La chute de Babylone (1)

Source: Creative Commons, Flickr, Mary
APOCALYPSE 18:1-8
LA CHUTE DE BABYLONE (A)
La chute de Babylone a déjà été annoncée en Apocalypse 14:8. Cette annonce initiale est ensuite développée dans les chapitres 17 et 18. Dans la vision du chapitre 17, l’ange avait promis à Jean de lui montrer “le jugement de la grande prostituée” (17:1). Ce jugement n’a été décrit que dans un seul verset. Apocalypse 17:16 a mentionné la destruction de Babylone juste en passant. Le reste de la vision du chapitre 17 était simplement une description de la grande prostituée et une description de la bête et de ses alliés associés à la prostituée. Cela nous a permis de voir que l’influence de la prostituée dépend de sa relation avec la bête. La nouvelle vision du chapitre 18 décrit plus en détail la chute de Babylone. Cette vision ne nous fait pas voir sa chute en tant que telle, mais nous en fait l’annonce et nous fait connaître les conséquences de ce jugement (voir Ézéchiel 27 et 28).
Thème: Le jugement certain de Babylone motive les chrétiens à se séparer de ses péchés qui seront punis équitablement.
Les éléments du chapitre 18 ne sont pas nécessairement tous présentés dans un ordre chronologique. Nous y retrouvons les éléments suivants:
1. La chute de Babylone est annoncée (18:1-3)
2. Le peuple de Dieu est exhorté à sortir de Babylone avant son jugement (18:4-5)
3. L’exécution de son jugement sera équitable (ce qu’elle recevra pendant son jugement) (18:6-8)
4. Ceux qui ont coopéré avec Babylone se lamenteront après son jugement (18:9-19)
5. Les fidèles se réjouiront de son jugement après qu’il aura été exécuté (18:20)
6. La chute de Babylone sera totale et irrévocable (une description de sa destruction) 18:21-24)
Nous verrons cette fois-ci les trois premières parties de cette vision.
1. La chute de Babylone est annoncée (18:1-3)
Comme c’est l’habitude dans l’Apocalypse, l’expression “après cela” (18:1) ne signifie pas que cette vision s’accomplira après celle du chapitre 17, mais plutôt qu’un certain temps s’est écoulé entre le moment où Jean a reçu cette vision et le moment où il a reçu la vision précédente. L’ange qui descend maintenant du ciel n’est pas l’un des sept anges qui a montré à Jean la grande prostituée (17:1). C’est un autre messager de Dieu. “Je vis descendre du ciel un autre ange qui avait une grande autorité; et la terre fut illuminée de sa gloire.” (18:1).
D’après vous, pourquoi l’ange qui descend du ciel est-il plein d’autorité et resplendissant de gloire?
Son apparition glorieuse, illuminant la terre de sa lumière, et son grand pouvoir s’accordent avec sa mission (voir Luc 2:9). Il est le messager du jugement de Dieu sur Babylone. Sa grande autorité confirme la validité du message de jugement qu’il vient annoncer. Sa gloire fait penser à la gloire même de Dieu qui est le reflet de sa toute-puissance. Certains y voient une allusion à Ézéchiel 43:2. Dans Ézéchiel 40 à 48, Dieu avait annoncé la restauration de Jérusalem et du nouveau temple. Ézéchiel a vu s’avancer la gloire de l’Éternel vers sa maison restaurée. “Sa voix était pareille au bruit des grosses eaux et la terre resplendissait de sa gloire.” (Ézéchiel 43:2). En Apocalypse 18, le messager resplendissant de gloire vient annoncer la désolation de Babylone qui va préparer la voie à l’établissement de la nouvelle Jérusalem dans la nouvelle création à venir Apocalypse 21). Il vient annoncer un message de destruction, mais qui a pour but la gloire de Dieu qui resplendit sur la terre et qui resplendira parfaitement dans la nouvelle création.
