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La chute de Babylone (3) Les chants d’Alléluia

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 19:1-10

 

LA CHUTE DE BABYLONE (3)

LES CHANTS D’ALLÉLUIA

 

Deux chapitres entiers de l’Apocalypse nous révèlent le jugement à venir qui s’abattra sur la grande ville de Babylone. Sa chute est certaine; elle sera totale et irréversible. Voilà un sérieux avertissement à tous ceux qui seraient tentés de s’associer à elle et de tomber sous son pouvoir de séduction. Mais l’Apocalypse n’est pas seulement un livre aux visions terrifiantes et aux jugements implacables. C’est aussi et d’abord un livre de consolation pour le peuple de Dieu. Ce livre est avant tout une révélation de Jésus-Christ et de son règne glorieux. Le livre de l’Apocalypse nous appelle à nous réjouir avec lui de sa grande victoire. Le début du chapitre 19 constitue la conclusion des visions de la chute de Babylone. Quelle conclusion nous faut-il tirer du jugement que Dieu enverra sur Babylone?

 

Au chapitre 18, nous avions entendu des lamentations douloureuses prononcées par ceux qui étaient désespérés de voir la dévastation de Babylone. Au milieu de ces cris de douleur, nous avions entendu un appel à nous réjouir. “Réjouis-toi sur elle, ciel! Et vous aussi les saints, les apôtres et les prophètes! Car Dieu vous a fait justice en la jugeant.” (18:20). La vision suivante que nous examinerons maintenant nous fait voir la réponse à cet appel. C’est la louange et la joie qui éclate. Les malheurs! malheurs! font désormais place aux alléluia! alléluia! Les habitants du ciel et tous les rachetés du Seigneur célèbrent dans une grande joie le règne de Dieu et la communion parfaite entre Dieu et son peuple.

 

Thème: Le jugement de Babylone est à la gloire de la royauté de Dieu et prépare la célébration des noces de l’Agneau.

 

1. Les trois premiers alléluia (19:1-4)

2. Le quatrième alléluia (19:5-6)

3. La joie des noces de l’Agneau (19:7-8)

4. La promesse et l’avertissement (19:9-10)

 

1. Les trois premiers alléluia (19:1-4)

 

Les premiers mots “après cela” constituent la transition entre ce que Jean a vu et ce qu’il va maintenant entendre. La première chose que l’apôtre entend est “comme une voix forte d’une foule nombreuse dans le ciel” (19:1). Le texte ne dit pas si cette chorale est composée d’anges célestes ou des rachetés qui sont au ciel. Il est possible que les anges et les humains rachetés unissent leur voix pour louer Dieu, mais il est également possible que cette foule nombreuse soit seulement composée d’anges et que, par la suite, aux versets 5-6, le peuple des rachetés vienne s’ajouter pour adorer Dieu et unir leurs voix à celles des anges. La foule rassemblée au ciel pour chanter à la gloire de Dieu est nombreuse et la voix qu’elle fait entendre est prononcée à l’unisson (une voix, au singulier) et elle est forte. Toute cette assemblée céleste se réjouit et chante à la gloire de Dieu: “Alléluia! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu.” (19:1).

 

Quelle est l’origine et la signification du mot “alléluia”?

 

Le mot “alléluia” vient de l’hébreu “hallel”, qui signifie “louer”, et de “ya”, qui est un diminutif du nom de Dieu “Yahvé” ou l’Éternel. Alléluia! Louez l’Éternel! C’est un mot bien connu dans le livre des Psaumes (Psaumes 113 à 118; 146 à 150, etc.). Ce mot a été utilisé dans les Églises chrétiennes d’origine juive, mais aussi dans les Églises chrétiennes d’origine païenne, tout comme les mots hébreux ou araméens “amen”, “Abba”, “hosanna”, “maranatha”, etc. C’est la raison pour laquelle les apôtres pouvaient librement employer ces mots dans leurs écrits sans avoir besoin d’en donner la traduction. Le livre de l’Apocalypse demeure fidèle à sa nature symbolique. Même la louange à Dieu se fait au moyen de trois termes différents: “Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu” (19:1). “Les êtres vivants rendront gloire, honneur et actions de grâce à celui qui est assis sur le trône.” (4:9). “Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance.” (4:11). Dans d’autres passages, la louange à Dieu est exprimée au moyen de sept termes (voir 5:12 et 7:12).

