La vision de la grande prostituée

Source: Creative Commons, Flickr, Mary
APOCALYPSE 17:1-6
LA VISION DE LA GRANDE PROSTITUÉE
Cinq ennemis du Christ et de son Église ont déjà été mentionnés dans l’Apocalypse: le dragon, la bête qui sort de la mer, la bête qui sort de la terre (ou encore le faux prophète), Babylone et les hommes qui portent la marque de la bête. Nous avons déjà vu ce qui arrive aux hommes qui portent la marque de la bête. Dans les deux chapitres précédents (Apocalypse 15 et 16), nous avons vu les sept coupes de colère déversées sur le monde. Ces coupes représentent les différents jugements qui s’abattent sur le monde tout au long de l’histoire. Pour ce qui concerne les sixième et septième coupes, elles représentent la préparation au jugement dernier et l’exécution du jugement dernier. Les chapitres 17 à 20 nous présentent plus en détail la défaite des autres ennemis de Dieu lors du jugement dernier. La destruction de Babylone, puis la défaite de la bête, du faux prophète et de Satan nous sont successivement expliquées en détail. Il ne faut pas comprendre ces chapitres comme si ces différents jugements auraient lieu dans un ordre chronologique successif. Ils sont plutôt présentés sous forme thématique parallèle. Tous ces grands jugements auront lieu en même temps, mais comme il y a beaucoup de choses à dire sur chacun d’eux, ils nous sont présentés sous forme cyclique dans différentes visions successives. Nous commençons par le jugement de Babylone ou la grande prostituée.
Déjà, la vision d’Apocalypse 11:13 annonçait la destruction d’un dixième de la ville de Babylone. Puis, la vision d’Apocalypse 14:8 proclamait “Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande”, soulignant la certitude de son jugement à venir. La vision de la septième coupe d’Apocalypse 16:19 a montré la division de Babylone en trois parties, après avoir été frappée par un tremblement de terre catastrophique. Et maintenant, Apocalypse 17:1 à 19:10 nous donne une description détaillée de la chute de Babylone et de l’effet de son jugement. Ces chapitres 17 à 19 ne suivent donc pas chronologiquement les jugements des sixième et septième coupes du chapitre 16, mais reprennent et expliquent plus en détail le contenu de ces coupes. Le chapitre 17 nous présente donc une vision de la grande prostituée, associée de près à la bête (17:1-6), suivie de l’interprétation de cette vision (17:7-18). C’est seulement au chapitre 18 que le jugement lui-même est relaté et que la chute de Babylone est décrite en détail. Nous nous limiterons cette fois-ci à considérer la vision initiale des six premiers versets d’Apocalypse 17, qui nous trace un premier portrait de cette femme bien spéciale appelée la grande prostituée.
Thème: Dieu annonce le jugement des forces séductrices anti-chrétiennes.
1. L’invitation à voir le jugement de la grande prostituée (17:1-2)
2. La vision de la grande prostituée assise sur la bête (17:3-6)
3. La réaction de Jean devant cette vision (17:6b)
1. L’invitation à voir le jugement de la grande prostituée (17:1-2)
L’ange qui révèle la vision du chapitre 17 est “l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes” (17:1). Le même ange expliquera par la suite la vision à Jean (17:7-18). Cela nous montre que cette vision se rattache de près à celle du chapitre précédent. La vision de la grand prostituée vient amplifier ce qui nous a été dit au sujet de la sixième et de la septième coupe. Il est bien normal que ce soit un des anges tenant les sept coupes qui vienne expliquer la signification des jugements contenus dans les deux dernières coupes. Il est bien placé pour le faire, puisqu’il est lui-même impliqué dans le déversement des coupes de colère et dans l’exécution des jugements de Dieu.