L’ange crie d’une voix forte, ce qui souligne encore son autorité et l’importance de son message qui doit être entendu par tous. Soyons certains que ce qu’il vient annoncer s’accomplira certainement. Sa gloire et son autorité sont plus grandes que celles de Babylone. Les lecteurs sont donc encouragés par le fait que Dieu jugera certainement leurs persécuteurs. Ce qui avait déjà été annoncé en Apocalypse 14:8 est ici répété. “Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande.” (18:2). Babylone n’est pas encore tombée, mais sa chute est tellement certaine et inévitable qu’elle est décrite comme étant déjà accomplie. Les prophètes Ésaïe et Jérémie avaient parlé de manière semblable de l’ancienne Babylone. Ils avaient prophétisé d’avance sa chute en disant qu’elle était tombée et capturée (Ésaïe 21:9; Jérémie 50:2; 51:8).
Que signifie que Babylone sera une habitation de démons, un repaire d’esprits et d’oiseaux impurs?
Cette description lugubre souligne le fait que sa chute entraînera la désolation totale. Cela fait penser aux prophéties d’Ésaïe et de Jérémie qui avaient annoncé la chute et la désolation de l’ancienne Babylone (Ésaïe 13:19-22, Jérémie 50:39-40; Jérémie 51:37). D’après ces prophéties, elle ne sera plus jamais habitée, mais les hiboux, les autruches, les bêtes sauvages et les chacals la peupleront. On peut également penser au jugement annoncé contre Édom (Ésaïe 34:8-15) ou contre Ninive (Sophonie 2:14-15). Ici, la scène représente une dévastation totale. Son jugement entraînera sa destruction. Le jugement de Dieu révèle également la véritable nature de Babylone. Elle qui était une grande ville qui gardait les rois et les nations sous son pouvoir, “elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur et un repaire de tout oiseau impur et détesté” (18:2). Sa nature est diabolique. Autrefois, elle était capable de le camoufler derrière l’idolâtrie, en vue de séduire et de tromper, mais maintenant qu’elle est jugée, il devient évident qu’elle n’est qu’un repère de démons. Nous avons là une description imagée de l’enfer. Les oiseaux impurs dont il est question ici font peut-être penser à des vautours qui savourent la mort ou ce sont peut-être des symboles de démons.
Le verset 3 donne la raison de la destruction de Babylone. “Parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son inconduite; que les rois de la terre se sont livrés à l’inconduite avec elle, et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe.” Les deux premiers éléments ont déjà été mentionnés en Apocalypse 14:8 et 17:2. “Le vin de sa fornication” ne signifie pas nécessairement que les nations ont été entraînées dans l’immoralité sexuelle, bien que cela ne soit pas exclus. Cette image est une illustration de l’infidélité spirituelle. Babylone est avant tout jugée parce qu’elle a séduit les nations et les dirigeants par son idolâtrie. De plus, elle sera frappée de désastre parce que “les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe”. Ils sont devenus riches en faisant du commerce avec la grande ville. Cela nous fait penser à la puissance commerciale de la ville de Tyr dans l’Ancien Testament et des prophéties d’Ésaïe et d’Ézéchiel contre Tyr (Ésaïe 23; Ézéchiel 26-28). La suite de la vision d’Apocalypse 18, avec ses lamentations sur Babylone en ruine, contient des allusions précises aux anciennes prophéties contre Tyr. Cela renforce l’interprétation économique de ce passage. À cause des fortunes qu’ils ont accumulées sans se faire de scrupule, ces marchants ont été traités comme des grands hommes de la terre (18:23). Ils sont l’équivalent de ceux qui, aujourd’hui, amassent des millions en exploitant les pauvres, en faisant le commerce de la drogue, en trafiquant la pornographie, bref ils font de l’argent leur dieu. Le luxe de Babylone contribue à les maintenir dans une grande sécurité économique. Ils n’auraient pas cette sécurité s’ils ne s’associaient pas à son idolâtrie, mais la tentation est trop grande pour y résister. Babylone sera donc jugée parce qu’elle a séduit les gens par son idolâtrie et sa fausse sécurité économique.
2. Le peuple de Dieu est exhorté à sortir de Babylone (18:4-5)
L’annonce du jugement de Babylone qui vient d’être proclamé a pour but d’exhorter les croyants à ne pas participer à son système idolâtre, mais à vivre fidèlement leur foi sans compromis. Pour ce faire, une autre voix se fait entendre du ciel. Il est possible que ce soit le Seigneur lui-même qui parle, puisque cette voix dit “mon peuple”, ou encore un ange qui représente Dieu. L’exhortation ne s’adresse donc pas aux incroyants, mais au peuple de l’alliance. La voix dit au verset 4: “Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés et de ne pas recevoir votre part de ses plaies.”
