoire, se déroule un conflit d’une ampleur gigantesque. Depuis l’entrée du péché dans le monde et depuis la promesse du Sauveur en Genèse 3:15, le dragon essaie de dévorer l’enfant promis qui devait naître de la femme, mais il n’y parvient jamais. Cela résume toute l’histoire de l’Ancien Testament. L’enfant promis est né selon le plan souverain de Dieu, puis, après avoir accompli sa mission sur terre, il est monté au ciel, victorieux. “Il fut enlevé vers Dieu et vers son trône.” (12:5). Le Sauveur est désormais hors d’atteinte des attaques du terrible dragon. Il règne même au ciel. Mais qu’advient-il de la femme qui l’a engendré? Autrement dit, qu’advient-il de l’Église? Le verset 6 nous avait déjà appris que la femme a dû s’enfuir au désert, représentation symbolique du temps d’épreuves qu’elle doit encore traverser sur terre, avec l’assurance toutefois qu’elle sera nourrie et protégée par son Dieu. La suite de notre vision nous en apprend davantage sur le conflit d’envergure cosmique qui s’est déjà déroulé au ciel et qui se déroule encore en ce moment sur terre. Cette vision nous aide à comprendre les enjeux fondamentaux de la vie de l’Église dans ce monde, avec ses luttes et ses combats qu’elle doit mener sur terre. Les onze premiers chapitres de l’Apocalypse nous avaient présenté une fresque de l’histoire de l’Église en nous faisant voir l’avant-scène des événements. Les chapitres suivants nous présentent la même histoire en nous faisant voir les véritables enjeux ainsi que les principaux personnages qui tirent les ficelles en arrière-scène. Ces chapitres nous font comprendre plus en profondeur le véritable sens de l’histoire, nous avertissent de la gravité des dangers qui nous menacent et nous procurent un grand réconfort en nous assurant de la victoire finale du Christ et de son Église.

 

Thème: Dieu protège son Église des attaques redoutables du diable à cause de la victoire de Jésus-Christ sur le diable.

 

1. L’expulsion du dragon hors du ciel (12:7-9)

2. La célébration du triomphe de l’Agneau (12:10-12)

3. La protection de l’Église contre les derniers assauts du dragon (12:13-17)

 

1. L’expulsion du dragon hors du ciel (12:7-9)

 

Apocalypse 12:7-9 nous révèle qu’une guerre a fait rage au ciel opposant Michel et ses anges contre le dragon et ses anges.

 

Qui a déclenché cette guerre au ciel et à quel moment?

 

Plusieurs expliquent le verset 7 de la manière suivante: Le dragon n’ayant pas réussi à dévorer l’enfant lorsqu’il était dans le monde, prend d’assaut le ciel dans une dernière tentative de s’emparer du Seigneur exalté. Cette interprétation est incorrecte. Le texte ne mentionne pas que Satan prit d’assaut le ciel pour essayer de combattre le Seigneur exalté. Il dit simplement qu’il y eut une guerre au ciel et que le dragon ou Satan en fut expulsé. Deux armées redoutables sont en présence l’une de l’autre, toutes les deux sous la direction d’un général en chef. C’est toutefois l’armée de Michel qui lance l’attaque et qui commence à combattre le dragon. C’est lui qui déclenche les hostilités et prend l’initiative du combat. “Michel et ses anges combattirent le dragon. Le dragon combattit, lui et ses anges.” (12:7).

 

Le nom de Michel signifie “Qui est comme le Seigneur?” D’après Daniel 10:13,21 et 12:1, c’est un archange commandant l’armée céleste. Dans le livre de Daniel, Michel combat avec le Fils de l’homme en faveur d’Israël contre les forces du mal (Daniel 10:13,21). Les deux sont toutefois deux personnages distincts, aussi bien dans Daniel que dans l’Apocalypse. Michel se porte à la défense d’Israël contre les Perses et viendra délivrer Israël de sa captivité à la fin des temps. En Apocalypse 12, Michel reçoit le pouvoir de combattre dans le domaine céleste à cause de la victoire du Fils de l’homme qui est venu sur terre, qui n’a pas été dévoré par le dragon et qui est monté au ciel sur son trône. En d’autres mots, la mort et la résurrection de Jésus sur terre et le début de son règne au ciel se font immédiatement sentir au ciel par la victoire de Michel et de ses anges contre le diable et ses anges. L’oeuvre rédemptrice de Jésus sur terre a pour effet la victoire de Michel au ciel. Dans cette guerre céleste, ce n’est pas l’ascension de Jésus et son règne au ciel qui sont en jeu, mais l’expulsion de Satan des lieux célestes. C’est la raison pour laquelle Michel déclare la guerre à Satan et que Satan combat pour garder accès au ciel. Mais même si le dragon et ses anges font tout ce qu’ils peuvent pour gagner, ils sont totalement défaits. “Le dragon combattit, lui et ses anges, mais il ne fut pas le plus fort, et il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. Il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan.” (12:7-8). Les versets 7 à 9 ne sont donc pas chronologiquement consécutifs aux versets 1 à 6. Ils sont plutôt la contrepartie céleste des événements qui se sont déroulés sur la terre tels que décrits dans les versets 1 à 6. Ce passage nous présente sous forme symbolique les effets de la naissance, de la mort, de la résurrection et de l’ascension de Jésus. C’est au moment où ces actes rédempteurs se sont produits que le dragon et ses anges furent vaincus au ciel et précipités sur la terre.

