Pages

Catégories

Statistique

 

 

Le chant des vainqueurs et les sept dernières plaies

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 15:1-8

 

LE CHANT DES VAINQUEURS ET LES SEPT DERNIÈRES PLAIES

 

Le chapitre 15 de l’Apocalypse joint ensemble deux moments différents de l’histoire. Les sept plaies contenues dans les sept coupes de la fureur de Dieu annoncent les jugements déversés par Dieu sur la terre au long de l’histoire. Tandis que les vainqueurs debout sur la mer de cristal célèbrent les louanges de Dieu une fois qu’ils seront entrés dans la gloire à venir. Ces deux parties de ce passage sont étroitement unies entre elles, car le verset 1 annonce les sept plaies, qui sont ensuite expliqués plus en détail à partir du verset 5 et qui seront exposées une par une au chapitre 16. Ces plaies sont des jugements préliminaires qui aboutiront au jugement dernier et au salut complet. Mais déjà aux versets 2 à 4 les saints sont présentés dans leur gloire à venir. Ils sont vainqueurs de tous leurs ennemis et chantent éternellement les louanges de Dieu, leur Rédempteur. Ces versets 2 à 4 constituent donc la conclusion du chapitre 14 qui nous avait déjà présenté la gloire à venir de l’Église (les 144 000) ainsi que le jugement dernier contre les gens non repentants. En même temps, la gloire à venir de ces versets 2 à 4 nous est présentée dans le contexte des plaies de la colère de Dieu qui frappent le monde actuel.

 

Thème: Au milieu des jugements actuels déversés sur la terre, l’Église est assurée de célébrer sa victoire finale.

 

1. Le signe des sept anges dans le ciel - L’annonce des jugements (15:1)

2. Les chanteurs sur la mer de cristal - La célébration de la victoire après les jugements (15:2-4)

3. Les sept anges tenant les sept plaies - L’envoi des exécuteurs des jugements (15:5-6)

4. La distribution des sept coupes de colère - La préparation des jugements (15:7)

5. Le temple rempli de fumée - La gloire du Juge et Rédempteur (15:8)

 

1. Le signe des sept anges dans le ciel - L’annonce des jugements (15:1)

 

Le texte parle d’un “autre” signe, car deux signes ont déjà été montrés à Jean: celui de la femme et celui du dragon (chapitre 12). Le mot utilisé pour “signe” (ou prodige) exprime quelque chose d’extraordinaire, mais aussi quelque chose qui jette une lumière sur l’histoire de l’Église et du monde. C’était le cas des signes précédents de la femme et du dragon; c’est également le cas de ce signe, comme nous le verrons. Le signe est appelé grand et admirable, ce qui indique son importance et sa nature extraordinaire. Ce signe apparaît dans le ciel et consiste en une vision de sept anges avec les sept dernières plaies.

 

D’après vous, pourquoi les sept plaies sont-elles appelées “les dernières”?

 