 

De quelle manière le salut, la gloire et la puissance se sont-ils manifestés? Tout particulièrement dans l’exécution de ses jugements contre Babylone. “Parce que ses jugements sont véritables et justes. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son inconduite.” (19:2). La raison pour laquelle l’assemblée céleste chante cet alléluia est donc très claire: c’est à cause de la chute de Babylone.

 

Comment se fait-il que la désolation de Babylone soit un sujet de joie et de louange à Dieu?

 

En jugeant Babylone, le Seigneur a fait la démonstration de son salut, de sa gloire et de sa puissance. Babylone a voulu s’opposer à son oeuvre de salut; elle a voulu sa propre gloire; elle se pensait puissante et invincible. Mais Dieu, en jugeant Babylone a montré que son oeuvre rédemptrice était pleinement réalisée. Il a fait briller sa gloire dans sa plénitude. Il a parfaitement révélé sa puissance. Il est important de reconnaître que Dieu n’est pas loué seulement pour son oeuvre de salut, il est également loué pour ses jugements. Ses jugements sont “véritables et justes”. Véritables, car sa parole est digne de confiance. Le jugement qui s’est abattu sur Babylone est la démonstration de sa fidélité à sa parole. Il a fait la preuve de sa fidélité à son alliance en délivrant son peuple de ses ennemis tel que promis. Véritables aussi parce que Dieu, en jugeant Babylone, a fait la démonstration que ses témoins étaient dans la vérité. Ceux qui ont rejeté les témoins de Dieu ont rejeté la vérité, mais les jugements de Dieu sont véritables, ils viennent montrer qui avait raison. De plus, ses jugements sont “justes”, car il rétribue les hommes de manière parfaitement équitable. Il n’a pas frappé Babylone pour s’amuser, mais parce qu’elle avait contaminé les nations de ses immoralités et aussi parce qu’elle avait persécuté l’Église. Dieu tire vengeance du sang de ses serviteurs que Babylone avait versé. Le peuple de Dieu est ainsi vengé et délivré de ceux qui lui voulaient du mal. Cette vengeance et cette délivrance font partie du salut que nous avons en Jésus-Christ. La chute de Babylone n’est donc pas une calamité venant du hasard, c’est le résultat d’un acte de Dieu. La création entière sera purifiée de tout mal, de toute idolâtrie et de toute injustice. Tout ce qui n’est pas en accord avec la volonté de Dieu sera éliminé. La justice, la paix et la sainteté régneront dans son royaume. Dieu est donc digne d’être éternellement loué pour ce grand jugement.

 

Qu’est-ce qui pourrait nous aider à louer le Seigneur d’un coeur plus fervent?

 

Lorsque nous louons l’Éternel, nous célébrons les actes merveilleux qu’il accomplit, aussi bien ses actes de salut que de jugement. Ce sont des actes puissants, glorieux, justes et véritables, en même temps qu’ils nous procurent un parfait salut. En méditant sur ses oeuvres, nous serons amenés à louer le Seigneur d’un coeur plus fervent.

 

Le premier alléluia est suivi d’un deuxième qui s’inspire encore de la justice éternelle de Dieu. Cette justice est révélée par la fumée qui monte aux siècles des siècles. Cette fumée provient de Babylone détruite pour toujours. Babylone ne se relèvera jamais du jugement qui l’a frappé. La grande multitude qui loue Dieu pour la désolation éternelle de Babylone ne se réjouit pas du malheur des autres, mais se réjouit dans les actes de jugement de Dieu qui sont justes et qui montrent qu’il est vraiment leur Dieu.

 

Les vingt-quatre anciens et les quatre être vivants viennent ajouter leur louange à celle de la foule céleste. “Ils se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant: Amen! Alléluia!” (19:4). Pourquoi disent-ils “Amen” en plus de dire “Alléluia”? C’est pour confirmer le bien fondé de la louange à l’Éternel prononcé par la foule céleste. Cet Amen est prononcé en réponse aux Alléluias précédents, auxquels les anciens et les êtres vivants ajoutent leur propre “louange au Seigneur”. Les 24 anciens (conseil de la couronne de Dieu ou encore les représentants de l’Église de Dieu) et les 4 être vivants (les gardiens du trône de Dieu ou encore les représentants de la création) attestent qu’il en sera vraiment et certainement ainsi. Ils viennent confirmer que la foule céleste a raison de louer l’Éternel pour son jugement contre Babylone. Le Psaume 106, qui raconte comment Dieu a délivré son peuple de ses ennemis, se termine lui aussi par la combinaison des mots “Amen! Alléluia!” “Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, d’éternité en éternité! Et que tout le peuple dise: Amen, alléluia!” (Psaume 106:48).

