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Les deux défaites aux mains des Philistins

Source: Creative Commons, Flickr, ukgardenphotos


1 SAMUEL 4:1-11

LES DEUX DÉFAITES AUX MAINS DES PHILISTINS

 

Le coeur de tout homme est religieux et la religion est fascinée par la puissance de Dieu. En réalité, toutes les religions humaines cherchent d’une manière ou d’une autre à se servir de la puissance de Dieu, à la manipuler, à la canaliser dans le but de nous faire du bien ou de nous apporter le bonheur. Il existe tellement de dangers qui nous menacent dans ce monde. La vie est précaire et fragile. Les humains cherchent par toutes sortes de moyens à accéder à cette puissance qui pourra protéger leurs vies et leur bien-être. Mais comment avoir accès à cette puissance de Dieu? De quelle manière la canaliser pour qu’elle soit à notre service? On a tout essayé. Méditation, formules magiques, sacrements, canalisation de l’énergie cosmique au moyen de techniques occultes, etc. L’apôtre Paul a dit que, dans les derniers jours, les hommes “garderont la forme extérieure de la piété, mais ils en renieront la puissance” (2 Tim. 3:5). Oui, la puissance de Dieu est bien réelle, mais il est facile de se tromper sur ce qu’elle signifie réellement.

 

Les chapitres 4 à 6 du livre de Samuel nous font voir la puissance de Dieu en action, mais d’une manière inattendue et surprenante. Cette histoire va nous permettre de mieux connaître notre Dieu et d’en tirer d’importantes leçons.

 

Le chapitre 4 se divise en deux parties: Tout d’abord, deux batailles contre les Philistins qui se concluent par la mention spécifique de deux décès, ceux d’Hophni et de Phinéas (4:1-11). Puis, la nouvelle de ces batailles avec la mention de deux autres décès, ceux d’Éli et de la femme de Phinéas (4:12-22). Nous verrons cette fois-ci seulement la première partie.

 

Thème: La puissance de Dieu en action

 

1. La première bataille – L’Éternel frappe son peuple (4:1-3)

2. L’arrivée de l’arche – L’Éternel des armées règne (4:4)

     a. La réaction d’Israël (4:5-8)

     b. La réaction des Philistins (4:7-9)

3. La deuxième bataille – L’Éternel frappe encore plus (4:10)

4. Le résultat – L’Éternel accomplit sa parole (4:11)

     a. La prise de l’arche

     b. La mort d’Hophni et de Phinéas

 

1. La première bataille – L’Éternel frappe son peuple (4:1-3)

 

La dernière section s’est terminée en nous disant que “la parole de Samuel était adressée à tout Israël” (4:1) et que l’Éternel “ne laissait tomber à terre aucune de ses paroles” (3:19). Ce nouvel épisode, incluant les chapitres 4 à 6, va nous donner un bon exemple de l’efficacité de la parole prophétique de Samuel. Nous n’entendrons plus parler de Samuel avant le chapitre 7, mais les paroles qu’il a prononcées auront de fortes répercussions sur l’histoire des chapitres 4 à 6. Il faut d’abord que l’ancien régime soit éliminé (chap. 4) avant de mettre en place une nouvelle direction (chap. 6). De plus, Israël a besoin d’apprendre quelques leçons sur l’arche de l’alliance et sur la puissance de Dieu (chap. 5-6) avant de se repentir sous la direction de Samuel.

 

“Israël sortit à la rencontre des Philistins pour combattre. Ils campèrent près de Ében-Ézer, et les Philistins campaient à Apheq. Les Philistins se rangèrent en bataille en face d’Israël, et le combat s’engagea.” (4:1-2). Nous ne savons pas qui engagea la bataille en premier, mais nous savons que les Philistins ne sont pas des nouveaux venus dans l’histoire d’Israël. Ce sont des ennemis importants souvent mentionnés dans le livre des Juges. C’est la première fois qu’ils sont mentionnés dans le livre de Samuel. La dernière fois qu’on avait entendu parler d’eux remonte à l’histoire de Samson en Juges 15-16. Les Philistins vont jouer un rôle important jusqu’à la fin du livre de Samuel où ils seront de nouveau rassemblés à Apheq. Ici, les Philistins vont capturer l’arche. Plus tard, c’est le corps du roi d’Israël tombé au combat qu’ils prendront (31:8-10).