L’interprétation futuriste (par exemple dispensationaliste) croit que les événements annoncés par les sept coupes viendront à la fin de l’histoire, après les événements annoncés par les sept sceaux et les sept trompettes. Nous avons toutefois déjà vu que l’Apocalypse ne présente pas des événements dans un ordre chronologique linéaire, mais se développe sous forme cyclique et répétitive. Par exemple, le jugement dernier et l’entrée de l’Église dans sa gloire éternelle ont déjà été annoncées à quelques reprises (chapitres 7, 11, 14, etc.). En Apocalypse 7:14-15, toute la multitude de l’Église des rachetés qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau “sont devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple”. La fin de l’histoire est donc arrivée! Pourtant, les chapitres 8 et suivants nous annoncent les sept trompettes qui amènent des jugements sur la terre tout au long de l’histoire. À nouveau, la septième trompette d’Apocalypse 11 provoque la proclamation d’une louange majestueuse qui annonce l’établissement final du règne de Dieu lors du jugement dernier. Puis le chapitre 12 nous ramène en arrière, avant la naissance du Sauveur, quand le dragon cherchait à dévorer l’enfant dès que la femme l’aurait enfanté. La dernière vision du chapitre 14 nous avait déclaré que l’heure de la moisson et de la vendange est venue où le monde sera jugé dans la cuve de la fureur de Dieu. Puis, Apocalypse 15:1 nous annonce encore que viendront sept plaies, “les sept dernières”. Elles sont dernières, non parce que la fin arrivera enfin avec elles, mais possiblement parce que c’est la dernière série de visions reçues par Jean qui annoncent des jugements. Jean a reçu les visions des sept sceaux, puis des sept trompettes et maintenant des sept plaies représentées par les sept coupes. C’est également la signification des expressions: “Puis je vis dans le ciel” (15:1) et “Après cela je regardai” (15:5). Ces expressions désignent l’ordre dans lequel Jean a reçu ces visions et non la séquence historique de ces visions. De plus, ces plaies sont les dernières, “car c’est par elles que s’accomplit la colère de Dieu” (15:1), ou encore “c’est par elles que la colère de Dieu est parvenue à son but” (étélésthè). Les visions précédentes avaient déjà révélé comment la colère de Dieu se manifestait au long de l’histoire et comment elle se manifestera à la toute fin. Les sept plaies en donneront une révélation plus “complète”. Tout le portrait de la colère de Dieu sera entièrement dépeint lorsque les visions des coupes seront révélées. Elles montreront comment les sept sceaux et les sept trompettes atteindront leur but, c’est-à-dire que Dieu punit les gens pour avoir adoré la bête et persécuté les saints (16:2,5-7,19). Il y a une raison pour laquelle les visions reçues par Jean sont présentées dans cet ordre dans l’Apocalypse. Chaque nouvelle série de visions approfondit le sens des séries précédentes. Les sept coupes reviennent en arrière et refont à nouveau le parcourt général de l’histoire jusqu’au jugement dernier, en vue de nous expliquer plus en détail les malheurs et les jugements déjà révélés dans le livre de l’Apocalypse. D’ailleurs, le mot “plaie” a déjà été employé pour décrire le malheur de la sixième trompette (9:20). Il sera également employé pour décrire les malheurs qui peuvent survenir à tout lecteur du livre de l’Apocalypse qui ajoute aux paroles de ce livre (22:18). L’expression “les dernières” plaies peut également être comprise dans le sens historico-rédempteur, c’est-à-dire survenant dans les derniers temps de l’histoire du salut, après les dix plaies d’Égypte. Les plaies subies par l’Égypte au temps de Moïse servent alors d’illustration aux sept plaies de l’Apocalypse envoyées sur la terre entière dans les derniers temps, c’est-à-dire entre la première et la seconde venue de Jésus.

 

2. Les chanteurs sur la mer de cristal - La célébration de la victoire après les jugements (15:2-4)

 

Mais avant de nous expliquer en quoi consiste les sept plaies, l’apôtre Jean voit l’Église victorieuse après le jugement dernier. La présentation des sept anges est interrompue par la vision d’une scène glorieuse décrite aux versets 2-4 qui forment une sorte de parenthèse significative. Après que les sept plaies auront frappé la terre, que diront les croyants victorieux?

 

Jean voit comme une mer de cristal mêlée de feu et sur cette mer se tiennent debout ceux qui ont vaincu la bête, son image et le chiffre de son nom. Ils tiennent les harpes de Dieu et chantent le cantique de Moïse et de l’Agneau. Cette scène se base sur la narration de la victoire d’Israël sur le Pharaon et la mer Rouge (Exode 14-15). Dans l’Ancien Testament, Israël passa la mer Rouge à pieds secs et leurs ennemis les Égyptiens furent engloutis dans la mer. Ici, les vainqueurs se tiennent sur la mer de cristal en signe de victoire. La mer transparente comme du verre mêlée de feu semble représenter le mal ou encore le lieu où la terrible bataille s’est déroulée, pour se terminer par la victoire obtenue par la parfaite justice des jugements de Dieu. Les crocs de la bête s’étaient faits menaçants et semblaient sur le point de les dévorer, mais Dieu est venu à la rescousse et ils ont échappé. Aux yeux du monde, ils semblaient vaincus, mais par la grâce, ils ont remporté la victoire. Ils ont persévéré dans la foi au milieu des persécutions. Ils ont refusé les compromis avec le monde. Les croyants se tiennent debout, victorieux sur la bête, sur son image et sur le chiffre de son nom. Le fait qu’ils se tiennent debout pourrait faire allusion à leur résurrection, tout comme l’Agneau ressuscité se tient debout au milieu du trône (5:6). L’Agneau victorieux leur fait partager les bienfaits de sa victoire. C’est la raison pour laquelle au verset suivant l’Agneau est loué et célébré. Les instruments de musique qu’ils tiennent dans leurs mains les aideront à louer Dieu par leur chant. Ces instruments s’appellent “les harpes de Dieu” pour montrer que Dieu est à l’origine du chant de joie qu’ils entonneront. Cela signifie que c’est Dieu qui a donné la victoire à son peuple.