 

2. Le quatrième alléluia (19:5-6)

 

Au chapitre 18, nous avions entendu trois fois des malheurs et des lamentations. Au chapitre 19, nous venons d’entendre trois alléluias, mais il en reste encore un quatrième. Ce quatrième alléluia a cependant besoin d’une préparation ou d’une introduction. Les trois premiers alléluias sont sortis spontanément de la bouche de la foule nombreuse dans le ciel ainsi que de la bouche des vingt-quatre anciens et des quatre êtres vivants. Le quatrième alléluia, quant à lui, est précédé d’un appel à l’adoration. “Une voix sortit du trône: Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands!” (19:5). Les avis sont partagés au sujet de cette voix qui sort du trône. S’agit-il de la voix de Jésus lui-même ou bien d’un ange ou d’un émissaire envoyé par lui? Le texte ne le dit pas et semble volontairement nous laisser dans l’ambiguïté. Le fait que cette voix provienne du trône nous atteste que c’est la volonté de Dieu qu’elle exprime. Cette voix détient une autorité royale divine qui appelle, convoque et réclame de ses serviteurs qu’ils louent notre Dieu. Si nous n’étions pas certains que la foule nombreuse au ciel (19:1) comprenait le peuple des rachetés, cette fois-ci tout le peuple de Dieu, tous ses serviteurs, tous ceux qui le craignent, sont appelés à venir adorer. Ils sont tous appelés à adorer leur Créateur et leur Rédempteur, sans exception, sans distinction, “petits et grands”.

 

L’adoration que nous devons à Dieu ne vient pas de notre propre initiative. C’est une réponse d’amour et d’obéissance à l’ordre du Seigneur de venir l’adorer de tout coeur. Il nous en donne l’ordre en même temps qu’il promet de nous donner un coeur disposé à le faire d’une manière qui lui soit agréable et qui soit digne de lui. Tant que nous vivons sur cette terre et que nous restons encore pécheurs, notre adoration en réponse à son appel restera imparfaite et entachée de bien des faiblesses. Mais au dernier jour, lorsque la voix sortant du trône nous convoquera à l’adoration finale, nous serons parfaitement disposés à adorer d’un coeur pur et joyeux notre Créateur et notre Rédempteur. Nous porterons parfaitement le nom de “serviteurs” et nous aurons parfaitement la crainte de l’Éternel dans nos coeurs. Cela sera vrai aussi bien des petits que des grands, sans exception. C’est la raison pour laquelle Jean entendit “comme la voix d’une foule nombreuse, comme la voix de grandes eaux, et comme la voix de forts tonnerres, disant: Alléluia! Car le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, a établi son règne.” (19:6). Jean n’entend qu’une seule voix, qui chante et qui loue à l’unisson, mais cette voix est celle d’une foule nombreuse. La force de cette voix est décrite sous les images des “grandes eaux” et des “forts tonnerres”. Le son est tellement fort qu’il est comparable aux mugissements de la mer et aux bruits de tonnerre. Cela révèle non seulement le grand nombre des serviteurs de Dieu, mais aussi le fait que leurs Alléluias vient du plus profond de leur coeur. Leurs chants de louange ne sont pas forcés ni du bout des lèvres.

 

Cet Alléluia trouve son inspiration dans le fait que le Seigneur notre Dieu, le Tout-Puissant a établi son règne.

 

Si Dieu a toujours régné sur toutes choses, comment peut-on dire qu’il a établi son règne?

 

Le verbe peut se traduire par “il régna” ou “il a régné”, indiquant qu’il a commencé à régner d’une manière particulière à partir d’un moment donné. Cela signifie qu’il a révélé sa puissance royale par la destruction de Babylone et la délivrance de son peuple (voir Apocalypse 18 et Apocalypse 19:1-3). Le Tout-Puissant n’a jamais manqué de puissance et n’a jamais cessé de régner, mais au dernier jour, son règne deviendra parfaitement manifeste, de sorte que plus personne ne pourra s’y opposer.

