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Dieu promet à David une maison royale

 

Source: Creative Commons, Flickr, ukgardenphotos


2 SAMUEL 7:1-16

DIEU PROMET À DAVID UNE MAISON ROYALE


L’alliance de Dieu avec son peuple est une réalité fondamentale dans la Bible et cette notion d’alliance est inséparable de toute l’histoire de la rédemption. Nous voyons que Dieu traite avec l’humanité en général, puis avec son peuple en particulier, dans le contexte d’une relation d’alliance. Nous comprenons par là que Dieu accorde à son peuple des promesses et des privilèges incomparables, mais qu’en même temps il nous donne des commandements et nous appelle à vivre devant lui d’une manière responsable, en vertu des obligations de son alliance, mais en même temps sur la base de son plan éternel et de ses promesses de grâce. Nous pouvons ainsi être rendus capables, par sa pure grâce, de répondre aux promesses de son alliance et d’en vivre d’une manière digne de notre Dieu. La formule “Je serai ton Dieu et tu seras mon peuple” résume tout. Dieu ne nous a pas seulement créés, il ne nous a pas laissés tout seuls, à avancer par nous-mêmes, comme nous pouvons, sans qu’il intervienne dans l’histoire humaine. Dieu s’est révélé à nous, il marche avec nous, il promet de nous accompagner et de nous donner sa grâce. En même temps, il nous demande de prendre nos responsabilités devant lui, au milieu de son peuple et dans ce monde.


Au commencement du monde, après la rupture de l’alliance originelle avec Dieu, l’Éternel Dieu est revenu à nouveau vers l’homme pécheur et lui a fait la promesse d’un Sauveur à travers la descendance de la femme (Gen. 3:15). Cette promesse s’est poursuivie et développée quand Dieu a fait alliance avec Abraham et lui a promis une descendance. Cette promesse s’est finalement accomplie lorsque Jésus-Christ est venu dans le monde pour accomplir notre salut et devenir ainsi le Garant et le Médiateur de la Nouvelle Alliance scellée par son sang. Nous vivons aujourd’hui dans cette alliance de grâce, avec les bénédictions qui nous ont été gagnées par Jésus-Christ et avec les obligations et les responsabilités qui en découlent de répondre à son amour avec reconnaissance.


Les promesses que Dieu a faites à David, dans ce texte que nous allons maintenant étudier, s’inscrivent dans ce que nous appelons l’alliance avec David. Le mot technique “alliance” (berith) ne se trouve pas dans notre passage, mais toute la notion d’alliance s’y trouve. D’autres passages de la Bible nous confirment que Dieu a fait alliance avec David. Par exemple: “Ne devez-vous pas reconnaître que l’Éternel, le Dieu d’Israël, a donné pour toujours à David la royauté sur Israël, à lui et à ses fils, par une alliance inviolable?” (2 Chr. 13:5). “Mais l’Éternel ne voulut pas détruire la maison de David, à cause de l’alliance qu’il avait conclue avec David et parce qu’il avait déclaré qu’il assurerait toujours une lignée royale à lui et à ses fils.” (2 Chr. 21:7). Cette alliance avec David, en 2 Samuel 7, constitue une étape clé dans l’histoire de la rédemption et dans la progression de l’histoire de l’alliance entre Dieu et son peuple.


Thème: L’alliance de Dieu avec David prépare la venue du grand Roi et Médiateur de l’alliance.


1. David projette de bâtir une maison à l’Éternel (7:1-3)

2. Dieu n’a pas eu besoin de maison jusqu’à maintenant (7:4-7)

3. Dieu a pris soin de son peuple et lui a donné un lieu d’habitation en sécurité (7:8-11)

4. L’Éternel promet à David de lui bâtir une maison (7:11-16)

 