 

Pourquoi le chant de victoire s’appelle-t-il “le cantique de Moïse et le cantique de l’Agneau”?

 

Le cantique de Moïse se trouve en Exode 15:1-18. Il a été donné par Dieu après avoir miraculeusement délivré Israël par sa puissance. Tout comme Israël a loué Dieu après avoir été délivré du Pharaon et de son armée, de même l’Église loue Dieu pour la victoire qu’il leur a donnée sur la bête. Leur chant est un chant de délivrance et de louange pour les attributs de Dieu, tout comme l’était le cantique de Moïse. Il est apparenté au “cantique nouveau” mentionné en Apocalypse 5:9 et 14:3, car il célèbre lui aussi l’oeuvre de rédemption en Jésus-Christ. Il s’agit d’un chant nouveau dans le sens où il célèbre une délivrance bien plus grande que celle de l’Égypte, c’est-à-dire la délivrance accomplie par l’Agneau. En même temps, cette délivrance s’inscrit en continuité avec la délivrance de l’Égypte. Le cantique s’appelle “le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau”, non parce qu’il s’agirait de deux cantiques, mais parce qu’il s’agit d’un seul, car la délivrance opérée par Dieu par son serviteur Moïse a été pleinement accomplie et complétée par l’Agneau de Dieu, Jésus-Christ. Il s’agit au fond d’une même oeuvre de salut que l’Église triomphante peut chanter dans son hymne de louange. Cela nous enseigne que nous pouvons et devrions chanter dans nos célébrations le cantique de Moïse d’Exode 15 ainsi que les autres cantiques de l’Ancien Testament. Ne pensons pas que la délivrance qu’ils célèbrent n’a rien à voir avec notre salut en Jésus-Christ. Les psaumes et cantiques de l’Ancien Testament sont tout à fait d’actualité pour l’Église d’aujourd’hui. Avant d’inventer ou de composer toutes sortes de chants qui ne sont pas basés sur des textes de la Bible, nous devrions tout d’abord mettre en musique et chanter ces magnifiques textes inspirés que Dieu lui-même nous a donnés pour célébrer la puissance de notre Rédempteur. Très souvent, les chants non inspirés omettent les éléments “guerriers” des cantiques inspirés, comme si nous nous pensions plus “pieux”, plus “gentils” ou plus “sages” que l’Esprit de Dieu. Écoutons plutôt comment le Saint-Esprit s’exprime: “Il a jeté dans la mer le cheval et son cavalier… L’Éternel est un guerrier… Il a précipité dans la mer les chars du Pharaon et son armée… Ta droite, ô Éternel, a écrasé l’ennemi. Par la grandeur de ta majesté tu renverses ceux qui se dressent contre toi…” (Exode 15:1,3,6-7). Nous devrions chanter comme Dieu a demandé à son peuple de le faire. Nous aurions ainsi une bien meilleure compréhension de l’oeuvre de rédemption de l’Agneau et nous pourrions célébrer avec plus de force la puissance et la gloire de notre Dieu.

 

Les paroles du cantique de l’Apocalypse rappellent quelques phrases du cantique de Moïse en Exode 15, mais elles sont surtout des citations ou des allusions d’autres passages de l’Ancien Testament (Deutéronome 32 qui est aussi un cantique de Moïse; Exode 34:10; Psaume 111; Jérémie 10:7; Psaume 86:9-10, etc.). Ce cantique de l’Apocalypse exalte le Seigneur Dieu tout-puissant, dont les oeuvres sont grandes et admirables. Il fait la louange des voies de Dieu, le “Roi des nations”. Il est le souverain absolu sur l’histoire du monde et sur les affaires de son peuple. Ses voies ou ses actions sont justes et véritables. Il ne déploie pas sa puissance de façon aveugle ou brutale; il le fait en demeurant intègre à sa perfection morale. Nous pouvons chanter avec joie le fait que les péchés de ceux qui croient en Jésus ont été réellement punis à la croix, tandis que pour ceux qui ne croient pas en lui, il entrera en juste jugement contre eux. Les chanteurs s’exclament alors: “Seigneur, qui ne craindrait et ne glorifierait ton nom?” Ils ont toutes les raisons de chanter ses louanges, “car seul tu es saint”. Cela signifie non seulement qu’il est moralement pur, séparé du péché, mais aussi “à part” de toute la création, différent du reste de sa création. Les saints savent que lui seul est digne d’être adoré et que la bête et son image ne méritent aucunement cet honneur. Il est ajouté que “toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi, parce que ta justice a été manifestée”.