 

Que signifie que le dragon et ses anges n’ont plus de place au ciel?

 

Cela signifie que Satan a perdu sa place près de Dieu pour accuser les frères. Les noms qui sont donnés au dragon au verset 9 sont significatifs. Ils illustrent à la fois la profondeur de sa nature pernicieuse et la grandeur de la victoire obtenue. Il est le serpent ancien de Genèse 3 qui a réussi à tenter Ève et à faire entrer le péché dans le monde par la désobéissance d’Adam. Il s’appelle Satan, l’adversaire, l’ennemi de l’Église, dont le seul but est de détruire l’oeuvre de Dieu et d’anéantir le peuple de Dieu. Il est le diable, c’est-à-dire l’accusateur. C’est particulièrement à titre d’accusateur qu’il n’a plus de place au ciel. Le diable se plaît à rappeler à Dieu les péchés des croyants afin de les accuser et de les priver de la communion bénie avec Dieu. Puisque Dieu est saint, il ne peut tolérer le péché, et puisque nous sommes pécheurs, le diable semble avoir raison de nous accuser de toutes nos désobéissances. Tant que Jésus-Christ n’est pas mort pour les péchés de son peuple et tant que son sacrifice expiatoire n’a pas été couronné par sa résurrection et son ascension, le diable avait le droit d’accuser les croyants à cause de leur culpabilité. On ne pouvait pas lui refuser accès au ciel pour l’empêcher d’accuser le peuple de Dieu. Nous connaissons l’exemple de Job où Satan essayait tant bien que mal d’accuser le serviteur de Dieu (voir Job 1; Zacharie 3:1-5). Satan s’est servi de toutes les occasions possibles pour agir en tant qu’accusateur de tous les croyants. “Car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit.” (12:10). Mais depuis la mort de notre Sauveur sur la croix, l’expiation de nos péchés est accomplie et Dieu a obtenu entière satisfaction pour tous nos péchés. Le fait que Jésus soit monté au ciel est l’attestation que son Père est pleinement satisfait de son oeuvre expiatoire. Le diable n’a donc plus raison de nous accuser. C’est la raison pour laquelle il n’y a plus de place pour lui au ciel et qu’il est précipité sur la terre. “Qui accusera les élus de Dieu? Dieu est celui qui justifie! Qui les condamnera? Le Christ-Jésus est celui qui est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous!” (Romains 8:33-34). La présence de notre Avocat à la droite de Dieu est source d’immense réconfort pour des pécheurs pardonnés que nous sommes.

 

La défaite de Satan au ciel ne signifie toutefois pas qu’il est immédiatement jeté dans le lac de feu. Avant sa défaite finale, il est d’abord précipité sur la terre, lui et ses anges maléfiques. S’il ne peut plus nous accuser au ciel en présence de Dieu, il est encore notre adversaire et il s’affaire à séduire la terre.

 

De quelle façon Satan séduit-il ou trompe-t-il la terre habitée?

 

2. La célébration du triomphe de l’Agneau (12:10-12)

 

Le verset 10 parle d’une voix forte sans mentionner qui est celui qui parle. Toute l’attention est ainsi dirigée sur le contenu de la parole qui est entendue au ciel (voir 11:15). Cette voix forte célèbre la victoire qui vient d’être remportée en nous annonçant les effets de la défaite du dragon.

 

Quels sont les effets de la défaite de Satan?