 

Les Philistins sont un peuple qui s’était établi sur la côte à l’ouest du pays et possédaient cinq villes importantes (Ekron, Asdod, Gath, Askalon et Gaza). Leur but était de prendre le contrôle du pays, en particulier des voies de communication à l’intérieur des terres. Nous les voyons ici campés à Apheq, au nord de la région qu’ils habitaient, tandis que les troupes d’Israël se trouvaient à Ében-Ézer, juste à l’est d’Apheq, à environ 35 kilomètres de Silo.

 

Le texte ne nous donne aucun détail sur les manoeuvres ou les stratégies employées durant la bataille. Il nous résume simplement en quelques mots le désastre qui s’y est produit, du moins du point de vue des Israélites. “Israël fut battu par les Philistins (plus exactement “devant les Philistins”) qui frappèrent sur le front du champ de bataille environ quatre mille hommes.” (4:2). Une très dure défaite pour Israël! Ce genre de défaite n’est pas nouveau dans l’histoire d’Israël. Le livre des Juges contient de nombreux épisodes qui nous relatent des défaites ou des oppressions subies aux mains des ennemis. L’existence même du peuple de Dieu a souvent été menacée.

 

Et pourtant, le peuple d’Israël était entré dans le pays de Canaan avec des magnifiques promesses de Dieu, promesse de repos, de paix, de bénédiction. Dieu avait déjà délivré son peuple des mains d’ennemis plus redoutables. Pensons en particulier à l’Égypte, pays de l’Antiquité très puissant qui avait tenu Israël en esclavage et que Dieu avait délivré à main forte et à bras puissant. Pensons également à la conquête sous Josué et aux grandes victoires contre les Cananéens.

 

Nous comprenons bien la grande question des anciens d’Israël. “Le peuple rentra au camp et les anciens d’Israël dirent: Pourquoi l’Éternel nous a-t-il laissé battre aujourd’hui par les Philistins?” (4:3). Pourquoi? Les anciens percevaient que l’Éternel n’avait pas été absent de la bataille et que c’est lui, et non pas la force des Philistins, qui avait causé leur défaite. Le texte en hébreu est plus clair et plus affirmatif que notre traduction française. On peut traduire par “Pourquoi l’Éternel nous a-t-il battu (ou frappé) aujourd’hui devant les Philistins?” Les anciens ont bien compris ce qui c’était réellement passé sur le champ de bataille. C’est Dieu lui-même qui les a battus. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est la raison. Pourquoi notre Dieu a-t-il fait cela?

 

À votre avis, les anciens d’Israël avaient-ils les informations nécessaires leur permettant de répondre à leur “pourquoi”?

 

Ce n’était pas la première fois qu’ils avaient l’occasion de se poser la question. Après toutes les défaites qu’ils ont subies aux mains des ennemis au cours des deux siècles précédents, ils avaient eu l’occasion de se poser bien des pourquoi. Lors des défaites précédentes, la réponse se trouvait dans la conduite du peuple d’Israël. Le livre des Juges nous en donne un bon résumé: “Alors la colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël, et il dit: Puisque cette nation a enfreint mon alliance que j’avais prescrite à ses pères, et puisqu’ils n’ont pas obéi à ma voix, moi non plus je ne déposséderai plus devant eux aucune des nations que Josué laissa quand il mourut.” (Jg. 2:20-21). Au lieu de se demander “Pourquoi l’Éternel nous a-t-il frappé?”, les anciens auraient dû se demander: “Qu’est-ce que nous avons fait qui déplaît à l’Éternel?” D’ailleurs, les anciens ne connaissaient pas seulement l’histoire des deux derniers siècles. Ils connaissaient également la conduite coupable des deux fils d’Éli. Éli lui-même a appris de tout le peuple leurs mauvaises actions (2:23). Les anciens en Israël auraient dû comprendre qu’il y avait un lien entre le comportement pécheur de leurs prêtres et la défaite que le peuple venait de subir aux mains du Seigneur. De plus, dans les deux derniers chapitres, nous avons entendu l’annonce du jugement de la maison d’Éli prononcé tour à tour par un homme de Dieu et par Samuel. Ces annonces prophétiques ne disaient pas comment ce jugement allait venir, mais on pouvait se douter en Israël que Dieu frapperait d’une manière ou d’une autre. Dieu avait dit par la bouche de Samuel: “Voici que moi je vais faire en Israël une chose qui fera que les deux oreilles de quiconque l’entendra en tinteront.” Voici maintenant que les cloches commencent à sonner dans les oreilles des Israélites!