 

Ce cantique enseigne-t-il une conversion universelle des nations?

 

Toutes les nations” peut être pris dans le sens de tous les individus sans exception. Dans ce cas, ce texte est à rapprocher de Philippiens 2:9-11 qui ne parle pas d’un salut universel, mais d’une reconnaissance universelle de Jésus-Christ comme Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Tout individu devra reconnaître la seigneurie de Jésus, s’incliner devant lui et lui rendre hommage. “Toutes les nations” peut également être pris dans le sens de tous les groupes de personnes sans distinction. Dans ce cas, ce texte est à rapprocher d’Apocalypse 5:9: “Tu a racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.” Ceux-là seuls qui sont rachetés par le sang de l’Agneau apprendront le cantique nouveau et le chanteront de tout coeur comme étant l’assemblée des rachetés.

 

3. Les sept anges tenant les sept plaies - L’envoi des exécuteurs des jugements (15:5-6)

 

Après cela, Jean cesse de voir les vainqueurs dans leur gloire à venir et sa vision revient à l’histoire actuelle. Que voit-il? “Le sanctuaire du tabernacle du témoignage fut ouvert dans le ciel.”

 

Quelle est la signification de l’ouverture du sanctuaire du tabernacle?

 

Le sanctuaire du tabernacle est l’équivalent céleste du tabernacle construit par Israël dans le désert après leur sortie d’Égypte. Dans l’Ancien Testament, le sanctuaire du tabernacle devait être gardé fermé, sauf lorsque le grand-prêtre y entrait une fois par année pour offrir le sacrifice d’expiation pour le peuple. Aujourd’hui, le sanctuaire céleste est ouvert par le sacrifice parfait de Jésus-Christ afin que nous puissions y entrer librement. Le tabernacle de l’Ancien Testament représente donc la grâce de Dieu qui daigne habiter au milieu de son peuple, grâce aux sacrifices d’animaux offerts devant lui. Il représente également la justice et la sainteté de Dieu, car le “témoignage” désignait les dix commandements placés dans l’arche de l’alliance dans le tabernacle (Exode 25:16,21; 32:15; Nombres 17:7; Deutéronome 10:5). La loi de Dieu est le témoignage qui révèle sa juste volonté. Ici, le sanctuaire du tabernacle est ouvert, non pour y laisser entrer des gens, mais pour y laisser sortir les sept anges tenant les sept plaies. La merveilleuse présence de Dieu au milieu de son peuple est également une terrible menace pour ceux qui persécutent son peuple et qui rejettent le témoignage de Dieu. Tous ceux qui rejettent la grâce du salut attirent sur eux-mêmes la condamnation. Dieu est sur le point de révéler sa justice depuis le lieu céleste où il demeure. Il enverra des jugements sur la terre contre ceux qui rejettent son témoignage.

 

Jean voit donc les sept anges qu’il avait déjà vus au verset 1. Il les voit sortir du sanctuaire. Comme au verset 1, ils tiennent les sept plaies. Ces anges viennent de la présence de Dieu avec la mission d’exécuter les sept jugements qui frapperont la terre, tout comme les dix plaies d’Égypte avaient frappé le pays des Égyptiens. Les sept anges “étaient revêtus d’un lin pur, éclatant, et portaient des ceintures d’or autour de la poitrine” (15:6). Leurs vêtements blancs en lin pur attestent leur sainteté. Les ceintures d’or autour de leur poitrine ajoute une splendeur royale à leur apparence. Cette tenue ressemble à celle du Fils de l’homme en Apocalypse 1:13. Cela peut signifier qu’ils sont associés au Fils de l’homme et qu’ils agissent en tant que ses représentants qui s’en vont exécuter sa volonté et déverser ses jugements sur la terre. C’est l’emblème de la dignité et de l’autorité du Seigneur qu’ils servent.

