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La vie dans la nouvelle Jérusalem

Source: Creative Commons, Flickr, Mary

 

APOCALYPSE 22:1-5

 

LA VIE DANS LA NOUVELLE JÉRUSALEM

 

Les cinq premiers versets du chapitre 22 constituent la conclusion de l’ensemble du chapitre 21. Ces versets continuent de nous décrire la splendeur et la gloire de la nouvelle Jérusalem. C’est la dernière vision que Jean reçoit, avant d’entendre la conclusion et les exhortations finales des versets 6 à 21. L’Église glorieuse a déjà été présentée sous la forme d’une ville avec son architecture et ses matériaux qui en révélaient toute la pureté et la perfection. Ce que Jean voit maintenant est encore une ville, la nouvelle Jérusalem, mais la vision souligne qu’à l’intérieur de cette ville ce sera le bonheur parfait à l’état du paradis retrouvé. L’humanité déchue actuelle est constamment à la recherche du paradis perdu. Dieu seul, au dernier jour, restaurera toutes choses pour ses élus. Tout ce qui a été perdu en Adam sera restauré en Jésus-Christ et sera même amené à la perfection.

 

Thème: La glorieuse présence de Dieu au milieu de ses enfants leur assurera la vie abondante au service du grand Roi.

 

1. Recevoir la vie abondante par le fleuve et l’arbre de vie (22:1-3a)

2. Servir Dieu devant son trône (22:3b-4)

3. Voir la face de Dieu et porter son nom (22:4)

4. Être éclairés par Dieu et régner avec lui (22:5)

 

Quels éléments du paradis originel réapparaissent dans la vision de la nouvelle Jérusalem?

Quelles sont les ressemblances et les différences entre le début et la fin?

 

1. Recevoir la vie abondante par le fleuve et l’arbre de vie (22:1-3a)

 

L’ange montre à l’apôtre “le fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau” (22:1). Nous pouvons encore remarquer le lien étroit entre l’Apocalypse et les prophéties de l’Ancien Testament. Dans sa vision du temple restauré, Ézéchiel a vu de l’eau sortir du temple. “Il me ramena vers l’entrée de la maison. Et voici que de l’eau sortait sous le seuil de la maison à l’est;… l’eau descendait sous le côté droit de la maison au sud de l’autel.” (Ézéchiel 47:1-2). Dans la vision d’Ézéchiel, ce courant d’eau se transforme en fleuve qui monte de plus en plus et qui devient si profond que le prophète Ézéchiel ne pouvait plus traverser; il devait nager. Cette eau sortant du temple a la propriété, non pas de noyer et de faire mourir, mais de donner la vie. “Lorsque cette eau se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer deviendront saines. Tout être vivant qui se meut vivra partout où le torrent arrivera; et il y aura une grande quantité de poissons, car cette eau arrivera là-bas et les eaux deviendront saines, et il y aura de la vie partout où arrivera le torrent.” (Ézéchiel 47:8-9). Cette vision d’Ézéchiel lui a été donnée dans le contexte où la ville de Jérusalem était promise à une restauration complète. Cette restauration du monde naturel par la puissance vivifiante de l’eau sortant du temple est une image symbolique de la pleine restauration que Dieu accordera à son peuple à la fin des temps. D’autres textes de l’Ancien Testament nous parlent de cette source d’eau paisible et bienfaisante qui coule dans Jérusalem (Joël 4:18; Zacharie 14:8; Ésaïe 35:6-7; Psaume 46:4; voir Apocalypse 7:17; 21:6). Ce fleuve nous fait également penser au fleuve qui coulait dans le jardin d’Éden et qui arrosait les arbres du jardin.

 

Que signifie que le fleuve d’eau de la vie sort du trône de Dieu et de l’Agneau?