 

 

Quelle est la différence entre la réaction des anciens devant cette défaite et la réaction du peuple d’Israël devant chacune des nombreuses défaites au temps des juges?

 

Les anciens d’Israël n’ont pas crié à l’Éternel, comme le peuple avait fait tant de fois durant la période des juges (Jg. 3:9,15; 4:3; 6:6-7; 10:10-12). Ils n’ont ni reconnu leurs péchés ni crié à Dieu pour lui demander secours et miséricorde. Voyez plutôt l’étonnante réponse qu’ils ont donné à leur “pourquoi”.

 

2. L’arrivée de l’arche – L’Éternel des armées règne (4:4)

 

“Allons prendre à Silo l’arche de l’alliance de l’Éternel: qu’elle vienne au milieu de nous et qu’elle nous sauve de la main de nos ennemis.” (4:3). Dans notre traduction, il est clair qu’on espérait que ce soit l’arche qui vienne au milieu d’Israël et qui les sauve de la main de leurs ennemis (indiqué par le féminin “elle”). En hébreu, ce n’est pas aussi clair. Le suffixe pronominal du verbe est au masculin, ce qui peut se rapporter à l’arche (masculin en hébreu) ou à l’Éternel lui-même. On pourrait donc tout aussi bien traduire: Allons prendre à Silo l’arche de l’alliance de l’Éternel: qu’il vienne au milieu de nous et qu’il nous sauve de la main de nos ennemis.”Ou bien les anciens pensaient que l’arche était un objet magique d’où émanait la puissance de Dieu et qui pouvait en elle-même les sauver de la main de leurs ennemis, ou bien ils avaient des notions religieuses plus raffinées et pensaient que “l’arche de l’alliancede l’Éternel” allait rappeler à l’Éternel ses engagements envers eux selon les termes de l’alliance qu’il avait conclue avec Israël. “Apportons l’arche de l’alliance pour que l’Éternel fasse comme il avait promis et qu’il nous délivre de nos ennemis.” Peut-être les Israélites se souvenaient-ils de la présence de l’arche et de son importance lors de l’entrée en Canaan, lorsque tout le peuple traversa le Jourdain (Jos. 3-4). Dans un cas comme dans l’autre, ils cherchaient à manipuler Dieu et à se servir de sa puissance, plutôt qu’à servir l’Éternel selon les paroles de l’alliance. Ils s’imaginaient que, si l’arche était transportée sur le champ de bataille, Dieu serait forcé de délivrer son peuple et de sauvegarder son honneur. Si quelque chose arrive à l’arche, Dieu va paraître le perdant et, bien entendu, il ne permettra jamais une telle chose. Il est donc obligé de nous sauver. Son honneur est en jeu. Israël met de la pression sur Dieu. Si nous avons l’arche, nous avons la puissance de Dieu.

 

Donnez des exemples où nous risquons à notre tour de manipuler Dieu et sa puissance.

 

Voici maintenant ce qui s’est produit quand l’arche a été amené de Silo. “Le peuple envoya (un détachement) à Silo, d’où l’on apporta l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées qui siège entre les chérubins.” (4:4). Il est remarquable que l’auteur guidé par le Saint-Esprit n’a pas simplement dit qu’on apporta l’arche ou l’arche de l’alliance de l’Éternel, mais “l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées qui siège entre les chérubins”. Les anciens voulaient peut-être manipuler Dieu ou lui rappeler ses obligations envers son peuple, mais le narrateur nous informe que c’est l’Éternel qui est le Roi puissant et souverain. Cette façon de parler de l’Éternel des armées n’est pas sans rappeler Elqana qui allait chaque année à Silo se prosterner devant l’Éternel des armées (1:3). Cette expression signifie qu’il est le Dieu souverain au-dessus de toutes puissances terrestres et célestes. De même, Anne, dans sa prière fervente prononcée à Silo, avait appelé Dieu “l’Éternel des armées” (1:11). Elle s’en était humblement remise en la toute-puissance du Roi de gloire. Par la suite, elle avait célébré dans son cantique la grandeur de Dieu. “Nul n’est saint comme l’Éternel; il n’y a point d’autre dieu que toi; il n’y a point de rocher comme notre Dieu… L’Éternel est un Dieu qui connaît tout et par lui sont pesés tous les agissements.” (2:2-3). L’arche symbolisait plusieurs choses, incluant la royauté de Dieu. Elle était considérée comme le marchepied du trône céleste de Dieu. David a dit: “J’avais l’intention de bâtir une maison où reposerait l’arche de l’alliance de l’Éternel et qui serve de marchepied à notre Dieu.” (2 Chr. 28:2). Sur l’arche, il y avait deux chérubins en or aux extrémités du couvercle de l’arche (le propitiatoire, Ex. 25:18-22). Dieu régnait au ciel, mais il avait promis à Moïse de le rencontrer “du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’arche du témoignage” (Ex. 25:22). Voici maintenant que l’on transporte depuis Silo “l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées qui siège entre les chérubins”. Il y a quelque chose de grand et de glorieux qui se rapporte à cette arche. Attention, vous les anciens d’Israël! L’Éternel est un Dieu qui connaît tout et par lui sont pesés tous les agissements! Il est le Roi tout-puissant!

