Le fait de sa résurrection
Source: Nasa.gov
LE FAIT DE SA RÉSURRECTION
45. Quel profit nous revient-il de la résurrection du Christ?
D’abord, puisqu’il a vaincu la mort par sa résurrection, nous pouvons participer à la justice qu’il nous a acquise par sa mort; ensuite, par sa puissance, nous sommes nous aussi, dès maintenant, ressuscités pour une vie nouvelle; et enfin, en la résurrection du Christ, nous avons un gage certain de notre glorieuse résurrection.
Rom. 4:24; Rom. 6:4; Rom. 8:11; 1 Cor. 15:12, 17, 54; Éph. 2:5; Col. 3:1-5; 1 Pi. 1:3, 21.
— Catéchisme de Heidelberg, Q&R 45
Nous arrivons à un point tournant dans l’oeuvre de rédemption de notre Sauveur Jésus. Jusqu’ici nous avons vu sa vie de souffrance et d’humiliation. Maintenant commence une toute nouvelle phase, que nous appelons son élévation ou son exaltation. Sa résurrection est la première étape vers la gloire, suivie de son ascension, de son règne actuel et de son retour glorieux.
Il est étonnant de voir que le catéchisme ne développe pas beaucoup le sujet de la résurrection. Ce n’était pas un sujet de controverse au temps de la Réforme. La résurrection de Jésus était un fait accepté par l’Église catholique romaine aussi bien que par les réformateurs. Il n’était donc pas nécessaire de s’y attarder. Aujourd’hui, par contre, beaucoup de gens refusent de croire dans la résurrection de Jésus. Il est donc important d’insister davantage sur cette vérité biblique fondamentale. Nous verrons donc cette fois-ci le fait de la résurrection de Jésus (qui n’est pas traité dans le catéchisme). Une prochaine fois, nous nous arrêterons sur les bienfaits de sa résurrection.
Personne d’entre nous n’a jamais vu quelqu’un mourir et revenir à la vie! Nous savons bien que c’est biologiquement impossible. Le corps meurt, il se décompose et c’est tout. Jésus ressuscité? Bien des gens n’y croient pas. Certains Juifs, appelés sadducéens, ne croyaient en aucune résurrection (Matthieu 22:23). Dans l’histoire de l’Église, surtout à partir du dix-neuvième siècle, des gens se sont mis à douter que Jésus soit vraiment ressuscité des morts. On a commencé à développer des théories pour expliquer ce que la Bible nous dit. Considérons quelques-unes des théories qui rejettent la résurrection de Jésus.
Des théories qui rejettent la résurrection de Jésus
La théorie du faux tombeau: Les femmes seraient allées au mauvais tombeau. Il faisait encore noir et leurs esprits étaient appesantis par la tristesse, elles se sont donc trompées d’endroit. Un tel argument ne tient pas. Certaines d’entre elles savaient très bien où se trouvait le corps de Jésus, car elles avaient été témoins de son ensevelissement (Marc 15:47). Il ne faisait pas complètement noir, c’était très tôt le matin. De plus, elles y allaient pour compléter un travail très pratique, finir d’embaumer son corps (Marc 16:1-2).
La théorie de l’évanouissement: Jésus ne serait jamais mort, il aurait seulement fait semblant d’être mort ou se serait évanoui. Il se serait par la suite réveillé pour aller se montrer aux autres. Les Évangiles disent tout le contraire. Il a été transpercé par une lance qui l’a vidé de son sang (Jean 19:34). Le centurion romain a rendu témoignage de sa mort (Marc 15:39,44-45). Si Jésus avait été dans le coma, Joseph d’Arimathée l’aurait remarqué en l’amenant au sépulcre (Marc 15:42-46). S’il lui restait encore la moindre parcelle de vie après toutes les atrocités qu’il venait de subir, le tombeau froid l’aurait achevé.
La théorie du corps volé: Le corps de Jésus aurait été volé soit par les disciples, soit par les autorités juives, soit par les autorités romaines. Il est toutefois impossible que les disciples aient dérobé le corps de leur Seigneur. Le texte dit que des soldats romains avaient été postés pour monter la garde au tombeau (Matt. 27:62-66). Il est tout aussi invraisemblable que les Romains aient commis un tel vol. Pourquoi se seraient-ils donné cette peine? Quant aux Juifs, s’ils avaient volé le corps de Jésus, pourquoi ne pas avoir produit son corps comme preuve qu’il n’était pas mort?
La théorie du mythe: Plusieurs théologiens et plusieurs fausses Églises enseignent que Jésus n’est jamais vraiment ressuscité des morts. Ils prétendent que les disciples étaient tellement bouleversés et traumatisés qu’ils ne pouvaient pas accepter la mort de leur Seigneur. Ils auraient rêvé d’une résurrection fictive qu’ils auraient annoncé jusqu’à ce qu’ils y croient. On prétend que les disciples voulaient tellement que les gens croient en Jésus qu’ils auraient inventé cette histoire. Ils auraient inventé un mythe dans le but de commencer une nouvelle religion. Les grands-prêtres auraient été les premiers à présenter cette théorie. Ils auraient payé les soldats pour qu’ils racontent un tel mensonge (Matthieu 28:11-15). Cette théorie est contraire aux Écritures. La Bible nous enseigne la résurrection physique, corporelle de Jésus. Il est réellement revenu à la vie dans son corps glorifié, en chair et en os.