 

Dans la vision de l’Apocalypse, le fleuve d’eau de la vie sort du trône de Dieu et de l’Agneau qui est à l’intérieur de la ville. Ce fleuve représente symboliquement la vie abondante qui découle de la communion avec Dieu et avec l’Agneau. Cette communion perpétuelle est promise à ceux qui garderont la foi dans l’Agneau jusqu’à la fin. L’eau de la vie coule comme un fleuve et nous parle de la vie dans sa plénitude qui sera communiquée avec une grande abondance. La clarté de l’eau indique la pureté de la vie qui est accordée ainsi que son caractère impérissable. Jésus a déjà utilisé le symbole de l’eau pour représenter la vie nouvelle ou encore le Saint-Esprit qui donne la vie nouvelle (Jean 4:13-15; Jean 7:37-39). Comme un grand fleuve qui coule sans jamais se tarir, cette communion avec Dieu par Jésus-Christ ne pourra jamais être interrompue; cette vie qui en découle sera donc éternelle. La source du fleuve coulant à partir du trône se trouve en Dieu lui-même et en Jésus-Christ, l’Agneau, qui a ouvert par son sacrifice la fontaine de la vie au peuple de Dieu (voir Psaume 36:9).

 

En plus du fleuve, l’apôtre voit un arbre de vie “au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve” (22:2). Le fleuve et l’arbre ne sont pas en retrait quelque part dans un parc éloigné, mais se situent en plein milieu de la ville, sur la place principale de la ville. Cela signifie que la communion avec Dieu est une caractéristique essentielle de la ville et que la vie qui en découle est accessible à tous ses résidents. Cette étrange vision d’un seul arbre sur les deux bords du fleuve est une allusion à la prophétie d’Ézéchiel 47:12 qui annonçait que, sur le torrent du fleuve, “sur ses bords, de chaque côté, pousseront toutes sortes d’arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne s’épuiseront pas, ils donneront des primeurs tous les mois, parce que ses eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture et leurs feuilles de remède.” Ces arbres le long des rives du fleuve transforment la ville en un grand parc, mais la signification de ces arbres est plus profonde. Ils rappellent l’arbre de vie planté par Dieu dans le jardin d’Éden et rendent témoignage aux bénédictions du nouveau paradis que Dieu accorde à son Église dans la gloire. La vision de Jean reprend la même idée que la vision d’Ézéchiel. L’arbre de vie “produit douze récoltes et donne son fruit chaque mois” (22:2). Cette récolte de fruits tout au long de l’année nous indique que les fruits de l’arbre de la vie ne s’épuiseront jamais; la vie elle-même ne manquera jamais de rien. Jésus a promis: “Moi, je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance.” (Jean 10:10).

 

Que signifie que les feuilles de l’arbre servent à la guérison des nations?

 

Même les feuilles de l’arbre participent à cette puissance des arbres et de leur fruit à communiquer la vie. Ces feuilles “servent à la guérison des nations” (voir Ézéchiel 47:12). Cette parole a parfois été interprétée comme signifiant la conversion actuelle des nations païennes. Cependant, la vision d’Apocalypse 22 ne nous parle pas de ce que Dieu est en train de faire actuellement, mais nous révèle l’accomplissement de toutes choses à la fin des temps. La guérison des nations ne signifie donc pas la conversion actuelle des païens, mais plutôt le fait qu’il n’y aura plus de mort ni de douleur. Comme l’a annoncé Ésaïe, aucun habitant ne dira “je suis malade” (Ésaïe 33:24). Il ne faut pas comprendre ce verset dans le sens où les nations seront continuellement en processus de guérison, pas plus qu’il ne faut comprendre “il essuiera toute larme de leurs yeux” comme un processus qui va durer pour l’éternité dans la nouvelle Jérusalem. Ces affirmations correspondent à des réalités terrestres que nous pouvons comprendre et qui décrivent des réalités éternelles au-delà de toute compréhension. C’est comme l’arbre qui produit son fruit chaque mois, le mois étant une période de temps basé sur le système solaire actuel. Dans l’éternité, on ne comptera plus le temps de cette manière. On peut simplement dire que la guérison produite par les feuilles représente la rédemption pleinement accomplie en Jésus-Christ. Tout ce qui entrave la plénitude de la vie aura disparu lors de la consommation finale.

 

2. Servir Dieu devant son trône (22:3b-4)

 

La raison de la guérison des nations nous en est donnée au début du verset 3: “il n’y aura plus d’anathème” (voir Zacharie 14:11). Il n’y aura plus de malédiction dans la nouvelle Jérusalem! La malédiction prononcée par Dieu après la chute (Genèse 3:14-24) sera non seulement ôtée, mais en plus elle ne reviendra plus jamais sous aucune forme. Il n’y aura plus aucune malédiction dans la cité de Dieu. Cela vient entièrement du fait que l’Agneau s’est offert sur la croix: “Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous” (Galates 3:13). Ceux qui n’auront pas le droit d’entrer dans la ville subiront la malédiction éternelle comme juste châtiment pour leurs péchés (21:8; 21:27; 22:15). Mais pour ceux qui sont unis à Jésus, la malédiction de la mort physique et de la mort éternelle sera définitivement ôtée par l’Agneau dans le paradis à venir.