 

Les versets 10 à 12 nous font connaître trois effets principaux de la défaite de Satan délogé du ciel par le Christ victorieux. Tout d’abord, par cette défaite, le salut de Dieu accompli par Jésus-Christ est arrivé et il devient manifeste. “Maintenant est arrivé le salut, ainsi que la puissance et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ.” (12:10). Le mot “maintenant”, mis en évidence par le fait qu’il se trouve au début de la phrase, se rapporte à l’expulsion du dragon. Les articles définis employés avant les noms signifient la plénitude et le caractère absolu de ce salut, de cette puissance, de ce règne et de cette autorité. Les mots “est arrivé” expriment non seulement le fait qu’ils ont été révélés, mais aussi qu’ils ont été fermement établis. À cause de la défaite du dragon, le salut de Dieu a été obtenu et manifesté. Son royaume et sa puissance étaient contestés, mais maintenant ils sont défendus et proclamés. Le ciel acclame la victoire du Christ et son autorité incontestée. Cette acclamation n’annonce pas un royaume purement à venir, mais célèbre le royaume déjà réellement établi. Maintenant que l’enfant “fut enlevé vers Dieu” (12:5), le salut, la puissance, le règne et l’autorité appartiennent à Dieu et à son Christ.

 

Deuxièmement, cette défaite a pour effet d’amener le peuple de Dieu à persévérer dans son témoignage. “Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort.” (12:11). Le pronom “ils” au pluriel se rapporte aux “frères” du verset précédent. Les croyants sont appelés “nos frères” par la voix céleste, ce qui montre leur unité spirituelle intime. Ces frères sont victorieux sur leur accusateur. De quelle manière? C’est la mort même de l’Agneau qui est le fondement de leur victoire: “ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau”. La mort de leur Substitut leur permettra de renverser les accusations du diable. Mais la phrase du verset 11 contient une seconde affirmation montrant de quelle manière ils obtiennent la victoire: “…et à cause de la parole de leur témoignage”. Leur témoignage sera le moyen par lequel leur victoire sera accomplie. Leur persévérance à témoigner de leur foi au milieu même de la persécution leur permettra de parvenir au salut final. À première vue, cette victoire peut paraître une défaite, car leur témoignage les mène parfois jusqu’à la mort à cause de leur foi. Mais la victoire sur leur adversaire redoutable se manifeste par le fait qu’ils sont prêts à persévérer jusqu’à mourir à cause de leur foi. Ainsi, la victoire décisive au ciel contre le dragon et son armée a pour effet de produire sur terre une grande victoire tout au long de l’histoire de l’Église.

 

Avez-vous déjà pensé comment vous réagiriez si vous étiez sévèrement persécuté à cause de votre foi?

 

Troisièmement, la défaite du dragon a pour effet d’appeler le ciel et ses habitants à se réjouir de la victoire du Christ. “C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez les cieux!” (12:12). Le ciel et ses habitants sont exhortés à se réjouir de la conséquence de cette défaite de Satan. Nous savons que le ciel se réjouit chaque fois qu’un pécheur se repent et que le bon Berger ramène à lui des perdus. Mais lorsque le dragon fut délogé définitivement du ciel, le ciel s’est beaucoup réjoui de cette éclatante victoire, et le ciel continue de se réjouir aujourd’hui. Qui sont les habitants du ciel? Nous pensons aux croyants décédés qui habitent dans le temple de Dieu, mais ces habitants doivent aussi inclure l’ensemble des êtres célestes, anges, archanges, séraphins, chérubins, etc.

 

Cet appel à se réjouir s’accompagne toutefois d’un “malheur à la terre et à la mer!” C’est le quatrième effet de la défaite du dragon. La raison de ce malheur est la suivante: “Car le diable est descendu vers vous, plein de fureur, sachant qu’il a peu de temps”. Le malheur est donc annoncé, car le diable va désormais concentrer ses efforts à produire le chaos chez les habitants de la terre. Comme nous le voyons dans les versets suivants, la colère furieuse du diable est dirigée principalement contre les croyants. La colère du diable est grande, car il se rend compte qu’il lui reste peu de temps. Les premiers chrétiens espéraient le retour imminent du Christ et cette espérance est demeurée vivante tout au long de l’histoire. Cette espérance de la fin prochaine de toute chose a pour effet de motiver les chrétiens à faire le bien. Le diable aussi sait qu’il lui reste peu de temps, et cela le motive à faire le mal encore davantage. Il veut produire autant de destruction que possible avant la fin. Nous devons demeurer conscients que Satan cherche à causer d’immenses dégâts dans ce monde. En même temps, ses oeuvres destructrices ne devraient pas nous décourager, car Satan est définitivement du côté des perdants, et il le sait très bien.