Qu’est-ce que Dieu nous demande exactement quand il nous appelle à “sortir du milieu d’elle”?
Comment devrions-nous répondre à cet appel aujourd’hui?
Cet appel à sortir de Babylone est tiré des prophètes Ésaïe et Jérémie (voir Ésaïe 48:20; 52:11; Jérémie 50:8; 51:6-9; 51:45). Les prophètes de Dieu proclamaient la délivrance d’Israël et le retour de la captivité. Dans ce contexte, ils appelaient Israël à quitter physiquement l’ancienne ville de Babylone et à se détacher de son idolâtrie. L’appel à quitter Babylone s’accompagnait d’un appel à se purifier, avec la promesse de restauration de Jérusalem et de l’adoration du vrai Dieu. Ce même appel à sortir du milieu d’eux a été repris par Paul en 2 Corinthiens 6:17: “C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux; et séparez-vous, dit le Seigneur.” “Eux” ne désigne pas Babylone, Rome ou Corinthe, mais la compagnie des incroyants avec qui les croyants de Corinthe ne devaient pas s’associer (2 Corinthiens 6:14). Cet appel est motivé par le fait qu’il existe une opposition fondamentale entre les croyants et les incroyants. “Quel contrat d’alliance entre le temple de Dieu et les idoles? Car nous sommes le temple du Dieu vivant.” (2 Corinthiens 6:16). L’appel que Paul adresse aux chrétiens de Corinthe n’est donc pas de quitter physiquement le monde mauvais, mais de se séparer moralement des incroyants. En même temps, les chrétiens sont exhortés à ne pas s’associer aux non chrétiens, par exemple en contractant avec eux des mariages ou en s’associant en affaires.
Dans l’Apocalypse, si Babylone représente la fausse Église infidèle, comme certains le pensent, l’appel à sortir de Babylone signifie alors qu’il nous faut quitter une Église qui est fausse et qui enseigne des mensonges pour nous joindre à une Église fidèle et véritable. Si Babylone représente le monde mauvais ou un aspect du monde mauvais, l’appel à sortir du milieu d’eux signifie plutôt ne pas avoir de communion avec les péchés du monde et ne pas être pris au piège de ses attraits et de ses séductions. Il nous faut éviter d’être contaminés, ce qui implique de se dissocier des pratiques mauvaises et des perversions engendrées par le mal global. Les chrétiens ne sont pas appelés à se retirer de la vie économique, culturelle, artistique, scientifique, etc. Nous ne sommes pas non plus appelés à éviter tout contact avec les non chrétiens. Nous demeurons dans le monde comme témoins de Jésus-Christ, lumière du monde et sel de la terre. Nous ne pouvons pas nous séparer physiquement du monde, ce serait contraire à notre mission. Mais si la lumière devient cachée ou si le sel perd sa saveur, c’est parce que nous acceptons des compromis inacceptables avec le monde. Ne participons pas à ses péchés. Le verbe “sunkoinonéô” signifie “vivre en communion avec”. Si nous vivons en communion avec les péchés de Babylone, nous devenons impurs, ce qui va nous empêcher d’entrer dans la nouvelle Jérusalem.
Nous sommes appelés à nous séparer de Babylone avant que le jugement ne vienne la frapper, “afin de ne point participer à ses pécher et de ne pas recevoir votre part de ses plaies” (18:5). Ceux qui s’attachent au monde ou à la fausse Église recevront aussi les fléaux qui s’abattront sur eux. Le but de se séparer n’est donc pas seulement d’éviter d’être contaminé, mais aussi d’échapper au jugement qui vient.
Qu’est-ce qui déterminera le moment de l’exécution du jugement de Dieu?