 

Dans la vision des chapitres 4 et 5, nous avions entendu les vingt-quatre anciens et les quatre être vivants qui adoraient Dieu. Ils exprimaient leur louange à l’Agneau parce qu’il avait été immolé et qu’il était maintenant établi dans son règne depuis son ascension. La louange en Apocalypse 19:4 vient des mêmes vingt-quatre anciens et des mêmes quatre êtres vivants, mais cette nouvelle louange nous fait voir une progression dans l’histoire du règne de Dieu. La louange venant de toute la foule du peuple de Dieu se joint maintenant à celle des 24 anciens et des 4 être vivants pour célébrer le règne de Dieu qui est maintenant pleinement accompli et manifesté par la défaite de Babylone. Alléluia! Car le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, a établi son règne!

 

3. La joie des noces de l’Agneau (19:5-10)

 

La chorale continue en disant: “Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse et donnons-lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée.” (19:7). Voici maintenant une autre raison de se réjouir et de louer Dieu. La célébration des noces de l’Agneau!

 

Pourquoi cette célébration s’appelle-t-elle les noces de l’Agneau? Qu’est-ce que cela nous enseigne?

 

Cela nous rappelle d’abord que Jésus a racheté sa fiancée par son sang (Agneau immolé, idée venant de l’Ancien Testament) et qu’il la sanctifie par son Esprit. Cette métaphore du mariage parle aussi du lien d’amour et d’unité entre Dieu et son peuple. Elle nous parle du bonheur et de la joie expérimentés dans cette union. L’union conjugale ne signifie pas que les deux partenaires se fusionnent au point de perdre leur identité, comme on s’imagine dans certains courants mystiques ou nouvel âge. Les deux époux, l’Église et l’Agneau, gardent leur identité propre, mais trouvent leur joie et leur bonheur à vivre unis ensemble pour toujours. Cette métaphore du mariage a souvent été utilisée par les prophètes de l’Ancien Testament pour décrire l’union dans l’alliance qui existait entre Dieu et son peuple (Ésaïe 54:5; Ézéchiel 16; Osée 1:2, etc.). Jésus et les apôtres ont repris cette même métaphore pour décrire l’union du Christ et de son Église accomplie dans le Nouveau Testament (Jean 1:29; Éphésiens 5:25-26).

 

En fait, le festin ne débutera pas tant que la bête, le faux prophète et le dragon avec son armée n’auront pas été vaincus et jetés dans le lac de feu. Les chanteurs peuvent toutefois dire que les noces sont venues du fait que le règne de Dieu se conclura par l’union du Christ et de son épouse.

 

De quelle façon l’Église se prépare-t-elle aujourd’hui aux noces de l’Agneau?

 

Son épouse“s’est préparée” par la puissance sanctifiante de l’Esprit du Christ. Cette préparation de la fiancée pour son fiancé est décrite au verset 8: “Il lui a été donné de se vêtir de fin lin, éclatant et pur. Le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints.” Le mot “oeuvres” suggère l’idée que ce sont des fruits de la grâce justifiante que Dieu a donnée à son peuple. Cette façon de parler ne signifie pas que la fiancée se rend elle-même acceptable aux yeux de Dieu par les bonnes oeuvres qu’elle accomplit de sa propre initiative. Elle est gratuitement lavée par la mort de son Sauveur qui la purifie de tout péché et elle est gratuitement justifiée par l’obéissance parfaite de son Sauveur qui lui est imputée. Cependant, la grâce dont la fiancée est l’objet pendant son séjour durant cette vie sur terre produit en elle un amour et un attachement envers son fiancé qui l’amène à faire toutes sortes de bonnes oeuvres par la force que lui donne le Saint-Esprit. La sanctification de nos vies par la puissance du Saint-Esprit est la meilleure façon de se préparer au grand jour des noces de l’Agneau. Aujourd’hui, l’Époux purifie et sanctifie progressivement son Épouse pour que ce jour-là l’Épouse paraisse devant lui glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut (Éphésiens 5:26-27).