1. David projette de bâtir une maison à l’Éternel (7:1-3)


Dieu est parvenu à donner à son peuple une stabilité et une prospérité nouvelle par le biais de son serviteur David. La menace philistine pénétrant le territoire d’Israël est maintenant enrayée. Jérusalem est devenue la capitale du nouveau royaume unifié. David est bien installé aux commandes de tout Israël. C’est maintenant le temps, pense David, de songer à construire pour Dieu un temple à Jérusalem. Enfin l’Éternel aurait une maison, qui confirmerait visiblement la stabilité du royaume. Après tout, si David a son palais royal, il ne convient pas que le Roi des rois n’ait pas, lui aussi, sa résidence permanente. “Lorsque le roi habita dans sa maison, et que l’Éternel lui eut donné du repos en le délivrant de tous ses ennemis qui l’entouraient, il dit au prophète Nathan: Vois donc! c’est moi qui habite dans la maison de cèdre, alors que l’arche de Dieu habite sous la toile de tente. Nathan répondit au roi: Va, fais tout ce que tu as dans le cœur, car l’Éternel est avec toi.” (7:1-3).


Qu’est-ce qui pourrait clocher dans l’intention de David et dans l’acquiescement de Nathan?


Certes, l’intention de David est bonne en soi. David pense selon les catégories de l’alliance de Dieu avec son peuple. Il ne se soucie pas de sa propre image de politicien, mais il recherche la gloire de Dieu et le bien de son peuple. Il a pris le temps d’y réfléchir, afin de trouver une bonne façon de servir le Seigneur selon sa volonté et il est content et joyeux à l’idée d’exprimer concrètement sa reconnaissance envers Dieu. De même, Nathan n’a pas de raison valable à présenter pour s’objecter à un si glorieux projet qui consiste à construire un temple pour l’Éternel. D’ailleurs, ce projet entre en droite ligne avec la loi de Moïse, en particulier dans le livre du Deutéronome, qui parle à plusieurs reprises du lieu que l’Éternel choisirait dans l’avenir pour y faire demeurer son nom (Deut. 13:23; 15:20; 16:2,6-7,11,15-16, etc.). Tout semble donc indiquer qu’il s’agit d’une bonne œuvre que Dieu approuvera et bénira!


Mais peut-être que Nathan aurait dû consulter l’Éternel avant d’acquiescer au projet de David et de l’assurer que l’Éternel était avec lui. De même, David n’a pas non plus pris le temps de consulter l’Éternel. Il semble même prendre Dieu en pitié et semble estimer que Dieu souffre de ne pas avoir de maison permanente, comparé au fait que David est choyé d’habiter dans un palais royal. Même si nous avons la bonne intention de glorifier notre Dieu et que nos projets s’accordent avec sa loi, il ne faut pas présumer que c’est nécessairement ce que Dieu veut pour nous. Nous devons demeurer réceptifs à la possibilité que Dieu puisse avoir des projets bien différents. Bref, la bouche du prophète a parlé un peu vite et n’a pas communiqué une parole venant de l’Éternel.

 

2. Dieu n’a pas eu besoin de maison jusqu’à maintenant (7:4-7)


David et Nathan sont très vite informés du fait que le plan de l’Éternel est différent du plan de David. Pour le faire savoir à David, Dieu passe par le canal de son prophète, qui est sa bouche autorisée dans ce monde. “Or, cette nuit-là, la parole de l’Éternel fut adressée à Nathan en ces mots: Va dire à mon serviteur David: Ainsi parle l’Éternel: Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite? Car je n’ai pas habité dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter les Israélites hors d’Égypte jusqu’à aujourd’hui mais je me suis déplacé sous une tente et dans un tabernacle. Partout où je me suis déplacé avec tous les Israélites, ai-je dit un mot à quelqu’une des tribus d’Israël à qui j’avais ordonné de faire paître mon peuple d’Israël, ai-je dit: Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdre?” (7:4-7). Toutes ces paroles et tout le reste de notre passage sont des paroles que Nathan devra transmettre à David de la part de l’Éternel. Remarquez comment Dieu appelle David: “Mon serviteur David.” David devra se rappeler qu’il est simple serviteur, et non le maître qui peut faire ce qu’il veut.


Donnez deux raisons pour lesquelles Dieu ne veut pas que David lui construise une maison.