La nécessité de quitter Babylone est motivée par le fait que ses péchés “se sont accumulés jusqu’au ciel” (18:5), c’est-à-dire que la mesure de ses péchés est rendue à pleine capacité. C’est pour cela que le jugement de Dieu est imminent. Le même verset ajoute que “Dieu s’est souvenu de ses injustices”. En d’autres mots, le jour de son jugement est arrivé. Dans la Bible, quand il est dit que Dieu se souvient, cela signifie qu’il est sur le point d’agir en conséquence. Babylone met Dieu au défi jusqu’à la fin. Elle refuse de se repentir jusqu’au dernier instant. Sa dernière heure est arrivée et il est maintenant trop tard. Il peut nous arriver de penser que Dieu a oublié les péchés de Babylone. Mais le jour où elle tombera, nous verrons bien que Dieu n’a pas oublié. De même, Paul lance l’avertissement suivant en Romains 2:5: “Mais, par ton endurcissement et par ton coeur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu.”
Il n’y a rien de plus faux que d’interpréter la patience de Dieu comme un signe de faiblesse ou d’oubli de sa part. “Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns le pensent. Il use de patience envers vous, il ne veut pas qu’aucun périsse, mais il veut que tous arrivent à la repentance. Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les oeuvres qu’elle renferme, sera consumée… C’est pourquoi, bien-aimés, dans cette attente, efforcez-vous d’être trouvés par lui sans tache et sans défaut dans la paix. Considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut.” (2 Pierre 3:9-10,14-15). Par sa nature même, Dieu ne peut pas être inconstant ou négligent. Son dessein de nettoyer entièrement sa création de tout mal est fermement établi et de va pas faillir. C’est uniquement parce que son Fils unique venu en chair a porté nos péchés sur la croix et parce qu’il a subi le jugement à notre place que Dieu fait la promesse suivante à ceux qui se repentent et qui croient: “Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités.” (Hébreux 10:17; Jérémie 31:34). Mais pour Babylone qui a rejeté sa grâce et qui a préféré continuer dans la méchanceté, la voix du ciel annonce que “Dieu s’est souvenu de ses injustices” (18:5).
3. L’exécution du jugement de Babylone sera équitable (18:6-8)
La voix céleste s’adresse maintenant à ceux qui exécuteront le jugement de Dieu afin que son jugement soit exécuté. La punition exigée s’accorde parfaitement avec le principe de justice. “Payez-la comme elle a payé.” (18:6). Autrement dit, faites-lui ce qu’elle a fait aux autres. C’est la logique de la rétribution. La conséquence est à la mesure de la faute. “Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit, moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.” (Galates 6:7-8). “C’est du jugement dont vous jugez qu’on vous jugera, de la mesure dont vous mesurez qu’on vous mesurera.” (Matthieu 7:2). On retrouve le même principe dans l’annonce du jugement de Babylone proclamé par Jérémie. “Rétribuez-la selon ses oeuvres, faites-lui entièrement comme elle a fait!” (Jérémie 50:29). “Je rendrai à Babylone et à tous les habitants de la Chaldée tout le mal qu’ils ont fait à Sion sous vos yeux.” (Jérémie 51:24).
Comment comprendre la demande de lui rendre au double de ses oeuvres?
Cela va-t-il à l’encontre de la justice divine?
L’injonction de lui rendre “au double de ses oeuvres” n’entre pas en contradiction avec le principe de la rétribution selon la justice divine. Cette expression ne veut pas dire qu’on devrait lui payer le double de ce qu’elle a fait subir aux autres, comme si la punition était deux fois plus sévère que l’offense. L’expression signifie plutôt “l’équivalent exact”, comme il nous arrive de dire d’une personne qu’elle est le double d’une autre personne. C’est sa doublure. Le double ici a le sens de duplicata. La punition de Babylone devrait être l’équivalent de ce que les autres ont souffert entre ses mains. Ésaïe 40:2 contient une idée semblable: “Parlez au coeur de Jérusalem et criez-lui qu’elle est graciée de sa faute, qu’elle a reçu de la main de l’Éternel au double de tous ses péchés.”“Je leur donnerai d’abord le double de leur faute et de leur péché.” (Jérémie 16:18). En Apocalypse 18:6, la même idée de rétribution selon ses oeuvres est exprimée par la double ration, ou ration équivalente, versée dans la coupe où elle a elle-même versé. Le contenu de la coupe passe du simple au double, selon la mesure précise de ses péchés. La mesure de tourment et de douleur devrait être aussi grande que sa prétention glorieuse et sa licence.