 

La scène est criante de clarté. Voyez qui étaient là, tout près, dans la présence de l’arche de l’alliance de Dieu. “Les deux fils d’Éli, Hophni et Phinéas, étaient là, avec l’arche de l’alliance de Dieu.” (4:4). Pourquoi l’Éternel a-t-il frappé Israël, pensez-vous? Est-ce parce qu’il n’a pas été fidèle à son alliance et à ses promesses? Pas du tout! C’est plutôt parce que ces deux vauriens de fils n’ont pas été fidèles à servir l’Éternel auprès de l’arche de l’alliance, ni à Silo ni quand l’arche fut transportée sur le champ de bataille. Ils ne connaissaient pas l’Éternel. Leur péché était très grand devant l’Éternel (2:12-17). Ils n’ont pas écouté les réprimandes de leur père (2:22-25), “car l’Éternel voulait les faire mourir” (2:25). Un homme de Dieu a spécialement été envoyé auprès d’Éli pour lui annoncer que le jugement allait tomber sur sa maison (2:27-36). Puis à son tour, quand Samuel a reçu sa vocation de prophète, son premier message à transmettre fut de confirmer à Éli que Dieu accomplirait tout ce qu’il avait dit contre sa maison (3:12-14). Et voici qu’on nous dit que ces deux vauriens se trouvent avec l’arche! Il y a de quoi trembler. Le peuple d’Israël peut-il sérieusement essayer de manipuler la puissance de Dieu ou encore demander à Dieu de se souvenir de ses promesses représentées par l’arche, alors qu’il y a au service de l’arche ces deux vauriens de prêtres qui ont si ouvertement méprisé l’Éternel?

 

a. La réaction d’Israël (4:5-8)

 

Cette note glorieuse à propos de l’arche vient de l’auteur du livre et non des acteurs en présence. Les anciens et tout le peuple d’Israël ont une compréhension tout à fait différente de la situation. “Lorsque l’arche de l’alliance de l’Éternel entra dans le camp, tout Israël lança une grande clameur, et la terre en fut ébranlée.” (4:5). Les Israélites ne se sont pas souvenus de la royauté souveraine de Dieu ni de la sainteté parfaite de Dieu. Ils étaient tout emballés à l’idée que la puissance de Dieu entrait dans leur camp et qu’elle allait se déployer sur le champ de bataille, car certainement l’Éternel va se souvenir de ses promesses envers son peuple! Les cris de ferveur et d’enthousiasme étaient si forts que la terre en fut ébranlée.

 

b. La réaction des Philistins (4:7-9)

 

L’armée des Philistins stationnée à Apheq, par très loin de l’armée d’Israël, entendit ces cris. Quelle fut leur réaction? “Les Philistins entendirent le bruit de la clameur et dirent: Qu’est-ce donc que le bruit de cette grande clameur dans le camp des Hébreux?” (4:6). Ces Hébreux viennent juste de subir une grande défaite. Qu’est-ce qu’ils ont à tant crier? “Ils se rendirent compte (= ils connurent, ils surent) que l’arche de l’Éternel était arrivée au camp. Les Philistins furent dans la crainte car, dirent-ils, Dieu est arrivé au camp. Malheur à nous! dirent-ils, car il n’en a pas été ainsi jusqu’à présent.” (4:6-7). La réaction des Philistins est étonnante. L’armée des Philistins venait tout juste de démontrer sa supériorité sur l’armée israélite. Et voilà qu’ils ont la frousse.

 

De quoi les Philistins avaient-ils peur au juste?