 

Le paradis perdu sera retrouvé dans la nouvelle Jérusalem dans une beauté encore plus grande que dans le jardin d’Éden, car le trône de Dieu et de l’Agneau procurera une source intarissable de grâce et de bénédiction à tous ses citoyens sauvés de la malédiction et de la condamnation. “Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville.” (22:3). Lorsqu’une porte s’est ouverte dans le ciel pour que Jean puisse voir, il a vu le trône dans le ciel (4:2). Maintenant que le décret de Dieu s’est accompli, le trône de Dieu et de l’Agneau apparaît dans la ville sainte. Tous ceux qui seront dans la ville auront accès à la présence de Dieu et de l’Agneau. Le trône de Dieu et de l’Agneau, symbole de leur règne en puissance et en grâce, domine la vie de ceux qui résident dans la ville sainte de Dieu.

 

Pourquoi y a-t-il seulement un trône pour deux personnes?

 

Le fait qu’il y ait seulement un trône et deux personnes qui siègent dessus (Dieu et l’Agneau) peut paraître étranger. Cette façon de parler nous montre que le langage humain est trop limité pour parler de manière pleinement adéquate de la Trinité. Le Père et le Fils sont deux personnes bien distinctes, mais en même temps, avec le Saint-Esprit, ils ne forment qu’un seul Dieu. Nous devons toujours distinguer les trois personnes sans jamais perdre de vue leur unité. Nous ne pouvons comparer Dieu à rien d’autre. Il demeurera donc toujours pour nous un mystère incompréhensible. Même dans l’éternité à venir, nous devrons nous contenter de la révélation qu’il nous donnera de lui-même, dans le mystère de son unité et de sa diversité. Dieu et l’Agneau occuperont le même trône et régneront sur le même royaume, car notre Dieu Créateur et Rédempteur est le seul Souverain sur toute sa création nouvelle.

 

La vie de la cité de Dieu “bourdonne” autour de la présence de Dieu et de l’Agneau. Ses habitants répondent à cette présence en se consacrant entièrement au service de leur Dieu. Le verset 3 ajoute: “Ses serviteurs le serviront.” Le verbe en grec peut se traduire par “adorer”. Cette adoration n’exclut pas d’autres formes de service, mais c’est la forme de service par excellence de ceux qui sont littéralement appelés esclaves (voir 1:1). Ils accompliront la volonté de Dieu et serviront leur Seigneur avec joie, de sorte qu’ils vivront pleinement selon le but pour lequel Dieu les a créés et restaurés à son image. Le pronom singulier “le” désignant Dieu et l’Agneau exprime encore une fois l’unité inséparable entre Dieu et l’Agneau.

 

3. Voir la face de Dieu et porter son nom (22:4)

 

Malgré le fait que ces résidents soient esclaves, ils sont non seulement choisis pour adorer, mais en plus ils “verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts” (22:4). Voir la face de Dieu sera le comble de notre bonheur et de notre joie éternelle!

 

Pourquoi n’est-il pas possible de voir Dieu aujourd’hui?

 

Cette béatitude ne peut pas pleinement s’accomplir au cours de cette période actuelle, car elle signifierait la mort instantanée du pécheur (Exode 33:20). Ce grand bonheur se réalisera dans la nouvelle Jérusalem. Dans le sermon sur la montagne, le Seigneur Jésus a dit que ceux qui ont le coeur pur sont heureux, car ils verront Dieu (Matthieu 5:8). Le péché ne pourra plus empêcher la pleine communion avec le Seigneur, exprimé par le fait de voir sa face. Nous connaîtrons la perfection de l’harmonie et de la communion avec Dieu et nous le remercierons éternellement pour sa grâce en Jésus-Christ. Nous nous tiendrons devant lui avec une entière confiance et un amour total. Cette relation bénie comblera les aspirations les plus profondes des serviteurs de Dieu de tous les temps. Job aspirait après ce jour: “Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre, après que ma peau aura été détruite; moi-même en personne, je contemplerai Dieu. C’est lui que moi je contemplerai, que mes yeux verront, et non quelqu’un d’autre.” (Job 19:25-27). David aussi avait cette même espérance dans son coeur: “Pour moi, avec justice, je verrai ta face dès le réveil, je me rassasierai de ton image.” (Psaume 17:15). “Je demande à l’Éternel une chose, que je recherche ardemment: Habiter toute ma vie dans la maison de l’Éternel, pour contempler la magnificence de l’Éternel et pour admirer son temple.” (Psaume 27:4).