Jean est invité par l’ange à venir voir un spectacle unique en son genre. “Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée, assise sur les grandes eaux.” (17:1). C’est le sujet principal de cette vision: le jugement de la grande prostituée. Dans l’Ancien Testament, Jérémie avait annoncé la destruction de la ville historique de Babylone. “Toi qui demeures près des grandes eaux et qui as d’immenses trésors, ta fin est venue, à la mesure de ta cupidité!” (Jérémie 51:13). Pour Babylone et ses habitants, c’était un avertissement redoutable, mais pour les captifs d’Israël, cela signifie un grand message d’espérance! Ainsi, dès le début de cette section sur Babylone, on nous annonce son jugement et sa chute définitive. Voilà une grande consolation pour ceux qui résistent à ses séductions trompeuses et qui attendent leur pleine délivrance! En même temps, pour ceux qui se laissent séduire par cette grande prostituée et qui s’associent à elle, cela devrait leur servir de sérieux avertissement. Car si la grande prostituée sera jugée et condamnée, tous ceux qui se seront laissés entraînés par elle partageront le même sort.
Qui est cette grande prostituée, cette “pornè mégalè”? Plus loin, le chapitre nous dit que c’est une ville, une grande ville, Babylone la grande. La grande prostituée est donc un nom symbolique, figuratif. Que symbolise-t-elle? Parmi les commentateurs, on trouve en gros trois opinions différentes:
1. Certains disent que la grande prostituée représente la puissance du monde. Elle serait donc pratiquement identique à la bête.
2. D’autre disent que la grande prostituée représente un aspect du monde, par exemple l’aspect culturel, l’aspect économique (son luxe) ou l’aspect religieux du monde.
3. D’autre enfin disent que la grande prostituée représente la fausse Église, l’Église apostate.
Nous essaierons de clarifier cette question à mesure que nous avancerons.
Pourquoi cette femme est-elle appelée “la grande prostituée”?
Cela nous indique le caractère séducteur et trompeur de cette femme qui cherche à attirer des gens vers elle pour les détourner de Jésus-Christ. Le fait qu’elle soit “assise sur les grandes eaux” (17:1) symbolise l’immense étendue de son influence. L’ancienne Babylone était construite “près des grandes eaux”, nous dit Jérémie 51:13. Cependant, Apocalypse 17:15 nous dit que “les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues”. Cette Babylone est donc bien différente de l’ancienne. L’étendue de son influence séductrice est internationale. Elle est capable de subjuguer des multitudes.
“C’est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l’inconduite, et les habitants de la terre se sont enivrés du vin de son inconduite.” (17:2). Voilà une des raisons pour lesquelles elle sera jugée. Les rois de la terre ont “forniqué” avec elle et les nations du monde ont subi son influence immorale. Il est possible de dire que les rois et les nations sont littéralement tombés dans l’immoralité sexuelle à cause de son influence, mais il semble préférable de comprendre que cette immoralité représente figurativement l’idolâtrie dans laquelle les rois et les nations ont été entraînés par son influence.
Pourquoi l’idolâtrie et l’immoralité sont-elles reliées d’aussi près dans la Bible?
L’influence séductrice de Babylone est si grande qu’il semble impossible de lui résister. Cela nous fait penser à la femme séductrice de Proverbes 7 qui réussit facilement à entraîner des maris dans l’immoralité sexuelle. “Elle le fléchit par son savoir-faire, elle l’entraîna par ses lèvres doucereuses. Il se mit tout à coup à la suivre, comme le boeuf qui va à l’abattoir, comme un fou qu’on lie pour le châtier…” (Proverbes 7:21). De même, les rois et les nations ne semblent plus avoir aucun moyen ni aucun désir de résister aux charmes de cette grande prostituée. “Ils se sont enivrés du vin de son inconduite.” (17:2). On ne doit plus s’attendre à quelque chose de sensé et d’intelligent de leur part… Ils sont complètement ivres dans les bras de cette prostituée.
2. La vision de la grande prostituée assise sur la bête (17:3-6)
Après avoir informé Jean du but de son apparition, l’ange transporte ensuite l’apôtre à un autre endroit pour qu’il puisse mieux voir ce qui lui sera révélé. Ce genre de téléportation en extase par l’Esprit se produit seulement en Apocalypse 1:10; 4:1; 21:9 et dans notre texte, ce qui montre l’importance de la révélation qui lui est donnée. Jean est donc transporté “en esprit dans un désert”. Ce désert n’est pas un lieu de fuite, comme dans le cas de la femme en Apocalypse 12:6,14, mais un lieu de désolation et de ruine. L’environnement de la prostituée explique clairement le destin qui l’attend. La prostituée représente la grande ville de Babylone, avec son opulence, son pouvoir et ses richesses, mais ironiquement, la scène de son jugement est dans le désert (17:3). Ses promesses de vivre dans le luxe et le plaisir sont vaines et inutiles. Elle terminera ses jours dans la ruine complète.