 

C’est parce qu’ils avaient entendu parler de la grande délivrance de la sortie d’Égypte. “Malheur à nous! Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants? Ce sont ces dieux qui ont frappé les Égyptiens de toutes sortes de coups dans le désert.” (4:8). La nouvelle de ce que Dieu avait fait quelques siècles plus tôt s’était répandue et avait laissé une profonde impression dans le coeur de différents peuples avoisinants, incluant les Philistins. La version “philistine” de la sortie d’Égypte était quelque peu confuse. Ils croyaient que c’était “dans le désert” que les Philistins avaient été frappés de toutes sortes de coups et que c’était par “les dieux” du peuple d’Israël. Les traditions orales ont généralement tendance à déformer la vérité. Les Philistins avaient toutefois bien raison d’avoir peur de cette puissance divine redoutable qui avait délivré Israël des puissants Égyptiens. Mais si les Philistins croyaient vraiment que la puissance divine avait délivré Israël de l’Égypte, qu’est-ce qu’ils auraient dû faire s’ils avaient été le moindrement sages et intelligents? Imaginez que vous savez que le Dieu tout-puissant est du côté de vos ennemis. Que feriez-vous? Voici le merveilleux plan conçu par les Philistins. “Fortifiez-vous et soyez des hommes, Philistins, de peur que vous ne soyez asservis aux Hébreux comme ils vous ont été asservis: soyez des hommes et combattez!” (4:9). Soyez braves, prenez courage et allez vous battre! Décidément, ces hommes n’ont pas entendu la prière d’Anne. “Il gardera les pas de ses fidèles. Mais les méchants se perdront dans les ténèbres; car l’homme ne triomphera point par la force. Ceux qui contestent avec l’Éternel seront terrifiés; contre eux, dans les cieux, il tonnera.” (2:9-10).

 

Nous avons donc d’un côté le camp des Israélites où règne une grande confiance et un grand enthousiasme à l’idée que la puissance de Dieu est avec nous. De l’autre côté, nous avons le camp des Philistins où l’on s’encourage comme on peut devant la terreur d’affronter cette mystérieuse puissance divine qui avait autrefois battu l’Égypte. Que va-t-il se passer durant cette deuxième bataille?

 

3. La deuxième bataille – L’Éternel frappe encore plus (4:10)

 

Les belligérants des deux côtés pensent tous que la victoire d’Israël est plus probable. Et pourtant, voyez le résultat. “Les Philistins livrèrent bataille, et Israël fut battu. Chacun s’enfuit dans sa tente. La défaite fut très grande, et il tomba d’entre les Israélites trente mille hommes de pied.” (4:10). Quel massacre! La deuxième défaite est encore pire que la première. Remarquez qu’en hébreu la “défaite” subie par Israël (4:10) est le même mot que les “coups” autrefois subis par les Égyptiens (4:8). Ce que Dieu avait fait aux Égyptiens, il le fait maintenant aux Israélites!

 

Pourquoi Dieu a-t-il infligé la défaite de son peuple aux mains de ses ennemis?

 

Nous comprenons mieux la signification de cette défaite à la lumière des deux éléments d’information supplémentaire qui nous sont fournis au verset 11.

 

4. Le résultat – L’Éternel accomplit sa parole (4:11)

 

“L’arche de Dieu fut prise, et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinéas moururent.” (4:11). Le premier élément nous informe d’une tragédie nationale d’une envergure que nous avons de la difficulté à concevoir aujourd’hui. L’arche de Dieu, là où Dieu règne sur les chérubins, a été capturée et emportée par ces païens de Philistins! Après tout, le courage des Philistins ne semble pas avoir été si bête et stupide. Ils ont remporté la victoire, au point même d’emporter avec eux le symbole de la puissance de Dieu et de sa souveraineté majestueuse! Ça devait sûrement sonner dans les oreilles de tout Israélite qui entendait la nouvelle. Pour la première fois de l’histoire depuis la construction de l’arche après la sortie d’Égypte, Israël perd l’arche de l’alliance! Quel malheur! De plus, tous les média philistins vont interpréter l’événement comme une défaite de l’Éternel. On s’imagine les grands titres en première page dans la Gazette de Gaza. Israël a été battu, même avec le symbole de la présence de Dieu avec eux, alors Dieu a été battu. Honte à l’Éternel! Dieu est un perdant. En réalité, si nous avons bien écouté ce que la Parole de Dieu nous a révélé jusqu’à maintenant dans le livre de Samuel, bien loin de déshonorer l’Éternel, ces événements sont orchestrés par Dieu pour sauvegarder son honneur et sa réputation. Dieu sera peut-être méprisé par les Philistins pendant un certain temps, mais il ne sera plus méprisé à Silo par son peuple. À travers tous ces événements, Dieu vient d’accomplir sa parole.