Le verset suivant confirme cette interprétation. “Autant elle s’est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil!” (18:7). Elle recevra une mesure de tourment et de deuil correspondante à son arrogance et à son débordement dans le luxe.
Pourquoi est-il dangereux d’avoir un faux sentiment de sécurité?
Quelle parabole nous en donne un exemple?
Babylone s’est imaginée orgueilleusement demeurer toujours sur son trône royal, bien au-dessus de toute peine et de toute souffrance. “Parce qu’elle dit en son coeur: Je suis assise en reine, je ne suis pas veuve et je ne verrai point de deuil, à cause de cela, en un seul jour ses plaies viendront: mort, deuil, famine, et elle sera consumée par le feu.” (18:7). Le coeur représente le centre de notre être, ce qui oriente notre être et motive nos attitudes et nos actions. Dans son coeur, elle s’est persuadée qu’elle était en sécurité. Elle s’est glorifiée et s’est mise à la place de Dieu, ce qui est la pire folie qui puisse exister. “Le méchant dit avec arrogance: il ne punit pas! Il n’y a point de Dieu!… Il dit en son coeur: Dieu oublie! Il cache sa face, il ne regarde jamais!… Pourquoi le méchant outrage-t-il Dieu? Pourquoi dit-il en son coeur: Tu ne punis pas?” (Psaume 10:4,11,13). “L’insensé dit en son coeur: Il n’y a point de Dieu!” (Psaume 14:1). L’orgueil, l’arrogance et la fausse sécurité étaient déjà l’attitude de l’ancienne Babylone. “Tu disais: À toujours je serai souveraine! Tu n’as pas pris ces choses à coeur, tu ne t’es pas souvenue qu’elles auraient une fin. Écoute maintenant ceci, voluptueuse, qui t’assieds avec assurance et qui dis en ton coeur: Moi et rien que moi! Je ne serai jamais veuve, je ne connaîtrai pas la privation d’enfants! Ces deux choses t’arriveront en un instant, au même jour, la privation d’enfants et le veuvage. Elles fondront sur toi dans toute leur rigueur…” (Ésaïe 47:7-9). La chute soudaine de l’ancienne Babylone arrogante était une image de la chute de la Babylone mondiale à la fin des temps. Elle verra en un seul jour qu’elle n’était nullement en sécurité. Elle se pensait à l’abri de la mort, du deuil, de la famine et du feu. Ce sont précisément ces désastres qui frapperont sur elle. C’est la destruction complète qui l’attend. Toute sa prétendue sécurité et sa confiance orgueilleuse ne sont qu’illusion et mensonge. L’Église doit se garder de cette fausse sécurité qui n’est qu’une idolâtrie de soi-même.
Qu’est-ce que Dieu révèle dans son jugement contre Babylone?
Dieu y révèle bien sûr sa justice, mais également sa puissance. Babylone devra bien reconnaître “qu’il est fort, le Seigneur Dieu qui l’a jugée” (18:8). Elle subira le jugement divin qui est annoncé contre toute puissance qui prétend usurper la place de Dieu (voir Ézéchiel 28:2-9). Celui qui jugera Babylone s’appelle “le Seigneur Dieu”. Ce nom exprime sa souveraineté et sa puissance absolues, ce qui rend le jugement inéluctable. Nous pouvons également voir que Dieu, par ce jugement, révèle sa grâce envers son peuple racheté. C’est ce que Jérémie avait proclamé lorsqu’il avait annoncé la chute de l’ancienne Babylone. “Mais leur rédempteur est puissant, lui dont le nom est l’Éternel des armées; il défendra leur cause, afin de donner du répit au pays, et du dépit aux habitants de Babylone.” (Jérémie 50:34). La puissance et la justice de Dieu détruiront la puissance ennemie des croyants pour que l’Église puisse vivre dans la plénitude de la joie et de la paix dans la nouvelle Jérusalem à venir.
Paulin Bédard, pasteur
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