Elle n’est pas seule, car elle est assise sur une bête de couleur écarlate. La description qui en est faite (une bête avec sept têtes et dix cornes) nous permet de l’identifier: c’est la bête qui vient de la mer (13:1-10), c’est-à-dire la puissance mondiale qui frappe et persécute durement les chrétiens.
Que signifie que la prostituée est assise sur la bête?
Cela signifie que les deux sont étroitement associés. Elles coopèrent ensemble dans leur dessein maléfique. Au fond, la bête est la force agissante derrière la femme. Satan attaque les saints de deux façons. La bête attaque avec puissance au moyen de la persécution. Elle cherche à détruire le témoignage de l’Église et veut les forcer à adorer la bête. Babylone attaque au moyen de la séduction. Elle cherche à détruire la pureté des saints. Babylone cherche à les faire tomber dans l’immoralité et dans l’idolâtrie. Nous devons nous tenir sur nos gardes contre ces deux formes différentes d’attaques dirigées contre l’Église.
La couleur de la bête n’avait pas encore été mentionnée. Sa couleur est écarlate, ce qui nous rappelle la couleur rouge du dragon (12:3) et qui exprime le fait que la bête est assoiffée de sang. En Apocalypse 13:1, la bête avait des noms de blasphèmes sur sa tête. Ici, elle a des noms de blasphèmes sur tout son corps. Elle en est couverte. Cette différence peut s’expliquer par le fait qu’au chapitre 16, l’Apocalypse est arrivée à la révélation des dernières plaies en même temps qu’a la manifestation brutale de la puissance mondiale anti-chrétienne symbolisée par la bête.
Que nous suggère l’habillement de la femme et la coupe d’or qu’elle tient dans sa main?
La femme est habillé dans des atours ostentatoires d’une prostituée (voir Proverbes 7:16-17). Elle est vêtue de pourpre et d’écarlate. Cela lui donne l’allure d’une reine. Cette apparence royale est mise en valeur par l’or, les pierres précieuses et les perles dont elle est parée. Elle combine le charme du plaisir sexuel avec le charme du luxe. La coupe d’or qu’elle tient dans sa main suggère l’idée qu’elle offre quelque chose de bon et de précieux. Cela complète l’image de la quintessence de la séduction. Cette femme est toutefois trompeuse. À long terme, les conséquences sont terribles. La coupe en or est belle de l’extérieur, mais à l’intérieur elle est “remplie d’abominations et des impuretés de son inconduite”(17:4). Non, elle n’a rien de bon à offrir. Ce qu’elle offre, en réalité, ce sont des abominations répugnantes aux yeux de Dieu qui salissent et rendent impures ceux qui s’associent à son inconduite. Ces péchés semblent représenter aussi bien l’infidélité spirituelle (idolâtrie) que l’immoralité sexuelle.
La nature de cette femme est révélée plus en détail par le nom qui est écrit sur sont front. Dans l’Apocalypse, les noms écrits sur le front révèlent le vrai caractère des gens qui portent ces noms et le lien qu’ils ont soit avec Dieu (7:3; 14:1; 22:4), soit avec Satan (13:16; 14:9; 20:4). Son nom est “mystère”, un nom à prendre symboliquement, à la lumière de ce qui est révélé plus loin (17:7). Son nom est le suivant: “Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre.” (17:5). Ce nom révèle sa nature séductrice et idolâtre. Dans le texte original, un article défini est placé avant “prostituées”, “abominations” et “mère”, ce qui présente la femme comme étant la synthèse de toutes les prostitutions et de toutes les abominations commises sur la terre. Elle exerce une influence et une autorité sur les différents système d’idolâtries dans le monde. “Babylone la grande” est un nom qui vient de Daniel 4:27, où le roi de Babylone a tiré orgueil de l’étendue de sa puissance et de sa gloire, mais qui était sur le point d’être jugé justement à cause de son orgueil et de son idolâtrie.