 

Voyez le deuxième élément d’information qui nous est fourni: “les deux fils d’Éli, Hophni et Phinéas moururent” (4:11). Nous voyons que toute cette histoire tourne en particulier autour de ces deux hommes. Il y a bien d’autres enjeux que nous découvrirons plus tard, mais certainement la défaite d’Israël aux mains des Philistins était la conséquence des péchés de ces deux hommes rebelles à Dieu. Ils occupaient une position de direction et d’autorité au milieu du peuple de Dieu, mais ils avaient été grandement désobéissants et indignes de leur appel. N’ayant pas été disciplinés par leur père ni par les anciens ou le peuple, Dieu lui-même s’est chargé de les punir selon leurs fautes. La puissance de Dieu était véritablement en action au milieu d’Israël et même contre Israël. Cette puissance de Dieu n’a pas agi comme les anciens avaient espéré ni comme les Philistins avaient craint, mais Dieu a réellement agi avec puissance, selon sa justice et sa fidélité à son alliance. Car son alliance comporte toujours, non seulement des promesses et des bénédictions, mais aussi des obligations, des menaces et des malédictions en cas de désobéissance et d’infidélité. Nous voyons bien que la mort des deux fils d’Éli est l’accomplissement de la Parole de Dieu (2:25). L’ironie des versets 1 à11 est qu’Israël organise le transport de l’arche en vue d’obtenir la victoire, alors que l’Éternel s’en sert pour accomplir son plan et mettre à mort Hophni et Phinéas comme il le voulait. Dieu vient donc d’accomplir son jugement. En même temps, cet acte de jugement est une démonstration de sa grâce pour son peuple. Dieu vient de retrancher deux mauvais bergers qui conduisaient son peuple sur un mauvais chemin.

 

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette histoire?

 

Tout d’abord, cette histoire nous apprend que nous ne pouvons pas manipuler la puissance de Dieu. Les anciens d’Israël étaient insensés de croire que la présence de l’arche au milieu de leur camp allait automatiquement leur procurer la victoire sur leurs ennemis. Nous ne pouvons pas manipuler la puissance de Dieu et nous en servir à notre avantage. La présence de l’arche ne pouvait pas garantir à Israël qu’ils allaient vaincre leurs ennemis et vivre en sécurité. Il en est de même de notre participation à l’Église, nos prières, nos offrandes, nos lectures quotidiennes de la Bible, etc. Aucune activité religieuse ne peut nous rendre capables de manipuler Dieu afin de nous le rendre favorable et de nous assurer le succès, la richesse ou le bonheur. La puissance de Dieu n’est pas à notre service. La puissance de Dieu, c’est la puissance qui appartient à Dieu et que Dieu utilise comme il veut quand il veut.

 

Deuxièmement, Dieu accepte le déshonneur pour un certain temps plutôt que de nous laisser vivre dans une relation fausse avec lui.

 

Troisièmement, Dieu permet que nous soyons déçus de lui pour que nous puissions mieux connaître qui il est véritablement.

 

Enfin, la promesse de Dieu n’est plus symbolisée par l’arche de l’alliance. Elle s’est accomplie en Jésus-Christ. Nous ne pouvons pas nous approprier la puissance de Dieu en manipulant Jésus. Nous devons simplement mettre en lui notre confiance et en même temps chercher à vivre dans l’obéissance à sa Parole. Par cette histoire, Dieu préparait l’établissement de la royauté qu’il allait confier d’abord à Saül, puis à David. Tout cela était une préparation de la venue du Sauveur, Jésus-Christ, le Fils de David. C’est par lui et à travers lui que la grâce et la puissance de Dieu se sont manifestées dans leur plénitude en faveur de son peuple. Paul a prié pour les Éphésiens afin qu’ils connaissent “quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons selon l’action souveraine de sa force. Il l’a mise en action dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté.” (Éph. 1:19-21).

 

Quelle est la différence entre prier Dieu en se confiant dans ses promesses et prier Dieu en cherchant à forcer sa main?

 

Paulin Bédard, pasteur


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