Tout d’abord, Dieu n’a pas à être pris en pitié. Il n’a nul besoin d’habiter dans une maison terrestre permanente, bien que ce sera son bon plaisir d’y faire habiter son nom le jour où le temple sera construit plus tard. Mais jusqu’à maintenant, Dieu n’en a jamais souffert. Il s’est très bien tiré d’affaire! Cela donne au Seigneur l’occasion de récapituler l’histoire de l’alliance à son prophète, en rappelant en particulier l’étape fondatrice lors de la sortie d’Égypte et de l’alliance au Sinaï. Une caractéristique importante de cette alliance, c’est que Dieu a toujours accompagné son peuple. Partout où ils sont allés, il s’est toujours déplacé avec eux. En fait, la tente et le tabernacle étaient appropriés au mode de vie du peuple d’Israël tout le temps de leur séjour dans le désert et pendant les premières étapes de leur vie en Canaan. De plus, même si la loi mosaïque disait que l’Éternel choisirait un endroit pour y faire habiter son nom, jamais le Seigneur n’avait encore fait le reproche à aucun dirigeant en Israël pour le fait qu’on ne lui avait pas encore bâti une maison.


David pensait construire une maison pour l’Éternel, mais Dieu ne le lui avait pas commandé. Dieu corrige donc en douceur son serviteur, lui disant de ne pas faire ce qu’il ne lui avait pas ordonné. C’est ce que nous appelons “le principe régulateur”. Nous pensons parfois bien faire en inventant des façons de servir Dieu ou de l’adorer selon notre imagination, basé sur nos bonnes intentions. Dieu, pour sa part, demande que nous le servions tel qu’il nous a explicitement commandé, et pas d’une autre manière. Nous devrions toujours nous satisfaire d’obéir simplement à ce que Dieu nous a commandé, et non pas d’essayer d’inventer des formes de culte ou de service qui peuvent nous paraître bonnes, mais qui, en réalité, n’ont pas été demandées par Dieu. Il ne nous est pas permis d’ajouter ni de retrancher quoi que ce soit à sa volonté parfaite.


La deuxième raison pour laquelle David ne devait pas construire de temple à l’Éternel n’est pas mentionnée dans notre texte. Plus tard, lorsque David donnera des directives pour la construction du temple à son fils Salomon, David lui-même lui expliquera la raison pour laquelle il n’a pas construit le temple: “La parole de l’Éternel m’a été adressée en ces mots: Tu as beaucoup versé de sang, et tu as fait de grandes guerres; tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu as versé devant moi beaucoup de sang sur la terre.” (1 Chr. 22:8). Ces guerres étaient voulues par Dieu pour la protection de son peuple, mais il ne convenait pas que les mains de David, qui avaient versé tout ce sang, construisent le temple saint de l’Éternel. Il fallait des mains propres, comme celles de son fils Salomon qui, lui, a vécu en paix.


Comparez cette raison avec le fait que c’est maintenant Jésus le constructeur du temple de Dieu.


Jésus n’a versé le sang de personne. C’est au contraire son propre sang qu’il a eu sur ses mains, afin d’expier nos péchés à notre place. C’est de cette manière qu’il a bien voulu construire le nouveau temple de Dieu, c’est-à-dire l’Église qui est le temple du Saint-Esprit.

 

3. Dieu a pris soin de son peuple et lui a donné un lieu d’habitation en sécurité (7:8-11)


Dieu continue de donner à Nathan ses instructions à transmettre à David. Dieu s’attarde encore à rappeler à Nathan et à David ce qui s’est passé dans la vie de David.


Pourquoi est-il si important pour Dieu de rappeler à David ce qui est arrivé dans le passé?


Écoutons d’abord le message que Dieu a voulu transmettre à David: “Maintenant tu parleras ainsi à mon serviteur David: Ainsi parle l’Éternel des armées: C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le conducteur de mon peuple d’Israël. J’ai été avec toi partout où tu es allé, j’ai retranché tous tes ennemis devant toi et j’ai rendu ton nom grand comme le nom des grands qui sont sur la terre; j’ai attribué une place à mon peuple d’Israël, et je l’ai planté pour qu’il y demeure et ne soit plus agité, pour que les hommes injustes ne recommencent plus à l’humilier comme autrefois, et comme à l’époque où j’avais établi des juges sur mon peuple d’Israël. Je t’ai accordé du repos en te délivrant de tous tes ennemis.” (7:8-11).