La raison pour laquelle elle est appelée “Babylone”, même si elle ne devrait pas être confondue avec la Babylone de l’Ancien Testament ou avec une autre ville, est que l’esprit de l’ancienne Babylone, son orgueil, son irrespect de la loi et sa vie de licence décrivent bien la grande prostituée des derniers jours.
Dans quoi cette femme trouve-t-elle son plus grand plaisir?
Malgré le fait que cette femme ait des allures extérieures charmantes, dans son for intérieur, elle se réjouit de voir les croyants persécutés et mis à morts. “Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus.” (17:6). Toutes les formes de persécution (venant de la bête?) sont incluses dans cette expression. On comprend donc que le jugement qu’elle subira ne vient pas seulement du fait qu’elle est la grande séductrice des rois de la terre et des habitants du monde, mais aussi et surtout qu’elle est la grande meurtrière du peuple de Dieu qui refuse de boire à sa coupe d’or. La femme est ivre de leur sang parce qu’elle se réjouit de la mort des saints et des témoins de Jésus. Son ivresse est également l’indication qu’un grand nombre est tombé victime de sa haine.
3. La réaction de Jean devant cette vision (17:6b)
Jean est très étonné de voir la femme. “À sa vue, je fus frappé d’un grand étonnement.” (17:6). Il ne comprend pas la signification de ce qu’il voit. Ce qui le dérange surtout, c’est la femme, mais peut-être aussi le fait qu’elle prenne tant plaisir à voir les chrétiens souffrir sous la persécution. La réaction de l’ange devant l’étonnement de Jean peut indiquer que Jean aurait pu et aurait dû comprendre la vision. “Et l’ange me dit: Pourquoi t’étonner?” (17:7). L’ange promet alors d’expliquer le mystère de la femme et de la bête qui la transporte. C’est ce que nous verrons une prochaine fois dans le reste de ce chapitre 17.
D’après vous, que symbolise aujourd’hui Babylone, cette grande prostituée?
La première interprétation selon laquelle elle symboliserait la puissance du monde ne semble pas coller, car la grande prostituée est clairement distinguée de la bête, même si les deux sont étroitement associées. En fait, au verset 16, il est dit qu’à la fin la bête détruira cette femme. La bête et la femme ne peuvent donc pas symboliser la même chose.
La deuxième interprétation selon laquelle elle symboliserait un aspect particulier du monde (politique, culturel, économique, religieux) est retenue par plusieurs et semble intéressante. On a souvent dit que Babylone représentait un pouvoir politique centralisé. Apocalypse 17:18 nous dit que c’est “la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre” et le verset 9 dit que la femme est assise sur sept montagnes qui font penser aux sept collines de Rome. Une objection à cette interprétation est de dire que, si la femme représente un tel pouvoir politique, cela signifierait qu’elle serait en même temps confondue avec l’une des têtes de la bête, ce qui n’est pas possible étant donné qu’elle est distincte de la bête. Il est possible de voir dans l’habillement de la prostituée un symbole du luxe et de la prospérité économique offerte par cette femme. Apocalypse 18:3 ajoute que “les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe”. Ce sont des raisons pour lesquelles certains commentateurs croient que cette femme représente les forces économiques des nations. À l’époque de Jean, la ville de Rome offrait des plaisirs aux rois des nations dans les différents domaines de la vie: art, culture, industrie, commerce, etc. Pour pouvoir participer pleinement à la vie économique et sociale de l’époque, on était obligé d’assister aux fêtes célébrées en l’honneur des idoles et aux célébrations religieuses païennes. Babylone est attirante, car elle promet des plaisirs sexuels ainsi que la prospérité économique. La tenue vestimentaire de Babylone (17:4) aussi bien que les lamentations de 18:9-20 indiquent que l’attrait de Babylone réside en partie dans sa richesse et son luxe. Les païens pensaient qu’en donnant son allégeance et son adoration à l’empereur romain, on devenait assuré de prospérité économique. Les chrétiens devaient résister à cette séduction en refusant tout compromis qui pourrait impliquer l’adoration de faux dieux ou le péché d’immoralité. Ceux qui se laissaient séduire par la prostituée Babylone tombaient dans son piège.