 

Cependant, voir la face de Dieu ne signifie pas que la distinction essentielle entre Dieu et l’homme va disparaître. La différence entre le Créateur et la créature ne sera pas ôtée par une fusion des natures divine et humaine. Différentes formes de mysticisme ont imaginé que c’était là un but qui pouvait être atteint, mais leurs idées mènent à un panthéisme où toutes choses deviennent dieu.

 

Cette communion avec Dieu est encore exprimée d’une autre manière dans la suite du verset 4: “et son nom sera sur leurs fronts”.

 

Que signifie que le nom de Dieu sera sur le front des habitants de la ville?

 

Cela signifie que chacun d’eux est précieux pour Dieu. Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes, nous appartenons au Seigneur (1 Corinthiens 6:19). Parmi toute la multitude des rachetés qui peupleront la nouvelle Jérusalem, aucun ne sera oublié, aucun ne sera inconnu ou mal aimé. Il est facile aujourd’hui de se perdre dans les grandes villes et de passer inaperçu, anonyme dans la foule. Ce ne sera pas le cas dans la nouvelle Jérusalem. Le nom du Seigneur sera sur le front de chacun. Personne ne sera oublié. Chacun sera bien identifié comme appartenant au Seigneur. Chacun bénéficiera également de sa protection en tout temps, car son nom sur le front de ses enfants est aussi une marque de sa présence protectrice continuelle. “Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il n’en sortira plus. J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau.” (3:12).

 

4. Être éclairés par Dieu et régner avec lui (22:5)

 

Apocalypse 21:25 avait déjà dit qu’il n’y aura pas de nuit dans la ville sainte, ce qui explique pourquoi ses portes n’auront jamais besoin d’être fermées. Le dernier verset de cette vision répète que “la nuit ne sera plus et ils n’auront besoin ni de la lumière d’une lampe, ni de la lumière du soleil” (22:5). Il ne reste plus aucune trace d’obscurité. On pourra goûter au salut gratuit dans sa plénitude “parce que le Seigneur Dieu les éclairera” (voir 21:23,25). La lumière de la présence de Dieu ôtera pour toujours toute obscurité terrestre. Sa lumière remplira toutes les moindres parties de la ville. Il n’y aura plus aucune injustice, aucune menace, aucun danger. La bénédiction aaronique de Nombres 6:25-26 sera parfaitement accomplie. Il fera briller sa face sur son peuple, il leur accordera sa grâce, il lèvera sa face vers eux et leur donnera la paix. Il est leur lumière et leur salut (Psaume 27:1).

 

Il est possible de penser qu’il n’y aura plus de soleil ni d’autres sources de lumière, car la présence de Dieu les remplacera.

 

Et ils régneront aux siècles des siècles.” (22:5).

 

De quelle façon pensez-vous que nous allons régner pour l’éternité?

 

Ces résidents de la ville sainte seront les esclaves de Dieu qui adorent leur Roi sur son trône qui est au milieu d’eux (22:3). Ils seront également eux-mêmes des rois sous la direction de Dieu. Ils auront part à son règne. Ils ne le seront pas seulement pendant un certain temps, mais seront des rois et des prêtres devant Dieu et Jésus-Christ pour toujours.

 

La promesse d’Exode 19:6 a été initialement accomplie parmi ceux qui craignaient Dieu en Israël. Elle a trouvé son plein accomplissement lorsque le Saint-Esprit a été déversé sur toute chair (Actes 2:17; voir 1 Pierre 3:9). Elle sera pleinement réalisée dans la nouvelle Jérusalem, là où le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple de Dieu régnera pour toujours. La perfection du Royaume sera arrivée, lorsque Dieu sera tout en tous (voir 1 Corinthiens 15:28).

 

Paulin Bédard, pasteur


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