Les apparitions du Ressuscité
La Bible nous rapporte plusieurs apparitions du Ressuscité. Dieu s’est assuré de la présence de nombreux témoins oculaires. “Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché concernant la parole de vie… nous vous l’annonçons à vous aussi.” (1 Jean 1:1,3). Après sa résurrection, le Seigneur Jésus est apparu à Marie-Madeleine (Jean 20:11), à d’autres femmes (Matt. 28:8-10), à Pierre (Luc 24:34), aux deux disciples sur la route d’Emmaüs (Luc 24:13), aux onze disciples, à l’exception de Thomas (Jean 20:19-23), aux disciples avec Thomas (Jean 20:26-29), à des disciples près de la mer de Tibériade (Jean 21:1-2), aux disciples au mont des Oliviers (Ac. 1:6-12), à Étienne (Ac. 7:59), aux 500 croyants (1 Cor. 15:6), à Jacques (1 Cor. 15:7), à l’apôtre Paul (Ac. 9; 1 Cor. 15:8), à Jean sur l’île de Patmos (Apoc. 1:9-20).
Ce ne sont pas les témoins qui manquent! Cela n’explique pas tout. Leur témoignage ne résout pas toutes nos questions. Nous ne savons pas comment Jésus est ressuscité. La Bible ne nous décrit pas ce qui s’est produit dans le tombeau. Mais l’important, c’est qu’il soit ressuscité!
Quelle a été la réaction des témoins?
Les Évangiles nous présentent-ils une Église qui voulait tellement que Jésus soit vivant qu’elle aurait inventé une histoire de résurrection? Pas du tout! Au contraire! La Parole nous dit que les disciples, au début, avaient bien de la difficulté à accepter que Jésus soit ressuscité. Ils n’arrivaient pas à y croire.
Pourquoi les disciples de Jésus ont-ils été si lents à croire dans la résurrection? Malgré le fait que Jésus l’avait prophétisé plusieurs fois, les disciples étaient convaincus qu’un mort est mort, un point c’est tout. Il est enseveli et c’est fini. Ils ne se sont pas dépêchés de sortir le troisième jour pour aller vérifier si la prophétie de Jésus était vraie. Au contraire, ils avaient peur et se cachaient. C’est Jésus qui a insisté. Il s’est fait voir à plusieurs reprises. Il leur a montré ses mains et ses pieds. Il a mangé de la nourriture avec eux. Non! Il n’était pas un fantôme ni un produit de leur imagination. Ce n’est qu’après plusieurs attestations qu’ils se sont mis à croire. Oui! Il est vraiment ressuscité! Ils étaient incrédules et Jésus a dû les réprimander d’avoir douté.
Une fois qu’ils ont cru, les disciples ont été complètement transformés. Auparavant, ils étaient faibles, craintifs, ils n’osaient pas parler aux autres, mais après, ils étaient remplis de courage et parlaient ouvertement de leur foi. Ils pouvaient affronter la persécution et la mort sans crainte. Ils étaient même capables de se réjouir dans les persécutions. Comment expliquer un tel revirement? Une légende inventée ne peut jamais produire un tel effet. Seule la vérité de la résurrection peut l’expliquer. D’autres ont entendu parler de sa résurrection, mais n’ont pas cru. Des Juifs ont eu des preuves, mais les ont rejetées (Matt. 28:11). Des Grecs se sont moqués (Ac. 17:32). Quelle est notre réaction? Croyons-nous qu’il est réellement ressuscité?
Je l’accepte par la foi
Pouvons-nous prouver que Jésus est bien ressuscité? Nous ne pouvons pas le prouver par la raison. Nous pouvons le prouver en citant les Écritures, mais c’est par la foi que nous savons que Jésus est ressuscité. Il nous faut croire aux Écritures! Jésus a dit à Thomas: “Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru!” (Jean 20:29). Il était nécessaire d’avoir des témoins oculaires qui rendraient témoignage aux générations futures de ce qu’ils ont vu, entendu et touché. Quant à nous, nous sommes appelés à croire à leur témoignage, sans voir et sans douter. Notre intelligence est limitée: en plus, elle est corrompue par le péché. Personne ne peut prouver sans l’ombre d’un doute que le tombeau était vide du fait que Jésus est ressuscité, et non parce que le corps aurait été volé ou que les femmes se seraient trompées. Nous ne pouvons pas le prouver. Nous devons croire à ce que Dieu nous dit. Nous pouvons y croire si nous sommes convaincus que Dieu est puissant et que Jésus est vrai Dieu capable de vaincre la mort.
Pouvons-nous nous permettre de douter de la réalité de la résurrection? Dans sa lettre aux Corinthiens, au chapitre 15, l’apôtre Paul répond très clairement. Si Jésus n’est pas ressuscité, tout est vain et inutile. S’il n’est pas ressuscité, nous n’avons pas le pardon de nos péchés ni la vie nouvelle avec Dieu. Aujourd’hui, les gens mettent Dieu au défi. Dieu doit prouver ce qu’il dit. La Bible nous demande au contraire d’avoir une attitude d’humilité en acceptant humblement ce que Dieu nous dit. Dieu nous dit que Jésus est ressuscité des morts. C’est là le coeur de notre foi, le fondement de notre vie, la joie de notre espérance. Je ne peux pas le prouver par une expérience scientifique: je le reçois simplement par la foi.
L’Église doit défendre vigoureusement le fait de la résurrection. Jésus est mort. Il est revenu à la vie physiquement. Il est vivant aujourd’hui dans son corps monté au ciel. Il nous faut l’accepter par la foi. C’est seulement quand nous acceptons avec joie le fait de la résurrection que nous pouvons recevoir les grands bienfaits de sa résurrection.
Paulin Bédard, pasteur
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier
Vol. 6, No. 3, automne 2011.

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