Cette histoire enseigne à David que ce n’est pas David qui est le Maître souverain. Ce n’est pas lui qui possède le monopole de la puissance, de la sagesse et de la bonté. Souvent, nous pensons être en mesure de faire mieux que Dieu. Si nous étions à sa place, nous saurions comment régler les problèmes mondiaux, les difficultés dans l’Église et le progrès apparemment très lent de l’œuvre missionnaire dans le monde. Nous pensons souvent, sans le dire dans ces mots, avoir un plus grand degré de bonté et de miséricorde que notre Dieu, qui, pensons-nous, laisse aller le monde à la perdition sans rien faire et qui conduit si mal son peuple dans des sentiers raboteux. Sans être si rempli d’orgueil, David, avec son intention de construire un temple pour l’Éternel sans que Dieu le lui ait jamais demandé, pensait sans doute, au moins un soupçon, qu’en prenant ainsi lui-même les devants, il rendait un grand service au plan de Dieu qui avait besoin d’une poussée vers l’avant.


Dieu vient le remettre gentiment à sa place en lui rappelant ce qui s’est passé au cours des années précédentes, depuis le jour où Dieu a appelé David à le servir comme roi d’Israël. Oui, c’est bien Dieu qui a eu l’idée d’appeler David à son service. C’est bien lui qui a pris les moyens pour amener David sur le trône d’Israël. Ce n’est pas David qui aurait jamais pu réussir une telle chose ni même en avoir l’idée. Les bienfaits que Dieu a accordés à son peuple à travers le roi David ne sont pas le fruit de la sagesse, de la puissance et de la bonté de David, mais bien le fruit de la sagesse, de la puissance et de la bonté de Dieu même. C’est le Dieu de l’alliance qui accomplit unilatéralement son plan de grâce dans son alliance. Il le fait, bien entendu, en se servant de personnes choisies par lui pour accomplir son plan. Mais c’est son plan qui se déploie à travers l’histoire et c’est sa main qui conduit les détails même de cette histoire. C’est Dieu qui a été avec David partout où il est allé. C’est Dieu qui l’a protégé, délivré des ennemis, guidé vers le but, soutenu avec des forces nouvelles et donné un nom grand sur la terre. C’est Dieu qui a planté solidement Israël dans le pays promis et qui lui a donné la paix, le repos, la délivrance de tous ses ennemis. David n’était qu’un instrument dans les mains du Dieu souverain. David devra continuer de n’être qu’un instrument dans les mains du Dieu qui est encore souverain. David n’est pas celui qui fait avancer le plan de Dieu par la force de ses propres mains ou par les bonnes intentions de sa propre sagesse.


Dans la Bible, le rappel de l’histoire occupe une fonction très importante dans la dynamique de la relation entre Dieu et son peuple. Le rappel de l’histoire de l’alliance est là pour nous remettre à notre place et pour rendre gloire à Dieu seul, tout en nous procurant un puissant encouragement pour l’avenir. C’est Dieu seul qui est Dieu et nous devons laisser Dieu être Dieu, sur toute la ligne, et non pas commencer à vouloir faire avancer son plan à notre goût et selon nos bonnes idées. En même temps, en laissant Dieu être Dieu, nous sommes assurés que celui qui a déjà fait tant de bien pour son peuple continuera certainement de déverser ses bénédictions sur son peuple dans l’avenir. En Israël, les bénédictions de Dieu déversées sur Israël passaient par le rôle que David occupait comme roi d’Israël dans l’alliance de grâce. Aujourd’hui, c’est à travers Jésus-Christ, le Fils de David, que les bénédictions de Dieu sont déversées en abondance sur nous. Nous pouvons être certains que Jésus, qui est tellement plus grand que David, est le Garant parfait de l’alliance. Il nous garantit hors de tout doute la bienveillance et la grâce de Dieu sur tous ceux qui croient en lui et qui marchent à la suite du grand Roi. Nul besoin de vouloir prendre les choses en mains pour chercher à faire avancer le plan de Dieu par nos propres forces. Il suffit de marcher à sa suite avec confiance et dans l’obéissance nouvelle produite par le Saint-Esprit dans nos cœurs.