Nos villes modernes seraient de nouvelles manifestations de cette Babylone, du fait qu’elles sont devenues des centres de séduction encourageant l’idolâtrie, les fausses religions, l’amour de l’argent, le matérialisme, l’exploitation sexuelle et l’immoralité sexuelle. Les media font entrer dans nos maisons ces mêmes messages séducteurs qui nous incitent à adorer l’argent, le sexe, le pouvoir et le plaisir. Babylone est capable de prendre toutes sortes de formes de plus en plus séductrices pour attiser notre convoitise.
La troisième interprétation selon laquelle cette femme symboliserait la fausse Église est également retenue par différents commentateurs. On fait valoir que, dans l’Ancien Testament, Israël était souvent qualifiée de prostituée (Ésaïe 1:21; Ésaïe 23:11-49; Jérémie 3:1,3; Ézéchiel 16; Osée 1; etc.) à cause de ses infidélités spirituelles, parce qu’elle tombait dans l’idolâtrie et qu’elle abandonnait son Mari, le Seigneur. La prostituée est le contraire de l’Épouse, dont il est question à la fin de l’Apocalypse. À l’époque de Jean, cette fausse Église s’appelait par exemple la synagogue de Satan (3:9), c’est-à-dire les Juifs qui n’étaient pas vraiment Juifs de coeur du fait qu’ils avaient rejeté leur Messie et qu’ils persécutaient l’Église de Dieu. Cette prostituée représenterait également l’Église infidèle du Nouveau Testament qui commet la prostitution spirituelle avec le monde et qui rompt l’alliance avec son Dieu. Cette fornication spirituelle est internationale, car la fausse Église se retrouve sous diverses manifestations dans le monde. Cette prétendue Église cherche à s’unir au pouvoir politique ou à d’autres puissances en vue de faire du mal à la véritable Église et de persécuter les chrétiens. La royauté que cette femme exerce (17:18) n’est pas politique, mais se fait au moyen de la séduction trompeuse qu’elle exerce sur les rois de la terre et les habitants du monde (17:2).
Le monde a exercé une influence énorme sur l’Église apostate. En retour, la fausse Église, une fois habituée à l’idolâtrie et à l’immoralité du monde, continue d’avoir une grande influence sur le monde. Cette influence sera si grande qu’on peut dire qu’elle exercera une domination sur les rois de la terre et que les habitants de la terre s’enivreront du vin de sa fornication.
Jésus fut mis à mort par le peuple de l’alliance à Jérusalem. L’Église chrétienne ancienne fut persécutée par un État païen, souvent aidé par les Juifs. Le monde au Moyen Âge fut presque entièrement dominé par une Église apostate. Les martyrs de l’Église de la Réforme ne viennent pas tant de l’État que de la fausse Église qui dominait les rois de la terre. Les souffrances des enfants de Dieu durant les révolutions française, bolchevique et nazi ont leur source dans les philosophies et les théologies libérales et existentialistes enseignées à l’université et dans des séminaires, puis prêchées du haut de la chair d’Églises soit-disant bien éclairées. Encore aujourd’hui, la fausse Église exerce son influence séductrice un peu partout dans le monde afin d’éloigner les gens de la Parole de Dieu et de Jésus-Christ.
Nous aurions alors d’une part la trinité du mal avec le dragon, la bête et le faux prophète, unis à la grande prostituée qu’est la fausse Église, et d’autre part nous aurions la Trinité divine unie à l’Épouse fidèle fiancée à Jésus-Christ.
Quelle que soit l’interprétation retenue, nous devons veiller à ne pas nous laisser entraîner par la séduction du mensonge et des attraits du monde ou des fausses croyances. Nous avons également l’assurance que les différentes formes de forces séductrices anti-chrétiennes à l’oeuvre dans le monde seront définitivement jugées et détruites et que l’Épouse de l’Agneau sera présentée à son Seigneur pure et sans défaut pour la plus grande gloire de Dieu et pour la joie éternelle de tous les rachetés.
Paulin Bédard, pasteur
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