 

3. La protection de l’Église contre les derniers assauts du dragon (12:13-17)

 

Même si le dragon est chassé du ciel, il n’est pas encore jeté dans le lac de feu (20:10). Il a encore l’occasion de persécuter la femme.

 

Pourquoi le dragon persécute-t-il la femme?

 

Quand le dragon vit qu’il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle.” (12:13). Il persécute la femme parce qu’elle a donné naissance à cet enfant. C’est une autre façon d’exprimer sa colère contre l’enfant. Le diable ne peut plus rien contre Jésus. En plus, il a été délogé du ciel, alors combattons encore plus férocement son Église! Un élément intéressant de toute cette vision est que le peuple de Dieu de l’Ancien Testament et le peuple de Dieu du Nouveau Testament sont tous les deux représentés par la même image, celle de la femme. Cette femme est la même, aussi bien dans l’Ancien Testament (celle qui espérait et attendait la naissance de l’enfant promis), que dans le Nouveau Testament (celle qui maintenant doit trouver refuge dans le désert). Nous voyons dans cette figure une indication supplémentaire de la continuité de l’alliance au long de l’histoire, l’unité du plan de Dieu et le fait que Dieu n’a qu’un seul peuple, une seule Église, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin.

 

Le verset 6 nous avait déjà expliqué que cette femme s’est enfuie dans le désert pour échapper à la colère du dragon. Cette fois-ci, le verset 13 ne dit pas qu’elle s’enfuit, mais il dit qu’elle vole: “Alors, les deux ails du grand aigle furent données à la femme pour s’envoler au désert, vers son lieu…”

 

Pourquoi la femme vole-t-elle sur des ailes d’aigle? Quelle est la signification de ce langage figuré?

 

La femme devient forte dans sa faiblesse et victorieuse dans son envol. Sa force ne lui vient pas d’elle-même, mais des deux ailes du grand aigle qui lui sont données. Ces deux ailes sont souvent comprises comme le symbole de la foi et de la prière, les armes les plus fortes de l’Église dans sa lutte contre Satan et le monde. Mais rien n’indique dans le texte que ce soit la signification des deux ailes. Il semble préférable d’expliquer ces ailes du grand aigle à la lumière de passages comme Exode 19:4; Deutéronome 32:11 et Ésaïe 40:31, qui représentent la protection accordée par le Seigneur et la puissance qu’il donne à son Église. “Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait à l’Égypte: je vous ai portés sur des ailes d’aigle et fait venir vers moi.” (Exode 19:4). “Le partage de l’Éternel, c’est son peuple… Il le gardait comme la prunelle de son oeil, pareil à l’aigle qui éveille sa nichée, voltige sur ses petits, déploie ses ailes, les prends, les porte sur ses plumes.” (Deutéronome 32:11). “Mais ceux qui espèrent en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent leur vol comme les aigles, ils courent et ne se lassent pas. Ils marchent et ne se fatiguent pas.” (Ésaïe 40:31). Cette protection et cette puissance sauvent la femme de la destruction par le dragon, mais ne la sauvent pas des problèmes et des difficultés. Sa place demeure dans le désert, qui n’est pas le pays de rêve et de repos, mais qui conduit vers ce pays. Peu importe ce qui lui arrive et les afflictions qu’elle traverse, elle sera gardée et protégée contre les attaques meurtrières du dragon.

 

Dans ce désert, “elle est nourrie un temps, des temps et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent.” Elle est non seulement protégée, elle est également alimentée, même si son lieu d’habitation temporaire est hostile et ne lui fournit pas de façon naturelle la manne spirituelle de la Parole dont elle a besoin. La durée indiquée par cette expression est identique aux 1260 jours du verset 6 et aux 42 mois d’Apocalypse 11:2 et se rapporte aux temps d’affliction et de persécution (Daniel 7:25; 12:7). Cette expression donne l’impression d’une longue période de temps suivie d’une période de temps encore plus longue. Même si cette période semble sans fin, la fin viendra soudain, de façon inattendue, comme l’exprime la moitié d’un temps. Il s’agit de la période de l’histoire s’étendant de la première venue de Jésus jusqu’à son retour. Dans l’Ancien Testament, Israël se souvient d’avoir vécu une période très marquante de son histoire d’une durée de trois ans et demis (Jacques 5:17; 1 Rois 17). C’était à l’époque du roi Achab et du prophète Éli. Cette période fut ressentie comme longue du fait que l’Église était persécutée, mais non abandonnée. La Parole de Dieu exerçait une grande puissance et le prophète Éli fut nourri miraculeusement. De même, la période actuelle où l’Église proclame l’Évangile est un temps où l’Église est persécutée, mais non détruite. Dieu, par sa puissance, la protège et la nourrit spirituellement, après quoi viendra la persécution finale de trois jours et demis (Apocalypse 11:7-13) puis le jugement dernier.