 

4. L’Éternel promet à David de lui bâtir une maison (7:11-16)


Toutefois, Dieu ne veut pas décourager son serviteur David, bien au contraire! Dieu a des projets beaucoup plus grands que David ne peut imaginer. Le projet rédempteur de Dieu est d’une envergure qui dépassera largement la durée de la vie de David. Ce projet passera d’abord par son fils Salomon, puis s’étendra très loin dans le temps jusqu’à Jésus-Christ et jusqu’à nous.


Quel jeu de mots Dieu fait-il avec David et quelle est la signification de ce jeu de mots?


David voulait construire à l’Éternel une “maison”, c’est-à-dire un temple pour Dieu. C’est plutôt l’Éternel qui construira une “maison” à David, c’est-à-dire une dynastie royale, qui se poursuivra dans l’avenir et qui durera même jusque dans l’éternité. “L’Éternel t’annonce qu’il te fera une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai ta descendance après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles, et j’affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une Maison à mon nom, et j’affermirai pour toujours son trône royal.” (7:11-13).


De qui s’agit-il? Bien sûr, tout d’abord à court terme, il s’agit de son fils Salomon, qui remplacera David sur le trône d’Israël. David reçoit de Dieu la promesse formelle que son fils régnera à sa place. Voilà pour David une belle source d’encouragement! De plus, Dieu promet que c’est son fils qui réalisera son rêve de construire le temple. C’est la maison de David (son fils) qui construira la maison de Dieu (le temple). De plus, la royauté en Israël (du moins dans la tribu de Juda) se transmettra à travers la lignée de David de génération en génération.


L’alliance de Dieu avec David est-elle conditionnelle ou inconditionnelle?


Cette question doit être répondue avec soin et précision. D’un côté, l’alliance avec David est conditionnelle dans le sens que les descendants de David devront vivre dans la foi et obéir à la loi de Dieu s’ils veulent espérer recevoir la bénédiction divine et être assurés de conserver le trône afin de diriger le peuple de l’alliance dans la paix, la sécurité et la justice. Cette dimension conditionnelle de l’alliance est résumée par ces paroles au verset 14: “Moi-même je serai pour lui un père, et lui, il sera pour moi un fils. [en parlant de la lignée de David]. S’il commet des fautes, je le corrigerai avec le bâton des hommes et avec les coups des humains.”


Le livre des rois a été écrit en bonne partie pour illustrer les conséquences de cette parole de l’alliance, en montrant ce qui est arrivé au temps des rois d’Israël et de Juda. Après la division du royaume en deux, les rois d’Israël, qui n’étaient pas des descendants de David, ont tous systématiquement péché contre l’Éternel, ce qui a finalement abouti à la destruction du royaume du nord et à la dispersion en exil des 10 tribus d’Israël. Les rois de Juda, quant à eux, n’étaient guère mieux. Bien qu’ils étaient tous des descendants de David, la plupart d’entre eux n’ont pas davantage obéi à la loi de l’Éternel. La malédiction s’est également abattue sur eux et sur le peuple dont ils avaient la responsabilité, jusqu’au jour où le royaume du sud fut à son tour détruit avec sa capitale, Jérusalem, en 586. Même le temple bâti par Salomon, promis ici à David, a été détruit. Il est clair que l’alliance de grâce que Dieu a établie avec Israël dans son ensemble et avec David et sa descendance en particulier est une alliance conditionnelle. Dieu exige la foi et l’obéissance de son peuple et de son roi, sinon les malédictions de l’alliance se retournent contre eux.