 

4. La distribution des sept coupes de colère - La préparation des jugements (15:7)

 

Les être vivants qui gardent le trône de Dieu sont également impliqués dans l’exécution des jugements du Seigneur (voir 6:1). “L’un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la fureur de Dieu qui vit aux siècles des siècles.” (15:6). Ces coupes étaient ces vases larges et peu profonds utilisés dans le service du temple, probablement pour brûler de l’encens ou encore pour transporter les cendres et les restes de gras des animaux (Exode 27:3; 38:3; Nombres 7:13-14,19-20,25-26; 1 Chroniques 28:17; 2 Chroniques 4:8,21). L’expression “coupe de la fureur (de Dieu)” est employée en Ésaïe 51:17,22, où il est dit que la coupe de sa fureur, qui avait auparavant été déversée sur Israël pécheur, le sera maintenant sur ceux qui tourmentaient Israël, c’est-à-dire Babylone. En Apocalypse 16, des coupes de la colère de Dieu sont également déversées sur Babylone et ses habitants. Remplies jusqu’au bord de la colère de Dieu, elles sont maintenant employées pour déverser ses jugements sur la terre.

 

5. Le temple rempli de fumée - La gloire du Juge et Rédempteur (15:8)

 

La vision se concentre maintenant sur la présence de Dieu et la manifestation visible extraordinaire de sa gloire et de sa puissance. “Et le sanctuaire fut rempli de fumée, à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance.” (15:8). Cette description nous rappelle certains passages de l’Ancien Testament où le sanctuaire (ou le temple) était rempli de fumée et de la gloire de Dieu (voir Exode 19:18; Exode 40:34-35; Psaume 18:8-9; Ésaïe 6:1,4; Ézéchiel 10:2-4). La fumée qui remplit le temple est si dense que personne n’est capable d’entrer dans le sanctuaire jusqu’à ce que les plaies soient complétées. “Et personne ne pouvait entrer dans le sanctuaire, jusqu’à ce que les sept plaies des sept anges soient achevées.” Cette conclusion du verset 8 nous montre que les coupes de jugements, en fin de compte, ne viennent pas des sept anges ou des quatre êtres vivants, mais viennent de Dieu seul et que leur déversement sur le monde sont toutes à sa gloire.

 

De quelle manière les jugements de Dieu déversés sur la terre contribuent-ils à glorifier Dieu?

 

Que signifie que personne ne peut entrer dans le sanctuaire jusqu’à ce que les sept plaies soient achevées?

 

La présence de Dieu exprimant sa colère est tellement glorieuse que même les êtres célestes ne peuvent pas demeurer en sa présence. Dieu lui-même exécute les jugements et personne n’est capable d’entrer dans le temple tant qu’il n’a pas terminé d’exécuter les sept plaies au moyen des sept anges. Une fois qu’il a décidé de frapper en jugement, personne n’est capable de l’en empêcher. Plusieurs ont expliqué cette inaccessibilité du temple en disant que l’intercession auprès de Dieu n’est plus possible. Cependant, les jugements qui doivent être exécutés sont en réalité la réponse du Seigneur aux prières des martyrs (6:10) et aux prières des saints (8:5). Il semble donc plus probable que l’inaccessibilité du temple rempli de fumée exprime l’accomplissement de ces prières. En Apocalypse 5:8, Jean a vu les quatre êtres vivants et les vingt-quatre anciens “tenant chacun… des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints”. Cette fois-ci, les coupes d’or sont remplies de la fureur de Dieu. Cela indiquerait que les coupes de jugements sont la réponse de Dieu aux prières des saints. Nous l’avions déjà vu en Apocalypse 8:3-5. Mais ici, les prières des saints sont répondues plus complètement par les coupes de jugements. Dieu répond certainement aux prières de son peuple afin de les venger et de les protéger. Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés, et ainsi que la gloire du Seigneur soit révélée (voir Psaume 68:1; Nahum 1; Habaquq 2:20).

 

Paulin Bédard, pasteur


Commentaires fermés

haut