 

Le dragon, incapable de saisir la femme directement et immédiatement, “de sa gueule lance de l’eau comme un fleuve derrière la femme, afin de la faire entraîner par le fleuve” (12:15). Dans la Bible, des fleuves d’eau peuvent symboliser une armée faisant la conquête d’un pays (Daniel 11:10,22,26,40), ou encore un jugement de Dieu (Psaume 32:6; 90:5), ou les dures épreuves et les persécutions (voir Psaume 124:4; Ésaïe 43:2). Le texte réfère aux efforts de Satan qui cherche à détruire l’Église et à l’éliminer complètement de la surface de la terre. Pour ce faire, il emploie divers moyens: la persécution de masse, les faux enseignements, les ruses et les tromperies séductrices… Remarquez que l’eau sort de la gueule du serpent. Dans la Genèse, c’est une parole trompeuse et mensongère qui était sortie de la gueule du serpent et qui entraîna l’humanité dans le péché et la mort. Encore aujourd’hui, Satan essaie de détruire l’Église par toutes sortes de moyens rusés. Mais ses tentatives échouent. La terre vient en aide à la femme en ouvrant sa bouche et en engloutissant le fleuve que le dragon a déversé derrière elle. Cette image représente de manière figurée la protection divine. Dieu protège son Église face aux tentations d’accepter les compromis ou face à la persécution et aux enseignements trompeurs. Tout comme l’eau pénètre dans le désert sans laisser de trace, les attaques féroces du dragon en vue d’éradiquer l’existence même de l’Église ne servent à rien. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Matthieu 16:18; voir aussi Nombres 16:30-32 où le sol s’ouvre pour protéger l’Église).

 

Le dragon subit échec par dessus échec. Tout d’abord, il n’a pas réussi à priver la femme de son enfant en échouant dans ses tentatives répétées d’empêcher la venue du Sauveur dans le monde. Ensuite, il a perdu sa place d’accusateur au ciel et en fut définitivement exclu. Et maintenant, malgré ses efforts acharnés, il ne réussit pas à priver l’enfant de la femme, c’est-à-dire à détruire l’Église. Ce dernier échec ne fait qu’accroît encore davantage sa colère. “Le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui retiennent le témoignage de Jésus.” (12:17). Il n’est pas facile de comprendre le lien qui existe entre ce verset et les versets précédents. Quelle est la différence entre la femme et le reste de sa descendance? Ces deux termes semblent désigner tous les deux l’Église. Dans l’Ancien Testament, Israël est souvent comparée à une femme qui reçoit la promesse de donner naissance à une grande postérité (Ésaïe 54:1-3; 61:9-10; 65:9,23; 66:7-10, etc.). Dans ces textes de l’Ancien Testament, la femme et ses enfants représentent tous l’Église. Il est possible de comprendre la femme comme représentant l’ensemble de la communauté de l’alliance et les enfants comme ses membres individuels. Il est également possible de penser que la femme représente l’Église perçue du point de vue céleste (comme en Apocalypse 12:1) et que ses enfants représentent l’Église du point de vue terrestre. Dans ce cas, on peut comprendre le texte de la manière suivante: l’Église qui est une ne peut pas être détruite, car du point de vue céleste, elle est inviolable, mais les nombreux individus qui la composent peuvent souffrir de différents dangers terrestres.

 

Quoiqu’il en soit, le dragon “s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui retiennent le témoignage de Jésus”. C’est la guerre ouverte contre ceux qui veulent suivre la Parole de Dieu et être témoins de Jésus dans ce monde. Si cette descendance, qui garde les commandements de Dieu et qui retient le témoignage de Jésus, pouvait être vaincue, la puissance et le règne de Jésus seraient détruits. Son oeuvre de salut n’aurait aucun effet.

 

Quelles sont les conséquences pour nous du fait que Satan est en guerre contre le reste de la descendance de la femme?

 

Paulin Bédard, pasteur


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