D’autre part, l’alliance de Dieu avec Israël et en particulier cette alliance-ci avec David comporte également une dimension inconditionnelle très explicite. Nous le voyons immédiatement aux versets suivants: “mais ma bienveillance ne se retirera pas de lui, comme je l’ai retirée de Saül, que j’ai écarté devant toi. Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés devant toi, ton trône pour toujours affermi.” (7:15-16). Là où le péché abonde, la grâce surabonde! Même si le malheur s’est tant de fois abattu sur Israël à cause des péchés du peuple et de ses rois, même si Juda et les rois de Juda ont tant de fois transgressé l’alliance par leurs révoltes, leurs idolâtries et leurs crimes horribles de toutes sortes, l’engagement de Dieu envers son peuple et envers David n’a jamais changé et ne changera jamais. Ce qu’il a promis, il le fera et il le fera jusqu’au bout. “Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés devant toi, ton trône pour toujours affermi.” 


Quelle promesse extraordinaire! Quelle alliance admirable! David qui, il y a quelques instants, voulait construire une maison pour Dieu, se voit promettre un règne éternel et un trône affermi pour toujours! Nous assistons ici à une progression considérable et décisive dans l’avancée du plan de Dieu dans l’histoire de son alliance. David voulait faire avancer ce plan en poussant par ses propres forces. Dieu vient lui promettre que ce plan avancera très loin vers l’avant, jusque dans l’éternité, et ce, uniquement par les forces de Dieu!


Nous voyons ici la beauté de l’alliance de grâce! C’est véritablement une alliance de grâce qui se déploie tout au long de l’Ancien Testament avant de s’accomplir pleinement dans le Nouveau Testament. Bien que l’Ancien Testament et le Nouveau Testament soient distincts et qu’il s’agisse de deux étapes de l’histoire de la rédemption qui sont clairement distinguées, il n’en demeure pas moins que ces deux phases du plan de Dieu constituent une unité profonde.


L’alliance de Dieu et ses promesses de grâce envers nous et nos enfants sont-elles conditionnelles ou inconditionnelles?


Encore ici, cette alliance est à la fois conditionnelle et inconditionnelle, selon l’angle sous lequel nous la regardons. Elle est conditionnelle puisqu’il nous faut répondre avec foi et obéissance aux promesses et aux exigences de l’alliance, sans quoi les malédictions de l’alliance viendront frapper et pourraient même nous écarter définitivement de la grâce de Dieu promise en Jésus-Christ. Ce fut le cas des Ésaü (AT), des Judas (NT) et des autres qui, comme eux, ont rompu l’alliance, parce qu’au fond ils n’ont jamais appartenu de cœur à Dieu. Il nous faut donc prendre au sérieux aussi bien les promesses que les obligations et les avertissements de l’alliance. D’un autre côté, cette alliance est inconditionnelle, dans le sens que c’est Dieu lui-même, par sa Parole et par son Esprit, qui accomplit dans le cœur de ses élus le vouloir et le faire selon son bon plaisir (Phil. 2:13). Nous ne devons jamais prétendre pouvoir faire avancer le plan de Dieu d’un seul centimètre par notre propre “décision” d’ouvrir notre cœur à Jésus ou par notre détermination personnelle à persévérer dans la foi, comme si nous pouvions accomplir tout cela par nos propres forces. Ce que Dieu, d’un côté, demande dans son alliance, de l’autre côté il nous l’offre gratuitement en Jésus-Christ et par son Esprit Saint tout-puissant. Tout est par pure grâce et personne ne pourra jamais se vanter de quoi que ce soit!


Soyons dans la joie d’avoir été si gracieusement placés dans cette alliance de grâce, nous et nos enfants. Vivons en répondant à son appel, en croyant à ses promesses de salut, en obéissant à ses commandements et en comptant toujours sur lui, confiants qu’il fera lui-même avancer son plan de salut en Jésus-Christ dans nos vies et dans la vie de nos enfants. Toute gloire appartient à notre grand Roi, le Garant et le Médiateur de la Nouvelle Alliance en son sang. Tout bienfait déversé sur son peuple provient de lui, car Dieu demeure fidèle à son alliance autrefois établie avec son serviteur David. 

Paulin Bédard, pasteur


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