 

4. La promesse et l’avertissement (19:9-10)

 

L’ange qui s’adresse à Jean dans cette vision lui donne l’ordre d’écrire ces paroles. “Heureux ceux qui sont appelés au festin de noces de l’Agneau.” (19:9). Voici la quatrième béatitude de l’Apocalypse. Heureux ceux qui sont appelés: le verbe est au passif. Ces gens n’ont pas eu l’idée par eux-mêmes d’aller se présenter à ces noces ou de s’inviter eux-mêmes. Ils ont été invités par quelqu’un d’autre. Cette invitation revêt un caractère efficace. Il y a bien sûr l’appel extérieur qui est adressé par les messagers de la bonne nouvelle et qui entre dans les oreilles de beaucoup de gens. Il y a aussi l’appel intérieur puissant et efficace qui est produit par le Saint-Esprit dans le coeur des élus. Ceux qui sont appelés extérieurement ne répondent pas tous à l’invitation, mais ceux qui sont appelés intérieurement reçoivent un appel irrésistible qu’ils ne peuvent pas refuser et auquel ils répondent avec beaucoup de joie. Tous ceux-là qui sont appelés efficacement viendront. Eux seuls seront bénis et ils le seront certainement. Leur bonheur est assuré.

 

Cette section se termine par une dernière assurance. L’ange dit à Jean: “Ce sont les paroles véritables de Dieu.” (19:9). Littéralement: “Ces paroles sont vraies (paroles) de Dieu.” Ce qui est prononcé est d’origine divine. Le pronom démonstratif “ces” se rapporte à toutes les paroles prononcées dans cette partie de l’Apocalypse, aussi bien les paroles de jugement et de désolation que les paroles de réconfort et de joie. Les anges peuvent avoir prononcé ces paroles, mais elles viennent de Dieu lui-même.

 

Quelle devrait être notre attitude à l’égard des anges?

 

Jean est conscient de recevoir des révélations qui viennent de Dieu. C’est pourquoi il tombe aux pieds de l’ange pour l’adorer. La réaction de l’ange est immédiate: “Garde-toi de le faire.” (19:10). Littéralement: “Ne le vois pas.” Nous dirions: “Ne le fais pas.” Cette expression signifie que l’ange est alarmé de voir Jean qui s’apprête à l’adorer et qu’il refuse absolument une telle adoration. L’ange est pur et puissant, il peut se tenir dans la présence de Dieu, il est constamment à son service, mais il est un compagnon de service de Jean et il est son frère. Il refuse catégoriquement d’être adoré. Bien des gens aujourd’hui sont attirés et même fascinés par les anges. Pourquoi un tel intérêt pour les anges? Peut-être à cause de leur puissance et des pouvoirs qu’ils peuvent exercer sur le monde, de leur caractère mystérieux, de la connaissance qu’ils ont de certains secrets divins, etc. Quelles que soient les raisons, la Parole de Dieu nous interdit formellement d’adorer les anges, car ceux-ci ne sont pas les égaux de Dieu, mais de simples créatures. Dieu seul est digne de louange et d’adoration. L’ange lui-même est de cet avis: “Adore Dieu!” dit-il. À cet égard, il est intéressant de noter que dans l’Apocalypse Jésus reçoit hommage, louange et adoration au même titre que son Père. Voilà une autre confirmation éloquente de sa divinité!

 

Même si Jean et ses frères ne sont pas aussi exaltés que l’ange, ils ont tout de même le témoignage de Jésus, c’est-à-dire le témoignage qui vient de lui et qui parle de lui. Le fait de posséder ce témoignage fait d’eux des prophètes qui se tiennent au même niveau que l’ange. Ce sont des compagnons de service avec lui. Dans un sens, nous sommes inférieurs aux anges, mais dans un autre, nous détenons des privilèges exclusifs, en particulier celui d’être l’Épouse de l’Agneau qui sera comblée de joie et de bonheur en présence de l’Époux lors du festin des noces de l’Agneau.

 

L’ange conclut par cette parole: “Le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie.” (19:10). Nous pouvons paraphraser en disant que le témoignage de Jésus constitue la substance et la totalité de toute prophétie. Ce témoignage vient de Jésus et il est au sujet de Jésus. Toute la révélation biblique est centrée sur la personne et l’oeuvre de Jésus-Christ. Contrairement aux anges, il est digne, avec son Père, de recevoir tout honneur et toute louange.

 

Paulin Bédard, pasteur


 

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